
Cimetière des Pères Chartreux à Sainte Croix en Jarez
Troisième partie: De « la planche à cul » au
passé secret de Ste Croix et Polycarpe
« La planche à cul » des pauvres ?
Il nous
faut à présent nous rendre au chevet d’un des Pères
Chartreux venant de rendre son âme à son créateur.
La cérémonie toute aussi simple qu’elle puisse être,
comme la vie cartusienne en somme, n’en est pas moins empreinte
d’une solennité profonde. Pour l’Ordre, cet instant
du passage vers la mort est sans doute une ouverture majeure vers le divin
et donc emplie d’un mystère sacré qu’aucun faste
ne saurait troubler… et que nous nous abstenons de perturber plus
longtemps par notre présence.
A cet instant, nous tentons de comprendre ce qu’il advient d’un
laïque de la première cour de Ste Croix en Jarez au moment
du trépas… Pour ce faire, nous nous référons
à un écrivain, grand spécialiste s’il en est
un, à propos de cette Chartreuse du Jarez. Il est question, dans
son unique ouvrage en la matière, du même terme que le nôtre
: « la planche à cul ». Ce grand historien notoire
nous explique qu’en vérité il s’agit d’une
expression très populaire dans ce secteur, résumant l’immense
pauvreté des habitants locaux.
Ces derniers, si démunis, se seraient trouvés contraints
à expédier leurs défunts vers l’au-delà,
allongés, sans autre confort qu’avoir le cul à même
leur cercueil … de là serait venue l’expression «
la planche à cul » ! Certes, cette remarque des plus crues
mérite qu’on s’y arrête un instant. Tout d’abord,
on retiendra que dans un cercueil le confort n’est pas de la première
évidence et qu’on utilise rarement d’inutiles matelas
de grand luxe pour le repos éternel. Ainsi, en fin de compte, pauvre
ou riche devrait se trouver dans la situation aussi cavalièrement
énoncée. De fait, on comprend mal ce terme, exclusivement
utilisé à Ste Croix, propre à dénoncer un
affligeant état de pauvreté qui, probablement, se trouvait
à cette époque dans toutes les communes de France sans pour
autant qu’on puisse retrouver la même définition.
L’autre vision cartusienne de « la planche à cul
»
Une
fois ces remarques faites, nous pensons qu’il est temps d’apporter
une autre hypothèse à ce constat. En effet, il semble que
nous puissions nous tourner vers une conséquence différente
et surtout éloignée radicalement du milieu profane comme
nous allons le voir. A cet effet, nous restons dans le domaine des spécialistes
en ce concerne la vie cartusienne et son ultime instant qu’est la
mort.
Le premier extrait est de messieurs Léon Auscher et Marc Dubois
qui, dans leur ‘Pays de Chartreuse’, nous expliquent : «
La cérémonie de la sépulture des moines se faisait
sans cercueil ; le corps tout habillé était porté
sur une simple planche, le capuchon rabattu sur le visage »…
Ensuite nous donnons la parole à Emile Baumann (‘Comment
vivent les Chartreux’). « Quand l’un d’eux meurt,
son corps ne subit pas la prison d’un cercueil. On cloue l’habit
qu’il porte à la planche où il est gisant, on rabat
sur ses mains les manches, sur sa tête le capuchon ; après
l’office, on le dépose dans la terre… et c’est
fini ».
On nous dira, d’un haussement d’épaules, qu’il
s’agit de vieux livres peu fiables. Aussi, pour terminer, nous citerons
sur ce sujet le superbe ouvrage ‘La Grande Chartreuse au-delà
du silence’, ouvrage collectif écrit en 2002 sous le contrôle
de l’Ordre cartusien, où il est dit : « De simples
croix de bois, anonymes, sont placées sur la tombe des Chartreux,
enterrés sans cercueil. Des croix de pierre, en marque de respect,
sont attribuées aux Prieurs généraux de l’Ordre
». Ainsi, on comprend que les Chartreux, toutes fonctions honorifiques
confondues, sont encore ensevelis dans le respect du vieux rituel funéraire.
Ensuite effectivement, la différence s’opère par les
croix.
Toute la différence réside dans le fait que pour les laïques,
aussi pauvres soient-ils, on dispose d’un cercueil, même rudimentaire,
alors que les Pères Chartreux refusant l’idée de ‘boîte
mortuaire’ sont ensevelis sur… une simple planche de bois.
Nous voyons indiscutablement qu’en vérité l’expression
‘planche à cul’ n’est pas attribuée à
l’inhumation laïque mais bien à celle des Pères
Chartreux. C’est en tous cas ce que nous avait également
expliqué le père Ado Bedoin, qui fut trouvé mort
à Ste Croix en Jarez précisément. Il ajoutait qu’on
emportait ainsi la dépouille du Chartreux jusqu’à
sa sépulture et qu’on y retournait l’assemblage pour
que le corps se retrouve face contre terre avec la planche sur lui…
mais toujours ‘contre cul’, d’abord en signe d’humilité,
mais ensuite afin qu’au moment d’un éventuel terrassement
sur le lieu de la sépulture, la présence des restes du corps
soit facilement signalée… et épargnée. Comme
nous le voyons, nous sommes loin, ici, d’un terme relatant l’expéditif
transport funèbre d’un laïque indigent jusqu’à
sa tombe. Et ce constat n’est pas si anodin qu’il le paraît,
car nous avons là un des personnages se prétendant le plus
approprié à nous entretenir de St Croix et des Chartreux.
Aussi, on peut se demander si l’erreur sur la banalité de
ce terme déplacé de son véritable contexte funéraire
cartusien n’est pas un autre effet d’effacement d’un
détail pouvant à court terme devenir révélateur.
Les cimetières cartusiens
Ce
point peut sembler ne pas suffire à lui seul pour justifier un
chapitre et rester du domaine banalement folklorique. Cependant, nous
verrons un peu plus loin que ce détail pourrait bien en laisser
deviner un autre d’une importance nettement plus conséquente.
Et puisque nous sommes sur le perron du royaume des morts, nous soulignons
qu’à ce stade nous n’avons toujours rien de satisfaisant
en matière de cimetière des Pères et pire encore
en ce qui concerne les Prieurs ou dignitaires cartusiens de cette Chartreuse.
Ce qui est plus étrange encore est le fait de comparer notre Chartreuse
avec ses sœurs sur le plan des occupants religieux.
En considérant que ces implantations sont quasiment toutes sur
le même schéma de principe, adapté cependant aux impératifs
topographiques de terrain et de région, celle qui nous concerne
entre, en élévation, dans le cadre de base. Sauf en ce qui
concerne les Chartreuses de grande importance, Villeneuve-lès-Avignon,
Aix et Marseille par exemple, le nombre de Pères se limite souvent
à moins de quinze individus. On peut penser, évidemment,
que le chiffre ‘treize’ est de première importance
dans ce choix.
De cette observation nous allons lire les plans et perspectives cavalières
qui nous sont accessibles. On y observe sans problème, quasiment
chaque fois, l’emplacement de ce qui fut le cimetière ou
l’est encore pour celles en activité : Villeneuve-lès-Avignon,
Sélignac, Portes (800 sépultures !), Aillon, etc…
Si on dispose de documents photographiques, l’effet est encore plus
surprenant car on distingue parfaitement de nombreuses croix toujours
en place. Un autre constat suit dans la foulée en montrant que,
le plus souvent, les Pères et les Prieurs, ou dignitaires, sont
dans le même enclos, juste séparés par un muret ou
une ligne imaginaire. La différence se voit nettement au fait que
pour les premiers, une simple croix de bois noir sans nom signale leur
sépulture et pour les seconds, de belles croix de pierre, nominatives
ou gravées de rares devises en latin.
L’effacement des occupants du cimetière de Ste Croix
Nous sommes bien loin de tout ça à Ste Croix en Jarez ;
admettons-le froidement depuis l’ouverture de ce chapitre.
Mais alors se repose notre lancinante question : « où sont
certaines tombes, croix et sépultures, surtout en ce qui concerne
les Prieurs ? ». Il est bien évident qu’il serait difficile
de considérer des réponses expliquant laconiquement que
tout a disparu aux cours des pillages successifs car si on admet, en critiquant
sévèrement, le vol ou réemploi de croix ou pierres
tombales en belles pierres, on resterait surpris que des vandales aient
emporté avec eux un tas d’ossements en guise de butin ! Il
faut donc admettre qu’il puisse y avoir quelque part dans cette
Chartreuse au moins un ossuaire… sinon plus, et que celui-ci, curieusement,
ait été oublié ou soit sorti de TOUTES les mémoires.
Que ce point en forme de sanctuaire soit sorti des mémoires serait
moindre mal s’il est encore disposé en un point du site…
que nous allons nous efforcer de retrouver. D’abord, nous constatons
que le grand nettoyage par le vide est orchestré depuis maintenant
près de 20 ans. L’ensemble du périmètre cartusien
a subi un décapage en règle et de nombreux travaux de rénovation.
A certains endroits, il ne reste rien de leur état d’il y
a une quarantaine d’années, à l’époque
où nous poursuivions certaines de nos recherches, notamment dans
les bâtiments situés côté ‘cuisine des
pères’. C’est curieusement et précisément
ce secteur qui disparaît sous les coups de boutoir des démolisseurs
et sbires à la solde de l’autorité compétente
en la matière à ce moment là.
A la recherche de la mémoire disparue
Lors
de nos recherches vivaient encore de nombreux anciens habitants ayant
depuis leur enfance connu Ste Croix, alors paisible et anodin village
de campagne. Certes, les informations se récupéraient au
compte-gouttes et certaines avec un peu de gêne ou de crainte. C’est
ainsi que nous avions pu surprendre, au fil de trop maigres confidences,
l’expression « planche à cul » répétée
craintivement, presqu’à voix basse, sans pour autant pouvoir
entrer dans le cadre anecdotique populaire imposé avec une sympathique
bonhomie quelque peu forcée.
Le plus curieux, pour nous, était de constater que l’expression
ne s’entendait pas vers l’extérieur du monastère,
ou à l’intérieur vers le petit cloître, mais
vers un périmètre restreint limité entre l’accès
actuel à l’église et celui à l’étage
de la bibliothèque. Un escalier monumental permettait d’accéder
à cette dernière, et quelques autres pièces. Cette
partie des bâtiments a été entièrement restaurée
mais reste séparée par une double porte de glace permettant
d’isoler l’endroit tout en le laissant visible. Le lecteur,
pour information, trouvera une rare vue des rayonnages dévastés
de la bibliothèque dans notre ouvrage de 1994 sur Ste Croix…
Il en est autant pour la ‘salle des archives’ qui subit les
mêmes outrages. Pour cette dernière, depuis l’édition
de notre livre, nous avons appris que la porte de fer défendant
ce précieux local se trouve encore dans une propriété
privée du secteur. Les symboles qui l’ornent ainsi que la
‘serrure à secret’ sont à la gloire de la ferronnerie
cartusienne locale et à un autre symbolisme surprenant en la matière.
Cependant, ce n’est pas présentement l’étage
que nous retenons mais, à cet endroit, le niveau rez du grand passage
d’une cour à l’autre. Avant d’aller plus loin,
rappelons que cette communication se trouvait close en permanence des
deux côtés par d’épais battants de bois en assurant
l’intimité car là commençait le domaine des
Pères Chartreux. Les propos mortuaires en question correspondraient
uniquement à ce périmètre, sans la moindre raison
apparente le justifiant. Certes, si nous reprenons notre visite discrète
au moment de l’office des morts, il reste peu de temps avant que
la dépouille ne soit conduite, sur sa planche, à sa dernière
demeure. Bien entendu, s’il faut à présent que cette
dernière soit irrémédiablement rejointe, il n’empêche
que nous n’avons toujours pas de certitude sur l’emplacement
du ‘seuil’ de ce royaume des morts cartusiens de Ste Croix.
Cette remarque pouvant surprendre, le commun se contentera de l’indication
officielle du petit cloître en tant qu’ultime cimetière…
D’autres diront que ce manque cruel de population mortuaire s’explique
par une possible emprise sur l’espace central du grand cloître.
L’ennui est qu’à ce jour, jusqu’à preuve
du contraire, rien ne vient corroborer cette hypothèse sans écho.
Alors ? Certes, il nous reste la possibilité qu’on nous raconte,
un jour ou l’autre, et cela arrivera peut-être, que le monastère
est implanté sur le vieux jardin d’Eden et que, de fait,
ceux qui vivent là bénéficient d’une longévité
exceptionnelle… au point de se passer de mourir et déserter
l’ultime enclos. Restons sérieux et envisageons d’autres
possibilités moins hasardeuses, en alignant les éléments
suivants dont nous disposons avec certitude.
- Un petit cloître à population religieuse réduite
à son minimum, avec un manque cruel de sépultures et solutions
tangibles de rechange.
- Une expression directement liée au décès et au
transport vers la sépulture… même si à cet instant
nous en ignorons l’endroit. Ajoutons à présent la
certitude que ce terme n’est pas une sordide résonance populaire
mais une exclusivité réservée aux Pères Chartreux
de Ste Croix.
- Un périmètre restreint où la mémoire populaire,
sans en avoir jamais saisi la raison, garde le souvenir de cette formule
empreinte d’une inexplicable crainte.
- Quelques détails en notre possession, précisément
situés dans cet étroit secteur.
Une ébauche d’hypothèse
Avec
ces maigres réflexions, tentons d’échafauder l’ébauche
de la théorie suivante :
A la mort de certains dignitaires, Prieurs ou Pères (dont l’importance
ne se mesure pas à l’échelle dans la hiérarchie)
de cette Chartreuse, ils sont parés pour leur dernier sommeil selon
un rite unique dit de « la planche à cul ». Ensuite,
après les offices funéraires consacrés, la dépouille
est portée à son ultime demeure près des autres passés
chartreux. Ceci se passe évidemment dans l’église
ou chapelle des Pères (selon les époques) disposant d’une
sortie sur le petit cloître. Celle-ci permet de laisser supposer
à la population laïque de la première cour que l’inhumation
régulière se déroule logiquement dans le cimetière
officiel.
Cependant, pour des exceptions, dont nous n’avons pas les raisons
du choix, le trajet, s’il passe effectivement par le petit cloître,
ne s’arrête pas à ce ‘cimetière des Pères’.
La déambulation se poursuit, dans la discrétion feutrée
de la partie du cloître exclusivement réservée aux
religieux, par la brève traversée du grand couloir, c'est-à-dire
à hauteur de l’accès à l’étage
où se trouve la bibliothèque. Pourtant, ici, il n’y
a rien ressemblant à un quelconque enclos des morts, ni à
l’étage ni au rez de sol… Cela se serait su et des
vestiges, ou une mémoire, en resteraient. Après sans doute
un rapide arrêt et une probable courte prière, la procession,
réduite à sa plus simple expression, utilise simplement
un passage habilement dissimulé dans d’obscures dépendances…
sous l’escalier majestueux par exemple. La suite du périple
se fait alors, non pas jusqu’à un cimetière de terre
consacrée, mais au sein d’un sanctuaire oublié…
sous la forme probable d’une crypte très ancienne n’ayant
rien de cartusien.
Cette dernière se signalerait par une petite chapelle souterraine,
voire un oratoire des plus modestes, comme le veulent les strictes règles
cartusiennes. Une fois la dépouille déposée dans
cette cache sacrée, l’équipage s’en retourne
par le même chemin, ou un autre, afin de ne pas éveiller
de soupçons, jusqu’au niveau des vivants. « Et c’est
fini »… comme l’écrit si simplement E. Baumann
(‘Comment vivent les Chartreux’ – 1936). Ensuite, la
vie cartusienne reprend son cours paisible et contemplatif jusqu’au
départ d’un autre religieux désigné pour cette
destination particulière.
L’éternel recommencement
Certes, notre hypothèse doit faire sourire plus d’un historien
rationaliste… Nous ferons nôtre, ici, la libre déformation
d’une sentence qui exprimerait cette situation : « Souriez,
souriez… il en restera toujours quelque chose ! ».
Il est vrai que jusque là rien ne permet d’étayer
notre théorie qui, pour certains, doit être frileusement
rangée à la rubrique ‘délire douzetien romanesque
habituellement attribué au passé de cette Chartreuse’.
Et nous répliquerons qu’il vaut mieux, en la matière,
faire rire que pleurer de consternation devant bien des actions officielles
conduites au grand jour, dans l’indifférence générale,
tendant à faire disparaître - sans le vouloir, évidemment,
nous dit-on - des pans entiers d’un passé local de plus en
plus gênant au fur et à mesure que nous enfonçons
notre curiosité dans les sous-sols de l’endroit qui ne doit
plus rien au monastère chartreux.
Autrefois, il y a plus de 30 ans, il était impossible - ou peut-être,
à mieux réfléchir, peut-on utiliser le terme interdit
- d’énoncer que cette Chartreuse pouvait recouvrir un passé
qu’elle devait en vérité protéger, voire en
poursuivre l’étrange savoir. Peu à peu, l’archéologie
devait mettre un terme définitif à ce que nos détracteurs
appelaient ‘élucubrations’. La consternation fut à
son comble lorsque les fouilles et relevés attestaient que sous
les fondations cartusiennes persistaient celles d’autres importants
vestiges d’une forteresse. On arrondit alors les angles et ce qui
était exercice de mythomanie devint réalité admise…
bien entendu au bénéfice des scientifiques ayant fait leurs,
sous les applaudissements d’une foule enthousiaste, les suppositions
de Raymond Grau. Il n’y a pas de petits profits !
Aujourd’hui, nous sommes à l’instant d’une nouvelle
levée des vieux boucliers… Nous allons révéler
un ou deux éléments enfouis dans les entrailles profondes
de l’endroit. A ce nouvel énoncé, et selon la vieille
coutume, nous allons de nouveau être traités de doux rêveurs
ou de dangereux mythomanes. L’histoire étant souvent un éternel
recommencement, nous avons foi dans le fait qu’à la suite
de nos commentaires d’autres recherches seront reprises plus complètement
que nos modestes travaux et forcément avec d’autres moyens
d’investigation sur le terrain et en archives… Peut-être
alors assez rapidement, nos dires seront-ils au moins étayés
et poursuivis. Gageons que, dans le cycle du recommencement, d’autres
reprennent à leur compte les découvertes de Raymond et les
nôtres à sa suite… et fassent leurs, et sans la moindre
honte, les dernières découvertes pouvant avoir lieu. A ce
moment là, il sera de bon ton de dire que le plus important est
la remise à jour de ce qui appartient à notre passé…
ce passé qui n’est à personne en propre mais à
tous et chacun à la fois.
Du délire au vertige
Il
nous faut à présent revenir sur l’impossible chemin
de « la planche à cul ». A cet endroit, il y a plus
de 30 ans, l’état de délabrement était impressionnant.
Une palissade de bois mal fermée interdisait, plus mal que bien,
l’accès au grand escalier et, devant lui, une sorte de grand
palier en forme de perron ouvrait ainsi sur le grand corridor de circulation.
Si, effectivement, nous sommes dans le secteur des confidences reçues,
à ce stade rien ne permet, dans le fatras et la poussière,
de deviner le moindre passage vers un ‘ailleurs’. La grande
palissade protégeant le grand escalier et deux portes seulement
restent les seules ‘ouvertures’ matérielles possibles.
Celle proche des planches fermant l’accès à l’étage
n’ouvre que sur un débarras en forme d’innommable capharnaüm.
La dernière porte, alors, était celle ouvrant dans un appartement
dans lequel le temps s’être figé. Ici vit un couple
sans âge. La femme ne répond à aucune question et
fuit notre contact… L’homme, revêche, nous écoute
avec une méfiance prononcée et, à nos questions,
répond ne rien comprendre.
Nous avions à cette époque, pour nous seconder dans cette
recherche, le Père Ado Bedoin comme conseiller… religieux.
C’est lui, sachant que l’habitant de ce local avait eu un
passé religieux, qui se chargea d’entamer la discussion.
Les premiers instants de méfiance passés, notre ambassadeur
parvenait à obtenir une discussion cohérente aux résultats
positifs inattendus. En résumé, et après de longues
palabres car il ne fallait rien brusquer, notre personnage nous affranchit
sur de nombreux détails, des plus riches aux plus anecdotiques,
comme par exemple concernant une seconde adduction d’eau du monastère,
assez haute pour le passage d’un homme debout… totalement
inconnue… d’autres à propos des Roches de Marlin, au-dessus
de Ste-Croix, lorsque les forêts recouvraient encore ce ‘haut’
secteur… et également sur Jurieu et sa chapelle des fous.
Cependant, nous étions surtout suspendus à ses propos concernant
notre attente.
Ragots et colportages innocents… pour un fait réel
Et effectivement, il savait les mêmes éléments que
nous avions obtenus… Seulement, à ceux-ci, il en ajoutait
d’autres en raison du fait que notre ami était prêtre
et qu’il lui accordait donc toute confiance. L’homme nous
permettait ainsi de comprendre une autre importante partie du problème.
En arrivant à Ste Croix, il avait, d’abord par curiosité,
écouté attentivement quelques rumeurs sur l’emplacement
où il devait habiter. Puis, il avait tenté de comprendre
s’il était seulement question de simples ragots amplifiés,
légendes fumeuses, ou de faits rapportés peu à peu
déformés mais avec toutefois un fondement tangible. L’homme
disposait d’une culture suffisante pour comprendre qu’il se
trouvait face aux dernières bribes de faits hors du commun, devenus
coutumiers à la longue. Ses déductions, ajoutées
à quelques actes anciens de divisions, lui permettaient de situer
avec assez de précision que le local, qui allait au fil des décennies
devenir son habitation, se situait précisément sur le macabre
trajet.
Pour cet homme, comme pour nous, il restait à comprendre comment
un événement funèbre chartreux si particulier, et
‘discret’, avait pu se colporter dans le milieu populaire
dès la fin de la Révolution pour arriver, certes ténu,
jusqu’au 20e siècle. Une explication plausible pouvait être
que les ‘planches’ soient fabriquées par le menuisier
de la première cour, selon des critères pouvant soulever
quelques interrogations de l’homme de l’art. Peut-être
ces pièces de bois devaient-elles avoir des proportions propres
à les faire circuler dans un petit dédale aux méandres
imposant des agencements conséquents au niveau des dimensions ou
autres obligations…
Peut-être, ensuite, s’agit-il de l’indiscrétion
d’un simple frère ayant eu vent de détails interdits…
Il est possible encore, simplement, qu’au cours de travaux d’entretien
dans le gros œuvre, ou second œuvre, des bâtiments de
la partie exclusivement réservée aux Pères Chartreux,
auxquels ceux-ci ne pouvaient se livrer, ces derniers aient été
tenus de les confier à un maçon de la première cour
par exemple. N’oublions pas, sur ce sujet, les incendies et les
gros travaux de toitures exigeant une main d’œuvre spécialisée…
cependant curieuse ou observatrice… épanchant ensuite ses
doutes au fil de discussions anodines. Le ‘bouche à oreille’
aurait, ensuite, assuré la transmission d’un fait auréolé
de la mort et de ses mystères dans la partie des Chartreux interdite
aux laïques… donc sans doute emplie d’ombres et de questions.
La superstition aura fait le reste maladif d’un colportage à
voix basse…
Le passage oublié vers un ailleurs des morts
Pour
ce vieil habitant de Ste Croix, c’est avant la Révolution
que se serait éteinte la tradition de « la planche à
cul » qui ne sera plus jamais utilisée pour des raisons de
confidentialité bien compréhensible à la veille de
cette période dévastatrice. Pour lui, ce serait même
avec une quasi certitude que l’événement se serait
raréfié, voire oublié dès la fin du 17e siècle.
En résumé, il avait compris qu’effectivement l’équipage
mortuaire sortait de l’église, ou la chapelle, par le petit
cloître et se dirigeait directement vers l’escalier monumental,
ou plutôt vers les locaux que notre homme occupait précisément
et dont l’usage à cette époque est indéfinissable.
De là, selon ses dires, seuls deux ou trois Chartreux pouvaient
poursuivre le périple par un étroit passage en direction
des sous-sols… Ce cheminement continuait jusqu’à un
second niveau où, paraît-il, se trouvaient des locaux qu’il
qualifiait de ‘magasins’ ou ‘dépôts’,
formant une sorte d’enfilade d’espaces plus ou moins haut
séparés d’épais murs de soutènements,
dont la finalité lui échappait. Ces espaces, après
l’expulsion des Chartreux, devinrent naturellement des caves privées
dont certaines, selon leur insalubrité, furent simplement abandonnées,
comblées ou murées pour une condamnation définitive.
Bien que très intéressant, ceci n’expliquait pas dans
quel but la déambulation mortuaire passait par là, ni son
but final.
L’homme habitait là depuis longtemps et les autres occupants
de l’ancienne Chartreuse avaient, vu son caractère, renoncé
à entretenir une conversation avec celui qualifié d’’étrange’,
‘sauvage’ ou ‘dérangé’… Ne
sortant quasiment jamais plus de chez lui, il s’était donc
refermé sur lui-même avec quelques ouvrages religieux et
son étroit domaine d’habitation voué à une
lente mais inexorable dégradation. Le sous-sol sous son ‘territoire’
l’avait plus d’une fois attiré, puis s’était
transformé définitivement en un impressionnant capharnaüm.
Cependant, avant d’abandonner l’endroit à l’oubli
et aux rebuts, il en avait exploré les recoins et particularités.
Nous passerons sur certains détails pour seulement retenir que,
depuis son habitation, ‘on’ descendait par un étroit
vestibule dans le premier sous-sol à usage de cave. De là,
par un second plan, ‘on’ accédait à un second
niveau bas de plafond, visiblement vide, et sans utilité autre
que d’ouvrir sur un troisième niveau de sous-sol. En 1968,
il était descendu pour la dernière fois jusqu’à
cet étage souterrain qu’il nommait celui de l’enfer,
en raison d’une gravure sur une sorte de gros linteau pris dans
la muraille et qui représentait des personnages dans une sorte
de charrette qui, selon lui, les conduisait aux derniers tourments…
Intrigué par ce linteau sans utilité technique de soutien,
ou arc d’amortissement de charge, il avait fini par supposer sous
cette massive pierre gravée un ultime passage muré et oublié
de tous. Afin d’en avoir le cœur net, il avait fébrilement
descellé quelques pierres et, depuis son imprécise brèche,
il avait pu fiévreusement apercevoir une sorte de caveau ‘à
alvéoles’ étant, sans doute, la fin du mystérieux
périple des « planches à cul ». Il n’était
jamais allé plus loin et avait très vite tout refermé
sur ce qu’il appelait superstitieusement « la catacombe ».
Pour lui, il était préférable de laisser tout ceci
loin des hommes et retourner sous le manteau de l’oubli couleur
de poussière du temps.
D’après lui, un rite funèbre était réservé,
sans qu’on en sache les critères de choix, à certains
Pères. A cet effet, la cérémonie s’achevait
dans une sorte de petit sanctuaire enfoui au plus profond des entrailles
d’une construction qui n’avait plus rien à voir avec
le monastère cartusien. Tout ceci lui semblait surgir des âges
païens, disait-il, et il était préférable de
ne « rien réveiller là-dessous ». Ado Bedoin
avait demandé à descendre dans la ‘cave’ et
en avait obtenu l’accord de principe pour un peu plus tard. Cependant,
le jour convenu, l’homme était revenu sur ses propos et avait
précisé ne plus vouloir nous recevoir ou ajouter quoique
ce soit à ses confidences que, visiblement, il regrettait furieusement.
Nous ne devions jamais plus le revoir. Ceci se passait en 1969.
Finalement, pour notre ami Ado, toute cette histoire sans fondement logique
ou religieux devait retourner à la paix des morts et du passé.
Pour lui, il ne pouvait que s’agir d’une regrettable déviance
localisée qu’il était certainement préférable
d’oublier. Sa fonction de prêtre lui rendait incompréhensible
le fait que des Chartreux soient ensevelis de cette manière, aussi
secrète que douteuse, loin du rite cartusien… S’il
nous aida encore volontiers dans nos approches sur Ste Croix, jamais plus
il ne voulut aborder cet épisode qu’il considérait
comme tabou.
Sous la destruction le passage
Le
temps s’est écoulé et nous avons fini par oublier
ce sujet, en raison du fait qu’il nous était impossible d’aller
plus loin sans pouvoir accéder à ces fameux locaux au niveau
du grand couloir. Quant aux sous-sols, ils nous étaient tout autant
inaccessibles sans passer par des lieux habités et privés.
Tout semblait réglé définitivement pour cette partie
du mystérieux trajet et le but final de « la planche à
cul », jusqu’au moment d’un autre fait.
Nous sommes cette fois, au moment où commencent les grands travaux
de rénovations dans la Chartreuse de Ste Croix. Il ne s’agit
plus de réhabilitations ponctuelles de la cuisine des Pères,
ou des prétendues restaurations des fresques ayant conduit à
des actes pour le moins discutables, mais bel et bien d’actions
de grande envergure. C’est l’époque où les autorités
vont reconstruire une cellule complète dans la seconde cour, et
bien d’autres remaniements.
A ce moment, les travaux vont concerner précisément la remise
en état du grand escalier, son vestibule au niveau du couloir,
mais surtout la destruction… de l’appartement délabré
du personnage s’étant confié au Père Ado Bedoin.
Dès les premiers coups des démolisseurs et profitant de
l’arrêt momentané des travaux, il nous fut permis,
en nous réservant de ne pas dire par qui, d’explorer les
décombres le plus rapidement et le plus complètement possible.
Il va sans dire qu’à ce moment on peut comprendre que nous
n’étions pas seuls à supposer les dires de notre témoin
comme véridiques… et loin des soupçons de canulars.
Il fut facile et rapide, parmi les décombres, de retrouver sous
un éboulis un passage à moitié enseveli. Il semble
que cette ouverture fut prise pour un soupirail d’aération
quelconque et peu digne d’intéresser les démolisseurs.
C’est par cette sorte de faille que nous avons pu, en rampant d’abord,
accéder à un étroit escalier à larges marches,
empli des gravats de la démolition, ouvrant sur une cave au fouillis
innommable. Suivant les indications notées par le Père Bedoin,
il ne fut pas difficile de retrouver, dans les décombres, la porte
basse éventrée sur une seconde descente cette fois aux marches
plus étroites. Nous avons pu sans grande difficulté accéder
à une seconde salle quasiment vide. C’est dans cette salle
au plafond bas que nous avons pu voir le fameux linteau… avec au
sol plusieurs croix de pierre et, fort heureusement en rapporter des photographies.
Deux jours plus tard, l’espace au niveau du passage fut soigneusement
nettoyé, ses parties basses remblayées et un nouveau local
reconstruit sur l’emplacement…
… on se demande bien pourquoi
Certes,
on pourra probablement nous traiter de menteurs… en ce cas, prochainement,
le moment opportun venu, nous produirons un autre chapitre ou seront présentés
les clichés en question. Pour le reste, il est établi dans
les divers comptes rendus d’état des lieux, qu’il n’y
aurait eu qu’un niveau en sous-sol, avec peut-être tout au
plus, par endroits, des volumes de remplissages conséquents à
la hauteur à rattraper depuis le sol naturel extérieur.
Il est rarement fait mention de deux niveaux de caves ou de locaux souterrains…
et à aucun moment d’un troisième étage en sous-sol
!
Et pourtant… oui pourtant, il nous reste une preuve qu’il
y eut ces niveaux de constructions plus profonds sur lesquels les fondations
cartusiennes s’appuyèrent, que nos scientifiques oublient
hâtivement de mentionner… ou esquivent prudemment… on
se demande bien pourquoi.
Cette preuve se situait à la hauteur de la cuisine des Pères,
dont la superbe cheminée fait face à deux sculptures grimaçantes
bien plus anciennes que la date de fondation du monastère par Béatrix
de Roussillon. Sous cette cuisine se trouvent les restes de souillardes
et d’écoulements. Dans ce soubassement se trouvait l’amorce
d’un passage, sans danger, dégagé alors par Raymond
Grau et aussitôt rebouché au rachat du local… on se
demande bien pourquoi.
De là on pouvait avec prudence descendre encore d’un étage
souterrain pour arriver dans une autre pièce entièrement
dégagée dont le seul ornement était… une cheminée
monumentale au style d’une pureté remarquable! Cet élément,
pouvant remettre radicalement en question l’histoire même
de la fondation de Ste Croix en un lieu désert, fut prudemment
esquivé et passé sous un silence absolu… on se demande
bien pourquoi.
Cependant, ce local semblait bien correspondre à d’autres
cavités reliées par une sorte de vestibule qui forcément
devait être connu de quelques habitants (en raison de maçonneries
trop récentes) ou propriétaires immobiliers de l’endroit.
Ajoutons que nous avons la preuve que les autorités en avaient
pleine connaissance, ne serait-ce que par les deux ou trois communications
que nous avions faites, dont une au ‘Parc du Pilat’…
sans parler du fait que Raymond Grau en son temps n’avait pas manqué
non plus de faire mention de ces salles souterraines et de la cheminée.
Pour notre part, nous avions rapporté ces éléments
à des personnalités préfectorales de la Loire, restées
dans la plus complète indifférence ou plutôt sentiment
de gêne… on se demande bien pourquoi.
On est surpris d’entendre que la réhabilitation de la Chartreuse
de Ste Croix en Jarez se fait en toute clarté, sans mystères
ou cachotteries, alors que tout ce qui peut poser certaines questions,
ou problèmes notoires, concernant toutes les parties souterraines,
sont frileusement évitées… on se demande bien pourquoi.
L’absence du passé des morts… et l’ombre de
Polycarpe
Après
ce constat de l’existence d’une sorte de caveau funéraire
ou au moins de dépôt, quelque soit le nom qu’on puisse
lui choisir (crypte, ossuaire, sanctuaire, etc.), nous avons là
une piste intéressante pouvant expliquer l’absence de présence
de certaines dépouilles chartreuses dans l’enclos du petit
cloître. Nous rappelons à cette occasion que ce ‘détail’
est discrètement occulté par les autorités et scientifiques
compétents en la matière.
Ce début d’explication suivi au travers du trajet obscur
de « la planche à cul » n’apporte cependant aucune
réponse au « pourquoi » de ce cérémonial
ni en ce qui concerne sa finalité. Observons que ce rite et ce
parcours, peut-être… initiatiques, s’achèvent
vers la fin du 17e siècle, soit à peu près à
la suite du départ de Polycarpe de la Rivière. Il est peut-être
temps de se souvenir que ce dernier, forcément initié à
certaines choses ou ‘fraternités’, fit une découverte
aussi étonnante que détonante depuis l’église
de cette Chartreuse. Nous allons revenir en détails, une fois encore,
sur cette découverte et ses incohérences, dans le suivant
et dernier volet de ce chapitre consacré à ce prieur des
plus insolites dont la piste se divise en deux parties vers la fin de
son périple et de sa vie.
Il est peut-être temps aussi de se souvenir que ce personnage, aux
ombres pour le moins étranges, fit détruire et reconstruire
certaines parties de Ste croix en prenant soin d’inclure dans ce
‘renouveau de Ste Croix’ ce qui ne devait pas bouger et poursuivre
le voyage dans le temps. Nous verrons alors que ce que l’on prend
habituellement pour une perspective cavalière de Ste Croix n’est
en vérité que la vue d’autre chose qui échappa
à tous les ténors en la matière. Tous ces ultimes
détails et quelques derniers autres nous montreront, peut-être,
que l’itinéraire de la « planche à cul »
est ce qui reste d’une mémoire perpétrée par
quelques ‘initiés’ cartusiens. Ceux-ci, pourquoi pas,
rejoignaient, par là et en toute connaissance de cause, une tradition
liée aux premières occupations du lieu, bien avant que Béatrix
de Roussillon n’arrive en cet endroit qu’elle connaissait
parfaitement ainsi que son pourquoi. Ce pourquoi, elle fut chargée
de le dissimuler sous le voile inattaquable d’un miracle que personne
n’oserait contester… action qui la vouait, en toute conscience
de sa part, à être tenue au secret et sous contrôle
de ceux qui prenaient aussitôt le relais derrière elle et
son époux : l’Ordre des Chartreux et un autre nettement moins
connu.
Nous pensons que ce sanctuaire, connu et utilisé par les Chartreux
jusqu’au 17e siècle, est simplement celui de la place forte
précédente dont la fonction n’était plus tenable.
C’est donc là que reposent les premiers seigneurs du lieu
et à leur suite certains dignitaires chartreux devenus leurs héritiers
spirituels, ou plus encore, probablement. Là encore, les quolibets
ne manqueront pas de fuser sur nos dires. A leur encontre, nous préciserons
une fois encore qu’à l’époque de notre ami Raymond
Grau, vinrent à Ste Croix un envoyé des Monuments de France,
un Père Chartreux délégué de la Grande Chartreuse
mais encore des envoyés venus de Catalogne et d’Espagne…
Tous portèrent grand intérêt aux travaux de Raymond
et à la visite guidée qu’ils lui demandèrent
d’agrémenter précisément d’un petit détour
par les sous-sols… Nous nous souvenons qu’à la suite
de cette journée, personne ne prit notre guide pour un malade mental
ou un farceur, mais au contraire comme quelqu’un venant de soulever
un énorme problème. Nous nous souvenons des commentaires
concernant le cimetière… nous nous souvenons des commentaires
concernant certaines croix, gravures et pistes qu’ouvraient les
sous-sols… Nous nous souvenons des commentaires apportés
par l’envoyé de St Pierre de Chartreuse sur le secteur de
la cuisine et d’autres éléments… Enfin, nous
nous souvenons de ce qu’avait suggéré la délégation
de Catalogne sur les maîtres de l’ancien Roussillon et sur
les découvertes potentielles qui attendaient Raymond et…
les risques qu’elles entraîneraient en cas de succès…
Mais au fait… à mieux y réfléchir… pourquoi
un aréopage catalan accompagné d’un délégué
de la Grande Chartreuse au début des travaux de notre ami à
la veille d’autres découvertes??? En effet, quel intérêt
et lien pouvaient exister entre le Roussillon, Ste Croix et les éventuelles
mises à jour… lorsqu’on sait que certains prétendent
haut et clair qu’il ne saurait y avoir de lien entre les Roussillon
Catalan et… ceux d’Isère. Sans doute une erreur ou
un malentendu que nos joyeux spécialistes ne sauraient tarder de
nous commenter.
Au moment de conclure ces pages, nous ne devrons pas perdre de vue la
tradition oubliée ou occultée de la « pierre Lia-fay
» capable de désigner son nouveau roi local et peut-être
nous renvoyer au niveau où fut entreposée une certaine ampoule
capable à son tour de témoigner de la royauté d’un
descendant. C’est que nous aborderons dans le prochain volet de
ce travail.
A suivre
André Douzet
A la mémoire d’Ado Bedoin
Prochains chapitres :
Alchimie, cheminée et un certain Thibaud de Vassalieu
Les anciens seigneurs de ce lieu et la société oubliée
capable de proposer et faire élire un roi… oublié
Les niveaux de l’ampoule et du sanctuaire
Le culte des morts et leur mémoire selon un prieur du XVIIe siècle
La tombe de Polycarpe et l’Ordre qui lui voulait du bien
L’empire des Roussillon et le château du diable
Mais où sont les actes perdus ?…
L’entrée d’une Chartreuse idéale
Caravansérail pour un sous-sol
L’axe qui se déplace
L‘ombre d’une statue
L’intronisation des chevaliers inconnus à Ste Croix
La loi du silence au XXe siècle
Le royaume du cube
|