L’Opus Dei
Oeuvre de Dieu et de la Sainte Croix

 


IX - Les effectifs

A part le camouflage complet que l'Opus Dei fait de sa bureaucratie, il existe d'autres points obscurs dans la vie de l'Oeuvre de Dieu sur toute la terre. Peut-être le plus important camouflage serait la composition des effectifs humains dont dispose l'Opus Dei en Espagne. L'expansion internationale de l'Opus est encore assez récente et peut se calculer approximativement à 80 % de la proportion d'affiliés espagnols des effectifs de 1'Oeuvre. Selon la revue américaine "Life" du 18 mars 1957, les effectifs accèdent à 7 000 numéraires, 12 000 oblats, 2 500 surnuméraires et 50 000 coopérateurs, répartis dans le monde.
Le 7 octobre 1964, le journal "New York times" signalait que l'Oeuvre de Dieu comptait plus du 50 000 membres dont moins de la moitié était formée d'espagnols. Les effectifs réels de l'Opus étaient donc mal calculés en 1957. Ce n'est pas trop s'aventurer que d'affirmer que les effectifs de l'Opus ne dépassaient pas 25 000 en incluant les prêtres. On sait en effet qu'en 1964, il y avait 133 sociétaires, membres de la Société Sacerdotale de la Sainte Croix (Opus Dei en Espagne).
Jacques Guilleme-Brulon avait signalé, dans Le Figaro du 25 mars 1954, que la proportion des prêtres représentait 3 % de l'effectif total des membres de l'Oeuvre de Dieu. Il serait donc vraisemblable que le nombre des sociétaires espagnols de l'Opus serait cette année 1964 de 4 333 membres.
D'autre part, on sait que les membres payants de l'association des Amis de 1'Université de Navarra, la plus forte organisation de masse de l'Opus, s'élèvent en 1964 au chiffre de 9 000 adhérents provenant en sa plus grande partie de circuits plus extérieurs (par exemple les coopérateurs). Tout ceci fait prévoir les effectifs totaux de l'Opus Dei en un chiffre qui oscille entre 13 000 et 20 000 membres en Espagne et près de 25 000 si on inclut les sociétaires de l'Opus Dei à l'étranger.
Il convient de dire que les membres de l'Opus ont beaucoup augmenté depuis 1964 à un rythme d'expansion extraordinaire. Même si on avait doublé les effectifs réels de l'Opus, ils ne seraient pas supérieurs à 50 000. Chiffre vraiment très bas en considération de la grande activité et des conséquences sociales de l'Opus Dei surtout dans la classe dominante en Espagne.
Les sociétaires masculins de l'oeuvre ne sont inscrits sur aucun registre hors des Archives privées de l'Oeuvre de Dieu. Le fait d'avoir réussi à créer deux sections de l'organisation sans être obligé d'avoir une complète inscription juridique dans les structures de l'Eglise permet à l'Opus Dei de n'avoir pas l'obligation de déclarer le nom et le nombre des sociétaires masculins qui militent dans son sein ni ceux de la section féminine. Cette absence de détails rend impossible en principe toute investigation sur les sociétaires membres de l'Oeuvre de Dieu.

X - Les femmes de l'Opus Dei

Le 14 février 1930, Mgr Escriva, qui serait plutôt antiféministe, décida de créer parallèlement à la branche masculine une branche féminine, une filiale de l'Oeuvre spécialement destinée aux femmes. Elle serait absolument indépendante de la branche masculine.
La branche féminine possède sa propre hiérarchie et poursuit ses fins spécifiquement, tout en s'inspirant de l'esprit général de l'Oeuvre. On y exige également les trois voeux pour les membres à part entière.

Dans le cas précis de l’Espagne, la filiale féminine comporterait une stricte séparation de fait entre « Senoritas » et « Sirvientas ». On y retrouverait le principe de ségrégation aux numéraires d’un côté et aux oblats de l'autre.
L'Oeuvre exigeait des postulantes aux catégories supérieures une dot assez élevée, suivant la pratique courante des Congrégations religieuses. Mais il semble bien que Senoritas et Sirvientas se retrouvent pour fournir aux diverses résidences de l'Oeuvre même de la Nonciature de Madrid un personnel efficace et discret; les premières assurant la gestion administrative, les secondes l’entretien matériel.
Les nombreuses écoles et centres ménagers fonctionnant en Espagne, sous l’égide de l’Opus Dei, ont été certainement un des moyens les plus adaptés au recrutement de la branche féminine. Parfaitement équipées, ces écoles ménagères de types très divers suivant leur localisation, ont permis à l’œuvre d’attirer des jeunes filles de condition modeste, impressionnées par des réalisations beaucoup plus modernes que celles que pouvaient leur proposer les Ordres religieux traditionnels.
Quant aux jeunes bourgeoises, les centres de l’Opus Dei sont tout à fait en mesure de leur donner les connaissances pratiques nécessaires à une future mère de famille tout en perfectionnant leur vernis mondain. Si ces jeunes bourgeoises se décident ensuite à adhérer à l'œuvre, elles sont encouragées à soigner leur élégance vestimentaire et à parfaire leurs soins de beauté d'une façon discrète. Quelques unes seraient même quelque peu scandalisées, ces conseils étant peu conformes à l’esprit de pauvreté que prône l'œuvre.
On se demande si l'Opus Dei n'a pas été mené à voir essentiellement dans les femmes un moyen singulièrement bien adapté à un de ses buts majeurs, la conquête des hommes influents, surtout cela dans le sens le plus désincarné du terme, bien entendu… Il semblerait que l'Opus Dei soit actuellement en train d'orienter une partie de son activité du côté des femmes, au moins si celles-ci appartiennent à un certain milieu social, non pas seulement pour y recruter des adhérentes, mais pour y constituer des noyaux de sympathisantes utilisables. Ainsi, dans la ville de Barcelone, il est devenu de bon ton, dans la société, de suivre des exercices spirituels de l'Opus Dei ou de collaborer à ses oeuvres charitables. Cela fait « moderne » et contraste avec le style « Dame patronnesse » des mouvements catholiques traditionnels.
En somme, de même qu’il comprend le rôle déterminant du pouvoir économique, l’Opus en Espagne, et vraisemblablement ailleurs, s’est également rendu compte que, dans le monde actuel, il convient de ne pas négliger le « deuxième sexe ».
Mais il n’a pas pour autant renié sa conviction profonde de la supériorité masculine qui lui vient de son fondateur Mgr Escriva lui-même, ainsi que des textes cités dans ‘Camino’. Comme pour la section masculine, les prêtres de l'Opus Dei font office de directeurs de conscience des femmes appartenant à l'œuvre.
Tout d'abord, les premières recrues de Escriva furent les soeurs des premiers ‘compagnons’. C’est ainsi qu'elles se trouvent en deuxième place. L'ordre est chronologiquement (rigoureusement), Guadalupe de Landezuri, soeur du Dr Ortiz de Landezuri, alors professeur de la Faculté de Médecine de l'Université de Navarra, qui est l'une des plus importantes femmes appartenant à l'Opus Dei. La quatrième suivante d’Escriva, Rosario Orbegozo est la soeur de l'évêque d’alors, Ignacio Orbegozo, Dolores Fisac est la soeur de l'architecte très connu, etc…

Depuis 1964, il existe à Rome un Conseil Général féminin. Mais sa dépendance organique, en ce qui concerne l'autre section, se réalise uniquement à travers Incarnacion Ortega, l'auxiliaire la plus capable de Escriva, qui assiste aux délibérations du Conseil général de l'Opus Dei.
Pour le Conseil régional, le contact est semblable, et au niveau de la Cité, ou ville, une seule femme participe au Conseil des hommes et vice-versa. En ce qui concerne l'assistance spirituelle à ses associées, l'Opus envoie des prêtres qui possèdent une forte attraction personnelle et de préférence ayant des soeurs dans l'Oeuvre de Dieu.
Les éloges exagérés concernant la femme que formule Escriva dans "Camino" sont de ceux que l'on fait à des êtres pratiquement inférieurs. Préjugé que l'Opus partage avec la Sainte Mère l'Eglise. (Maxime 980 et 982 de Camino). Maxime 946 : "Si vous voulez vous donner à Dieu dans le monde, il n'est pas besoin que vous soyez savantes. Il suffit que vous soyez discrètes"- Fin de citation.
Cette année 1970 est le 13e anniversaire de la fondation de la section féminine. On peut enfin savoir d'après le même Opus Dei que le nombre de femmes est approximativement de 12 000. La plus grande concentration de cette Oeuvre se trouve dans les zones urbaines espagnoles de Madrid, Barcelone, Valencia, Sevilla et encore dans les zones rurales de la Mancha et de la basse Andalousie (provinces de Sevilla, Cadiz, Malaga et Granada). L'âge moyen de ces militantes oscille entre 20 et 30 ans, les servantes étant le groupe le plus nombreux. Une petite minorité seulement formée par les Oblates et les Numéraires vit en résidences féminines qu'entretient largement la ‘Sainte Maffia’ pour ses associées privilégiées. Les associées coopératrices sont des femmes ayant de l'argent et qui aident économiquement l'Oeuvre sans compromis de vœux. Fin de l’extrait du livre de JésusYnfante.

XI - L'emprise de l'Opus Dei dans les syndicats

Il y a environ 40 ans, sinon plus, les syndicats ouvriers catholiques qui s'intitulent toujours "chrétiens", furent créés en Espagne par la Hiérarchie. L'ancien directeur du journal de Madrid "el Debate" pendant la République était un prêtre, Angel Herrera, qui y fut placé par ordre du Pape faisant preuve de grande activité, s'entourant de Propagandistes. En récompense de ses services, il fut nommé Evêque de Malaga par Pie XII.
Cet Angel Herrera fut l'inspirateur, le directeur des syndicats chrétiens. Leur apparition "clandestine" mais tolérée par le gouvernement coïncide avec la révélation publique de l'existence de l'Opus Dei qui en 1956 entrait au gouvernement franquiste par la petite porte. Lopez Rodo était nommé secrétaire d'état à la Présidence ; aujourd'hui, l'Opus Dei détient tout le pouvoir.
Les syndicats chrétiens acceptèrent de collaborer avec les communistes, tant qu'ils se sentirent faibles mais à mesure qu'ils se développèrent, qu'ils apprirent les données, les buts des syndicats ouvriers, ils s'en séparèrent contre le gré de ceux qu'ils ne prirent comme associés temporaires que pour s'introduire dans le monde du travail...

Les catholiques, par leurs publications diverses, montrent qu'ils ont étudié profondément le mouvement ouvrier mondial dès avant la première internationale jusqu'à nos jours. Ils puisèrent les formules et les programmes syndicalistes révolutionnaires qui firent pendant des décennies la force de la classe ouvrière face au capitalisme. Ils osent écrire : "nous sommes syndicalistes révolutionnaires, parce que nous poursuivons la destruction du système capitaliste et l'installation d'une société authentiquement populaire, qui apporte la liberté et la responsabilité de l'homme". (Selon une entrevue du 30 juin 1965 avec les Cuadernos dei Ruedo Iberico à Paris)

"Le syndicat vertical (phalange franquiste) doit disparaître -d'après l'Opus Dei- pour faire place à un syndicat fort, l'horizontal, qui est celui qui a fait les conquêtes sociales. Nous sommes partisans d'un syndicat fort qui donne plus de force à l'ouvrier et aux travailleurs, pour se mesurer à la force que possèdent les entreprises pour dialoguer ouvertement, prendre contact avec des gens qui ont un appui syndical. Le syndicat vertical est très dangereux. De ce fait, il faut un syndicat horizontal… le seul qui soit fort. Je crois qu'il faut qu'un syndicat évolue"- Fin de citation.
La ‘Maffia technocrate’ élimine donc politiquement de la scène les derniers résidus d'un fascisme dévergondé.
Dans le futur, les commissions ouvrières, si elles ne dépassent pas la limite de la stricte revendication, seront plus ou moins tolérées. Aujourd'hui, elles sont encore l'embryon d'un syndicat de classe ; mais pour la ‘Maffia technocrate’, à moitié chemin entre la répression et le dialogue, la croissance de cet embryon est suivie de près, avec attention, parce qu'il représente pour son projet un organisme nécessaire pour compléter le Cadre idéal des Institutions démocratiques en Espagne.
Le régime de Franco ou de son successeur -le monarque clérical autoritaire- aura avec lui un atout de plus pour figurer de plein droit parmi les pays soi-disant démocratiques.
Décidément, l'Opus Dei joue le jeu. En janvier 1967, Calvo-Gerrer, au nom du journal "Madrid" contribua par une forte subvention à maintenir et secourir les grévistes d'une fabrique à Scheveri. (Bilbao). Un homme important dans ce groupe, demandant à Calvo-Gerrer s'il ne craignait pas les communistes qui inspirent grandement les commissions ouvrières, ce dernier répondit qu'on ne peut les ignorer puisqu'ils existent. Il en serait autrement, si on les reconnaissait légalement comme parti communiste en Espagne, mais il est bon de les connaître...
On peut affirmer sans réserves que le pouvoir est entre les mains de la ‘Maffia technocrate’ et que les postes clés de cette organisation sont aujourd'hui occupés et continueront dans un futur immédiat d'être envahis et submergés par les sociétaires de l'Opus Dei ou cléricaux -autoritaires de confiance.
Leur introduction dans les syndicats est cause de délations, licenciements d'ouvriers trop engagés... Ils veulent s'apparenter avec les syndicats chrétiens-démocrates d'autres pays.
Mais l'apparition de la ‘Maffia technocrate’ comme phénomène social, n'est pas seulement en Espagne ; Milovan Oillas l'avait déjà écrit, ainsi qu'un italien Bruno Rissi décrivant la démocratisation du monde et la bureaucratisation des pays socialistes. John Galbraith l'a aussi signalé dans son oeuvre "Le nouvel état industriel" (édité chez Gallimard), et Edgar Faure, appliquant les tracés libéraux de Galbraith, affirme que le pouvoir politique a changé en France. Il faut penser que l'Opus Dei est déjà dans 75 pays.

XII - L'expansion internationale de 1'Opus Dei « l'internationale des minorités » Calvo-Serrer

L'expansion de l'Opus Dei s'est réalisée à travers les sociétaires numéraires espagnols qui partirent à l'étranger pour répandre "la bonne parole" de Escriva et de son Oeuvre de Dieu.
Fernando Maycas fut 1'introducteur en France ; Luis-Maria Garrido aux Etats-Unis ; Ramon Montalat au Brésil ; Taboado au Paraguay, etc…
Le bagage de ces premiers ambassadeurs de l'Opus se réduit en général à une liste de possibles cotisants qu'ils avaient en poche. Tout était prêt en 1935 pour commencer en France. Mais la guerre civile en Espagne puis la guerre mondiale, arrêtèrent momentanément leur expansion. Mais en 1940, le labeur commence au Portugal. A la fin des hostilités, après avoir fait pendant quelques années plusieurs voyages dans ce pays, ce fut en Angleterre, en France, en Italie, aux Etats-Unis où ils obtinrent de très grandes facilités et introductions. Puis ce fut le Mexique, l'Amérique Latine qui les intéressèrent au plus haut point.
Depuis lors, l'expansion a un rythme progressif. A partir de 1949 et 1950, c'est l'Allemagne, la Hollande, Suisse, Argentine, Canada, Venezuela et les autres pays américains et européens, comme l'Irlande.
En même temps, le labeur va s'étendant à d'autres continents : l'Afrique du Nord, le Japon, le Kenya, et d'autres pays de l'Afrique Orientale, l'Australie, les Philippines, le Nigeria, etc… Après un voyage en U.R.S.S., le ministre Ullastres signe un pacte commercial avec ce pays.
La propre expansion de l'Oeuvre de Dieu est un indice éloquent de son mélange étonnant de fascisme, impérialisme et bureaucratie.
Il existe aussi un phénomène semblable à celui de l'Opus, encore que bien plus limité, dans l'Eglise protestante : ainsi, l'appareil bureaucratique de l'Ordre d'Orange qui propage la lutte des protestants du Nord de l'Irlande pour se maintenir dans ses privilèges. Pour analyser les sanglants événements qui ont lieu depuis l'été 1959 dans ce pays, on doit surtout se rendre compte de la présence à la fois "invisible" et bureaucratique de l'Ordre d'Orange.
Il faut noter que depuis précisément ces années, l'Opus Dei est également présente en Irlande où se sont vendus déjà 5 000 exemplaires de la Bible Camino. Entre l'Angleterre et l'Irlande, 15 000 exemplaires ont été vendus ; à New-York 50 000 et à Chicago 37 000 ; en France 5 000.
En été 1966, deux sociétaires de l'Opus Dei agrégés de droit administratif et Alberto Moncada, secrétaire de l'association des amis de l'Université de Navarra, firent un long voyage en diverses terres américaines pour connaître les progrès de l'Oeuvre sur ce continent américain. Ils contactèrent plusieurs organismes dans le genre de l'Office National de Rationalisation de l'administration publique de Colombie et l'Office Central de coordination et planification du Venezuela. A travers ces contacts, les pieux militants de l'Opus Dei prétendaient que leur Office pourrait exporter quelques uns de ses cadres et recevoir également de la clientèle des pays latino-américains.
Toutefois, ce n'était pas leur objectif primordial, mais grâce à ces échanges l'association des amis de l'Université de Navarra fut définitivement constituée au Mexique, au Pérou, en Colombie, au Venezuela, au Chili et aux Etats-Unis, plantant en même temps les bases pour constituer d'autres associations similaires à l'Equateur, au Canada et à Puerto-Rico.
Dans les pays socialistes, l'Opus Dei ne s'est installé qu'en secret. Par exemple à Cuba, ils commencent par une agence de Change. L'Opus Dei affirme posséder au Mexique la résidence universitaire panaméricaine, le centre latino-américain d'études universitaires, qui comprennent une école supérieure d'administration d'institutions où l'on délivre des licences en "travail social", un contrat de capacité pour employées de maison, un institut supérieur de culture et art, etc.. Certains hommes politiques et hommes de négoce importants comme le représentant au Mexique de la Chrystler Corporation sont aujourd'hui membres de l'Opus Dei.
L'expansion de l'Oeuvre de Dieu en Amérique du Nord a été rapide, avec de grands effets. En octobre 1964, le "New York Times" affirmait que les membres et coopérateurs de l'Opus aux Etats-Unis se chiffraient à plusieurs milliers répartis entre Washington, Boston, Chicago et autres villes du Moyen Ouest. A ce même journal, Ignacius Gramunt, responsable de l'Opus de Washington, déclare que l'Oeuvre de Dieu ne peut être considérée comme étant un organisme à Direction espagnole puisqu'il y a plusieurs américains au quartier général de l'Opus à Sono… et Gramunt essayait de démontrer que l'association est internationale.
Parmi les sympathisants les plus notables de l'Oeuvre de Dieu en Amérique du Nord, on signale alors David Kennedy, président du Continental Illinois
Bank est secrétaire du trésor de l'administration Nixon et Mr. Srikson un des "rois" de la publicité aux Etats-Unis, etc…
Yvon Le Vaillant, dans le "Nouvel Observateur" du 10 janvier 1971, écrit : "Abordons les rapports de l'Opus Dei avec un organisme plus particulier : la Central Intelligence Agency, la très américaine C. I. A., empire du renseignement, bras séculier de l'impérialisme nord-américain, à travers le monde. Un intellectuel espagnol contestataire, résumant à ce propos des dizaines de témoignages m'a dit : "je crois aussi, je crois surtout que les gens de l'Opus Dei ne soient trop bien placés auprès de l'ambassade américaine." Les gens de l'Opus sont des invités habituels de l'ambassade qui voit avec sympathie cette équipe du néo-capitalisme, libéralisme économique, technocratie tout ça va très bien avec les Etats-Unis -avec ses intérêts- Et pour ce qui est de la C. I. A. cela va de soi. Cela va de soi, parce que rien ne rebute l'Opus Dei quand il est question d'investigation, de pénétrations clandestines, de collectages de renseignements, à fortiori quand il est séduit par l'efficacité d'un réseau comme la C. I. A. dont les moyens et les fins sont grosso modo les mêmes que les siens dans certains cas.
La C. I. A. s'est notablement servie de l'Opus Dei pour la pénétration dans les milieux d’émigrants espagnols et sud-américains en France. Citons Alain Guérin : selon lui, dans la mesure où l'Espagne de Franco assure un excellent accueil aux bases américaines, et où les autorités espagnoles se montrent très compréhensives pour la C.I.A., celle-ci aide la répression, fournissant des renseignements sur les proscrits. Dans cette collaboration avec les services franquistes, Alain Guérin signale que la C.I.A. paraît depuis 1960 avoir trouvé un excellent auxiliaire dans l'Opus Dei. Par exemple, par le truchement du Général Gavalinas. "C'est ce dernier qui comme chef de S. R. de la Garde Civile -service de renseignements- a organisé sous le contrôle de l’amiral Carrero-Blanco un service parallèle et une police occulte, dont le siège fut d'abord aux Iles Baléares. Ce service était lié à l'organisation ultra catholique "Rissicum" spécialisée dans l'envoi d'agents de subversion en U.R.S.S.
« Quand, à partir de 1960, la C.I.A. désira avoir, le plus discrètement possible, des renseignements sur la France, l'aide des hommes de Carrero-Blanco fut sollicitée » -Fin de citation. (Pour information, Carrero-Blanco : Opus Dei et président du Conseil durant le gouvernement franquiste).
En Angleterre, l'Oeuvre dispose d'une grande résidence universitaire à Londres : le Nethertal House qui commença ses activités en 1952. Cette résidence est créée par des membres anglais de l'Opus Dei, qu'il serait trop long de nommer. Ce n’est qu’un des succès de l’Opus Dei.
En Allemagne, l'Opus Dei s'est introduit d'autant plus facilement qu'il eut l'appui des chrétiens-démocrates… L'institution a créé des résidences d'étudiants, possède des actions dans des banques et est introduit dans les milieux qui l'intéressent.
En Suisse également : banques, communautés intellectuelles, centres culturels étudiants, des foyers, des résidences.
Pourtant, pas une de ces créations, dans quelque pays que ce soit, ne porte une plaque officielle et rien n'indique sa nature ou son appartenance. Il en est de même concernant les revues et les maisons d'édition que l'Opus Dei achète et contrôle. L'Oeuvre de Dieu possède aussi des revues féminines et de modes… sans que rien ne laisse deviner qu’il en soit le propriétaire.

XIII - Un aperçu de l'empire économique dans le monde de l'Opus Dei

- Participations en sociétés comme la Cie Transatlantique.
- La sidérurgie minière de Ponferrada (Portugal).
- En 1962, el Banco Popular espanol (Opus Dei) achète un important paquet d'actions (34 000 exactement) de la banque des Intérêts Français, appartenant à la famille Giscard d'Estaing.
Dans les années 1960, Rafael Torres-Carrere est conseiller et Andrés Rueda Sala-berry responsable invisible des Intérêts Financiers de l'Oeuvre de Dieu en France.
En 1964, la banque populaire espagnole avait déjà acquis le contrôle de la banque Hardy et Cie de Frankfurt (Allemagne,) opération due au génie financier de Gonzalo Fernandez de la Mora qui avait occupé antérieurement à Bonn un important poste diplomatique.
La pénétration financière à Mexico s'est réalisée à travers la banque du pays ainsi que la Financière et Fiducière Mexicaine (S. A.). Au Portugal, la banque populaire espagnole contrôle depuis 1962 la banque d'Agriculture et Lusotor (Société Financière de Tourisme à Lisboa). En 1966, elle réussit à avoir une forte participation à Universel Acos, Maquinarias y Ferramentas, située à Porto. "Lusofina", société des Etudes Financières créée en juin 1963, prend une multitude de banques et sociétés financières.
Le 51 décembre 1956, le portefeuille des titres de la banque populaire espagnole prenait des titres de valeurs de ‘l'Adeia Investissements Company’ qui compte 140 actionnaires représentant l'élite financière et industrielle des Organisations Européennes, Nord Américaines et Japonaises. Ses principaux actionnaires étant cinq banques privées canadiennes.
El Banco Popular Espanol, selon la classification de American Bankers, occupe la 27ème place dans les registres de la banque mondiale.
Au Chase Manhattan Bank, figurent Antonio Garrigues Diez Canabate comme Président. Son fils Joaquin Garrigues Walker est le vice-président. Homme très bien, éduqué aux Etats-Unis par la haute Finance Yankio, afin de les représenter en Espagne.
En ce qui concerne l'Opus Dei, les vice-présidents sont Antonio Fontanet, Juan-Manuel Fanjul, secrétaires notoires de l'Oeuvre comme conseillers-secrétaires et messieurs Ramon Vales et Eugénie Fontan, directeur général.
Ce n'est qu'une partie du fameux empire économique… et il serait vraiment trop long de les énumérer tous. Toutefois, il faut signaler que le Crédit Andorran et les banques d'Andorre sont entièrement contrôlées par l'Opus Dei où ils sont les maîtres.

XIV - Les activités de l'Opus Dei en France (Jésus Ynfante, H. Fesquet "Le Monde" - Yvon Le Vaillant)

En France, l'origine fut un groupe composé d'un curé, Fernando Maycas et de trois étudiants (un licencié en Lettres, un juriste et un biologiste) tous espagnols. Ce fut en novembre 1954. Ils s'installèrent d'abord dans un meublé de la rue du Dr Blanche à Paris. Plus tard dans un grand appartement au 199 bis, bd Saint-Germain, qu'ils occupaient toujours vers 1965.
La première édition française de la bible de l'Opus, "Camino", date de 1957. Depuis, il s'en est vendu 5 000 exemplaires en France. C'est en 1955-1956 qu'ils occupent le logement du bd Saint-Germain. C'est une bonne implantation ; on s'installe aux portes du quartier Latin, "Sciences-Po" entre autres. Ici, le noyau de l'Opus se compose de six personnes. Deux prêtres et quatre jeunes gens. Parmi ceux-ci, trois sont assistants dans les Hôpitaux de Paris. L'un des dirigeants est le prêtre espagnol, l'abbé F. Maycas. L'aventure française commence.
A cette époque, sauf de rares initiés, nul ne connaît l'Opus Dei en France. Le premier article important paru dans la presse date de 1952, dans le journal "Le Monde", signé par Jean Créa’ch correspondant du "Monde" à Madrid. Ami personnel de Calvo-Serrer qui, lors de ses nombreux voyages, a pour coutume de résider chez lui à Paris. Jean Crea'ch a suivi de très près et avec sympathie les premiers pas de l'Oeuvre sur certains terrains politiques. Le titre de son article exprime son amitié : "Une nouvelle institution religieuse : l'Eglise et l'Etat espagnol : la "Société de l'Opus Dei".
En échange, Marcel Hiedergang dans "Le Monde", en avril 1956, s'exprime ainsi : "L'Opus Dei utilise exactement la tactique des totalitaires de droite et de gauche : la fin justifie les moyens. La fin, c'est la conquête du pouvoir. Les moyens, un noyautage savant de l'Université, de l’administration.
-Il est devenu pratiquement impossible d'obtenir un poste tant soit peu important à l'Université en Espagne si l'on n'est pas membre ou sympathisant de l'Opus Dei.
- Il est majoritaire dans tous les jurys d'examens.
- L'équivoque fondamentale de 1'Oeuvre de Dieu est de s'être présenté à l'étranger comme une troisième force chrétienne, sociale, européenne ; sorte de mouvement démocrate-chrétien assez semblable à ceux de France, d'Italie, d'Allemagne.
Et la conclusion de Marcel Hiedergang est très sévère. L'apparition de l'Opus Dei en France lui vaut bientôt une courte mais rude volée de bois vert, administrée par Henri Fesquet, le célèbre chroniqueur religieux du "Monde" le 7 juin 1956.
Ces articles ont provoqué en réponse une longue correspondance de Jean-Marie Daillet au nom de l'Opus Dei. Ce sont des démentis, mises au point, communiqués, droits de réponse, etc… dont l'Opus commence d'inonder les rédactions et directions de journaux. La longue lettre de Daillet est un premier modèle du genre. Jean-Marie Daillet est un militant de la démocratie chrétienne. Il travaille dans divers organismes de la Communauté Européenne. Lors de la campagne présidentielle de 1969, on le trouve actif et enthousiaste dans l'entourage du Président Poher. En 1956, Daillet était séduit par les idées et par quelques hommes de l'Opus Dei.
C'est à Hubert Beuve-Méry, alors directeur du "Monde", que Jean-Marie Daillet adresse directement les critiques serrées concernant les trois journalistes du "Monde". Il précise que l'Opus Dei l'a autorisé à faire usage en son nom du droit de réponse.
Au moment du remue-ménage provoqué par les articles de Calvo-Serrer et la "troisième force", Jean Crea'ch, ami de Calvo-Serrer, fut expulsé d'Espagne par la Phalange. Il continua d'avoir des contacts étroits avec l'Opus Dei, notamment en France. Il a quitté la rédaction du "Monde" et il lui arrivait de faire des émissions de l’ancien O.R.T.F.
Vis à vis de la France, l'Opus Dei veut paraître très différente, se dédouaner déjà de quelques compromissions espagnoles et du catholicisme traditionnel. Il récuse tout reproche d'activité secrète ou parallèle. Pourtant, l'Oeuvre de Dieu travaille dans l'ombre dès ce moment. Les premiers temps en France, la pénétration de l'Opus est presque nulle. Mais il a tendu ses filets dans ses eaux privilégiées : les milieux étudiants, la presse, les affaires. On a pris contact avec des groupes catholiques, en commençant par les "intégristes" et avec des groupes politiques tels que la démocratie chrétienne, cela va de soi.

La pénétration commence à se faire par la voie d'Organismes internationaux, le Centre Européen de Documentation et d'Information (le C. E. D. I.).
Cet organisme a été créé à l'instigation de Sanchez Bella et de Otto de Habsbourg. Mais ce n'était qu'un instrument. Dès 1956, l'Opus Dei fonde l'Association de Culture Universelle et Technique (A.C.U.T.), siège : 199 bis, bd Saint-Germain. C'est le nom "supposé" officiel qu'ils utilisent. Cette association contribue à la formation culturelle des étudiants et à favoriser les relations, les échanges et les contacts entre les universitaires de tous les pays.
Au Comité qui les patronne se trouvent Mlle Marie Cardot, vice-présidente du Sénat, René David, professeur à la Faculté de Droit et de Sciences Economiques de Paris, A. Marcellin, le baron de La Tournelle, ambassadeur de France, Jean Fourastié, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, Jean Meyrat, Henri Déroche, etc… sont professeurs à la Sorbonne, Maurice Schumann, ministre.
Le nom de l'Opus Dei, qui a fondé l'A.C.U.T., ne figure nulle part, ni dans les statuts, ni ailleurs.
En juin 1958, l'Opus achète une revue française bien connue : la Table Ronde (ne pas confondre avec les éditions de la Table Ronde). L'affaire a été conclue entre l'Opus et M. Charles Orengo, P. D. G. de la Maison d'éditions Fayard. Dès lors, M. Orengo n'a plus eu de contacts avec l'Oeuvre de Dieu. L'adresse de la revue est : 23, rue du Renard, Paris 4e. C'était également un des sièges de l'Opus Dei.
Le Conseil d'administration est composé de M. Augustin Romero, qui est d'ailleurs le Président de l'Opus Dei en France, Denis Ducomet, ingénieur, en est le secrétaire et François Gondrand (celui-ci était au Conseil National du Patronat Français : C.N.P. F.).
Depuis leur base de l'A.C.U.T., les sociétaires de l'Opus Dei, ont créé des Centres à Paris et en Province. Par exemple : la Résidence Universitaire de Castelviel (Marseille), la Résidence Internationale de Rouvray (Paris), la Résidence de l'Ile Verte (Grenoble), le Centre de Conférences et de Retraite à Couvrelles (Aisne). Ces maisons de conférences et de retraite sont de véritables centres de formation Opus Dei.
Jésus Ynfante, dans son livre, reconnaît que la Franc-Maçonnerie a démontré être très informée sur les premières activités en France de l'Opus Dei, nommant les Bulletins du Centre de Documentation du Grand Orient, n° 34-35, correspondant à juillet-octobre 1932, spécifiant que l'Opus Dei centrait son activité surtout dans les milieux universitaires. La seconde pénétration s'effectue dans les groupes catholiques dits "intégristes". Troisièmement, il s’agit d’infiltrations parmi certains officiers de l'armée. On peut toujours citer sans trop se compromettre, les noms du défunt Robert Schuman, Triboulet, ainsi que Duchet et Pinay, surnuméraires, comme celui qui réapparut, Paul Baudon, ex-ministre des Affaires Etrangères de Pétain en 1940 et ensuite conseiller personnel du protestant Baumgartner, ex-ministre des Finances et ex-gouverneur de la Banque de France - Fin de citation.
Les premiers articles favorables à l'Oeuvre apparaissent également vers cette même époque : de Jacques Pinglé "l'Opus Dei, l'amitié franco-espagnole". En mars 1958, selon M. Ortuno "’Amitié franco-espagnole’ était une revue publiée à Paris pour créer les bonnes relations entre France et Espagne. En ces débuts, en 1955, elle fut sous les auspices de l'Institut de Culture Hispanique et sous la direction générale des relations culturelle (article de M. Ortuno).
La pénétration économique se réalisa un peu plus tard, vers 1932… Andres Rueda Galaberry étant le représentant à Paris des Banco Popular Espanol et l'administrateur financier de l'Opus Dei en France.

Dans le monde des négoces, la famille Giscard d'Estaing a beaucoup de relations avec l'Opus Dei. Le considérable paquet de 34 900 actions de la Banque des intérêts Français (Banque Giscard) a été le premier pas important des finances de l'Oeuvre de Dieu en France. A ce propos, j'avais lu, en 1960, un article du ''Canard Enchaîné" au sujet d'un scandale financier, auquel étaient mêlées certaines banques, celle de Giscard d'Estaing père et fils et un nommé Meleux qui se suicida au bois de Fontainebleau à Paris. Louis Meleux était un grand financier parisien et ce fut en avril 1965 qu'il fut trouvé mort, le revolver à ses côtés, ce qui fit supposer qu'il s'était suicidé.
En 1965, l'Opus Dei contrôla la C.E.P.A.L., entreprise d'éditions de la revue "La Table Ronde". Jacques de Bourbon-Busset, ancien directeur général des relations culturelles et intime collaborateur du défunt Robert Schumann, avait une section fixe à "La Table Ronde" et était membre du Conseil de rédaction de la revue.
L'Opus essaya de s'assurer, en plus, le contrôle d'autres entreprises journalistiques. La nouvelle adresse de la revue et de la S.E.P.A.L. (société d'éditions et de publications artistiques et littéraires) est au 23, rue du Renard - Paris 4e, un des sièges français de l'Opus Dei, avec Gontrand Touset et Cie. Le siège principal de 1'Oeuvre est 5, rue Dufrénoy - Paris 16e, où M. Romero, le Président, demeurait depuis des années.
Dans ses débuts français, l'Opus Dei s'est servi de la "Cité Catholique" de Jean Cusset comme d'un instrument. Il y a quelques années, "l'Office" de Jean Cusset contrôlait les finances de la Fédération Nationale des Etudiants de France, (F.N.E.F.) créée pour combattre l'Union Nationale des Etudiants de France (U.N.E.F.) considérée comme étant trop de gauche.
"L'Office" cherche à s'annexer les jeunes, créant des clubs un peu partout : Club Saint Exupéry à Marseille, Club Charles Péguy à Lyon, d'autres à Nice, Nancy, Versailles... Ce sont des Clubs de Culture formés à Paris par Michel de Saint-Pierre ; Club du Livre civique dont la délégation se trouve à Sion en Suisse !!!
Il existe aussi une Résidence de femmes au 122, boulevard de Bineau à Neuilly, avenue du Maréchal Rendon à Grenoble, rue Fargès à Marseille. Une autre à Reims. Les résidences françaises de l'Opus organisent aussi des "séjours de loisirs éducatifs" pendant les vacances : camps de ski, sections d'études et de recherches.
Dans le registre des créations de l’Opus, on trouve également des Cinés Clubs; des Clubs d'études sociales comme ‘Perspectives et Réalités’, des Clubs de Presse, cycles de conférences, etc... Au sujet de "Perspectives et Réalités", 21 clubs sont été créés en France, dont monsieur Giscard d'Estaing était le promoteur. Ces clubs comptent plusieurs milliers d'adhérents, d'après les informations de la radio. C'est un mouvement des Républicains Indépendants. Leur but : réflexion, préparation à la vie publique et aux professions techniques ; action active.
C'est tout le petit maquis de l'Opus Dei en France. On y trouve les ‘acteurs’, l'adresse des Foyers divers, ici et là. Parmi les souscripteurs, on y trouvait tout un bataillon de demoiselles souvent espagnoles, habitant rue du Théâtre ou rue Bineau à Paris, des gens domiciliés rue Fargès ou avenue Michelet à Marseille ou à Grenoble, ou 5 rue Dufrénoy à Paris. Tout cela peut se vérifier au registre du commerce à Paris.
Une nouvelle société fut créée en novembre 1965 par un nommé M. Louis de Montousse à Lyon, demeurant à Paris, 2 rue Edmond About dans le 16e. Le nom de la société anonyme : Alpha-France. Objet : l'enseignement par correspondance, de toute matière pouvant contribuer à l'éducation culturelle technique, etc… Le capital de la société était de 200 000 F de l’époque. Son siège, Alpha-France, fixé au 23 rue du Renard à Paris et dirigé par les hommes de l'Opus.
En conclusion, je souhaite ajouter ce commentaire rapportant une discussion avec le Général des Jésuites à qui on demandait son avis sur la création de l’Opus Dei, et qui répondit « Nous sommes très contents, car autrefois, lorsque les choses allaient mal c’étaient toujours les Jésuites qui étaient responsables, tandis que maintenant c’est l’Opus Dei ! » Cette boutade, bien jésuitique, donne une indication sur ce que sont les rapports entre les deux grandes puissances ecclésiastiques au service du pouvoir temporel et politique au Vatican…

Lucienne JULIEN (1965)