Révélations sur Tonnerre

 


Un décalage flagrant s’est formé entre l’histoire officielle, imposée par l’institution historique, et celle concernant vraiment la trame du destin de notre pays. Celle-ci, le plus souvent oubliée mais toujours discrètement présente dans l’ombre, n’est jamais révélée en pleine lumière. Cette histoire occultée reste la propriété secrète de quelques cénacles sachant, à propos, s’en souvenir et en détenir les arcanes. Parfois cette histoire sombre dans l’oubli jusqu’à ce qu’un jour elle semble resurgir mystérieusement de nulle part !

Le gouffre de l’Histoire

Tornodurum, ‘forteresse’ pour les celtes, est la capitale du ‘Pagus tornodoreusis’. Ici, sur la vallée de l’Armaçon, s’élèvera le futur Comté de Tonnerre qui servira de point de passage obligé entre Paris et Dijon à l’époque où le roi de France jette ses regards sur le duché de Bourgogne. Cette cité, aujourd’hui chef-lieu de canton de l’Yonne, fut une capitale puissante et indépendante toujours étroitement liée aux moments les plus houleux du passé de la France, de ses origines aux derniers instants de la royauté.
Les étymologies de ce nom viendraient, pour l’époque celte, de ‘Torn’ dérivant de l’appellation d’une obscure divinité locale; d’autres la rapportent à ‘Dour’ en liaison avec ‘un lieu près du torrent’; enfin une autre dénomination correspondrait à ‘Douros’: forteresse. Il est plausible, encore, que les trois solutions se rejoignent en une seule:

1/ un lieu divinisé: 1782, mise à jour de cavités contenant tout un mobilier archéologique lié au culte de divinités telles que ‘Bourbos’: armes et ornements votifs, monnaies et bijoux. Une partie de cette découverte est heureusement toujours conservée.

2/ la forteresse se serait située sur les lieux ‘Mont Bellant’ (Belisé) et ‘Vieux Châteaux’ livrant, là aussi, de nombreux vestiges antiques lors des mêmes travaux de 1782 ‘du Sieur Mortaine de Jarrat’ qui, de toute évidence, était sûr des lieux à fouiller et de ce qu’il y semblait certain d’y découvrir.

La fosse Dionne

3/ Quant à ‘la source divinisée’ le vestige en est d’une évidence flagrante puisqu’il s’agit de la ‘Fosse Dione’. Aujourd’hui cette curiosité touristique est une sorte de bassin aux eaux d’un vert d’émeraude, ayant fait office de lavoir, serti dans une galerie semi-circulaire couverte de tuiles de Bourgogne.

Au Moyen-Âge cette résurgence est un marais dont les origines mythologiques conservent une trame légendaire autour d’un ‘Basilic’ défendant furieusement le site et son secret contre tous téméraires qui tenteraient d’en percer l’énigme. Les chroniques s’émailleront de nombreuses noyades inexpliquées, de disparus dont jamais on ne retrouva les dépouilles, de récits effarants sur ces eaux mystérieuses alimentant, par un réseau complexe, le ‘Moulin du Diable’ sur lequel planent des récits tout aussi terrifiants. Le site, théâtre d’un culte payen, donnera naissance aux ténébreuses superstitions que le christianisme entretiendra soigneusement pour imposer ici son image protectrice habituelle. Comme l’explique Emile Thevenot (1968) le site était voué à une divinité antique d’où le nom ‘Divine’ qui dérivera en ‘Divona’ puis ‘Divone’ et enfin ‘Dione’. D’autres découvertes archéologiques confirmeraient que la divinité protectrice de cette source soit Epona, déesse équestre, associée aux eaux salutaires sacrées (voir L’INCONNU n° 270, Les chemins de nulle part).

Légende d’un trésor formidable

Le premier comte du ‘Pagus Tornodurum’ serait un certain Hilarius, mérovingien de la descendance des Milonides (Miles 1er). Son épouse, Quita, lui donne un fils qui ne sera autre que St Jean de Réome. Ce saint légendaire dompte le Serpent Basislic de la source sacrée marécageuse et en profite pour tailler le premier bassin de captage de la résurgence. De fait, ayant supprime le terrible défenseur des eaux vertes, St Jean de Réome s’empare d’un trésor fabuleux enfoui dans le marais. C’est avec cette richesse payenne qu’il fonde le ‘berceau autenthique de la vie religieuse’: l’abbaye de Moustiers-St Jean au ‘désert de Réome’. Les récits retrouvés au 17ème S. font état d’une fortune colossale, mais ‘paienne et maudicte’ que seul le lieu sacré des fondements de l’abbaye, où elle fut ensevelie, pouvaient purifier et permettre d’user… et d’abuser!?! Légende? Récits obscurs? Contes pour enfants? On le supposerait si d’autres traditions ne laissaient, de loin en loin, deviner peut-être une toute autre vérité, celle-ci oubliée des historiens qui, d’ailleurs, ne feront jamais mention de cet étrange dépôt.

Galerie de portraits insolites

Peut-on supposer que ce silence soit le seul fait de l’ignorance? Difficile de l’imaginer à la lecture d’un document notarié du 16ème S.! De plus jamais nos spécialistes ne se demandèrent d’où Guillaume de Nevers dit ‘le 1er’, pouvait détenir ce fameux coffre de 50 000 écus qu’il ne quittait jamais?
La galerie de portraits des seigneurs de Tonnerre est aussi longue qu’insolite. Les filiations, alliances et hérédités se succèderont étrangement avec des familles à l’héraldisme pour le moins ‘occulte’: des Nevers aux Courtenay (fin 12e S.), aux étranges seigneurs ‘Loups’ du Forez (par le mariage de Mahaut II), aux Rohan (début 16e S.), et tant d’autres aux mêmes accents hermétiques… Soulignons l’importance de ces familles ayant toutes un point commun : une fortune maudite issue des anciennes races mythiques de France. Les Courtenay avec l’étrange ‘château des brumes’, les Rohans liés au secret des mérovingiens, les comtes de Forez et l’énigme des Lupus, des Chartreux et des Templiers. Hasard ou convergence secrète?

Marie-Madeleine à Tonnerre...

Sur ce registre retenons l’obstination de Guillaume V à posséder Vezelay, dit-on pour ses richesses, jusqu’à la prise en force de l’abbaye en 1165. Cet acharnement proviendrait plutôt, comme le souligne le ‘registre JAMOTEY’ (17e S.), d’attraits concernant les reliques de l’étrange Marie Madeleine, et (surtout) ce qui les accompagnait! En ce cas ce serait une pièce de plus à verser au dossier de l’énigme des seigneurs ‘Ours’ de Roussillon, de Girard de Roussillon (et de Vezelay), des alliances fiévreuses avec les ‘Loups’ du Forez et le secret des Chartreux de Ste Croix en Jarez! Mais revenons à Guillaume V qui, paraît-il pour expier ses fautes, se croise pour la Palestine. Il décède le 24 octobre 1168 de la peste. Le ‘registre JAMOTEY’ rapporte que Guillaume ce serait rendu en Orient accompagné des chevaliers de la maison templière d’Aubrune, sur la route de Tonnerre à Vezelay. Seuls 2 chevaliers de cette maison reviennent de cette expédition ‘lourdement chargés’ assure le registre. Quant à Guillaume il demandera à être enseveli dans l’église de Bethléem à l’évêque de laquelle il donnera l’hôpital de Clamecy. Le prélat de Bethléem s’y réfugiera à la déconfiture des croisades. JAMOTEY dénombre et détaille ce qui fut rapporté de Palestine à cette occasion et observe que la totalité de ce transport disparaît mystérieusement à la chute du Temple: ‘3 coffres de rouleaux écrits, une cassette de plaques légendées, un coffre d’objets religieux anciens du début de l’Eglise d’Orient’ et enfin d’énigmatiques ‘Saints dormants des pauvres chevaliers et leur carré’. Etrangement on retrouve une partie de cet étrange inventaire dans l’affaire du château de Crussol. On pourrait supposer une coïncidence amusante si dans les lignées de Tonnerre n’apparaissaient, sans hasard, les familles d’Uzès (Simone d’Uzès), de Provence et de Crussol (Antoine de Crussol). Les liens entre le Languedoc, la Provence et le Tonnerois ne peuvent qu’être soulignés, car certains.

l'hôtel des Uzès

<<simple providence>> reprendront les historiens. Et l’Histoire s’en tiendrait là, s’il n’y avait, près de Tonnerre, le curieux château de Maulnes. Puissante mais étrange forteresse bâtie sur un plan curieusement pentagonal, du XVIe S., dont l’escalier central s’articule autour d’un puits. Seuls d’obscurs et inquiétants récits relatent son passé aux racines magiques ou païennes. Dans ces murs se retranche, en 1406, Louis II de Chalon comte de Tonnerre depuis 1398. Bien que marié à Marie de la Trémoille, il s’éprend étrangement de Jeanne de Périllos, d’une grande beauté, dit la chronique. Histoire de cœur ou histoire de l’Histoire? Sans doute les sentiments s’ajoutèrent à une autre raison du comte de Tonnerre vis-à-vis de Jeanne de Périllos aux origines mystérieuses.

L'étrange château de Maulnes

Pourtant, on trouve une dame de ce nom dans le fief des Périllos de Roussillon début XVe S.. Ceux-là même, justement, qui se croisent vers 1168 avec Guillaume V ! Ceux-là même aidant l’ordre du Temple de Roussillon et Razès à mettre en sûreté un précieux dépôt sous le castel de Salveterre: la terre du Sauveur ! Ceux-là même, encore, qui seront au cœur des origines divines des premiers mérovingiens ? Ceux-là même, toujours qui abriteront des confréries juives sur leurs terres truffées de mines aux revenus incroyables. Ceux-là, enfin, à l’origine de l’histoire de la traque du merveilleux Babaos !
Jeanne de Périllos, Louis II… l’utile rejoint l’agréable. Le ‘registre JAMOTEY’ assure que Jeanne eut un enfant de Louis II: Mgr Jean de Chalon. Ce dernier, adulte, aurait assuré la liaison entre Tonnerre et Roussillon afin que: ‘les importancts charges dy parvenière en la terière de Peyrilos’.

Marguerite de Bourgogne

Le choix du site de Maulnes est des plus étranges. Il signifierait ‘Malnidium’ : Malus nidus, soit ‘Mauvais nid’! Le château sera fréquenté assidûment par Marguerite de Bourgogne qui y entreprend d’importantes recherches qui ne semblaient pas être la seule curiosité archéologique mais bel et bien un but précis conduit par un certain érudit juif : Jonathas Kareff.
Le puits central de l’escalier est chargé de légendes édifiantes. La chronique relate que le domaine de Maulnes était celui d’un seigneur époux de Mélusine. Celle-ci, fort belle, se refusait à lui une nuit par an. Poussé par la jalousie le sire de Maulnes finit par forcer la chambre de Mélusine cette nuit-là. Mal lui en prit car la dame était, à présent, serpente pour le bas de son corps. Surprise dans son secret, elle se précipite dans le puits où on l’entend gémir certaines nuits de l’année. On dit qu’elle y garde le fabuleux secret des comtes de Tonnerre en attendant le retour de leur descendant. Les comtes rendront cette fidélité à l’étrange forteresse qu’ils considéraient comme leur fleuron principal. La succession des propriétaires acharnés aux terres magiques de Maulnes se fera jusqu’à la fin du XVIIIe S. et la galerie de portraits de ceux qui veillèrent sur Maulnes est rigoureusement identique à celle de ceux au courant du fabuleux dépôt cité par le document ‘JAMOTEY’ : Pierre II de Courtenay, Marguerite de Bourgogne, Antoine de Crussol, les ducs d’Uzès, etc.
Un hôte remarqué vint y faire des recherches, un certain Francois I… conservateur du Cabinet des Médailles de l’Empereur d’Autriche ! Il n’y rencontre que de terrifiants fantômes, et s’enfuit très vite du lieu. On dit encore que d’autres travaux eurent lieu sous les directives de l’architecte initié Philibert Delorme, celui qui intervint au ‘Château des Loups’ des comtes de Forez et celui des Lupé lié aux origines de Mérovée. Le hasard, au fil des siècles, fait justement bien les choses!

Les Templiers en Tonnerre
Le 'registre Jamotey'

Un bref retour en arrière prouve que l’ordre du Temple Tonnerrois ne pouvait manquer d’être partie prenante, depuis l’expédition de Guillaume V en Orient, dans certaines affaires et liens de Tonnerre avec d’autres régions. De toutes leurs maisons nous ne retiendrons que celles de St Marc et de Marsoif.
St Marc verrouillait le gué sur l’Armançon entre la Bourgogne et la Champagne. Du site il ne reste qu’une ferme où l’on retrouve, çà et là, l’art templier. L’ancienne chapelle contenait dans le mur côté de l’ancien autel, la sculpture d’un personnage accroupi. Pour certains il s’agit d’un diable. Mais, en son temps le ‘registre JAMOTEY’ nomme cette sculpture ‘Baphomeyte est escri dessous’ et mentionne des actes archivés où il est question, sous la chapelle, d’un caveau maçonné contenant, entr’autre, un puits qu’il qualifie de ‘vénérable’ permettant l’accès à d’anciennes galeries très étendues. L’abbé Courbon (1830) trouvera sur ce site ‘ des gravures nomminales, des monnaies précieuses, un scel (sceau), des armes courtes, trois coffres clos’ Il ne dira rien sur leur contenu.
Marsoif, autrefois Marchesoy, était la maison templière la plus proche de Tonnerre, où parvenaient 7 chemins antiques. JAMOTEY y ajoute un réseau de galeries souterraines long de plusieurs de nos kilomètres reliant entre elles les maisons templières et permettant aussi de rejoindre Maulnes et Tonnerre sans être inquiété. Une de ces sorties est attestée par JAMOTEY au lieu L’Epine où il donne description d’un appareillage aujourd’hui disparu.

Jacques de Molay

Le texte précise encore que le site d’Arbonne (Môlay-Arton) était un lieu où se rendait souvent le dernier Grand Maître de l’Ordre : Jacques de Molay. Non pas qu’il en fut originaire mais en raison d’un dépôt majeur de son ordre et de l’importance des tombeaux qui reposaient dans les sous-sols. Cette commanderie se trouvait sur la route de Vézelay. L’abbé Courbon y effectuera d’autres recherches soldées par les découvertes de gravures, de textes gravés à même la paroi et la remise à jour des accès aux galeries. Il donne dans ses notes des plans très détaillés ainsi que des croquis qu’il fait judicieusement reconnaître par un notaire assermenté… Le ‘registre JAMOTEY’ affirme qu’au moment de son écriture un notable de Tonnerre est encore à propos de l’existence des souterrains, d’une partie de leurs contenus, et que par ces galeries fut évacuée une partie importante du secret des comtes de Tonnerre… qu’il ne nous appartient pas, par prudence de dévoiler plus ici, dans un premier temps. Nous ajouterons qu’il y a peu de temps, lors de travaux agricoles, fut retrouvé, en un lieu donné par JAMOTEY, un accès donnant sur une grande longueur toujours accessible. Peut-être par cette galerie s’est faite toute une partie de la véritable histoire de notre Histoire.
Le hasard, la providence sont les alliés de l’histoire oubliée. Ainsi le ‘registre JAMOTEY’, du nom de son auteur Goron Antoine de JAMOTEY, nous parvient, à propos, à notre époque où les évènements s’accélèrent de façon inquiétante. Il semble que les temps de révélations historiques sont à la veille d’avoir lieu. Ce ‘registre’ de 27 kg de documents manuscrits, inédits et fabuleux, fut acquis en vente aux enchères… au prix du papier d’emballage ! Nous ne manquerons pas de produire d’autres éléments inédits concernant cette découverte documentaire inattendue lors de prochains articles.