La ‘bande dessinée’ et l’ordre du Temple…
« Le sceau du Templier »

 


1ère de couverture de la BD de Sirius Le sceau du Templier...

L’ordre du Temple, sous toutes ses formes, est illustré dans les innombrables domaines de la communication. Livres, publications diverses, revues, thèses, bien évidemment tiennent largement l’avant-scène. Puis, avec les nouvelles technologies de l’audio-visuel, du cinéma, arrive une nouvelle profusion d’œuvres attractives historiques, romanesques ou le plus souvent de pure fiction.
Ces domaines sont souvent repris dans bien des revues ou publications sous formes de mises à jour des parutions et rappels d’éditions anciennes.
Cependant, si l’informatique et la ‘vidéo’ prennent chaque jour plus d’ampleur, chez les adolescents d’aujourd’hui, il reste un domaine encore très riche et apprécié : celui de la ‘Bande dessinée’.
Le phénomène, loin de se tarir, face à ses concurrents pourtant techniquement plus performants, recueille de jour en jour plus d’adeptes auprès des adultes…
A l’origine, cette forme d’expression qu’est la ‘B.D.’ était avant tout éducative et pédagogique. Puis le support prit vite de l’extension avec l’apparition des ‘illustrés’ et périodiques pour la jeunesse. Ce fut l’arrivée massive des héros du 19e siècle, et surtout ceux du début du 20e, sur qui le temps n’a pas eu prise, et qui perdurent encore aujourd’hui, pour le plus grand plaisir d’une clientèle de ‘7 à 77 ans’ !...
Des messages strictement moraux circulaient par la voie d’histoires, d’aventures, héroïques ou burlesques, jusqu’au plus profond de l’imaginaire, et de la future conscience du jeune lecteur… Qui, dans son enfance, ne s’est pas identifié une seule fois à ses héros favoris, retrouvés chaque semaine au fil des 8 ou 10 pages d’un périodique attendu avec l’impatience de la jeunesse ?
Mais, en ces temps, la morale administrative ne plaisantait pas avec ce genre de littérature. Chaque revue, parution, publication était soumise à la censure et à une stricte réglementation dans laquelle le civisme, la bravoure et le bon droit devaient triompher et avoir le dernier mot. On ne plaisantait pas plus avec la fiction qui devait toujours être en accord avec la réalité.
Par exemple, ‘Sirius’, auteur et dessinateur formidable, habitué des colonnes du ‘Journal de Spirou’, fit les frais de cette censure des ‘Lectures pour la Jeunesse’ en lançant son héros ‘L’Epervier Bleu’ vers la ‘Planète Silencieuse’ … qui n’était autre que la lune ! Les censeurs lui reprochaient alors cet ‘irréalisme’ stupide, pouvant laisser imaginer à des enfants… qu’un jour on pourrait aller sur notre satellite ! A cette époque, il fut jugé scabreux et délirant d’envisager ce voyage ‘impossible techniquement’ ! Pauvre ‘Sirius’… qui fut tenu d’abréger et modérer les appétits spatiaux de son ‘Epervier Bleu’. Mais, quelle revanche il dut savourer plusieurs décennies plus tard, lorsque la technologie spatiale lui donna plus que largement raison !
Aventures, héroïsme, tragédie, voile du mystère… l’ordre du Temple pouvait-il rester longtemps étranger à ces perspectives formidables ? Certainement pas, et on trouvera plusieurs albums reprenant pour héros les hommes du Temple. Ce sont ces supports si chaleureusement humains et intrigants que nous présenterons peu à peu au fil des parutions.

Le sceau du commandeur templier

L’ordre du Temple, ne se montre t’il pas novateur d’un type d’odyssée prenant toute sa place dans des récits à perspectives d’idéal, sans limite tant sur le plan de la spiritualité que celui de l’humanisme ? Certes, défauts ou imperfections sont au rendez-vous du ‘templier’ et de l’Histoire… mais que d’espoirs, de rêves, d’imaginaires frôlant la réalité n’engendre t’il pas ? Peut-être un instant, pouvons-nous supposer que monsieur André Malraux, ancien Ministre de la Culture, pensait aux ouvrages sur l’ordre du Temple lorsqu’il écrivait : « Le livre est un petit tas de feuilles sèches… ou une grande idée en mouvement » ?

C’est en 1967 qu’un album, signé ‘Sirius’, paraît aux éditions Dupuis Fils et Cie, sous le titre ‘Le sceau du templier’. Vingtième de la série « Image de l’histoire du Monde », ayant pour fil conducteur la lignée des «Timour », cette bande dessinée est éditée dans l’ancien format proche du 21X27, en quadrichromie, et sur un papier jaunissant à souhait au fil du temps…

Une forteresse, en Orient, du nom de Bab-el-Graal, défendue par l’Ordre du Temple, succombe sous le nombre des sarrasins. Le maréchal du temple, blessé à mort dans l’ultime assaut, confie à un chevalier son sceau authentifiant tout document signé de l’Ordre. La mission du rescapé est de dissimuler la précieuse matrice en un lieu convenu et seulement connu de quelques dignitaires de l’Ordre.

Une forteresse templière en orient selon Sirius...

Hélas, atteint à son tour par une volée de flèches, l’homme meurt en s’enfuyant dans le désert. Le chevalier Timour recueille les derniers mots du mourant et accepte de récupérer le sceau et de le rapporter à Jérusalem, au Grand Maître du Temple.
C’est le prétexte à une aventure, dans un contexte bien documenté, illustré dans un style propre à Sirius. Au fil des péripéties, le héros (Timour) se heurte au chef sarrasin qui cherche, traîtreusement, à s’approprier le sceau templier afin d’en tirer profit pour signer de faux documents et actes de félonie.
Un chevalier du temple trahit, lui aussi par appât du gain, en rejoignant les rangs ennemis. Mais, grâce à Timour, il se ressaisit et se rachète de noble façon en sauvant le sceau, puis en le rapportant à Jérusalem.
Une aventure bien ordinaire, dirons-nous ! Oui… mais illustrée de manière à faire ressentir la brûlure du soleil d’Orient, les fraîches demeures sarrasines, puis les intrigues sournoises engendrées par la guerre.
L’esprit chevaleresque est bien rendu aussi, avec son héroïsme, ses faiblesses, doutes, et errances humaines. Aucun symbolisme, ésotérisme ou occultisme n’est sous-entendu au fil des pages. Le templier y est représenté simplement, sans apparat ni outrance, dans ses équipements et armements très proches de la réalité. On note que sur le haubert la tunique des templiers est bien brune…

Le sceau illustré en ‘médaillon’ (page 4) est celui représentant le Dôme de Jérusalem. En cours d’aventure, les termes sont précis et justes. Par exemple, la définition du mot ‘REFIK’ est donnée avec justesse : « titre correspondant à celui de chevalier dans la secte ismaélienne des Hashischins, ou assacines (d’où assassins) fondée par le Cheikh-al-Djebal, le ‘Vieux de la Montagne’ ». On apprécie l’excellent résumé de ce mot…
Mais surtout, nous soulignons que le sceau, objet central de l’aventure, a pour nom ‘BAUSSANT’, et à notre connaissance c’est une première en la matière. Habituellement, ce terme de ‘Baucent’ (orthographe parfois dérivante) est attribué à la bannière ou fanion de l’Ordre du Temple. De plus, cette orthographe ‘BAUSSANT’ nous est quasiment inconnue… Ce détail pourrait être insignifiant car utilisé au long d’un récit romanesque. Pourtant, l’auteur semble un habitué, surtout dans cette série ‘IMAGES DE L’HISTOIRE DU MONDE’, d’une documentation historique sérieuse et conforme à la réalité.
Sirius aurait-il eu accès à une source d’informations jusque là inconnue concernant ce nom donné au sceau du temple ? fantaisie gratuite ?... ou nouveau détail énigmatique ?… la queste aux énigmes du temple en ‘Bandes Dessinées’ ne fait que commencer.

NB : une réédition de cet album est disponible dans la série des éditions DUPUIS, « IMAGES DE L’HISTOIRE DU MONDE », ‘Les TIMOUR’.