
La Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez
Articles de journaux et autres archives diverses
Béatrix et la statue de Sainte Anne
Nous
présentons, encore une fois, un article de Journal qui indirectement
nous ramène au passé de Sainte-Croix-en-Jarez. C’est
dans les colonnes de ‘La Dépêche’ de Rive-de-Gier
que cet article a été diffusé probablement vers 1967.
On y retrouve l’histoire résumée de la naissance de
la statue triptyque commandée par Béatrix de Roussillon
peu avant de terminer sa vie recluse dans l’enceinte de la Chartreuse
ou du moins d’une de ces parties primitives dont on voit encore
les restes aujourd’hui. Du moins voit-on ces éléments
lorsque la saison touristique permet l’exploitation des visiteurs
payant pour accéder à ces recoins des origines de la Chartreuse…
En dehors de ces périodes, étroitement définies selon
le flux des amateurs perçus alors comme de juteuses vaches à
traire, on ne peut que constater notre impuissance à contempler
ces endroits reculés. Il est très loin le temps où
on pouvait demander à la personne détenant la clé
de nous conduire jusque là, quasiment chaque jour, sans avoir à
montrer patte blanche ou un billet de banque. Certes, aujourd’hui,
on nous affirme que la culture est une denrée précieuse…
ce dont nous ne doutons pas un instant. En échange, nous ne savions
pas qu’elle ne poussait qu’en des périodes saisonnières
régies par la venue des touristes en mal de passé, qu’on
embarque comme des ballots au bout du quai pour une visite aseptisée,
au pas de charge, sévèrement réglementée en
temps, lieu et commentaires !
Bien entendu, il y a peut-être amalgame entre Culture, au sens ‘culturel’
de l’étude du passé, et… la culture des navets
et des poires qu’il faut cueillir afin de s’en gaver de préférence
en usant du jardin bien ordonné que l’on détourne
de ceux qui en défrichèrent et retournèrent le terrain
pour le rendre fertile et riche…
En attendant que l’on nous fasse visiter le site, un jour ou l’autre,
avec un masque anti-microbes sur le nez, des écouteurs sur les
oreilles et des autorisations préfectorales distillées au
compte gouttes, délivrées en échange de la promesse
de ne pas s’intéresser au VRAI passé du lieu…
nous pouvons toujours avoir une démarche plus documentaire et,
de fait, plus complète car encore libre de toutes censures.
Cet article signé J.B. nous ramène à celle qui fut
désignée pour ‘conduire à bonne fin’,
comme elle le voulut aussi pour l’issue de sa vie (termes utilisés
à la fin de son testament), l’ouverture révélatrice
aux profanes de ce qui deviendra la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez,
comme nous l’avons longuement expliqué dans nos autres articles
à propos de Béatrix de Roussillon.
Ce texte, en vérité, ne se tourne pas vers Ste Croix mais
seulement vers sa fondatrice. On nous la montre ici plus en châtelaine
de Châteauneuf qu’en visionnaire et initiatrice d’un
plan supérieur. Ces lignes sont un rappel émouvant de cette
œuvre d’art exceptionnelle qui traversa de nombreux siècles
et parvint jusqu’à nous pour notre plus grand plaisir. Vers
1967, les médias s’intéressaient à ce qui fut
le passé du Pilat dans ses détails souvent les plus anecdotiques,
humbles, mais chevillés à la mémoire des habitants
de ces contrées magiques. Aujourd’hui, il ne semble plus
en être de même et ce sont les ténors, enroués
le plus souvent, qui nous sont présentés pour illustrer
en quelques lignes, inodores, insipides et vides de toute passion, un
passé établi durant des siècles… établi
sur des recherches dont ils ne sont tout au plus que les lointains tireurs
de ficelles frileux à prendre la pelle et la brouette sur le terrain…
Autre temps, autres mœurs et autres hommes !

Un certain Polycarpe de la Rivière ou un nom peut en cacher un
autre
Ensuite, notre intérêt
se porte à nouveau sur Polycarpe de la Rivière… personnage
de haute volée et de grande importance à Ste Croix, ayant
toute sa place sur nos colonnes. Cette fois, il ne s’agit plus d’articles
de journaux mais de reproductions de pages d’ouvrages anciens bien
connus des inconditionnels de plus en plus nombreux de ce personnage hors
pair.
Nous avons reçu tout récemment un important lot de documents
contenant de nombreux petits éléments d’anciens livres
reprenant l’histoire de la Provence, du Roussillon, du Lyonnais
et du Pilat. Notre choix ici se porte sur deux ou trois passages où
il est question de Polycarpe de la Rivière. Certes, ce nom est
celui utilisé couramment par de nombreux auteurs ou documentalistes.
A ces doctes messieurs passés s’ajoute la horde de ceux tentant
aujourd’hui péniblement de se placer dans le peloton de tête,
quitte à marcher sur les petits copains. Les suivants, visiblement,
ne font pas le moindre effort pour se servir de la véritable identité
de ce Prieur chartreux, qui eut plus de trois siècles d’avance
sur nos savoirs en matière de Ste-Croix-en-Jarez. Aussi, notre
étonnement est-il de taille en constatant que personne ne nomme
Polycarpe par son vrai nom ou, pire encore, ne sait en quel enclos sacré
se trouve sa dernière demeure…
Un de nos très prochains travaux sera de revenir sur ce sujet et
de combler ces lacunes sans doute bien involontaires. Notre attente aura
pour seul but de vérifier, sur les sites ou ouvrages où
ils sévissent, si ces éléments essentiels ne sont
pas présentés par ceux qui se prétendent, avec une
exemplaire modestie, les seuls spécialistes en ce qui concerne
Polycarpe… Ajoutons que peu avant de décéder, Jean
Combes, écrivain spécialiste du Pilat, dans les années
1950-1960, devait produire un dernier fascicule avec une série
d’éléments sur ce personnage clé de la Chartreuse
de Ste-Croix. Il n’en aura pas eu le temps mais le manuscrit de
ce petit ouvrage ne fut pas perdu pour tout le monde…
Les extraits que nous choisissons sont d’abord issus d’un
document de 1714 (Mémoires de Trevoux) pour les petites pages numérotées
en haut à droite 62, 63, 64 (janvier 1714). Ensuite, nous avons
un extrait de présentation de ce Prieur pris sur un ‘historique
biographique’ de Barjavel (rien à voir avec l’auteur
contemporain plus connu sous ce nom) en date de 1841. Ce passage résume
bien l’importance de ce Prieur chartreux inhabituel, mais surtout
peut attirer notre attention sur les ‘anti-Polycarpe’, messieurs
Delaunoy et Papon. Ces éléments sont des renvois qu’on
peut savourer en bas des grandes pages écrites et présentées
sur deux colonnes : p. 342, 343 et 344.
Un choix pas innocent du tout
Cependant, si nous avons choisi, pour ce chapitre sur Ste Croix, la présentation
de la statue de Ste Anne sous les traits de Béatrix de Roussillon
et plusieurs commentaires, même succincts, sur Polycarpe de la Rivière,
c’est en raison du fait qu’ils annoncent tous deux la suite
de notre travail sur ‘la planche à cul’.
Nous disposons effectivement, depuis les fêtes de Noël 2007,
de nouveaux éléments confortant nos travaux primitifs sur
les profonds sous-sols et le passé de ce qui devint la Chartreuse
de Ste-Croix. C’est effectivement à ce moment qu’un
petit groupe de chercheurs étrangers, profitant de cette période
paisible et fraîche, finit par retrouver, et exploiter, une ancienne
galerie à but d’aération ou évacuation d’un
trop plein. Par le plus pur des hasards, cette ‘expédition’
se retrouve engagée sous la première cour de la Chartreuse,
à un respectable niveau souterrain.
Certes, comme d’habitude, nos joyeux antagonistes crieront à
une irréalité bien compréhensible… Pourtant,
nous conseillons à ceux, celles, qui pourraient ne pas croire à
ceci, de consulter un des plus notoires personnages du ‘renouveau’
de la Chartreuse dans les années 1990, pour lui demander si notre
affirmation est si incongrue qu’elle en a l’air. La réponse
aura de quoi en étonner plus d’un… cherchant, désespérément,
la solution vers la seconde cour, les corps de bâtiments formant
le couloir entre les deux espaces de vie religieuse et laïque, sans
rien trouver de plus que nos sympathiques et doctes archéologues
ne sachent… et reconnaissent toutefois du bout des lèvres
ou à voix basse avec de grands airs mystérieux.
Les inspirés, les affranchis, les délires et pourquoi
pas des soucoupes volantes
Oui, nous le redisons
ici clairement, Béatrix ‘savait’ le passé de
ce qui devint, par elle, une discrète Chartreuse… Elle savait
tout comme le sut plus tard Polycarpe de la Rivière, inspiré
ou plutôt téléguidé par quelques maîtres
ésotéristes de son époque qui lui donnèrent
une autre identité avant de le lancer dans l’aventure…
Cette aventure sera vécue plus de deux siècles plus tard
dans un pays lointain de notre Pilat, le Razès précisément,
puis ensuite le nord du Roussillon, par un autre ecclésiastique
qui n’eut pas à se servir de surnom… un certain Bérenger
Saunière, prêtre à Rennes-le-Château et dépositaire
du savoir des seigneurs de Périllos… Tout ceci n’en
déplaise à nos antagonistes de service !
En ce qui concerne Béatrix de Roussillon, ses commanditaires ne
purent faire autrement que de l’affranchir au minimum pour la persuader
du bien fondé de l’opération devant impérativement
se dérouler après le départ de Guillaume de Roussillon
pour la huitième croisade. La mort héroïque de celui-ci
est devenue le point d’origine d’incroyables fantasmes. Dans
cette foulée, ce pauvre feu Guillaume est alors arrangé
à toutes les sauces et certains le voient tantôt revenir
en grande clandestinité (serait-il honteux à ce point ?…
et si oui, honteux de quoi ?) vivre une retraite heureuse, planqué
en Chartreux d’opérette… compter fleurette à
Béatrix déguisée en captive soumise aux turpitudes
d’une horde de conspirateurs, tous plus princiers ou déments
les uns que les autres… pendant que certains le voient se faire
poignarder à mort, devant les derniers chefs encore retranchés
dans les derniers spasmes d’une désastreuse croisade agonisant
dans ses derniers désastres guerriers, par un autre Guillaume…
celui-ci de Beaujeu et Grand Maître du Temple de surcroît
! Dans tous les cas, on croit rêver !… Bientôt, nous
entendrons sérieusement dire que Guillaume revint en soucoupe volante
et ressurgit, plus flamboyant que jamais, des confins de l’espace-temps,
grâce à un ‘chronospace’ fabriqué par
des Chartreux devenus des savants fous.
Il est temps à présent de lire ces petits extraits complétant,
si faire se peut, les archives de nos travaux concernant la Chartreuse
de Sainte-Croix-en-Jarez, son passé et les personnages qui firent
l’histoire.
André Douzet




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