
Les visiteurs de l’au-dela… et les portes de l’impossible
Jérôme
Bosch. Vision du voyage vers la lumière
Concernant l'irritant problème de la véracité, ou non,
de l'existence des "revenants" le plus simple et formidable résumé
de notre façon habituelle d'appréhender largement le problème
pourrait bien revenir à Paul Feval écrivant dans un de ses romans
" ... Eh! Eh! fit le bossu, qui croit aux revenants? Personne, à
midi, dans la rue! Tout le monde, à minuit, au fond de l'alcôve
solitaire, quand la veilleuse s'est éteinte par hasard..."
... Ils sont éternels
Les revenants, tels que notre esprit les conçoit, nous sont connus de
tous temps. Daniel Réju pensait avec justesse qu'ils font partie intégrante
de l'âme humaine... Malgré les incrédules, les scientifiques
et autres rationalistes, les manifestations mystérieuses se révèlent
sans arrêt et régulièrement dans des conditions souvent
bien définies. On pourrait dire que ces "revenants » sont
éternels... tous ont été tués, ou ont tué...
ils ont souvent souffert... ou fait souffrir, parfois défièrent-ils
les lois même de l'Univers... Mais avant tout nous sommes certains qu'ils
ont eu une existence mortelle il y a parfois fort longtemps!.. et que forcément
d'une manière ou d'une autre ils s'attirèrent le courroux des
hommes ou des dieux... ou leur compassion.
Une question capitale
Il est remarquable que la question capitale par excellence, celle de savoir
si nous sommes éphémères ou durable, si nous survivons
à la mort, est restée jusqu'ici en dehors du cadre des sciences
classiques, l'habitant de la Terre est un être singulier: il vit sur une
planète sans savoir où il est et sans avoir la curiosité
de se le demander et sans chercher à connaître sa propre nature!
Il est plus que temps d'attaquer la forteresse de l'ignorance séculaire,
sans dissimuler aucune difficulté, aucune objection...
Ce que devient un être après la mort
S'il est impossible de
savoir clairement ce que devient un être après la mort la question
du devenir reste un formidable problème que nous nous posons tous à
un moment ou à un autre.
Le propos de l'âme ou de l'esprit semble être une autre question.
Par ailleurs, la religion, la philosophie et d'autres sciences, telles l'antroposophie
et la métempsycose, se partagent âprement les vastes champs d'investigation
de ce sujet aussi inquiétant que fascinant.
Sauf en ce qui concerne l'opinion des philosophies de libre pensée, on
admet généralement qu'à l'instant de la mort "quelque
chose" survit. De ce point divergeront thèses, théories et
études conséquentes. Si la réincarnation occupe une place
prépondérante on admet, en raison de nombreux témoignages,
d'autres formes plus ponctuelles dans l'Espace et le Temps, de résurgences
de la "personnalité" d'un individu sous des formes habituellement
appelées fantômes, esprits, revenants, etc.
Les faits inexpliqués
Les témoignages sont multitudes. Parfois il est possible que le doute
tienne sa part tant les affirmations sont fantaisistes... ou sous l'effet d'un
choc émotionnel. Tout cela permet d'admettre le doute sans toutefois
exclure l'honnêteté des témoins.
Pourtant nier catégoriquement l'état de fait est une décision
impossible si l'on reste impartial dans cette étude. Même en laissant
pour compte les nombreux constats incontrôlables, il subsiste encore tant
de cas inexpliqués que raisonnablement il est impossible de ne pas considérer
qu'il y a bien parfois intervention de l'irrationnel... qui seul peut nous aider
à admettre ces rencontres multiples et mystérieuses avec les fantômes,
esprits et revenants.
Les témoins ayant choisi de relater leurs expériences sont le
plus souvent anodins et la raison cartésienne place ce contact dans la
rubrique facile de la fragilité de ces personnes. Mais alors que dire
de tous ces autres témoins, dont la réputation est loin d'être
celle de farfelus, mythomanes, farceurs et autres plaisantins de tous poils,
que sont scientifiques, hommes politiques et fonctionnaires de haute volée...
Petit répertoire
pour des fantômes
Photographie et esprits font bon ménage
Un rapide répertoire de ces manifestations peut être sommairement
dressé:
- La plus grande majorité se trouve classée dans les contacts
avec témoins sans intervention de ces derniers: apparitions spontanées,
répétitives ou occasionnelles avec ou sans bruits, parfois avec
odeur ou sensitivité au contact. La durée de l'évènement
est très variable. Dans tous ces cas il est indispensable d'observer
que les conditions, les lieux, les dates et la qualité des témoins
sont des éléments prépondérants.
- Ensuite il y a les contacts volontaires et provoqués par ceux qui en
deviendront témoins. Ce sont les résultats d'expériences,
curiosités, raisons sentimentales, etc.
- Enfin il y a la vaste catégorie des manifestations sans effets visuels
d'aucune sorte; il peut en ce cas, y avoir impression au seul niveau psychique
de la personne qui le reçoit.
La religion et les âmes dérivantes
L'Eglise garde une prudente réserve sur ces événements
hors du commun. Le plus étonnant réside encore dans le fait que
les avis religieux se refusent à admettre la véracité des
apparitions de fantômes à dérives non religieuses et à
accepter facilement les apparitions à connotations religieuses. Aussi
dans des cas indiscutables et prouvés, l'Eglise suppose qu'il s'agit
d'âmes dérivant en peine de prières ou d'interventions que
seul le sacré peut apporter en échange de l'apaisement attendu.
Il serait impossible de parcourir en quelques lignes l'ensemble de cet énigmatique
problème auprès de toutes les grandes traditions. Nous nous en
tiendrons uniquement à certains aspects liés à la religion
chrétienne reconnus par le catholicisme.
Notons tout de suite cette ambiguïté incontournable: la majeure
partie des adeptes se livrant aux contacts avec les "revenants", est
de confession catholique. Et ces personnes savent, en toute connaissance de
cause, que l'Eglise dénonce et interdit formellement ces pratiques jugées
hérétiques et maudites...
Résurrection de la chair ?
Mais si l'on ose pousser plus loin la réflexion, en raison de quels
critères peut-on, et doit-on, condamner un être pratiquant ce qu'il
peut rencontrer parfois accidentellement à l'état naturel, puisque
la nature est prétendue oeuvre divine!
L'Eglise est formelle en ce qui concerne "la résurrection de la
chair et la Vie Eternelle". Le Christ, fondement majeur de la foi, est
le témoin d'un retour possible et limité dans le temps, d'une
image physique mais qu'il est recommandé de ne pas toucher. Nous noterons
à ce propos que l'apparition ne se produit qu'à l'intention des
proches du Christ. Ce retour ponctuel ne se reproduira jamais plus et l'on peut
le comparer à certaines manifestations de revenants se révélant
à l'attention des parents et une fois seulement, peu après leur
mort souvent très violent. Mais les apparitions en ce cas sont d'aspect
réel quoiqu'un peu déplacées dans l'espace-temps.
Le chemin d'Emmaüs
Saul et le fantôme du prophète Samuel
Concernant le Christ nous ajouterons encore un trait commun avec certains fantômes,
aspect souligné dans les écrits bibliques sous le nom de "Chemin
d'Emmaüs" où il apparaît à deux disciples, les
accompagne, leur parle, sans que les deux hommes ne le reconnaissent avant un
temps assez long.
Toujours sous un aspect religieux, Saint Paul précise que les retours
se feront à l'opposé de l'état de vie qui précède
la mort. Il dissocie les différentes chairs: l'homme, le bétail,
les poissons et les oiseaux. Puis les écrits ajoutent: "qui est
semé dans la faiblesse lève dans la puissance"; " qui
est semé corps physique lève corps spirituels" (1 Corintiens
15: 39, 42-44).
Cet avis sera partagé 2000 ans plus tard par le philosophe C.D. Broad
qui affirmait que l'approche des phénomènes de revenant prouvait
que les attaches mentales, et surtout émotionnelles, survivaient à
la mort physique.
Dante et la Divine
Comédie
Ce texte fantastique fut composé par Dante en 15 ans... Basé
sur une vision inversé des revenants prend pour "héros"
un "voyageur insolite" parcourant le cheminement des 3 règnes
de l'au-delà. Ce qui est étonnant pour l'époque, dans les
propos de cette Divine Comédie, est l'intérêt des âmes
pour leurs parents encore physiques. Ainsi le vieil ennemi de Dante, condamné
pour hérésie, brûlant éternellement dans son tombeau,
demande des nouvelles de son fils...
Se pourrait-il que dans des circonstances, dont le mécanisme nous échappe
encore, les "voyageurs de l'au-delà" obtiennent de s'enquérir
directement de ceux restés sur Terre? Et pourquoi cela ne serait-il pas?
Le songe de Sainte Hildegarde
Comment cette sainte pouvait-elle avoir des visions et les transposer lors
de ces dictées? L'hypothèse de François Blacquyt est des
plus intéressantes. Le travail de celui-ci est tout entier basé
sur le manuscrit "CLOVATH", qui fort curieusement n'est jamais cité
en ce qui concerne les phénomènes liés à cette sainte,
relatant bel et bien une sorte de présence corporelle, mais intouchable
à proximité du témoin... et ce n'est qu'en cette présence
qu'Hildegarde reçoit ses visions. Au regard de ce qui est transmis lors
de ces contacts on ne peut qu'être stupéfait d'entendre les experts
médicaux modernes affirmer avec le plus grand sérieux que ces
"révélations" étaient le seul fruit d'hallucinations
provoquées par des crises de migraines aigues... on croit rêver!!!
L'expérience de Russel
William Russel voit le jour en 1867. Dès sa 16ème année
il est persuadé de sa préincarnation par, dit-il, la présence
qui se révéla, 7 fois durant, sous une forme fantomatique à
chaque fois plus matérielle... jusqu'à pouvoir toucher et sentir
la manifestation lors de sa dernière visite. Russel confiera à
un des membres, en 1892, de la Loge de la Société Théosophique
de Dublin, qu'il avait fait sien, dans son ouvrage de poésies "Songs
by the Way", l'ultime message que l'apparition lui révélait
au 7ème et dernier contact. Ce dernier résumait parfaitement le
phénomène paranormal qui nous intéresse ici: "Je me
suis déplacé parmi les hommes et les lieux divers, et ai enfin
appris, en vivant, la vérité. Je sais être un esprit, et
ai quitté mon Moi ancestral pour aborder des travaux encore inachevés
mais à jamais rempli de nostalgie pour ma terre natale". Russel
ajoutera seulement en conclusion de ce texte "j'ai écrit ces poèmes
au cours du chemin"... Ce texte prend tout sa vraie dimension lorsqu'on
sait qu'il signait ses travaux "A.E. Russel". Le "A.E."
provenait d'une coquille de son imprimeur lors d'une de ses premières
parutions. La vraie signature choisie par William étant en réalité
AEON!!! Ce qui se passe de plus d'explications...
La signature de Rudolf Steiner
Il est inutile de présenter le générique de Rudolf Steiner.
De toute l'oeuvre de ce philosophe d'exception nous ne retiendrons ici que ces
rencontres qu'il eut avec ce qu'il appelait "issues du Royaume Spirituel".
Il semble qu'il ne provoqua jamais le contact mais que ce dernier choisit de
lui-même de lui apparaître... chaque fois pour lui montrer le sceau
qui ornerait, en relief et en signature, ses différents mystères.
Le plus connu, celui symbolisant "le réveil de l'âme",
est un serpent se mordant la queue encerclant d'un soleil à 13 rayons,
dont les 3 à hauteur de la tête du serpent sont en forme d'éclairs.
L'oeil du reptile est une pierre fine ovale et opaque tandis que le coeur du
soleil est une pierre circulaire limpide et précieuse.
L'étrange collection de S.A. Ruffer
Dans la collection complète que se procurait Madame S.A. Ruffer il existe
14 sceaux ainsi délivrés par le "fantôme" confident
de Rudolf Steiner.
S.A. Ruffer décidait de reproduire les 14 représentations
pour quelques uns de ses amis, dont un de notre connaissance. Quasiment tous
les destinataires, malgré des distances considérables et certains
ne se connaissant pas, eurent des manifestations liées à l'entité
révélatrice ainsi qu'à d'autres phénomènes
en rapport avec le sens hermétique du sceau... Simone Alphonsine Ruffer
n'osa jamais faire circuler les autres reproductions fidèles aux sceaux
de R. Steiner.
Une tradition pour des signatures
La tradition observe que la personne détenant une de ces "signatures"
aurait effectivement, d'un part l'opportunité de faciliter largement
le contact avec le "revenant" inspirateur de ces pièces hermétiques...
ou d'autre part, en les présentant sur leurs revers, la possibilité
d'établir, en la maîtrisant, la liaison avec le domaine des Esprits
correspondant au sceau qui leur est propre.
Mais qui oserait une telle tentative si tant est qu'elle soit réalisable
ponctuellement? Ne vaut-il pas autant laisser au destin son libre arbitre et
nous convier seul à l'insolite rendez-vous de l'au-delà???
Cette perspective de la persistance dans l'éternité nous est
entièrement autorisé si l'on en croit, et pourquoi pas, St Grégoire
de Nysse qui affirmait au IVe S. "Et nous irons de commencement en commencement
par des commencements qui n'auront pas de fin" Et le programme d'une telle
merveilleuse perspective reste ainsi vaste et totalement ouvert à chacun
d'entre nous...
André DOUZET
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