
Recherches et découvertes inédites en sous-sol :
Une ampoule du sacre des rois à Ste Croix ?
Naissance oubliée d’une Chartreuse
Parmi les nombreux ouvrages et travaux
concernant la Chartreuse de Ste Croix en Jarez, nous devons bien admettre
ne pas trouver beaucoup d’éléments concernant les
sous-sols de Ste Croix. Nous savons que la Chartreuse est construite sur
un massif de gneiss composé de sels de fer qui épouse le
contour d'un éperon rocheux important.
Il serait logique d’imaginer, qu’aux premiers travaux d’aménagement
du site, le sommet du terrain, transformé en carrière d’extraction,
fournit la matière première en pierres de construction pour
l'édifice lui-même. Joignant, sans doute, le besoin à
d’autres impératifs, les premiers maîtres des lieux
égalisèrent, en tout premier lieu, le périmètre
d’implantation. Nous avons depuis le début de nos travaux
(il y a plus de 30 ans !) affirmé que l’emprise de la Chartreuse
ancrait ses fondations sur de très anciennes bases de bâtiments
remontant, sans doute, au début du Moyen-Âge et probablement
même aux époques de la conquête romaine. On trouve
d’ailleurs, à peu de distance de Ste Croix, un beau vestige
(pierres taillées et une autre avec des écritures) de cette
époque, près des installations du petit barrage de Couzon,
en amont du grand barrage napoléonien. A cette époque, ces
affirmations, suivant les observations de notre vieil ami Raymond Graü,
avaient alors déclanché l’hilarité générale
et les sarcasmes habituels… Aujourd’hui, ceux-là mêmes
qui nous dénigraient joyeusement se sont fait propriétaires
et exploitants de ces hypothèses ! Mais l’important, en la
matière, est la reconnaissance des faits et rien d’autre
!
Peu à peu, les constructions se sont étendues jusqu’à
devenir l’ancienne forteresse oubliée, sur laquelle fut édifiée
la première partie de la Chartreuse primitive.
Lors des derniers agrandissements, le socle primitif naturel n’y
suffisant plus, les grands murs soutenant les jardins des cellules des
moines s’élevèrent assez haut pour rejoindre les niveaux
rez-de-chaussée du grand cloître et de la première
cour. Les jardins sont ainsi placés sur des hauteurs considérables
de remblaiement et apport de terre cultivable. De loin en loin, nous trouvons
donc -par exemple dans la seconde cour qui était occupée
par le grand cloître des pères- en effet, par endroit, le
rocher à fleur de niveau... Ces aménagements avaient, d’abord,
pour effet de procurer de la surface rapportée utilement, et ensuite
d’assurer une protection facile par les hautes murailles propres
à décourager de petites tentatives d’intrusions intempestives…
Cependant, hors des jardins, il était indispensable de rattraper
les niveaux par des sols et des planchers sous voûtes. Les espaces
vides entre le terrain et les murailles furent utilisés pour des
magasins, caves et stockages divers. Aux points les plus bas de la déclivité,
il y a jusqu'à trois étages de caves. Ces locaux obscurs
engendrèrent des récits fabuleux où se mêlent
légendes et réalités. Pour cette dernière,
il est facile de supposer, qu’au moment de ces travaux, certains
aménagements particuliers ont eu lieu en raison de la facilité
à les accomplir. Ensuite, l’oubli étant de bon ton
en la circonstance, tout disparut de la mémoire, sauf quelques
bribes rangées très vite aux rayons poussiéreux des
légendes à bannir et rumeurs détestables.
Un puits peut cacher autre chose
Dans le légendaire de Ste Croix, nous supposions un récit
relatant l'existence d'une galerie souterraine, voire également
plusieurs boyaux d’évacuation des eaux usées, de ventilation
et arrivée d’eau. Nous détenions une information précise,
sur le sujet, d'une personne qui passait ses vacances, enfant, dans une
maison en première périphérie de l’ancienne
Chartreuse. Cette maison d'habitation, comme bien d’autres, possédait
un puits... M. Chaussy (qui possédait également une partie
de l’ancienne ferme fortifiée dite ‘de Bayard’)
se souvenait que, lors d'un curage, il était descendu avec le puisatier.
En cours de descente, donc hors du niveau d’eau constant du puits,
il avait pu observer une petite galerie, partiellement murée, s'enfonçant
profondément dans l'obscurité. Le puisatier lui ayant affirmé
qu’il s’agissait d’une sorte d’arrivée
d’eau secondaire (par temps de grosses pluies), ce témoin
n’avait pas cherché plus loin d’autres explications.
Pourtant, il nous expliquait que cette basse galerie ne comportait visiblement
pas de traces d'humidité ou de lichens habituels en des endroits
pareils. Cet appareillage lui semblait de facture assez sommaire et sans
réelles finitions, du moins pour autant que sa mémoire lui
permettait d'être affirmatif... Ajoutons à ce témoignage
que cette personne était ingénieur à la S.N.C.F et
se montrait insensible à toutes formes de mystère.
Une crypte aussi facile d’accès que vide
Guère
plus d'informations sur le local souterrain, sous la chapelle des célèbres
fresques murales. On ne sait pratiquement rien sur le sujet, et pourtant,
chacun, en visitant les peintures de la mise au tombeau de T. de Vassalieu,
remarque au sol, dans l'axe de l'ogive, à gauche de la scène
de Thibaud sur son lit mortuaire, un soupirail qui s'enfonce sous la chapelle...
Cette sorte de crypte est-elle un tombeau, et si oui, pour qui? Sinon,
quel pouvait être l'usage de ce local sous la chapelle des Pères?
L'accès à cette cavité ne se faisait sûrement
pas par le soupirail visible aujourd'hui, car il impose des reptations
interdisant de descendre quoi que ce soit d’encombrant (un cercueil
par exemple) dans cet endroit. De plus, on imagine assez mal les Pères
Chartreux accéder à cet endroit en se transformant en spéléologues...
même le temps d'une cérémonie funèbre, si tant
est qu'il s'agisse d'un caveau mortuaire. Il faut logiquement supposer
que l'accès était ailleurs... mais par où pouvait-on
accéder à ce "vide"?...
On peut supposer que ce "sous-sol" est connu de tous temps.
Si, à ceci, on ajoute que la curiosité était également
pratiquée depuis très longtemps à Ste Croix, il sera
difficile de nous faire croire que personne ne s’est jamais intéressé
à ce ‘soupirail’, et ce sur quoi il ouvrait ! Pourtant,
aujourd'hui, personne ne peut, ou ne souhaite, apporter plus de réponses
satisfaisantes... Pourtant, nous savons que l’endroit fut investi
lors des grandes campagnes de fouilles et recherches archéologiques
à Ste Croix…
Un local souterrain sans importance ?
Nous pouvons facilement imaginer qu’il a dû être dit
que ce n’était qu’un local sans grande importance…
Bien entendu, à St Croix, rien n’a vraiment une grande importance
en matière de sous-sol ! Cette remarque est regrettable, car probablement,
cet "endroit" pourrait sans doute livrer quelques éléments,
et informations enrichissantes, sur sa fonction et son époque,
tant sur le plan archéologique que sur le plan historique... et
nous éclairer un peu plus, sur cet emplacement "discret".
N’oublions pas qu’il ouvre sur un local qui fut fréquenté
depuis les origines du bâtiment, qui date au moins des premières
constructions cartusiennes. En effet, la chapelle des Pères, en
tant que lieu de culte, devait être probablement le premier endroit
à être achevé, bien avant les autres édifices…
pour des raisons faciles à imaginer. Sans oublier que le fait qu'il
s'agisse d'une construction souterraine laisse supposer une ancienneté
importante, datant du début de la Chartreuse de Ste Croix, voire
peut-être antérieure... L’absence de tous caveaux,
tombeaux, décors ou vestiges de cultes, compromet quelque peu l’hypothèse
d’un caveau mortuaire seigneurial. En effet, cet endroit ne pouvait
servir de nécropole aux Pères chartreux ou à leurs
prieurs ou officiers, puisque tous allaient en terre dans les cimetières
contenus dans le grand et petit cloître que l’on connaît.
Aucun auteur ne s’est jamais aventuré dans une étude
solide sur cette question… Manque d’intérêt,
d’éléments constructifs, ou pour rester dans le droit
fil du convenable établi par les mandarins, sans ‘l’imprimatur’
desquels rien n’est crédible et sérieux en matière
de Pilat et de Chartreuse? Les Pères, eux-mêmes, semblent
avoir choisi le mutisme le plus complet sur ce lieu et son usage... Rien
sur ce sujet, en tous cas, dans l’énorme pile de documents
manuscrits des archives de Ste Croix récupérés dans
une ferme (ancienne grange chartreuse du Pilat) et sauvés juste
avant de passer au feu… Mais alors, à quoi pouvait servir
cette crypte, sous la chapelle des Pères, si l’on admet comme
raisonnable que les Pères n’avaient pas pour habitude de
payer des travaux inutiles, qu’aucun culte catholique ne s’y
déroulait (dans le cas contraire, il en existerait une mémoire,
une archive, une trace) et qu’un tel local n’a pas pu être
construit pour… rien ?!! La seule rumeur murmurée prétend
cependant que ce local communiquerait avec le grand souterrain près
de la mairie, dans la seconde cour. Un éboulement des deux côtés
permettrait peut-être de donner un début de réponse,
à moins bien entendu que, là encore, le silence soit de
rigueur habituelle, là où l’on ne tient pas trop à
laisser les recherches se poursuivre.
Un accès souterrain depuis le jardin de la mairie
Puisqu’il est
question de ce souterrain accessible depuis le jardin de la mairie, il
est temps de revenir sur son existence souvent contestée. Là
encore, il n’existe aucun information, à la disposition du
public, sur cette galerie pratiquement à hauteur du chœur,
sous l'église, côté jardin de la mairie. Cette galerie
est suffisamment large et haute pour permettre le passage de deux personnes
de front. Le boyau est taillé à même la masse rocheuse.
Il se dirige suivant une pente douce en direction approximative de l'ancienne
cellule du Prieur. Un éboulement important le comble partiellement
à hauteur du corridor. Le fait qu’il soit taillé dans
la masse rocheuse naturelle exclut qu’il s’agisse d’un
appareillage imposé pour porter la construction du grand cloître,
par exemple… ou de toute autre construction, pour la même
raison. Il faut résolument exclure, également, que ce soit,
comme certains le prétendaient, une conduite d'égout. D’abord,
on n’y trouve aucune adduction d’égout secondaire ou
même d’ouverture d’écoulement, et ensuite, on
imagine mal un écoulement d'eaux usées, ou vannes, en direction
du puits vers la cellule du Prieur... De plus, on pourrait se demander
d'où proviendraient ces eaux usées, près du choeur
de l'église, où il n’existait aucun local sanitaire
(cuisine, infirmerie, habitation, écurie, étable) justifiant
un égout… d’une telle importance. En outre, l'importance
de la galerie fait plutôt songer, dans le cas d'un égout,
au grand collecteur d'une ville comme Paris, qu'à un petit réseau
d’évacuation pour treize usagers, même si les Pères
chartreux "voyaient grand pour l’avenir de leur Ordre"...
On est même obligé d'exclure un passage ou une circulation
d'eau courante, ou drainage d’eaux pluviales, car le raisonnement
lui serait identique. Cette eau, selon la pente, viendrait de sous la
salle capitulaire et on se demande vraiment quelle en serait la source...
inconnue de tous temps. De plus, il y aurait eu un tel débit que,
forcément, on trouverait d'autres installations hydrauliques d'importance,
ou au moins leurs vestiges... Enfin, où cette masse de liquide,
quel qu’il soit, finirait-elle son cours, sans que rien n’en
assure le contrôle, ou aucun regard le nettoyage et l’entretien?
Non, il faut se résoudre à admettre qu'il s'agit là
d'un passage, et le terme "souterrain" est à prendre,
ici, au seul sens "qualificatif’ et non au sens mystérieux…
à moins que…
Néanmoins, ceci n'éclaire toujours pas la raison d'être
de ce passage dans le périmètre où vivent seulement
les Pères chartreux. Ce ‘passage’ était-il destiné
à rester sous leur contrôle et dans un secret absolu ? Ensuite,
les Pères se déplacent visiblement dans le grand cloître
sans avoir à se cacher les uns des autres, et sans doute pas plus
vis-à-vis des profanes. Pour ce que l'on sait de leur vie, leurs
déambulations dans la Chartreuse ne se font pas à toutes
les intempéries, ou sur des distances telles qu'il leur faille
un passage souterrain pour se déplacer en ligne droite d’un
point à un autre… à moins que...
Ces remarques assez logiques génèrent une autre question:
cette galerie avait bien un usage, puisqu’elle est encore bien à
sa place d’origine. Alors, d’où pouvait-elle venir
et où pouvait-elle bien conduire?... A moins, qu’une fois
de plus, nous ne nous trouvions en présence de vestiges d’anciennes
parties de la Chartreuse primitive et peut-être même en présence
de constructions antérieures à l'arrivée des Chartreux...
Mais alors, pourquoi avoir gardé un accès secret pour une
chose qui ne sert à rien ?... à moins que…
Pour ce dernier détail souterrain, il serait facile d’éviter
les sarcasmes habituels racontant que ceci est une affabulation…
par exemple, en demandant à monsieur l’architecte du Parc
si nous mentons, ainsi qu’à un membre du Conseil Général
de la Loire s’étant occupé de Ste Croix et s’y
étant intéressé de très près à
… à moins, évidemment, qu’on ne les déclare
nos complices en la matière.
Une découverte fortuite ou une recherche assidue?
Ce qui va suivre est le résultat de nombreuses années
de recherches obstinées... pour aboutir un jour à une découverte
fabuleuse... Il s’agit ici d’une découverte faite il
y a plus de 10 ans, depuis les constats de M. Chaussy, dont nous avons
fait état précédemment.
De plus, le lecteur attentif comprendra pourquoi nous avons commencé
notre texte par le puits visité par monsieur M. Chaussy, un local
sous l’ancienne chapelle des Pères chartreux et enfin le
grand souterrain sous une partie du grand cloître des Chartreux.
Une partie des fresques
de Ste Croix en Jarez. Au pied de cette partie de la fresque, sous l'ouverture
en ogive se trouve le soupirail de descente vers la crypte.
Les lignes qui suivent sont le récit de la mise à jour
d'un accès souterrain, de son dégagement, de son trajet
et enfin de la mise à jour d'un dépôt souterrain dont
l’accès se situe à peu de distance de la Chartreuse
de Sainte Croix en Jarez... "L'inventeur" nous a communiqué
un film, des photographies, et montré quelques objets trouvés
en cours de cheminement... Il est facile de comprendre que nous soyons
tenus au respect de l'anonymat le plus complet. Au demeurant, seule la
découverte en question nous semble intéressante à
divulguer ici. Le lecteur comprendra que nous ne puissions, par souci
de protéger l’entrée du site de tous pillards, donner
le point "géographique" de l'accès au cheminement.
Des difficultés de progression impressionnantes
La découverte eut lieu au début de l'année 1993.
En fait, il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une galerie d'accès
comme nous l'imaginons au premier abord, mais plutôt d'une sorte
de conduit très ancien… une alimentation ou une évacuation
d'eau. Le cheminement était entièrement obstrué,
sur quasiment toute sa longueur, par des couches de sédiments,
de dépôts naturels et d'un important éboulement dû
à une fissure naturelle.
Aux endroits les plus dégagés, le boyau excède, à
peine, cinquante centimètres de haut sur quarante centimètres
de large. On imagine fort bien les difficultés de progression dans
un tel milieu, et pire encore, les efforts incroyables à fournir
pour dégager et évacuer la masse des dépôts
naturels colmatant entièrement ce boyau. L'éboulement le
plus important obstruait totalement le conduit sur une longueur de plus
de quatre mètres. A cet endroit, il fallut étayer, après
avoir dégagé une sape à peine suffisante pour laisser
passer un homme en rampant... Signalons la présence d'humidité
importante tout au long du boyau, et même, en deux endroits, pratiquement
vingt centimètres d'eau... les jours de pluie.
La longueur de ce réseau est d'environ quatre cent vingt mètres
(à la boîte de ‘déroulement’) débouchant,
enfin, en surplomb, dans une sorte de siphon rudimentaire. Ce dernier
s'ouvre lui-même sur un petit puits de descente directe vers un
‘regard’ permettant d’accéder, enfin, par le
haut, à un petit local voûté...
Du surplomb, au sommet de la salle voûtée, la descente est
très rapide et ne dépasse pas trois mètres. L'accès,
nous le comprenons, s’avère particulièrement malaisé.
De toute évidence, même en tenant compte des éboulements
et des sédiments, il est impossible que ce "passage"
ait pu être la seule voie d'accès à ce petit local
souterrain. Il s’agirait, plutôt, d'un ancien conduit transformé
en une sorte de ventilation... qui s'obstrua peu à peu naturellement,
comme nous l'avons vu plus haut...
Il y avait forcément un autre cheminement
Derrière la
planche du fond, le soupirail ouvrant sur la crypte
Ce cheminement, extrêmement pénible, montre qu’il
est impossible que nous soyons sur un cheminement prévu à
cet effet, mais plutôt en présence d’une sorte de ventilation
ou drain d’eaux de ruissellement naturel. Il y avait forcément
un autre cheminement qui devait permettre de circuler, et d’arriver,
dans des conditions d'utilisation normales... ne serait-ce que pour déposer
les pièces de pierres maçonnées aperçues plus
loin et qui ne pouvaient, en raison de leurs dimensions, être amenées
par ce "conduit" trop étroit pour cet exercice... Le
véritable accès est probablement enfoui sous l'éboulement
qui cache toute une partie au fond du local souterrain.
La petite pièce souterraine retrouvée est voûtée
en anse de panier d'une seule portée, sans travée. La hauteur,
au sommet de la voûte, est d’environ deux mètres quatre-vingts,
et le point bas se trouve à environ un mètre soixante. C’est
dire, qu’à ce point de la voûte, on ne peut se tenir
debout. Au sol, la largeur est constante, du moins jusqu'à l'effondrement…
après ce dernier, c’est l’inconnu !
La longueur laissée libre est de pratiquement cinq mètres.
En raison de la coulée de terre et de pierres, qui dut suivre l'éboulis,
il est impossible d'évaluer la dimension réelle de cette
construction et d'en connaître, ou d'en voir, le véritable
accès. En effet, dans l’espace accessible, il n’y a
aucune marque de la moindre ouverture. Ce qui signifie, d’après
nous, qu’une ouverture se trouve obstruée, volontairement
ou non, sous l’éboulis.
SAC EMPUL REGI
Le
‘caveau’, sur la longueur d'un des pans de mur, contient deux
"bouchons" de pierres taillées d'une seule pièce,
semblant clore deux cavités creusées dans la paroi rocheuse.
Nous utilisons le terme de ‘bouchon’ en raison du fait que
ces pierres sont d’une facture nettement plus soignée que
d’autres blocs visiblement utilisés à fin de maçonnerie.
Peut-être ces derniers sont-ils un appareillage mis en place pour
consolider la voûte ou les parois sans renforts visibles. En face,
se trouve la pièce la plus importante, qui est un énorme
coffre de pierre, ou sorte de caisson à base rectangulaire, pouvant
fort bien être ce qu’il reste d’un maître autel
rudimentaire ou ‘plein’, et composé d'au moins cinq
pierres visibles, et peut-être une sixième au sol, sous la
terre et les gravats...
La face longue principale de l’assemblage comporte, en son centre,
deux petits personnages très abîmés, semblant porter
un double cercle, plus grand qu’eux, entourant une croix à
quatre larges branches évasées identiques. Revenons à
ce que nous appellerons les ‘deux bouchons de pierres’: l'un
ne porte, pour toute inscription, qu'une croix en creux à branches
égales de petite dimension. Le second ‘bouchon’ est
visiblement le plus intéressant, du moins par le texte gravé
sur sa face extérieure:
SAC : +
+EMPUL+
REGI: +
VENER: ORDO. III X VV
Si les abréviations étaient correctes, et s'il n'y avait
pas l'erreur du E dans le mot EMPULL, nous pourrions supposer n'être
séparé que par un seul bouchon de pierre, de ce qui se traduirait,
approximativement, par la SACREE AMPOULE ROYALE ... Rien ne prouve que
cette ampoule soit encore dans sa cache, derrière son rempart de
pierre... Et si tel est le cas, qu'est-ce que cette Ampoule Royale…
Et pourquoi serait-elle déposée ici, dans cet endroit oublié
de tous?... Enfin pouvons-nous le supposer…
Nous savons que la seule ampoule connue fut détruite le 7 octobre
1793, sur le parvis de la cathédrale de Reims, par le commissaire
de la Révolution Ruhl… Le texte est trop bref et sibyllin
pour que nous puissions faire un rapport étroit entre ces deux
flacons... ou ampoules. En réalité, peu importe dans ce
propos que ce soit ou non l'ampoule d'un sacre. Ce qui importe est surtout
que Sainte Croix en Jarez fut, où est toujours, dépositaire
d'un réceptacle, sous quelque forme que ce soit, d’une ampoule
permettant toujours le… sacre d’un roi, selon la coutume ancienne.
Le plus délicat sera d'essayer de définir l'origine et la
fonction de ce flacon... S'il est toujours dans les entrailles de la Chartreuse
de Ste Croix en Jarez ! Quant au deuxième ‘bouchon’,
dans le mur, décoré d’une simple croix gravée
en profondeur, il ne permet d’émettre aucune hypothèse.
Au sol de ce local, se trouvent, "pêle-mêle", une
croix de pierres à branches égales de section carrée
et trois croix de forme discoïdale, toutes sans inscription apparente.
A présent…
A l’époque de cette découverte, d'après l'orientation
donnée alors, le "caveau" n’était pas tout
à fait situé sous les bâtiments de Ste Croix. Cependant,
les informations données par une boussole sur l'axe général
du local indiquaient approximativement, toujours si l'accès réel
est bien sous l'éboulis et dans ce même axe, la direction
de Ste Croix... Cependant, répétons-le encore ici: rien
ne permettait, alors, de supposer que l'accès "pratique"
provenait des bâtiments de Ste Croix... dans le contexte documentaire
connu aujourd'hui.
A présent, et après de nouvelles mesures, nous avons la
certitude que l’étrange ‘caveau’ se situe bel
et bien sous les premiers bâtiments de la façade principale
de la Chartreuse. De plus, nous nous trouvons approximativement sur la
ligne reliant le puits, vu par M. Chaussy, et la ‘crypte’
sous la chapelle des Pères. Peut-on dire que ces lieux, avec le
grand souterrain, font partie d’un seul et unique réseau
destiné à une chose… un dépôt unique
en son genre et qui le serait encore si la mise à jour avait lieu
à notre époque ?
A présent, nous pouvons ajouter qu’une société
allemande de documentaires, destinée à des diffusions télévisées,
produira prochainement des images de ce lieu souterrain. Ces dernières
mettront fin définitivement à toutes rumeurs désobligeantes
sur certains aspects de plusieurs découvertes, concernant la Chartreuse
de Ste Croix en Jarez et les sites de Châteauneuf…
André Douzet
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