
L’Opus Dei
Oeuvre de Dieu et de la Sainte Croix
IX - Les effectifs
A part le camouflage
complet que l'Opus Dei fait de sa bureaucratie, il existe d'autres points
obscurs dans la vie de l'Oeuvre de Dieu sur toute la terre. Peut-être
le plus important camouflage serait la composition des effectifs humains
dont dispose l'Opus Dei en Espagne. L'expansion internationale de l'Opus
est encore assez récente et peut se calculer approximativement
à 80 % de la proportion d'affiliés espagnols des effectifs
de 1'Oeuvre. Selon la revue américaine "Life" du 18 mars
1957, les effectifs accèdent à 7 000 numéraires,
12 000 oblats, 2 500 surnuméraires et 50 000 coopérateurs,
répartis dans le monde.
Le 7 octobre 1964, le journal "New York times" signalait que
l'Oeuvre de Dieu comptait plus du 50 000 membres dont moins de la moitié
était formée d'espagnols. Les effectifs réels de
l'Opus étaient donc mal calculés en 1957. Ce n'est pas trop
s'aventurer que d'affirmer que les effectifs de l'Opus ne dépassaient
pas 25 000 en incluant les prêtres. On sait en effet qu'en 1964,
il y avait 133 sociétaires, membres de la Société
Sacerdotale de la Sainte Croix (Opus Dei en Espagne).
Jacques Guilleme-Brulon avait signalé, dans Le Figaro du 25 mars
1954, que la proportion des prêtres représentait 3 % de l'effectif
total des membres de l'Oeuvre de Dieu. Il serait donc vraisemblable que
le nombre des sociétaires espagnols de l'Opus serait cette année
1964 de 4 333 membres.
D'autre part, on sait que les membres payants de l'association des Amis
de 1'Université de Navarra, la plus forte organisation de masse
de l'Opus, s'élèvent en 1964 au chiffre de 9 000 adhérents
provenant en sa plus grande partie de circuits plus extérieurs
(par exemple les coopérateurs). Tout ceci fait prévoir les
effectifs totaux de l'Opus Dei en un chiffre qui oscille entre 13 000
et 20 000 membres en Espagne et près de 25 000 si on inclut les
sociétaires de l'Opus Dei à l'étranger.
Il convient de dire que les membres de l'Opus ont beaucoup augmenté
depuis 1964 à un rythme d'expansion extraordinaire. Même
si on avait doublé les effectifs réels de l'Opus, ils ne
seraient pas supérieurs à 50 000. Chiffre vraiment très
bas en considération de la grande activité et des conséquences
sociales de l'Opus Dei surtout dans la classe dominante en Espagne.
Les sociétaires masculins de l'oeuvre ne sont inscrits sur aucun
registre hors des Archives privées de l'Oeuvre de Dieu. Le fait
d'avoir réussi à créer deux sections de l'organisation
sans être obligé d'avoir une complète inscription
juridique dans les structures de l'Eglise permet à l'Opus Dei de
n'avoir pas l'obligation de déclarer le nom et le nombre des sociétaires
masculins qui militent dans son sein ni ceux de la section féminine.
Cette absence de détails rend impossible en principe toute investigation
sur les sociétaires membres de l'Oeuvre de Dieu.
X - Les femmes de l'Opus Dei
Le
14 février 1930, Mgr Escriva, qui serait plutôt antiféministe,
décida de créer parallèlement à la branche
masculine une branche féminine, une filiale de l'Oeuvre spécialement
destinée aux femmes. Elle serait absolument indépendante
de la branche masculine.
La branche féminine possède sa propre hiérarchie
et poursuit ses fins spécifiquement, tout en s'inspirant de l'esprit
général de l'Oeuvre. On y exige également les trois
voeux pour les membres à part entière.
Dans le cas précis de l’Espagne, la filiale féminine
comporterait une stricte séparation de fait entre « Senoritas
» et « Sirvientas ». On y retrouverait le principe de
ségrégation aux numéraires d’un côté
et aux oblats de l'autre.
L'Oeuvre exigeait des postulantes aux catégories supérieures
une dot assez élevée, suivant la pratique courante des Congrégations
religieuses. Mais il semble bien que Senoritas et Sirvientas se retrouvent
pour fournir aux diverses résidences de l'Oeuvre même de
la Nonciature de Madrid un personnel efficace et discret; les premières
assurant la gestion administrative, les secondes l’entretien matériel.
Les nombreuses écoles et centres ménagers fonctionnant en
Espagne, sous l’égide de l’Opus Dei, ont été
certainement un des moyens les plus adaptés au recrutement de la
branche féminine. Parfaitement équipées, ces écoles
ménagères de types très divers suivant leur localisation,
ont permis à l’œuvre d’attirer des jeunes filles
de condition modeste, impressionnées par des réalisations
beaucoup plus modernes que celles que pouvaient leur proposer les Ordres
religieux traditionnels.
Quant aux jeunes bourgeoises, les centres de l’Opus Dei sont tout
à fait en mesure de leur donner les connaissances pratiques nécessaires
à une future mère de famille tout en perfectionnant leur
vernis mondain. Si ces jeunes bourgeoises se décident ensuite à
adhérer à l'œuvre, elles sont encouragées à
soigner leur élégance vestimentaire et à parfaire
leurs soins de beauté d'une façon discrète. Quelques
unes seraient même quelque peu scandalisées, ces conseils
étant peu conformes à l’esprit de pauvreté
que prône l'œuvre.
On se demande si l'Opus Dei n'a pas été mené à
voir essentiellement dans les femmes un moyen singulièrement bien
adapté à un de ses buts majeurs, la conquête des hommes
influents, surtout cela dans le sens le plus désincarné
du terme, bien entendu… Il semblerait que l'Opus Dei soit actuellement
en train d'orienter une partie de son activité du côté
des femmes, au moins si celles-ci appartiennent à un certain milieu
social, non pas seulement pour y recruter des adhérentes, mais
pour y constituer des noyaux de sympathisantes utilisables. Ainsi, dans
la ville de Barcelone, il est devenu de bon ton, dans la société,
de suivre des exercices spirituels de l'Opus Dei ou de collaborer à
ses oeuvres charitables. Cela fait « moderne » et contraste
avec le style « Dame patronnesse » des mouvements catholiques
traditionnels.
En somme, de même qu’il comprend le rôle déterminant
du pouvoir économique, l’Opus en Espagne, et vraisemblablement
ailleurs, s’est également rendu compte que, dans le monde
actuel, il convient de ne pas négliger le « deuxième
sexe ».
Mais il n’a pas pour autant renié sa conviction profonde
de la supériorité masculine qui lui vient de son fondateur
Mgr Escriva lui-même, ainsi que des textes cités dans ‘Camino’.
Comme pour la section masculine, les prêtres de l'Opus Dei font
office de directeurs de conscience des femmes appartenant à l'œuvre.
Tout d'abord, les premières recrues de Escriva furent les soeurs
des premiers ‘compagnons’. C’est ainsi qu'elles se trouvent
en deuxième place. L'ordre est chronologiquement (rigoureusement),
Guadalupe de Landezuri, soeur du Dr Ortiz de Landezuri, alors professeur
de la Faculté de Médecine de l'Université de Navarra,
qui est l'une des plus importantes femmes appartenant à l'Opus
Dei. La quatrième suivante d’Escriva, Rosario Orbegozo est
la soeur de l'évêque d’alors, Ignacio Orbegozo, Dolores
Fisac est la soeur de l'architecte très connu, etc…
Depuis 1964, il existe à Rome un Conseil Général
féminin. Mais sa dépendance organique, en ce qui concerne
l'autre section, se réalise uniquement à travers Incarnacion
Ortega, l'auxiliaire la plus capable de Escriva, qui assiste aux délibérations
du Conseil général de l'Opus Dei.
Pour le Conseil régional, le contact est semblable, et au niveau
de la Cité, ou ville, une seule femme participe au Conseil des
hommes et vice-versa. En ce qui concerne l'assistance spirituelle à
ses associées, l'Opus envoie des prêtres qui possèdent
une forte attraction personnelle et de préférence ayant
des soeurs dans l'Oeuvre de Dieu.
Les éloges exagérés concernant la femme que formule
Escriva dans "Camino" sont de ceux que l'on fait à des
êtres pratiquement inférieurs. Préjugé que
l'Opus partage avec la Sainte Mère l'Eglise. (Maxime 980 et 982
de Camino). Maxime 946 : "Si vous voulez vous donner à Dieu
dans le monde, il n'est pas besoin que vous soyez savantes. Il suffit
que vous soyez discrètes"- Fin de citation.
Cette année 1970 est le 13e anniversaire de la fondation de la
section féminine. On peut enfin savoir d'après le même
Opus Dei que le nombre de femmes est approximativement de 12 000. La plus
grande concentration de cette Oeuvre se trouve dans les zones urbaines
espagnoles de Madrid, Barcelone, Valencia, Sevilla et encore dans les
zones rurales de la Mancha et de la basse Andalousie (provinces de Sevilla,
Cadiz, Malaga et Granada). L'âge moyen de ces militantes oscille
entre 20 et 30 ans, les servantes étant le groupe le plus nombreux.
Une petite minorité seulement formée par les Oblates et
les Numéraires vit en résidences féminines qu'entretient
largement la ‘Sainte Maffia’ pour ses associées privilégiées.
Les associées coopératrices sont des femmes ayant de l'argent
et qui aident économiquement l'Oeuvre sans compromis de vœux.
Fin de l’extrait du livre de JésusYnfante.
XI - L'emprise de l'Opus Dei dans les syndicats
Il
y a environ 40 ans, sinon plus, les syndicats ouvriers catholiques qui
s'intitulent toujours "chrétiens", furent créés
en Espagne par la Hiérarchie. L'ancien directeur du journal de
Madrid "el Debate" pendant la République était
un prêtre, Angel Herrera, qui y fut placé par ordre du Pape
faisant preuve de grande activité, s'entourant de Propagandistes.
En récompense de ses services, il fut nommé Evêque
de Malaga par Pie XII.
Cet Angel Herrera fut l'inspirateur, le directeur des syndicats chrétiens.
Leur apparition "clandestine" mais tolérée par
le gouvernement coïncide avec la révélation publique
de l'existence de l'Opus Dei qui en 1956 entrait au gouvernement franquiste
par la petite porte. Lopez Rodo était nommé secrétaire
d'état à la Présidence ; aujourd'hui, l'Opus Dei
détient tout le pouvoir.
Les syndicats chrétiens acceptèrent de collaborer avec les
communistes, tant qu'ils se sentirent faibles mais à mesure qu'ils
se développèrent, qu'ils apprirent les données, les
buts des syndicats ouvriers, ils s'en séparèrent contre
le gré de ceux qu'ils ne prirent comme associés temporaires
que pour s'introduire dans le monde du travail...
Les catholiques, par leurs publications diverses, montrent qu'ils ont
étudié profondément le mouvement ouvrier mondial
dès avant la première internationale jusqu'à nos
jours. Ils puisèrent les formules et les programmes syndicalistes
révolutionnaires qui firent pendant des décennies la force
de la classe ouvrière face au capitalisme. Ils osent écrire
: "nous sommes syndicalistes révolutionnaires, parce que nous
poursuivons la destruction du système capitaliste et l'installation
d'une société authentiquement populaire, qui apporte la
liberté et la responsabilité de l'homme". (Selon une
entrevue du 30 juin 1965 avec les Cuadernos dei Ruedo Iberico à
Paris)
"Le syndicat vertical (phalange franquiste) doit disparaître
-d'après l'Opus Dei- pour faire place à un syndicat fort,
l'horizontal, qui est celui qui a fait les conquêtes sociales. Nous
sommes partisans d'un syndicat fort qui donne plus de force à l'ouvrier
et aux travailleurs, pour se mesurer à la force que possèdent
les entreprises pour dialoguer ouvertement, prendre contact avec des gens
qui ont un appui syndical. Le syndicat vertical est très dangereux.
De ce fait, il faut un syndicat horizontal… le seul qui soit fort.
Je crois qu'il faut qu'un syndicat évolue"- Fin de citation.
La ‘Maffia technocrate’ élimine donc politiquement
de la scène les derniers résidus d'un fascisme dévergondé.
Dans le futur, les commissions ouvrières, si elles ne dépassent
pas la limite de la stricte revendication, seront plus ou moins tolérées.
Aujourd'hui, elles sont encore l'embryon d'un syndicat de classe ; mais
pour la ‘Maffia technocrate’, à moitié chemin
entre la répression et le dialogue, la croissance de cet embryon
est suivie de près, avec attention, parce qu'il représente
pour son projet un organisme nécessaire pour compléter le
Cadre idéal des Institutions démocratiques en Espagne.
Le régime de Franco ou de son successeur -le monarque clérical
autoritaire- aura avec lui un atout de plus pour figurer de plein droit
parmi les pays soi-disant démocratiques.
Décidément, l'Opus Dei joue le jeu. En janvier 1967, Calvo-Gerrer,
au nom du journal "Madrid" contribua par une forte subvention
à maintenir et secourir les grévistes d'une fabrique à
Scheveri. (Bilbao). Un homme important dans ce groupe, demandant à
Calvo-Gerrer s'il ne craignait pas les communistes qui inspirent grandement
les commissions ouvrières, ce dernier répondit qu'on ne
peut les ignorer puisqu'ils existent. Il en serait autrement, si on les
reconnaissait légalement comme parti communiste en Espagne, mais
il est bon de les connaître...
On peut affirmer sans réserves que le pouvoir est entre les mains
de la ‘Maffia technocrate’ et que les postes clés de
cette organisation sont aujourd'hui occupés et continueront dans
un futur immédiat d'être envahis et submergés par
les sociétaires de l'Opus Dei ou cléricaux -autoritaires
de confiance.
Leur introduction dans les syndicats est cause de délations, licenciements
d'ouvriers trop engagés... Ils veulent s'apparenter avec les syndicats
chrétiens-démocrates d'autres pays.
Mais l'apparition de la ‘Maffia technocrate’ comme phénomène
social, n'est pas seulement en Espagne ; Milovan Oillas l'avait déjà
écrit, ainsi qu'un italien Bruno Rissi décrivant la démocratisation
du monde et la bureaucratisation des pays socialistes. John Galbraith
l'a aussi signalé dans son oeuvre "Le nouvel état industriel"
(édité chez Gallimard), et Edgar Faure, appliquant les tracés
libéraux de Galbraith, affirme que le pouvoir politique a changé
en France. Il faut penser que l'Opus Dei est déjà dans 75
pays.
XII - L'expansion internationale de 1'Opus Dei « l'internationale
des minorités » Calvo-Serrer
L'expansion
de l'Opus Dei s'est réalisée à travers les sociétaires
numéraires espagnols qui partirent à l'étranger pour
répandre "la bonne parole" de Escriva et de son Oeuvre
de Dieu.
Fernando Maycas fut 1'introducteur en France ; Luis-Maria Garrido aux
Etats-Unis ; Ramon Montalat au Brésil ; Taboado au Paraguay, etc…
Le bagage de ces premiers ambassadeurs de l'Opus se réduit en général
à une liste de possibles cotisants qu'ils avaient en poche. Tout
était prêt en 1935 pour commencer en France. Mais la guerre
civile en Espagne puis la guerre mondiale, arrêtèrent momentanément
leur expansion. Mais en 1940, le labeur commence au Portugal. A la fin
des hostilités, après avoir fait pendant quelques années
plusieurs voyages dans ce pays, ce fut en Angleterre, en France, en Italie,
aux Etats-Unis où ils obtinrent de très grandes facilités
et introductions. Puis ce fut le Mexique, l'Amérique Latine qui
les intéressèrent au plus haut point.
Depuis lors, l'expansion a un rythme progressif. A partir de 1949 et 1950,
c'est l'Allemagne, la Hollande, Suisse, Argentine, Canada, Venezuela et
les autres pays américains et européens, comme l'Irlande.
En même temps, le labeur va s'étendant à d'autres
continents : l'Afrique du Nord, le Japon, le Kenya, et d'autres pays de
l'Afrique Orientale, l'Australie, les Philippines, le Nigeria, etc…
Après un voyage en U.R.S.S., le ministre Ullastres signe un pacte
commercial avec ce pays.
La propre expansion de l'Oeuvre de Dieu est un indice éloquent
de son mélange étonnant de fascisme, impérialisme
et bureaucratie.
Il existe aussi un phénomène semblable à celui de
l'Opus, encore que bien plus limité, dans l'Eglise protestante
: ainsi, l'appareil bureaucratique de l'Ordre d'Orange qui propage la
lutte des protestants du Nord de l'Irlande pour se maintenir dans ses
privilèges. Pour analyser les sanglants événements
qui ont lieu depuis l'été 1959 dans ce pays, on doit surtout
se rendre compte de la présence à la fois "invisible"
et bureaucratique de l'Ordre d'Orange.
Il faut noter que depuis précisément ces années,
l'Opus Dei est également présente en Irlande où se
sont vendus déjà 5 000 exemplaires de la Bible Camino. Entre
l'Angleterre et l'Irlande, 15 000 exemplaires ont été vendus
; à New-York 50 000 et à Chicago 37 000 ; en France 5 000.
En été 1966, deux sociétaires de l'Opus Dei agrégés
de droit administratif et Alberto Moncada, secrétaire de l'association
des amis de l'Université de Navarra, firent un long voyage en diverses
terres américaines pour connaître les progrès de l'Oeuvre
sur ce continent américain. Ils contactèrent plusieurs organismes
dans le genre de l'Office National de Rationalisation de l'administration
publique de Colombie et l'Office Central de coordination et planification
du Venezuela. A travers ces contacts, les pieux militants de l'Opus Dei
prétendaient que leur Office pourrait exporter quelques uns de
ses cadres et recevoir également de la clientèle des pays
latino-américains.
Toutefois, ce n'était pas leur objectif primordial, mais grâce
à ces échanges l'association des amis de l'Université
de Navarra fut définitivement constituée au Mexique, au
Pérou, en Colombie, au Venezuela, au Chili et aux Etats-Unis, plantant
en même temps les bases pour constituer d'autres associations similaires
à l'Equateur, au Canada et à Puerto-Rico.
Dans les pays socialistes, l'Opus Dei ne s'est installé qu'en secret.
Par exemple à Cuba, ils commencent par une agence de Change. L'Opus
Dei affirme posséder au Mexique la résidence universitaire
panaméricaine, le centre latino-américain d'études
universitaires, qui comprennent une école supérieure d'administration
d'institutions où l'on délivre des licences en "travail
social", un contrat de capacité pour employées de maison,
un institut supérieur de culture et art, etc.. Certains hommes
politiques et hommes de négoce importants comme le représentant
au Mexique de la Chrystler Corporation sont aujourd'hui membres de l'Opus
Dei.
L'expansion de l'Oeuvre de Dieu en Amérique du Nord a été
rapide, avec de grands effets. En octobre 1964, le "New York Times"
affirmait que les membres et coopérateurs de l'Opus aux Etats-Unis
se chiffraient à plusieurs milliers répartis entre Washington,
Boston, Chicago et autres villes du Moyen Ouest. A ce même journal,
Ignacius Gramunt, responsable de l'Opus de Washington, déclare
que l'Oeuvre de Dieu ne peut être considérée comme
étant un organisme à Direction espagnole puisqu'il y a plusieurs
américains au quartier général de l'Opus à
Sono… et Gramunt essayait de démontrer que l'association
est internationale.
Parmi les sympathisants les plus notables de l'Oeuvre de Dieu en Amérique
du Nord, on signale alors David Kennedy, président du Continental
Illinois
Bank est secrétaire du trésor de l'administration Nixon
et Mr. Srikson un des "rois" de la publicité aux Etats-Unis,
etc…
Yvon Le Vaillant, dans
le "Nouvel Observateur" du 10 janvier 1971, écrit : "Abordons
les rapports de l'Opus Dei avec un organisme plus particulier : la Central
Intelligence Agency, la très américaine C. I. A., empire
du renseignement, bras séculier de l'impérialisme nord-américain,
à travers le monde. Un intellectuel espagnol contestataire, résumant
à ce propos des dizaines de témoignages m'a dit : "je
crois aussi, je crois surtout que les gens de l'Opus Dei ne soient trop
bien placés auprès de l'ambassade américaine."
Les gens de l'Opus sont des invités habituels de l'ambassade qui
voit avec sympathie cette équipe du néo-capitalisme, libéralisme
économique, technocratie tout ça va très bien avec
les Etats-Unis -avec ses intérêts- Et pour ce qui est de
la C. I. A. cela va de soi. Cela va de soi, parce que rien ne rebute l'Opus
Dei quand il est question d'investigation, de pénétrations
clandestines, de collectages de renseignements, à fortiori quand
il est séduit par l'efficacité d'un réseau comme
la C. I. A. dont les moyens et les fins sont grosso modo les mêmes
que les siens dans certains cas.
La C. I. A. s'est notablement servie de l'Opus Dei pour la pénétration
dans les milieux d’émigrants espagnols et sud-américains
en France. Citons Alain Guérin : selon lui, dans la mesure où
l'Espagne de Franco assure un excellent accueil aux bases américaines,
et où les autorités espagnoles se montrent très compréhensives
pour la C.I.A., celle-ci aide la répression, fournissant des renseignements
sur les proscrits. Dans cette collaboration avec les services franquistes,
Alain Guérin signale que la C.I.A. paraît depuis 1960 avoir
trouvé un excellent auxiliaire dans l'Opus Dei. Par exemple, par
le truchement du Général Gavalinas. "C'est ce dernier
qui comme chef de S. R. de la Garde Civile -service de renseignements-
a organisé sous le contrôle de l’amiral Carrero-Blanco
un service parallèle et une police occulte, dont le siège
fut d'abord aux Iles Baléares. Ce service était lié
à l'organisation ultra catholique "Rissicum" spécialisée
dans l'envoi d'agents de subversion en U.R.S.S.
« Quand, à partir de 1960, la C.I.A. désira avoir,
le plus discrètement possible, des renseignements sur la France,
l'aide des hommes de Carrero-Blanco fut sollicitée » -Fin
de citation. (Pour information, Carrero-Blanco : Opus Dei et président
du Conseil durant le gouvernement franquiste).
En Angleterre, l'Oeuvre dispose d'une grande résidence universitaire
à Londres : le Nethertal House qui commença ses activités
en 1952. Cette résidence est créée par des membres
anglais de l'Opus Dei, qu'il serait trop long de nommer. Ce n’est
qu’un des succès de l’Opus Dei.
En Allemagne, l'Opus Dei s'est introduit d'autant plus facilement qu'il
eut l'appui des chrétiens-démocrates… L'institution
a créé des résidences d'étudiants, possède
des actions dans des banques et est introduit dans les milieux qui l'intéressent.
En Suisse également : banques, communautés intellectuelles,
centres culturels étudiants, des foyers, des résidences.
Pourtant, pas une de ces créations, dans quelque pays que ce soit,
ne porte une plaque officielle et rien n'indique sa nature ou son appartenance.
Il en est de même concernant les revues et les maisons d'édition
que l'Opus Dei achète et contrôle. L'Oeuvre de Dieu possède
aussi des revues féminines et de modes… sans que rien ne
laisse deviner qu’il en soit le propriétaire.
XIII - Un aperçu de l'empire économique dans le monde
de l'Opus Dei
- Participations en sociétés comme la Cie Transatlantique.
- La sidérurgie minière de Ponferrada (Portugal).
- En 1962, el Banco Popular espanol (Opus Dei) achète un important
paquet d'actions (34 000 exactement) de la banque des Intérêts
Français, appartenant à la famille Giscard d'Estaing.
Dans les années 1960, Rafael Torres-Carrere est conseiller et Andrés
Rueda Sala-berry responsable invisible des Intérêts Financiers
de l'Oeuvre de Dieu en France.
En 1964, la banque populaire espagnole avait déjà acquis
le contrôle de la banque Hardy et Cie de Frankfurt (Allemagne,)
opération due au génie financier de Gonzalo Fernandez de
la Mora qui avait occupé antérieurement à Bonn un
important poste diplomatique.
La pénétration financière à Mexico s'est réalisée
à travers la banque du pays ainsi que la Financière et Fiducière
Mexicaine (S. A.). Au Portugal, la banque populaire espagnole contrôle
depuis 1962 la banque d'Agriculture et Lusotor (Société
Financière de Tourisme à Lisboa). En 1966, elle réussit
à avoir une forte participation à Universel Acos, Maquinarias
y Ferramentas, située à Porto. "Lusofina", société
des Etudes Financières créée en juin 1963, prend
une multitude de banques et sociétés financières.
Le 51 décembre 1956, le portefeuille des titres de la banque populaire
espagnole prenait des titres de valeurs de ‘l'Adeia Investissements
Company’ qui compte 140 actionnaires représentant l'élite
financière et industrielle des Organisations Européennes,
Nord Américaines et Japonaises. Ses principaux actionnaires étant
cinq banques privées canadiennes.
El Banco Popular Espanol, selon la classification de American Bankers,
occupe la 27ème place dans les registres de la banque mondiale.
Au Chase Manhattan Bank, figurent Antonio Garrigues Diez Canabate comme
Président. Son fils Joaquin Garrigues Walker est le vice-président.
Homme très bien, éduqué aux Etats-Unis par la haute
Finance Yankio, afin de les représenter en Espagne.
En ce qui concerne l'Opus Dei, les vice-présidents sont Antonio
Fontanet, Juan-Manuel Fanjul, secrétaires notoires de l'Oeuvre
comme conseillers-secrétaires et messieurs Ramon Vales et Eugénie
Fontan, directeur général.
Ce n'est qu'une partie du fameux empire économique… et il
serait vraiment trop long de les énumérer tous. Toutefois,
il faut signaler que le Crédit Andorran et les banques d'Andorre
sont entièrement contrôlées par l'Opus Dei où
ils sont les maîtres.
XIV - Les activités de l'Opus Dei en France (Jésus Ynfante,
H. Fesquet "Le Monde" - Yvon Le Vaillant)
En
France, l'origine fut un groupe composé d'un curé, Fernando
Maycas et de trois étudiants (un licencié en Lettres, un
juriste et un biologiste) tous espagnols. Ce fut en novembre 1954. Ils
s'installèrent d'abord dans un meublé de la rue du Dr Blanche
à Paris. Plus tard dans un grand appartement au 199 bis, bd Saint-Germain,
qu'ils occupaient toujours vers 1965.
La première édition française de la bible de l'Opus,
"Camino", date de 1957. Depuis, il s'en est vendu 5 000 exemplaires
en France. C'est en 1955-1956 qu'ils occupent le logement du bd Saint-Germain.
C'est une bonne implantation ; on s'installe aux portes du quartier Latin,
"Sciences-Po" entre autres. Ici, le noyau de l'Opus se compose
de six personnes. Deux prêtres et quatre jeunes gens. Parmi ceux-ci,
trois sont assistants dans les Hôpitaux de Paris. L'un des dirigeants
est le prêtre espagnol, l'abbé F. Maycas. L'aventure française
commence.
A cette époque, sauf de rares initiés, nul ne connaît
l'Opus Dei en France. Le premier article important paru dans la presse
date de 1952, dans le journal "Le Monde", signé par Jean
Créa’ch correspondant du "Monde" à Madrid.
Ami personnel de Calvo-Serrer qui, lors de ses nombreux voyages, a pour
coutume de résider chez lui à Paris. Jean Crea'ch a suivi
de très près et avec sympathie les premiers pas de l'Oeuvre
sur certains terrains politiques. Le titre de son article exprime son
amitié : "Une nouvelle institution religieuse : l'Eglise et
l'Etat espagnol : la "Société de l'Opus Dei".
En échange, Marcel Hiedergang dans "Le Monde", en avril
1956, s'exprime ainsi : "L'Opus Dei utilise exactement la tactique
des totalitaires de droite et de gauche : la fin justifie les moyens.
La fin, c'est la conquête du pouvoir. Les moyens, un noyautage savant
de l'Université, de l’administration.
-Il est devenu pratiquement impossible d'obtenir un poste tant soit peu
important à l'Université en Espagne si l'on n'est pas membre
ou sympathisant de l'Opus Dei.
- Il est majoritaire dans tous les jurys d'examens.
- L'équivoque fondamentale de 1'Oeuvre de Dieu est de s'être
présenté à l'étranger comme une troisième
force chrétienne, sociale, européenne ; sorte de mouvement
démocrate-chrétien assez semblable à ceux de France,
d'Italie, d'Allemagne.
Et la conclusion de Marcel Hiedergang est très sévère.
L'apparition de l'Opus Dei en France lui vaut bientôt une courte
mais rude volée de bois vert, administrée par Henri Fesquet,
le célèbre chroniqueur religieux du "Monde" le
7 juin 1956.
Ces articles ont provoqué en réponse une longue correspondance
de Jean-Marie Daillet au nom de l'Opus Dei. Ce sont des démentis,
mises au point, communiqués, droits de réponse, etc…
dont l'Opus commence d'inonder les rédactions et directions de
journaux. La longue lettre de Daillet est un premier modèle du
genre. Jean-Marie Daillet est un militant de la démocratie chrétienne.
Il travaille dans divers organismes de la Communauté Européenne.
Lors de la campagne présidentielle de 1969, on le trouve actif
et enthousiaste dans l'entourage du Président Poher. En 1956, Daillet
était séduit par les idées et par quelques hommes
de l'Opus Dei.
C'est à Hubert Beuve-Méry, alors directeur du "Monde",
que Jean-Marie Daillet adresse directement les critiques serrées
concernant les trois journalistes du "Monde". Il précise
que l'Opus Dei l'a autorisé à faire usage en son nom du
droit de réponse.
Au moment du remue-ménage provoqué par les articles de Calvo-Serrer
et la "troisième force", Jean Crea'ch, ami de Calvo-Serrer,
fut expulsé d'Espagne par la Phalange. Il continua d'avoir des
contacts étroits avec l'Opus Dei, notamment en France. Il a quitté
la rédaction du "Monde" et il lui arrivait de faire des
émissions de l’ancien O.R.T.F.
Vis à vis de la France, l'Opus Dei veut paraître très
différente, se dédouaner déjà de quelques
compromissions espagnoles et du catholicisme traditionnel. Il récuse
tout reproche d'activité secrète ou parallèle. Pourtant,
l'Oeuvre de Dieu travaille dans l'ombre dès ce moment. Les premiers
temps en France, la pénétration de l'Opus est presque nulle.
Mais il a tendu ses filets dans ses eaux privilégiées :
les milieux étudiants, la presse, les affaires. On a pris contact
avec des groupes catholiques, en commençant par les "intégristes"
et avec des groupes politiques tels que la démocratie chrétienne,
cela va de soi.
La pénétration commence à se faire par la voie d'Organismes
internationaux, le Centre Européen de Documentation et d'Information
(le C. E. D. I.).
Cet organisme a été créé à l'instigation
de Sanchez Bella et de Otto de Habsbourg. Mais ce n'était qu'un
instrument. Dès 1956, l'Opus Dei fonde l'Association de Culture
Universelle et Technique (A.C.U.T.), siège : 199 bis, bd Saint-Germain.
C'est le nom "supposé" officiel qu'ils utilisent. Cette
association contribue à la formation culturelle des étudiants
et à favoriser les relations, les échanges et les contacts
entre les universitaires de tous les pays.
Au Comité qui les patronne se trouvent Mlle Marie Cardot, vice-présidente
du Sénat, René David, professeur à la Faculté
de Droit et de Sciences Economiques de Paris, A. Marcellin, le baron de
La Tournelle, ambassadeur de France, Jean Fourastié, professeur
au Conservatoire National des Arts et Métiers, Jean Meyrat, Henri
Déroche, etc… sont professeurs à la Sorbonne, Maurice
Schumann, ministre.
Le nom de l'Opus Dei, qui a fondé l'A.C.U.T., ne figure nulle part,
ni dans les statuts, ni ailleurs.
En juin 1958, l'Opus achète une revue française bien connue
: la Table Ronde (ne pas confondre avec les éditions de la Table
Ronde). L'affaire a été conclue entre l'Opus et M. Charles
Orengo, P. D. G. de la Maison d'éditions Fayard. Dès lors,
M. Orengo n'a plus eu de contacts avec l'Oeuvre de Dieu. L'adresse de
la revue est : 23, rue du Renard, Paris 4e. C'était également
un des sièges de l'Opus Dei.
Le Conseil d'administration est composé de M. Augustin Romero,
qui est d'ailleurs le Président de l'Opus Dei en France, Denis
Ducomet, ingénieur, en est le secrétaire et François
Gondrand (celui-ci était au Conseil National du Patronat Français
: C.N.P. F.).
Depuis leur base de l'A.C.U.T., les sociétaires de l'Opus Dei,
ont créé des Centres à Paris et en Province. Par
exemple : la Résidence Universitaire de Castelviel (Marseille),
la Résidence Internationale de Rouvray (Paris), la Résidence
de l'Ile Verte (Grenoble), le Centre de Conférences et de Retraite
à Couvrelles (Aisne). Ces maisons de conférences et de retraite
sont de véritables centres de formation Opus Dei.
Jésus Ynfante, dans son livre, reconnaît que la Franc-Maçonnerie
a démontré être très informée sur les
premières activités en France de l'Opus Dei, nommant les
Bulletins du Centre de Documentation du Grand Orient, n° 34-35, correspondant
à juillet-octobre 1932, spécifiant que l'Opus Dei centrait
son activité surtout dans les milieux universitaires. La seconde
pénétration s'effectue dans les groupes catholiques dits
"intégristes". Troisièmement, il s’agit
d’infiltrations parmi certains officiers de l'armée. On peut
toujours citer sans trop se compromettre, les noms du défunt Robert
Schuman, Triboulet, ainsi que Duchet et Pinay, surnuméraires, comme
celui qui réapparut, Paul Baudon, ex-ministre des Affaires Etrangères
de Pétain en 1940 et ensuite conseiller personnel du protestant
Baumgartner, ex-ministre des Finances et ex-gouverneur de la Banque de
France - Fin de citation.
Les premiers articles favorables à l'Oeuvre apparaissent également
vers cette même époque : de Jacques Pinglé "l'Opus
Dei, l'amitié franco-espagnole". En mars 1958, selon M. Ortuno
"’Amitié franco-espagnole’ était une revue
publiée à Paris pour créer les bonnes relations entre
France et Espagne. En ces débuts, en 1955, elle fut sous les auspices
de l'Institut de Culture Hispanique et sous la direction générale
des relations culturelle (article de M. Ortuno).
La pénétration économique se réalisa un peu
plus tard, vers 1932… Andres Rueda Galaberry étant le représentant
à Paris des Banco Popular Espanol et l'administrateur financier
de l'Opus Dei en France.
Dans le monde des négoces,
la famille Giscard d'Estaing a beaucoup de relations avec l'Opus Dei.
Le considérable paquet de 34 900 actions de la Banque des intérêts
Français (Banque Giscard) a été le premier pas important
des finances de l'Oeuvre de Dieu en France. A ce propos, j'avais lu, en
1960, un article du ''Canard Enchaîné" au sujet d'un
scandale financier, auquel étaient mêlées certaines
banques, celle de Giscard d'Estaing père et fils et un nommé
Meleux qui se suicida au bois de Fontainebleau à Paris. Louis Meleux
était un grand financier parisien et ce fut en avril 1965 qu'il
fut trouvé mort, le revolver à ses côtés, ce
qui fit supposer qu'il s'était suicidé.
En 1965, l'Opus Dei contrôla la C.E.P.A.L., entreprise d'éditions
de la revue "La Table Ronde". Jacques de Bourbon-Busset, ancien
directeur général des relations culturelles et intime collaborateur
du défunt Robert Schumann, avait une section fixe à "La
Table Ronde" et était membre du Conseil de rédaction
de la revue.
L'Opus essaya de s'assurer, en plus, le contrôle d'autres entreprises
journalistiques. La nouvelle adresse de la revue et de la S.E.P.A.L. (société
d'éditions et de publications artistiques et littéraires)
est au 23, rue du Renard - Paris 4e, un des sièges français
de l'Opus Dei, avec Gontrand Touset et Cie. Le siège principal
de 1'Oeuvre est 5, rue Dufrénoy - Paris 16e, où M. Romero,
le Président, demeurait depuis des années.
Dans ses débuts français, l'Opus Dei s'est servi de la "Cité
Catholique" de Jean Cusset comme d'un instrument. Il y a quelques
années, "l'Office" de Jean Cusset contrôlait les
finances de la Fédération Nationale des Etudiants de France,
(F.N.E.F.) créée pour combattre l'Union Nationale des Etudiants
de France (U.N.E.F.) considérée comme étant trop
de gauche.
"L'Office" cherche à s'annexer les jeunes, créant
des clubs un peu partout : Club Saint Exupéry à Marseille,
Club Charles Péguy à Lyon, d'autres à Nice, Nancy,
Versailles... Ce sont des Clubs de Culture formés à Paris
par Michel de Saint-Pierre ; Club du Livre civique dont la délégation
se trouve à Sion en Suisse !!!
Il existe aussi une Résidence de femmes au 122, boulevard de Bineau
à Neuilly, avenue du Maréchal Rendon à Grenoble,
rue Fargès à Marseille. Une autre à Reims. Les résidences
françaises de l'Opus organisent aussi des "séjours
de loisirs éducatifs" pendant les vacances : camps de ski,
sections d'études et de recherches.
Dans le registre des créations de l’Opus, on trouve également
des Cinés Clubs; des Clubs d'études sociales comme ‘Perspectives
et Réalités’, des Clubs de Presse, cycles de conférences,
etc... Au sujet de "Perspectives et Réalités",
21 clubs sont été créés en France, dont monsieur
Giscard d'Estaing était le promoteur. Ces clubs comptent plusieurs
milliers d'adhérents, d'après les informations de la radio.
C'est un mouvement des Républicains Indépendants. Leur but
: réflexion, préparation à la vie publique et aux
professions techniques ; action active.
C'est tout le petit maquis de l'Opus Dei en France. On y trouve les ‘acteurs’,
l'adresse des Foyers divers, ici et là. Parmi les souscripteurs,
on y trouvait tout un bataillon de demoiselles souvent espagnoles, habitant
rue du Théâtre ou rue Bineau à Paris, des gens domiciliés
rue Fargès ou avenue Michelet à Marseille ou à Grenoble,
ou 5 rue Dufrénoy à Paris. Tout cela peut se vérifier
au registre du commerce à Paris.
Une nouvelle société fut créée en novembre
1965 par un nommé M. Louis de Montousse à Lyon, demeurant
à Paris, 2 rue Edmond About dans le 16e. Le nom de la société
anonyme : Alpha-France. Objet : l'enseignement par correspondance, de
toute matière pouvant contribuer à l'éducation culturelle
technique, etc… Le capital de la société était
de 200 000 F de l’époque. Son siège, Alpha-France,
fixé au 23 rue du Renard à Paris et dirigé par les
hommes de l'Opus.
En conclusion, je souhaite ajouter ce commentaire rapportant une discussion
avec le Général des Jésuites à qui on demandait
son avis sur la création de l’Opus Dei, et qui répondit
« Nous sommes très contents, car autrefois, lorsque les choses
allaient mal c’étaient toujours les Jésuites qui étaient
responsables, tandis que maintenant c’est l’Opus Dei ! »
Cette boutade, bien jésuitique, donne une indication sur ce que
sont les rapports entre les deux grandes puissances ecclésiastiques
au service du pouvoir temporel et politique au Vatican…
Lucienne JULIEN (1965)
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