
LE TRIANGLE DE LA BURLE
Un triangle maudit ?
Il y a tout autour de ce « géant des Cévennes »,
un « triangle de la Mort », véritable Pot-au-Noir, qui a
fait plus de 60 victimes ! ‘L‘Eveil’, journal local, résumait
par ces mots en octobre 1982 les accidents aériens, la plupart inexpliqués,
survenus dans un périmètre situé approximativement entre
le Mont Mézenc, le Puy-en-Velay et le massif du Pilat (avec la catastrophe
des trois Mirages en mai 1987).
Mont
Mézenc
Ce secteur bien délimité semble détenir le sinistre record
des catastrophes aériennes. De plus, curieusement, ces calamités
se déroulent sur des régions à l’environnement naturel
difficile. Ces décors dantesques sont ceux d’un règne minéral
absolu et démesuré d’une sauvagerie à couper le souffle…
D’autres dimensions du temps et de l’espace règnent en ces
secteurs sur lesquels d’étranges et inquiétantes histoires
laissent deviner des événements rapidement classés dans
les registres du légendaire mais quasiment toujours construits sur des
réalités qui nous échappent encore.
Où il serait question de pierres volantes
Ici se côtoient, s’imbriquent intimement, le tellurisme, le passé
des hommes, de la terre, de l’univers, du cosmos, des dieux et l’innommable,
dont parfois la Burle, vent magique et terrible, se fait l’écho
et la mémoire démesurée.
Non seulement un nombre effarant d’avions, et non des moindres, s’écrasèrent
sur ce sol cévenol, mais le plus souvent ces catastrophes s’accompagnèrent
d’observations, d’événements étranges, dont
les plus remarquables restent du domaine des objets volants inexpliqués.
La fréquence de ces constats est à un point tel qu’il y
aurait lieu de croire les deux phénomènes liés ensemble
dans cet étrange triangle, dit ‘de la Burle’, dont les sommets
souvent proches de 1200m. atteignent 1458m. pour le grand Tanargue (Mont Tonnerre
!) et d’autres dont le Suc de la Lauzières culminent à plus
1500m. Ici on parle à voix basse, depuis bien avant les accidents, de
pierres étranges dites « pierres volantes » (lieu-dit Peire-Vole),
« pierres qui baillent » et du « Pas de l’Enfer »…
restant, à jamais, les tombes minérales des aéronefs perdus,
aspirés littéralement par d’obscures forces inconcevables
toujours inexpliquées scientifiquement. A ces accablants constats d’impuissance
d’autres bien plus énigmatiques viennent se joindre obligeant souvent
des considérations où le rationnel n’a plus guère
sa place.
Une effarante litanie d’accident aériens
Les catastrophes aériennes recensées sur ce secteur commencent
avec la chute, le 3 nov. 1943, d’un bombardier Halifax
parachutant du matériel aux Résistants locaux. Les détails
effarants rapportés par le seul rescapé (mitrailleur de queue)
sur les derniers moments précédant le crash seront mis sur le
compte de la terreur vécue à ce terrible instant. Le bombardier
pris dans un remous incroyable ne répond plus aux commandes, plus aucun
instrument ne fonctionne, à une chaleur soudaine succède aussitôt,
dans la carlingue, un froid glacial… puis c’est l’impact au
sol. A ce rapport s’ajoutent ceux d’A. Mandot et C. Faurion qui
entendent l’Halifax tourner en rond, sortent et… le voient «
entouré d’une multitude de petits feux multicolores de position
». Hors, en vol de nuit l’Halifax ne disposait pas, vu sa mission,
de feux « multicolores de position», mais naviguait, au contraire,
tous feux éteints ! Ce sera le premier rapport inconcevable d’une
série qui n’en finira pas de s’allonger.
Près d’une quarantaine d’accidents aériens, depuis
celui-ci, se succéderont sur ce périmètre qui finira par
mériter le surnom de « Triangle de la Burle ». Tantôt
ce sont de petits appareils de tourisme dont on doutera de la puissance, de
la précision des instruments de vol, de l’expérience des
pilotes peu habitués aux changeantes conditions météorologiques
locales… Certes il faut bien donner des raisons lénifiantes à
ces catastrophes ! mais que dire de la technique des puissants appareils militaires
à réaction pilotés par des pilotes chevronnés ?
Tels les 2 Javelins anglais, en 1963, qui s’écrasent inexplicablement,
l’un sur Jaujac, l’autre un peu plus loin et dont on ne retrouvera
pas le pilote pourtant éjecté avec son siège ? Tel encore
un Gloster Météor G.A.J. et un autre F 104 qui finiront pareillement.
1965 : deux F.104 tombent sur le Mont Mézenc (près des dents du
diable)… poursuivis, rapporteront les témoins, par 6 petites sphères
rosâtres qui ne disparaîtront qu’avec l’arrivée
des secours. Idem pour le Fougas-Magister percutant le sol près d’Orcival
survolé par « 2 soucoupes volantes » vues par les 7 premières
personnes accourues sur les lieux. Un Jodel, le 23 juin 1969, tombe d’un
coup suivi par des « cigares volants et bourdonnants » préciseront
2 agriculteurs terrorisés… ce Jodel venait curieusement de survoler
la centrale nucléaire du Bugey !
12 août 1969 : 3 triangles avec un autre objet lumineux sont vus au col
de Goudooze. L’ensemble croise un avion qui s’écrase aussitôt,
puis c’est un Wassmer qui n’a que le temps de se poser en catastrophe…enfin,
plus loin, deux chasseurs de Francazal, arrivés sur les lieux se percutent
en vol!!!
21 nov. Un Mystère IV est en panne inexplicable de radioguidage, ainsi
que deux autres avions à réaction qui auront de graves ennuis
de moteur … au passage de 4 disques luisants et silencieux à la
verticale de St Pierreville.
Début avril 1970, c’est encore un Mystère IV « accompagné
par un ballet de boules lumineuses surgies (?) du Rhône » qui s’écrase
enfin près de la Teste.
Mai 1970, un Bonanza est signalé en difficulté de vol. On ne retrouvera
jamais épave ou passagers… mais les autorités dégageront
« une épave d’avion mystère inconnu et non identifiable
», l’enquête n’ira jamais plus loin.
1 juin 1971, un CESSNA s’écrase à St Front près du
lac Arcône. Les habitants précisent alors que fréquemment
le lieu est survolé par « des machines volantes et soufflantes
».
1er août 1975, un avion s’écrase à Marat. Les dépositions
répétitives des témoins expliquent que l’appareil
était surmonté de lumières pâles puis très
vives au moment de l’impact.
1979 et 1980 apporteront la même dose d’énigmes et d’accidents
mortels d’avions.
La terre maudite
des Loups
Mais revenons, à présent, sur 3 catastrophes plus remarquables
encore. D’abord celle de 1948. L’avion emportant la sœur du
président Kennedy, Kathleen Kennedy Cavendish, s’écrase
en un lieu nommé autrefois « terre de loups ». Certains y
verront le prolongement de la vieille malédiction lancée par les
indiens contre le président Lincoln et étendue à tous ses
successeurs. Hasard, bien sûr! Toujours est-il que la sœur de Kennedy
entra dans la légende du triangle de la Burle sous le nom de «
fée du pot-au-Noir » ! Ensuite.
Trois avions qui n’existent pas
Le 18 sept. 1980 au Mt Devez un avion en perdition est vu entouré de
feu et de fumée. Plusieurs brigades locales recherchent l’épave
sans pouvoir la localiser… d’ailleurs aucun aérodrome ne
signale de disparition. Qu’avaient vu tous ces témoins, dont des
gendarmes ?
Février 1981, mêmes témoignages multiples d’un aéronef
en difficulté à basse altitude : régime saccadé,
feu, fumée. Les recherches ont lieu aussitôt, sans résultat.
On retient certaines similitudes entres ces deux affaires dans les rapports
d’observations dont certains (gendarmerie) sont indiscutables : les 2
« appareils » en détresse, jamais retrouvés, sont
tous deux de couleur très claire et comportent de nombreux éclairages
rouges, pris pour des feux de position ou d’atterrissage. Enquête
classée sans suite.
L’énigme du 18ème passager
Enfin, le 22 janvier 1971.
Un Nord 262 militaire quitte Villacoublay à 6h. Il est attendu vers 9h
à Pierrelatte. Vers 8h le contrôle radar perd son contact. A 1342m
d’altitude, au seuil du Mezilhac, près de la vallée de la
Volane, l’appareil s’écrase au Suc du Paradou … le
mal nommé? Tous les passagers trouvent la mort et l’Etat Français
perd d’un seul coup, ici, les 7 premiers cerveaux de notre recherche nucléaire
civile et militaire. Curieusement il y aurait eu au nombre des victimes…
un cadavre de trop, impossible à identifier. Ce sera l’énigme
du 18ème passager. Enigme aussi les récits de ceux qui entendirent
cercler l’appareil dont le bruit lourd des moteurs était accompagné
de sifflements inhabituels allant jusqu’à couvrir le ronflement
grave des turbo-compresseurs de ce genre d’avion…
Enigme aussi les deux formes ovoïdes, aperçues sur les lieux, «
sombres et pourtant luisantes ». Les rapports n’en feront pas mention…
Silence sur la Burle…
Nous savons, pour en avoir eu preuve et certitude, que ces phénomènes
continuent à se produire sur ce secteur toujours aux mêmes fréquences.
La circulation aérienne use de nouveaux « couloirs » pour
survoler ces zones pudiquement appelées « turbulentes ».
Et puis, à présent, on tait ces « incidents » survenant
encore dans les plans de vol. De temps à autre la presse relate de vagues
observations rapidement expliquées par le ballon sonde ou la retombée
de satellite de service… Puis la Burle reprend possession de son triangle
maudit. Peut-on se demander si ne pas faire état de certaines choses
suffit à les exorciser ? il est à craindre que non. Aujourd’hui
sur ces hauts plateaux on n’aime pas trop parler de ce que l’on
voit (ou entend !) encore et toujours parfois la nuit ou le jour, dans la tempête
ou sous le soleil. Tout ayant été galvaudé, ceux qui ont
encore la sagesse de croire ce qu’ils voient et de l’admettre, n’osent
le rapporter par crainte du ridicule ou des moyens de pression pour faire taire
la rumeur. Encore combien de crash aériens pour admettre rationnellement
ces phénomènes localisés et décrits ici bien avant
l’apparition de nos modernes avions… depuis des siècles ?
Note:
nous recommandons, en référence et bibliographie, sur le sujet
l'excellent livre de Jean PEYRARD reprenant en détails tous ces éléments
et bien plus...
André DOUZET
|