
Verdon
‘Chemin
du Diable’ (R. Alleau), ‘Terre d’Histoire’ (Thone de
Bedas), ‘Morceau du Cœur’ (A. Perdiguier)… le Verdon
, affluent de la Durance, est surtout une contrée de Haute-Provence aux
paysages d’une beauté sauvage indescriptible.
Composée d’une multitude de curiosités géologiques,
hydrauliques, naturelles cette région est le paradis incontesté
des amateurs d’espaces démesurés, irréels, tel son
Grand Canon , sans rival en Europe, aux dénivelés vertigineux
de 700m au dessus de la rivière disparaissant parfois sous des chaos
d’éboulis dantesques comme au ‘Pas de l’Imbut’…
Tout dans ce paysage est force, mystère et grandeur.
Le Verdon pouvait, avec raison, tenir son rôle de joyau naturel de la
Provence. Depuis ses origines, l’Homme occupait ces régions riches
en abris, nourritures, puis matières premières indispensables
aux premières industries. Des vestiges préhistoriques furent retrouvés
sur quasiment toutes les communes du Verdon. Ensuite, avec l’Antiquité,
les Ligures s’installent sur le littoral méditerranéen puis
s’enfoncent dans tout l’arrière pays. Vers 600 ans av. J.C.
, les Celtes envahissent la Gaule, occupant peu à peu le secteur, pour
finir par céder ce territoire aux conquérants romains qui sauront
en apprécier toutes ses richesses et ses opportunités naturelles.
Ces contrées, pourtant sauvages et difficiles, attiseront curieusement
la convoitise non dissimulée des plus grandes dynasties du pouvoir médiéval.
Passant de couronnes en comtés, la terre de Provence sera successivement
sous autorité des comtes de Toulouse, de Barcelone puis, par alliance,
enfin, celle des étranges comtes d’Anjou qui n’eurent eu
cesse d’en obtenir la maîtrise complète. Avec ses nouveaux
seigneurs Le Verdon entrait dans une phase étrange et peu connue de son
histoire.
Avant tout
essayons de comprendre qui étaient les comtes d’Anjou. Brièvement
rappelons ici qu’ils étaient propriétaires des terres de
Beaufort dont les souterrains auraient abrité la croix dite « De
Jérusalem » ou « d’Anjou » ; croix à double
traverse dont le roi René, au 15e S., fera la célèbre «
Croix de Lorraine » … symbole sous lequel Charles de Gaulle mettra
la France Libre.
Les Beaufort eurent des comtes affiliés dans l’ordre du Temple
: Foulques V, roi de Jérusalem en 1134 pour ne citer que le plus important.
Concernant les Anjou, magiquement issus des noces de Geoffroy et de la ‘Fée
Mélusine’, nous retiendrons , d’après Wolfram von
Eschenbach, que le frère cadet du roi d’Anjou serait, ni plus ni
moins, que Gahmuret… père de Parzifal !
Toujours est-il que les comtes possédait une fortune inestimable composée,
d’après BAGUERS (1281 copie de la vaticane), d’un trésor
monétaire et d’objets sacrés d’une valeur colossale.
Ce fabuleux dépôt, un peu trop convoité, demandait rapidement
un lieu de repos bien plus sûr que la terre des roses d’Anjou. Claudhon
de Bagers orchestra le fabuleux transfert vers les nouvelles terres comtales
de son maître : le Verdon… Le vieux document, formel sur ce point
donne plusieurs dates, détails incompréhensibles et noms de lieux…
étrangement introuvables sur les anciennes cartes de la région.
La pierre tombale du duc de Bagers, comportant encore une brève reconnaissance
des famille d’Anjou pour son efficace et dévoué mercenaire,
était encore répertoriée en 1686 dans le cimetière
de la ‘
… Certes le dévouement du duc fut efficace car nul n’entendra
jamais plus parler du trésor des Roses d’Anjou. Cependant un détail
nous donne une information remarquablement précise : le convoi de Claudhon
de Bagers rejoint la route tenue par la milice du Temple de « Ly mason
en Greol » d’où le convoi devient ‘muletier’,
l’escorte comtale renvoyée, et la fin du périple accomplie
sous son unique surveillance et celle templière.
Bien entendu, Greol signifie
Gréoux les Bains, et ce détail en appelle un autre insolite. On
constate, surtout chez les auteurs contemporains, une politique consistant à
nier radicalement la présence de l’ordre du Temple à Gréoux.
Cette place étant traditionnellement réputée en tant que
commanderie, la négation revient à dire qu’il n’y
eut aucun templiers dans ce secteur. Et pourtant… Le plus ancien acte
signé par le temple sur Gréoux, dont nous ayons retrouvé
la trace, date de 1137. Il concerne 3 propriétés de l’ordre
et un fermage (N° 118 et suivants – collection Marius Montond - Marseille).
Ensuite un autre écrit (même collection) à propos de travaux
importants sur le castel ‘cédé’ vers 1145 aux templiers
par Raymond Bérenger III. Enfin un troisième mentionnant l’obstruction
d’un syphon et autres écoulements sous le périmètre
fortifié templier de Gréoux… De plus, communication et copie
de ces documents furent faites, en 1811, au notaire Soblun de l’île
de Malte. C’est par ailleurs à ce dépôt que se trouve
quelques autres courriers internes échangés entre les maison templières
de « Greols » et Montsaunès. Mais plus étonnant encore
; les correspondances de la collection « PEIRESC » font état
de documents échangés entre Bonpas et Gréoux. Peiresc aurait
récupéré ces informations au 17e S. grâce à
son ami Polycarpe de la Rivière, alors prieur de la chartreuse de Bonpas…
où fut enseveli, 5 siècles avant, le fidèle Claudhon. Il
serait difficile de supposer que ces documents aient été impossibles
à localiser par les écrivains du XXe S. Aussi ce refus d’admettre
la présence templière sur Gréoux nous semble assez insolite
pour être mentionné.
Sur
le registre de l’existence templière dans le Verdon Alfred Weysen
(L’Ile des Veilleurs) remarquerait, lui, neuf sites d’inspiration
templière : St Trophime, St Etienne, St Maur, St Pierre de Bagarry, St
Laurent, Ste Anne, St Roch, St Jean et St Julien… puis l’auteur
reprend les initiales de ses sites qui donnent : T.E.M.P.L.A.R.I.I. Admettons
que le résultat peut laisser rêveur. Ce chercheur étonnant
échafaude ensuite une théorie à propos d’un fabuleux
dépôt dissimulé dans la géographie du Verdon. Nous
reviendrons sur plusieurs de ces remarques qui, sans nous convenir tout à
fait, ont toutefois le mérite de l’originalité et de la
recherche accomplie. Sur le registre du temple dans le Verdon une remarque s’impose
encore en ce qui concerne le lieudit « Bagarry » (ou Bagarri).
Nous savons que le 1er grand maître du Temple fut un certain Hugues de
Payns, sur l’origine duquel plusieurs hypothèses sont fréquemment
avancées. La plus courante est celle reconnue par les historiens : la
Champagne. Parmi les autres théories, les plus plausibles font état
de l’Ardèche (Breghot du Lut) et de Bagarry dans le Verdon (Jacques
de Vitry). Ainsi le nom de 1er maître ne serait pas Hugues de «
Paganis » mais de « Bagarri ». Les arguments avancés
dans ce cas sont loin d’être inexacts et c’est une thèse
qui demande à être étudiée de plus près…
par exemple en allant comparer, au château de Versailles les blasons parmi
lesquels se trouve celui de ce fameux réputé 1er Maître
du temple… avec ceux des ‘candidats’ à ce titre formidable
? Quoiqu’il en soit, Il est certain que le site de Bagarri tient une place
prépondérante dans l’énigme du Verdon et qu’il
se pourrait que cette vieille famille ait eu un templier parmi ses membres.
De plus cet Hugues de « Bagarri », en ce cas aurait été
moine à St Victor de Marseille.
Toujours dans cette hypothèse il aurait eu, ensuite, pour compagnon Robert
de Craon qui, un peu plus tard, deviendra lui aussi grand maître du Temple.
Les origines de Robert de Craon l’autorisaient à la connaissance
du secret des Beaufort, des Anjou, et des romans du Graal. La curieuse statue
‘Le Chevalier à la Rose’ (Raymond Bérenger IV en tenue
de guerre) dans l’église St Jean de Malte (Aix-en-Provence) ne
pourrait elle pas illustrer à la fois les archives de Malte, les roses
d’Anjou, le comté de Provence, les moines guerriers et le roman
du Graal ? si l’on considère les rebondissements qui entourèrent
cette sculpture, c’est une éventualité à ne pas écarter.
Car à ces constats s’ajouteraient encore ceux-ci : St Victor (Marseille)
fut l’objet de recherches précises de la part de Polycarpe de la
Rivière (chartreux), de Peiresc et d’un certain Dom Pernetti…
Une étrange chapelle dans une grotte fortifiée
du Verdon
Dom Pernetti que l’on retrouve discrètement en filigrane dans
cette affaire. Etrange moine bénédictin qui modifia l’orthographe
de son nom à l’origine PERNETY. Né le 13 février
1716, il décède, non pas à Valence en 1801 comme on le
prétend habituellement, mais le 16 octobre 1796 à Avignon. Est-ce
vraiment le hasard s’il fut de la congrégation de St Maur (St Maur
… l’un des 9 sites désignés précédemment)
? Etrange personnage qui malgré son appartenance, et les bulles papales
de 1738 (Clément XII) et 1751 (Benoit XIV) entrera en Franc-Maçonnerie
à la loge des « Sectateurs de la Vertu » dans laquelle il
ajoutera un grade, celui de « Chevalier du Soleil ». Il sera bibliothécaire
du roi de Prusse Frédéric II. Puis il fréquentera le comte
Grabianka… ainsi que plusieurs autres aristocrates polonais qui finiront
pas adhérer à son mouvement « les Illuminés d’Avignon
».
Il rencontre enfin Monsieur de Vaucroze, à Bédarrides, qui lui
confiera une demeure où pourra s’épanouir sa célèbre
société.
S’il y eut confusion entre le nom de « Vaucroze » et un autre
lieu à consonance très proche, il n’y aura pas d’erreurs
sur d’autres points confortant la thèse que cet initié,
de hauts grades en Franc-Maçonnerie, était bien au courant de
différents détails concernant le secret du Verdon… Il est
notoire que Pernetti ait eu des contacts avec « La Stricte Observance
Templière ». D’après serge Hutin il y a plusieurs
écrits relatant des échanges entre ce mouvement héritier
des Chevaliers Teutoniques et les bases des « Illuminés d’Avignon
». Hutin avait quelques motifs sérieux de penser que l’Ordre
de l’Aigle Noir (ayant encore des résurgences de nos jours) avait
fait diversion en rénovant le fameux « tombeau de Poulin »
en laissant croire à une erreur d’interprétation des lieux
« Vaucroze » et celui de la « Sainte Croix » dans le
Verdon. Pour preuve la reprise d’activités depuis 9 ans de ce mouvement
dans le secteur du Verdon…
C’est probablement par Pernetti qu’un important épisode dans
cette affaire aura lieu au XXe S. Il semblerait, en effet, qu’il ait confié
début 1789, toujours selon les documents de Serge Hutin, le résumé
secret de la loge « Sainte Croix » au comte de Grabianka. Ce dernier
prétendant au trône de Pologne retourne dans son pays, avec la
légende chiffrée, aux moments troubles de la Révolution
Française. Il meurt en 1802 léguant, avec son héritage,
le petit document à sa fille Annette née à Avignon.
Durant un siècle et demi les descendants d’Annette conserveront
le texte légendaire oublié entre les pages d’un livre en
langue française. Jusqu’au jour où un des héritiers,
encore enfant, cherche un ouvrage dans la bibliothèque de famille. Cet
adolescent amateur de littérature ouvre, au hasard, un livre d’où
s’échappe un feuillet, écrit probablement par son ancêtre
frère maçon de Grabianka et Pernetti. Sur le feuillet quelques
courtes phrases résument un secret, l’emplacement d’un trésor
et une clé codée tenue dans le texte lui-même. Il y est
question d’un dépôt phénoménal déposé
par l’ordre du Temple et dont l’accès se fera par la découverte
d’un « saint et vérité montrant la voie ».
Le jeune homme attendra des années encore la réalisation de son
rêve. Après de nombreuses péripéties il arrive en
France en un lieu correspondant au mot écrit dans le texte du document.
Il s’agit d’un site, d’une construction, témoignant
d’une histoire inscrite dans le passé du vieux pays de Verdon…
Histoire nous dépassant formidablement, dont les templiers et les comtes
d’Anjou furent les acteurs en leur temps.
Les
familles de Bagarry savaient, elles aussi, la teneur du secret en raison, peut-être,
de l’appartenance de l’un de leurs ancêtres à l’ordre
du Temple. De plus, très anciennes familles de cette région, les
de Bagarry savaient ce que contenait leur territoire, ses entrailles, son passé…
Ils détenaient, se transmettaient, un très ancien récit
concernant un lieu connu des seuls templiers, des princes d’Anjou et Beaufort.
Le document passa de génération en génération, puis
au cours d’une vente de propriété il échoua aux familles
de Carbonel. Au moment de cette transaction une tradition assure que les constructions
ruinées furent rebâties avec l’aide, et pour les besoins
ésotériques, d’une loge maçonnique pionnière
du nom de « Sainte Croix ». Ses membres prirent en charge la responsabilité
du message de 1312, sa protection et un nouveau codage approprié à
leur époque. Nous sommes au 17e S. et les bâtiments, à présents
restaurés, permettaient les tenues régulières de la discrète
assemblée des nouveau gardiens du secret. Il fut décidé,
par le collège, que les informations cryptées seraient inscrites
puis transmises sous la forme d’une peinture sur toile. Pour A. Lameyre
l’œuvre fut confiée au peintre René Hache… en
raison de son nom identifiant celui du plus haut grade des illuminés
d’Avignon. Il est plus vraisemblable que le travail fut commandé
à Jean Baptiste Corneils qui reçut les indications du chiffrage
à inclure dans son tracé. Hélas, cet artiste devait mourir
à 48 ans, en 1695… en laissant son œuvre inachevée.
Les initiés de la loge « Sainte Croix » apprirent avec consternation
que la toile n’était plus dans l’atelier. Cette disparition,
avec celle des données codées, anéantissait la transmission
du secret. Dans l’incapacité de reconstituer le chiffrage, les
membres de la loge, mettant tous leurs efforts dans la poursuite de leur mission,
entreprirent de retrouver cette peinture et ses données. Elle fut, après
20 ans de recherche, étrangement récupérée dans
les réserves du Louvre… Confiée à un autre atelier,
l’oeuvre fut achevée, vers 1715, par le peintre Revel de Draguignan
et immédiatement déposée dans la chapelle du castel de
la loge « Sainte Croix ».
Il s’agit, sur un cadre d’environ 1,80 sur 2,00 m. de haut, d’une
représentation de St Augustin, évêque d’Hippone la
Royale. Etrange et lourde peinture où l’on voit ce personnage,
accoudé à une écritoire, contemplant un cœur flamboyant.
Un rayon lumineux, avec l’inscription « VERITAS », vient éclairer
le visage de l’homme. Au sol, ainsi que sur des rayonnages, d’énormes
livres comportent des titres et inscriptions diverses : Julianus, Pélagius,
Célestins… Une crosse, une mitre d’évêque complètent
la scène avec de pesantes tentures.
Nous reconnaissons immédiatement les deux détails inscrits sur
le message tombé du livre en Pologne : « le saint et Vérité
te montreront la voie »… notons aussi une particularité chromatique
très rare pour cette époque : tout le tableau est coloré
dans la seule gamme de noir, blanc, jaune, rouge et brun. Hormis le noir et
le blanc, les trois autres couleurs sont des teintes exclusivement chaudes.
Aucune coloration dans les vert, bleu, violet. Il y a là une insistance,
une volonté évidente, à attirer l’attention vers
ces détails. Faut-il y retrouver les trois couleurs, chères à
Pernetti, de l’œuvre alchimique : noire, blanc rouge ?.. ainsi que
celles identiques de l’ordre du temple ?… qui peut le dire ?
L’histoire
du lieu s’écoulait lentement. Les derniers initiés effacèrent
les derniers indices qui, en dehors du tableau, pouvaient encore restés
accessibles aux profanes. La loge fraternelle fut dissoute et ses membres rejoignirent
les premières obédiences régulières apparaissant
en France. La Révolution française arriva et le domaine fut vendu
comme bien national à un notaire niçois à fin de placement
terrier. La construction se dégrada lentement faute d’entretien…
Par hasard, en 1942, furent retrouvés, dans deux caches murales de la
chapelle, des documents roulés dans des tubes cachetés de cire.
Ces deux rouleaux de peau de mouton subiront de bien étranges avatars.
Les textes seront traduits, étudiés et publiés. Chacun
des chercheurs ira de sa solution, de son interprétation. Il est vrai
que certains passages de ces écrits sont assez effarants, tel celui ci
précisant : « Ils ne sont pas de notre monde »… laissant
imaginer toutes sortes de dérives dangereuses. Des phrases entières,
encore, font état de l’ordre du Temple, autorisant dans leur globalité
des interprétations aussitôt contredites si ces phrases sont utilisés
séparément… L’ensemble des deux textes, indéniablement,
proposent des éléments intéressants mais très difficiles
à maîtriser pour qui ne possède pas le simple, mais efficace,
système de lecture. Les 2 parchemins finiront par disparaître définitivement
de la circulation. Perte… ou récupération discrète
?
Mais revenons, maintenant à notre personnage de Pologne devenu un homme.
Nous sommes dans les années 1946 – 47. Après bien des péripéties,
parfois dramatiques, il arrive enfin sur le site désigné. Il n’y
a plus de porte à la chapelle depuis la découverte des bergers
en 1942 mais, on ne sait par quel miracle, le tableau de St Augustin est toujours
en place. Persuadé que la prophétie s’accomplit, il finit
par acquérir le domaine… Durant des années il cherchera
obstinément sans jamais rien trouver. Le secret résistait admirablement
à tous les travaux entrepris sans qu’il comprenne une seule fois
que le formidable dépôt pouvait à présent se trouver
ailleurs.
Le lecteur pourrait être surpris que nous ne donnions ni le nom de cette
personne ni celui du site, tous deux désignés pour un destin hors
du commun. Ceci n’est pas un oubli, ni une volonté de mystère.
L’endroit fut saccagé par des hordes de chercheurs aussi malhonnêtes
que peu scrupuleux. Le respect de la propriété fut bafoué
un nombre incalculable de fois. La vie privée, l’intimité
élémentaire, des propriétaires du site furent violées
sans vergogne. Le héros, désenchanté, de cette histoire
est décédé depuis de longues années…nous pensons
que le silence doit à présent retomber sur sa mémoire.
Toutefois, dans un esprit d’objectivité, nous précisons
avoir, à la demande de cette personne, réalisé sur sa propriété
(il y a une trentaine d’années), et aux alentours, une série
de clichés « I.R. » débouchant sur d’excellents
résultats. Ces prises de vues montraient indéniablement un réseau
de galeries, naturelles ou non, et deux cavités de dimensions importantes.
Le temps et les moyens manquant pour accéder à ces souterrains,
l’exploration resta au stade de projet… Il en fut de même
sur le piton rocheux surplombant la propriété. Là encore
les prises de vue « I.R. » montrèrent des vides trop rectilignes
pour être des failles naturelles. Ce moyen d’investigation fut engagé
avec succès sur d’autres sites potentiellement liés à
cette énigme. Nous
eûmes l’opportunité de visiter, à la suite d’une
personne connaissant le sujet, plusieurs cavités ‘minières’
proches des sites photographiés. Pas de richesses souterraines…
mais des petites gravures trop profondes et nettes pour être d’hâtifs
graffiti. Sans doute des marques de propriété, car la majorité
de ces signes représentait essentiellement des symboles armoriés
parfois avec quelques mots, ou signes d’un style plus gothique que curviligne.
Indéniablement ces lieux et vestiges appartiennent à une logique
de terrain voulue mais énigmatique.
A l’évidence peu de choses furent trouvées concrètement
sur le site du vieux castel. Intervinrent au début de l’aventure
plusieurs ‘spécialistes’ estimant que le tableau, puisque
codé, représentait un itinéraire, une carte, un compte
rendu des différents dépôts… sans trop entrer dans
le détail il est vrai, par exemple, que l’énorme encrier
près de St Augustin, ressemble à s’y méprendre à
une curiosité géologique bien visible de la route. Il est difficile,
ici, de parler hasard ou facétie de peintre. D’autres détails
dans le tracé du personnage (bras, mouvement de vêtements…)
iront dans le même sens représentatif conduisant l’observateur
attentif à des constats non dénués d’intérêt.
Sur le terrain plusieurs vestiges méritent une visite minutieuse. C’est
le cas pour Comps et sa chapelle romane surplombant le village. L’intérieur
réserve une surprise : dans un ‘cul de four’ est représentée
l’Arche d’Alliance avec ses deux chérubins. Cette illustration,
guère fréquente dans l’art religieux, symboliserait-elle
la tradition tenace de diverses objets hautement sacrés rapportés
de Palestine par les Templiers. On imagine en ce cas qu’ils aient eu le
souci de dissimuler un tel dépôt avant leur arrestation et d’en
signaler, toutefois, leur propriété. Ste Anne enseignant Marie
est aussi représentée dans cette chapelle. Sa présence
symboliserait-elle le ANA si cher aux Anjou… qui compléterait logiquement
‘l’alliance’ des deux dépôts ! Faut-il retenir
cette tradition liée à Comps rapportant que deux êtres «
nus et poilus, ne parlant pas un mot de provençal, ne voulant ni manger
ni boire » furent trouvés errant dans le village ? Ne sachant qu’en
faire la justice locale relâcha les deux créatures qui s’enfuirent
vers la combe du Duou, entrèrent dans une faille et disparurent à
jamais. Légende bien sûr… mais alors pourquoi, pour qui,
pour interdire quel retour, cette grille rouillée et cadenassée
sur la faille ? Y aurait-il lieu d’admettre que ces êtres inhabituels
étaient déjà connus de ceux qui établirent les manuscrits
cachés dans la chapelle « Ste Croix »… considérant,
de fait, pour ces personnages qu’ «ils ne sont pas de notre monde
» ? Etaient-ils « de notre monde » ces autres êtres,
gigantesques ceux-ci, dont les restes furent retrouvés dans des tombes
‘géantes’ sous la chapelle de St Pierre, au hameau de Puyvert,
ancienne possession templière d’après D. Réju, proche
de Lauris… à la toponymie prédestinée ?
Tout aussi insolite le village de Châteauneuf, ruiné il y a encore
30 ans, comportant plusieurs galeries aménagées. Personnellement
nous en avons visitée une ressemblant plus à un refuge qu’à
une exploitation minière. Un éboulement empêchait la poursuite.
Pourtant un document familial notarié du 16e S., qu’il nous fut
donné de consulter, stipulait clairement que ce passage dissimulé,
sous les bâtiments, débouchait sur un large puits accédant
à une vieille nécropole. Le document précisait, à
ce siècle, que le lieu servait encore de tombeau à quelques très
rares familles et congrégations religieuses des environs. Une liste de
ces privilégiés suivait en fin de texte avec les sommes versées
sous forme de dons pour l’étrange lieu. Le propriétaire
de ce document, pour le moins insolite, possédait une impressionnante
collection d’armes antiques, de monnaies et objets précieux retrouvés
par ses ancêtres dans ce secteur étonnant.
Surprenante,
aussi, la venue d’un prêtre, début des années 1940,
au village de Robion. Sous le prétexte de restaurer la chapelle St Thyrs
(l’une des toutes premières construites par l’ordre du Temple)
ce prêtre, aidé de cinq hommes, se livra à quelques travaux
de toiture puis s’en retourna sans plus d’explications. La chapelle
fut inscrite au classement des Monuments Historiques le 12 avril 1944. On est
donc en droit de se demander ce qui motivait une action de rénovation
sans envergure deux ou trois ans avant le classement de l’édifice.
Observons plusieurs choses :
1/ dès le classement tous travaux personnel, sur ce site, seraient considérés
comme « dégradation de monument », de plus une autorisation
s’imposait pour toutes interventions.
2/ L’abbé Garnier ne serait-il pas plutôt venu chercher quelque
chose avant que ce soit impossible ou compromettant, si oui, quoi ? 3/ Les personnes
l’accompagnant laissent un arrière goût d’ésotérisme
certain : La Veine, Albanti, Christaldini, Siriex…
Retenons encore un détail d’importance. La pièce révélatrice,
à notre époque, de ce mystère aura pour nom celui de l’étrange
loge pionnière du Verdon « Sainte Croix ». Rappelons aussi
que Peiresc avait longuement côtoyé ce sujet de très près
grâce à l’aide de Polycarpe de la Rivière, prieur
de la chartreuse de Bonpas. Ce dernier entre en dissidence, suite à la
découverte d’un secret que Rome ne saurait laisser dévoiler,
et ne devra la vie sauve qu’à sa rapidité à disparaître
près d’amis fidèles… en Provence puis en Languedoc!
Cependant ce dangereux secret d’église, Polycarpe le découvre
en étant prieur, avant Bonpas, de la chartreuse de …Sainte Croix,
elle aussi fréquentée par une société pour le moins
discrète au 17e S.!
Ajoutons qu’à l’arrestation des templiers, en 1307, nombreux
furent les chevaliers qui y trouvèrent un refuge certain. Ces faits méritaient,
sans doute, d’être signalés car ils nous semblent avoir toute
leur place dans cette étude.
Si, malgré tous ces faits étranges sur cette régions, nous
doutions encore d’un plan établi selon une volonté humaine,
qu’elle soit templière ou autre, il reste un dernier constat, historique
celui-ci, capable de réduire nos dernières hésitations
: Le 7 octobre 1307, au matin, tous les templiers de France étaient mis
en état d’arrestation. Pourtant ce n’est pas tout à
fait vrai car certains délibérément, choisirent quand ils
le pouvaient, de fuir vers des lieux plus hospitaliers. Mais surtout il faut
convenir que Charles II d’Anjou (!) comte de Provence mettra une réticence
évidente à accepter cette arrestation, et l’appliquer sur
ses terres. Philippe le Bel, furieux, réitère l’ordre d’arrestation
le 28 janvier 1308. Charles II cède à l’injonction royale
et de mauvaise grâce passe à l’acte. Sur son comté
où les templiers sont des centaines, il en arrêtera, mollement,
58 en tout et pour tout… une dérision ! Peu d’historiens
s’intéressèrent à ce fait. Pourtant, à l’étude,
tout montre qu’en réalité le comte de Provence laisse aux
Templiers un répit suffisant pour accomplir tranquillement certains actes
et, sans doute, mettre en sécurité ce qui leur est capital dans
l’attente d’un avenir meilleurs. Charles d’Anjou agit aussi
pour son propre compte. En laissant, aux Templiers, le temps indispensable pour
effacer et sécuriser les accès à leur ultimes dépôts…
ils le font également pour son propre trésor ! Que deviennent
les nombreux Templiers restés sur cette contrée ? Ils restent
sur place et continuent à veiller fermement sur leur secret. Puis le
temps passera permettant au fil des événements de retrouver, çà
et là, quelques éléments du formidable puzzle de cette
énigme.
Nous savons que des éléments nouveaux se mettent à jour
actuellement sur plusieurs points du Verdon. Ils permettront, dans un temps
prochain, d’autoriser une ou plusieurs révélations exceptionnelles.
Les chemins du Verdon pourraient bien alors devenir, non plus ceux de l’enfer,
mais bien ceux du paradis et de la révélation… mais ceci
doit rester, pour l’instant, une autre histoire !
André Douzet
De nombreuses informations présentées dans cet article sont
issues du travail admirable de JANGAST : « L’énigme du Val
de la croix, Trésor Templier » chez l’auteur : LEPREVOST
BP 4014 – 83069 TOULON.
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