'templier'

 


Concile de Troyes, 1128… un ordre nouveau est fondé : ‘l’Ordre du Temple’. Ce concile, de nos jours, n’apparaît pas d’une importance historique remarquable et les événements en découlant directement seront souvent un peu trop vite oubliés ou ignorés.
L’Ordre du Temple prend rapidement une ampleur et une puissance phénoménales, jamais égalées, inquiétant prodigieusement les grands détenteurs des pouvoirs spirituels et temporels.
Le 13 octobre 1307, l’œuvre entière de l’Ordre du Temple semble irrémédiablement frappée à mort.
1312 : un autre concile, celui de Vienne, orchestré de toutes pièces, dissout l’Ordre du Temple.
La tragédie se poursuivra encore jusqu’à ce 18 mars 1314 où, sur l’Ile aux Juifs à Paris, le dernier grand maître, le commandeur de Normandie et un troisième dignitaire seront brûlés, scellant ainsi une des plus grandes énigmes de l’Histoire.
Cela fera bientôt sept siècles que se jouait cette ultime phase et, depuis, les mystères sur cette affaire n’ont cessé d’exciter la curiosité des historiens et des chercheurs de toutes sortes, en leur posant un irritant problème à trois dimensions : L’Ordre du Temple a-t-il totalement disparu cet automne 1307 ?... Pratiquait-il une doctrine secrète ?... Et qu’advint-il des documents, et autres, échappés à la rapacité des enquêteurs et accusateurs ? A ces questions s’en grefferont d’autres, plus secondaires, telles que savoir si cet Ordre fut prévenu de sa prochaine ‘dissolution’ et s’il eut réellement une succession, même partielle ou ponctuelle, dans le temps.

De cet état global nous passons à une première observation : les travaux engagés de manière générale sur le sujet se répartissent en deux catégories :
1) Des recherches hétéroclites, anarchiques, associatives ou non, abordent le thème sous des aspects tous plus obscurs et délirants les uns que les autres, n’ouvrant jamais, et pour cause, sur des résultats concrets.
2) Des travaux historiques et scientifiques se bornent, d’une part, à l’exploration inlassablement reprise de documents et archives, bien accessibles, méticuleusement répertoriés, et d’autre part à des constats archéologiques prudemment laconiques. Ces travaux donnent une série de références lénifiantes et aseptisées, reprises, de générations pantouflardes en générations frileuses, par des ‘experts’ tous plus assommants les uns que les autres.
Dans les deux cas, le seul point de convergence tient dans le fait que ‘la montagne de l’Ordre du Temple accouche d’une souris’ !
Mais hélas, à ce morne constat s’ajoute d’abord celui concernant les dégradations ‘curieuses’ lors de travaux ‘officiels’ sur des sites historiques inscrits au Répertoire et, plus incroyable encore, au Classement… et ensuite celui plus dramatiquement irréversible des dérives ‘héritières’ conduisant à des escroqueries éhontées et crimes monstrueux à tendances ‘néo-quelques choses’ !
L’étude de l’Ordre du Temple, de l’extravagance loufoque débridée à la rigidité dogmatique des historiens, ne se bornerait donc qu’à ces étroites et irrémédiables réalités ? Il y a, hélas, souvent tout lieu de le supposer!

Une recherche conduite sur un thème comme celui de l’Ordre du Temple doit forcément bénéficier d’une charpente historique s’appuyant sur des chronologies et documentations officiellement reconnues comme telles. C’est une évidence… pourtant une seule charpente, sans couverture, ne sert pas à grand chose en dehors de l’exercice de style… Elle n’est qu’un tronc sans vie, sans feuillage, ni fruits : un support utile certes, mais sans couleurs, stérile, cassant, morne… et mort. L’étude de l’Ordre du Temple ne saurait se cantonner à une ‘nature morte’, aussi décorative soit-elle.
Le constat est identique dans le cas d’interprétations et de recherches hasardeuses sans structure ni cohérence. Le juste milieu pourrait être, essentiellement, un mélange équilibré entre ossature historique, travaux concrets de repérages sur sites et annexes. Il reste pourtant un aspect habituellement laissé pour compte, celui du légendaire et traditionnel populaire local. Les scientifiques conduisent une guerre sans merci contre ‘ces ramassis de rumeurs loufoques et superstitieuses sans le moindre fondement’ qui, pourtant, souvent débouchent sur des éléments retrouvés au fil de travaux ou découvertes involontaires… que s’arrachent alors, sans scrupules, musées et archéologues en mal ‘d’inventions’…
Si les documents archivés restent sauvegardés, stables et accessibles dans le temps, il n’en est pas de même pour les nombreux témoins architecturaux, religieux, guerriers, puis objets usuels sous toutes les formes, autrefois indispensables à une communauté. Ce dernier ensemble est soumis à une usure naturelle, ou plus souvent à un saccage humain, rendant ces témoignages de moins en moins ‘exploitables’… Pourtant ces témoins sont ceux de ce qui fut une vie, celle de l’Ordre du Temple. Les écrits manuscrits étaient nécessaires à cette communauté : lois, règles, comptabilité, actes de tous les jours et de toutes sortes…mais que pouvait être cette somme d’écritures, sans la vie qu’ils devaient gérer, sans cette même vie qui les générait spontanément en retour?
La recherche de ces témoignages est celle de la vie de l’Ordre du Temple… Chaque lieu et objet de cette communauté est un souvenir indissociable à tous les moments de sa durée… Chaque vestige est un instant de cette existence passée, un témoin incontestable… C’est sans doute ce qui gêne, parfois, certains officiels sur le sujet, surtout lorsqu’il est difficile d’apporter une explication tangible sur un aspect nécessitant une approche, disons… symbolique, pour ne pas dire ésotérique ! Il est tellement plus facile, et moins encombrant, de clamer à la sottise et l’inexistence d’un fait, plutôt que d’en admettre un aspect délicat ou non conforme aux normes des ‘bien pensants’…

Il existe sur le sujet une infinité de sites internautiques, se disputant pratiquement, plus que se partageant, un très vaste domaine d’investigation. En proposer un de plus… est-ce vraiment utile et bien raisonnable ?
Ce que nous proposerons sera une autre vision du thème. Nous aborderons d’abord les sites que nous connaissons pour les avoir visités. Ensuite nous présenterons des aspects, des éléments peu usités. Ensuite nous répondrons aux questions que nos visiteurs voudront nous poser… Nous délaisserons les ‘grands lieux’, tant de fois abordés et sans doute avec une grande maîtrise par d’autres plus habitués que nous à cette approche.

‘templier’

Tout d’abord le titre: ‘templier’. Sans majuscule, et en italique, ce terme ‘encyclopédique’ est à prendre dans son sens ‘adjectif qualificatif’ et ne doit pas être entendu comme nom propre ou teinte historique. Ce mot, sous cette forme, permet de considérer (qualifier) tout ce qui eut, et a, attrait à l’Ordre du Temple : - Tous les personnages liés à l’histoire de l’Ordre, ceux qui le firent et le défirent, des plus grands, maîtres et autres, jusqu’aux plus petits…
- Puis les objets, qu’ils soient culturels, sacrés, ésotériques, guerriers, usuels, agraires…
- Les écrits, documents, archives…
- Les constructions, commanderies, forteresses, maisons cheftaines, granges, églises, chapelles, écuries…
- Les œuvres d'art de cet ordre : peintures, gravures, sculptures ; culture, savoir, connaissances…
- Les maîtrises rationnelles, scientifiques, techniques, spéculatives, opératives, symboliques, religieuses…
- Enfin, et surtout, les détails dits ‘arbitraires et sans fondements’, tous sans exception, dans la mesure où on les présente avec la prudence et les précautions d’usage et avec un sage recul…

Un titre vaste mais sans aucune prétention, sinon de parcourir lentement, tant que cela peut se faire, ce qui nous reste encore accessible, et surtout peu connu, de cet ordre médiéval du Temple. De plus, ouvrir une polémique, un débat ponctuel, sur un sujet délicat, ne peut qu’être salutaire dans le sens où il débouche sur une réflexion évidente de réalité ou non.
Les thèmes choisis et proposés concerneront des sites, faits, personnages, objets, récits, etc... liés à chaque fois à l’Ordre du Temple… Mais aussi, nous explorerons des aspects à ce jour inconnus, oubliés ou toujours considérés comme… tabous. Nous présenterons des endroits peu connus, peu étudiés, laissés pour compte… oubliés ou, pire, méprisés. Nous parcourrons le temps, depuis l’apparition de cet ordre hors du commun, jusqu’à nos jours… au fil des dérives, mémoires et, surtout, dernières découvertes récentes!
Nous aborderons différentes facettes de l’extériorisation de l’ordre, durant son existence, sous bien des formes. Et surtout, nous tenterons une étude jamais ouverte à un large auditoire, celle du TEMPLISME… et des rapports avec l’Ordre du Temple et autres résurgences tout au long de l’Humanité. Il semble, de plus, que des mises à jour se produisent actuellement en différents lieux… et milieux ; nous en donnerons des informations. En reprenant le vieil adage, « il n’y a pas de fumée sans feu », nous approcherons les aspects légendaires, mythiques, traditionnels, populaires, en usant cependant de toute la prudence voulue dans ce genre d’étude nostalgique et agréable.
Le déroulement historique et toutes ses extensions documentaires répertoriées ne sauraient être négligés. Quand cela sera indispensable, nous en proposerons à chaque fois un résumé accompagné d’une bibliographie. Avec celle-ci, s’il le souhaite, le lecteur pourra compléter sa recherche, sans pour autant que soit alourdi, ou allongé, notre texte avec des éléments déjà étudiés et répertoriés (que nous ne pourrions que recopier à la lettre ! ) par des historiens plus qualifiés que nous en ce domaine.
Enfin, et surtout, nous soulignerons souvent que cet Ordre, aux portées encore inimaginables, était le fait d’hommes, certes aux personnalités exceptionnelles, mais néanmoins des hommes avec leurs forces et toutes leurs faiblesses… Cet aspect est trop souvent laissé pour compte par les historiens et chercheurs habituels. Les uns n’y voient que des seigneurs en quête de richesses, débauches et pouvoirs temporels immodérés, et les autres, des sortes de créatures, moitié ‘superman’, moitié ‘machine à tuer’, assoiffées d’un occultisme délirant. Cet aspect, au départ simplement humain, sera mis en relief à chaque parution, au risque de mécontenter, en raison de la mise à mal d’une vision généralement romantique et héroïque de l’Ordre du Temple… la vérité n’étant pas toujours agréable à entendre !
C’est ce développement que nous tenterons, dans la mesure de nos possibilités, de réaliser en compagnie du lecteur, dont nous nous efforcerons toujours de prendre en compte les observations, souhaits et critiques.
Une dernière remarque : cette colonne est la vôtre… vous pouvez nous proposer vos travaux, vos textes et photographies, vos découvertes, vos informations, qu’elles soient brèves ou demandant plusieurs chapitres.