
Jean XXIII, le prophète
« Chaque feuille portait l'en-tête du temple, ‘Le
Chevalier et la Rose’ »
Pier Carpi
Nous nous souvenons
de l'impact produit par la parution du livre de Pier Carpi, « Les
Prophéties du Pape Jean XXIII ». L'ouvrage avait été
publié à Rome par les « Editions Méditerranée
» en 1976 puis, quasiment aussitôt, repris en français
par Jean-Claude Lattes/ Williams-Alto.
Celui-ci devait susciter une certaine polémique dans les milieux
spiritualistes et intriguer au plus haut point bon nombre d'exégètes
des textes prophétiques.
Si l'on en croit Jacques Duchaussoy, «... ce que cet auteur a condensé
dans son livre ‘Les Prophéties du pape Jean XXIII’
a dû provoquer en haut lieu des réactions terrifiantes ou
terrifiées car dans la semaine qui suivit la parution en français
du livre, celui-ci disparut de chez tous les libraires et l'éditeur
répondit « épuisé ». » (1).
Toujours est-il que l'intérêt manifesté à l'égard
de ces prophéties pontificales -sous quelque forme que ce soit-
retomba rapidement. Il fallut attendre l'automne 1978, l'étrange
conclave qui plaça Jean-Paul 1er sur le trône de Pierre,
et le décès hâtif du nouveau Pontife, pour que l'on
se souvienne des révélations de Pier Carpi et que l'on redécouvre
son livre.
Or, curieusement, celui-ci avait reparu en collection de poche (‘J'ai
Lu’ A353) quelques mois auparavant, en mars plus précisément...
Tant la divulgation de données d'ordre ésotérique
dans le livre de Pier Carpi, selon l'aveu de l'auteur lui-même,
que la relation de l'initiation d'Angelo Roncalli puis de sa réception
dans une énigmatique société secrète et, finalement,
la communication de ses prophéties, furent le fait d'un mystérieux
vieillard qui se présenta chez lui, sans s'être annoncé,
avec une serviette gonflée de documents :
« Mon livre sur Cagliostro venait de paraître. Il arriva un
soir, sans s'être annoncé. Nous restâmes ensemble jusqu'à
6 heures du matin. Il parla sans arrêt, sur un ton décidé.
J'écoutai, posai quelques questions auxquelles il ne répondit
pas toujours. C'est cette nuit-là qu'entre autres choses il me
fut donné de connaître les prophéties du pape Jean.
Tout ce qu'il me dit, j'eus l'occasion de le vérifier. »
(2).
Ce vieillard, Pier Carpi l'avait d'ailleurs déjà rencontré
un soir ‘fortuitement’, au pied de l'imposante forteresse
de Saint-Léon-de-Montefeltro où Cagliostro avait été
emmuré vivant. L'inconnu était vêtu de gris. Carpi
le décrit sommairement: «...la peau olivâtre et les
cheveux blancs, il avait quelque chose d'oriental.» Les deux hommes
s'entretinrent de Cagliostro et des travaux que Carpi consacrait au maître
inconnu.
Rapportant cette conversation, l'auteur mentionne ainsi sa conclusion
: «Ils vont fermer, dit-il pour terminer. Nous avons encore bien
des choses à nous dire, vous et moi. Je viendrai vous voir quand
le moment sera venu.
J'attendis sa visite. Je savais qu'il viendrait.» (2)
Au cours de la visite nocturne, l'inconnu exposa donc à Pier Carpi
les circonstances du cheminement spirituel et initiatique d'Angelo Roncalli,
archevêque de Mesembria, délégué apostolique
en Turquie.
M.
Vincent Auriol, président île la Republique, impose la haretté
au cardinal Roncalli
Le début du récit remonte à l'année 1935.
A cette époque, Angelo Roncalli doit faire preuve de la plus extrême
prudence du fait des persécutions. Vêtu en civil, surveillé
par tous, pratiquement dans l'impossibilité de se déplacer
car les espions sont nombreux et difficilement décelables, il en
est réduit à célébrer les sacrements à
l'intention d'une communauté réduite à quelques fidèles.
«C'est justement en ce temps-là qu'a lieu son premier contact
avec le monde inconnu» écrit Pier Carpi.
Sept nuits de suite, alors qu'il s'abandonnait à son premier sommeil,
le délégué apostolique reçut en songe la visite
d'un étrange personnage, «vieux, les cheveux très
blancs, le visage maigre, la peau sombre, des yeux doux et perçants.
» (2), avec lequel il s'entretenait mentalement.
Mais, semble-t-il, les mots sommeil, songe, ou autres peuvent paraître
tout à fait impropres ou insuffisants pour qualifier réellement
l'état de conscience dans lequel il se trouvait plongé.
La septième nuit fut décisive.
Le « vieil homme du sommeil » se manifesta en questionnant
d'emblée :
«Sauras-tu me reconnaître?
Et Angelo Roncalli de répondre :
— Toujours, maître.»
Et, toujours dans cet état indéfinissable, Angelo Roncalli
vit deux livres apparaître dans les mains du vieillard, les livres
sacrés de «T» et de «M».
Il s'agissait des livres de la connaissance que le vieillard feuilletait
sous ses ‘yeux’, rédigés dans une langue inconnue
mais qu'Angelo Roncalli décryptait sans le moindre effort. Et pour
lui, tout devint incroyablement simple, une grande lumière se fit
en lui, semblable à celle qui nimbait les deux couvertures aux
deux lettres d'argent en relief lorsque le « vieil homme du sommeil
» referma les livres.
Le vieillard l'assura qu'il était sur la voie, qu'il était
prêt et que lui-même n'était venu que parce qu'Angelo
Roncalli l'avait appelé, que maintenant il savait, mais qu'il avait
encore beaucoup de choses «à apprendre, à voir, à
vivre ».
-«C'est pourquoi nous nous reverrons.
Je t'attends, maître, répartit le délégué
apostolique. » (2)
Avant de disparaître, par trois fois, le vieil homme demanda à
Angelo Roncalli s'il saurait le reconnaître, et par trois fois,
ce dernier répondit affirmativement.
Réveillé, celui-ci tenta de retranscrire ce qu'il avait
lu, mais sans y parvenir : il ne retrouvait aucun mot. Pourtant, il y
avait en lui une certitude jamais atteinte auparavant, qu'il ne pouvait
qualifier que d'un pauvre mot, la «lumière», reflétant
bien imparfaitement l'état de conscience nouveau qui l'habitait
et que rien ne pourrait plus jamais effacer.
Pier Carpi, rapportant toujours les confidences de son visiteur, relate
qu'ensuite Angelo Roncalli reçut sept jours plus tard la visite
‘physique’ du vieillard qui l'avait contacté en «songe».
Il était assis dans l'entrée de son logis. Un court dialogue
s'ébaucha :
« - Es-tu prêt ?
- Je ne sais.
- Alors, tu l'es. Laisse tout et suis-moi. » (2)
Les deux hommes gagnèrent une maison, dans une ruelle, et se retrouvèrent
dans une vaste pièce pentagonale aux murs nus avec, en son centre,
une table de cèdre, également pentagonale. «Trois
chaises, adossées à trois des murs. Sur les chaises, une
tunique de lin, des ceintures de couleur et des enveloppes cachetées
de rouge. Sur la table, une bible ouverte au début de l'évangile
de saint Jean. Une épée flamboyante à poignée
d'argent ; un encensoir ; des rubans d'étoffe de couleur ; deux
candélabres de bronze à trois branches, portant trois bougies
rouges chacun. Puis le symbole magique et ésotérique de
l'ordre auquel Angelo allait, sous peu, être initié. Sous
le symbole, trois roses croisées, en tissu. Une blanche, une rouge,
une noire. » (2)
Pier Carpi retrace ensuite
quelques phases de cette étrange cérémonie d'initiation
directe à l'issue de laquelle Angelo Roncalli devint le «frère
Johannes »...
L'auteur enchaîne avec la suite de sa conversation avec le vieil
homme à la serviette bleu azur. Manifestement, celui-ci joue le
rôle de porte-parole de cette confrérie qui accueillit jadis
Angelo Roncalli et sa visite à l'écrivain semble motivée
par le désir d'en faire son intermédiaire.
A travers ces propos est évoquée la réception du
délégué apostolique dans un temple de Turquie, quelques
semaines après son initiation, laps de temps qu'il consacra à
la pratique de ses exercices spirituels et au cours duquel il rencontra
son maître à plusieurs reprises.
Pier Carpi, donnant la parole au vieillard, livre ainsi la clef, la conception
de sa démarche, de son entreprise même :
«- A la fin de la cérémonie, Johannes prit la place
qui lui revenait parmi les frères. Alors quelqu'un lui parla. Les
frères resserrèrent la chaîne autour de lui, se pressèrent
pour lui communiquer leur force. Et, d'une voix qui n'était pas
la sienne, Johannes parla. Il parla jusqu'à la fin des travaux,
tout au long des trois cérémonies qui eurent lieu en sa
présence dans le temple. Tout ce qu'il dit fut retranscrit dans
les procès-verbaux du temple, par le grand chancelier. Ces procès-verbaux,
les voici. Pas tous, bien sûr, uniquement ceux que nous avons jugé
utile de rendre publics. Lisez-les. Copiez-les. Faites-les connaître
autour de vous, car il est temps que ces choses se sachent. » (2)
Et de préciser: «Je saisis les feuilles bleues. Ecrites en
français, c'étaient les paroles que Johannes avait prononcées,
écrites par le grand chancelier.
Ses prophéties. » (2)
Sans vouloir d'aucune manière mettre en doute la probité
morale et intellectuelle de Pier Carpi, face à une révélation
aussi déroutante, nous sommes amenés à nous interroger
sur la véracité de telles affirmations. Poussant à
l'extrême notre raisonnement, il est même sain que nous posions
ouvertement la question : Angelo Roncalli a-t-il ou non été
initié par un membre d'une société secrète
en 1935 et été reçu dans un temple situé en
Turquie, cette même année?
Pour tenter d'apporter une réponse, il convient au premier chef
de cerner le degré de perspicacité de Pier Carpi à
travers les entretiens qu'il put avoir avec son énigmatique visiteur,
tels qu'il les rapporte lui-même dans son livre.
Apparemment, Pier Carpi, en Italie tout au moins, fait autorité
en ce qui concerne certains sujets peu connus du grand public. Son visiteur
ne lui déclare-t-il pas : «Servir d'intermédiaire
pour le Bien est toujours agréable. Vous êtes un spécialiste
digne de foi. On vous croit lorsque vous abordez certains sujets. Vous,
ils vous croiront. » (2) Le dialogue engagé entre l'auteur
et le vieil homme, à propos de la réception du frère
Johannes, est lui aussi riche de significations : à plusieurs reprises,
Pier Carpi donne lui-même des précisions quant à l'agencement
du temple de Turquie et au déroulement de la réception,
comblant ainsi les silences de son interlocuteur, et ce à la stupéfaction
de ce dernier. D'ailleurs, dès le début de la conversation,
sitôt le visiteur installé chez lui, celui-ci de déclarer
à Carpi : « Votre livre sur le comte de Cagliostro me plaît
et il plaît aussi à mes amis» (l'éditeur précise
en note : « Dans ce livre, Pier Carpi récuse les thèses
faisant de Cagliostro un escroc et rétablit sa figure de grand
initié. ») Et d'ajouter aussitôt : « Il contient
beaucoup de vérités. Si certaines manquent, c'est parce
que vous les ignorez. A leur place on trouve une bonne foi évidente.
Et beaucoup de courage. » (2) Un peu plus loin, Carpi, s'adressant
toujours au vieil homme, dans un bref exposé, développe
certaines de ses thèses : l'ensemble est rigoureusement véridique,
par exemple lorsqu'il affirme, entre autres : «Cagliostro n'est
pas venu pour détruire, mais, au contraire, pour unir » et
« Croire que, au cours de la Révolution Française,
les traditions secrètes faisaient un seul bloc me semble absurde.
»
Paris.
26 juin 1951. UNESCO.
En outre, il apparaît parfaitement au fait de la démarche
ésotérique. Ainsi écrit-il : « Si, au fil de
mon récit, je bouscule un peu les pièces, si je néglige
certaines choses -et les adeptes s'en apercevront bien vite-, si je mets
en scène des expériences personnelles ou des personnages
facilement identifiables, j'ai pour cela de sérieux motifs. »
(2)
Pour preuve encore, tout le début du chapitre de son livre intitulé
« La Chaîne du Temple » où on peut lire entre
autres : «Je m'étais tu. Je voulais encore me taire. Ce récit
était ahurissant. Aucun détail de l'initiation n'était
caché. Le vieux avait parlé de choses précises, d'un
rituel que peu de gens connaissent. Et ceux qui le connaissent n'en parlent
pas volontiers. Moi-même, je l'ai abrégé, je n'en
ai pas décrit toutes les phases, surtout la phase centrale qui
doit demeurer très secrète. Celui qui a connaissance d'un
tel rituel n'est pas homme à raconter des histoires, à spéculer
sur son caractère magique ou sensationnel. Je devais écouter
encore. » (2)
Mieux, l'auteur ne fait nullement mystère du milieu dans lequel
il évolue : «Je dois d'ailleurs remercier de leur aide quelques
représentants de sociétés initiatiques et ésotériques
que je ne peux nommer», écrit-il.
Aussi, comment être surpris de le voir admettre facilement la nécessité
d'une certaine discrétion et la loi d'une révélation
progressive et contrôlée: « A ce point de mon récit,
je dois prier le lecteur de m'excuser si je ne dis pas tout. On m'a demandé
de taire certaines choses. » (2) Et son visiteur, plus tard de proférer,
après un long silence : « Oui, j'en suis certain, vous ne
direz rien et, surtout, vous n'écrirez rien de plus que ce qui
est nécessaire. Je peux avoir confiance» car «certains
éléments, s'ils étaient mal compris, pourraient devenir
dangereux. » (2)
Enfin, une lecture attentive de la relation de Pier Carpi permet de déceler
en lui une authentique quête personnelle — «Certaines
choses, d'abord, me concernent personnellement, que ce soit sur le plan
spirituel ou à un niveau plus subtil » — et un grand
souci de rigueur dans sa démarche: «J'ai voulu parcourir
après lui le chemin initiatique emprunté par Angelo Roncalli.
Entre le moment où j'ai eu pour la première fois entre les
mains les textes des prophéties et aujourd'hui, il m'a fallu des
années pour contrôler leur réalité. »
(2)
Mais si Angelo Roncalli devint bien membre d'une société
secrète ayant des attaches en Turquie, dès 1935, encore
conviendrait-il de connaître la nature de celle-ci.
Et sur ce chapitre, Pier Carpi ne se montre guère loquace, même
s'il nous livre quelques éléments révélateurs
permettant sans doute de mettre la vérité à jour
: ainsi, il revient à plusieurs reprises sur les trois couleurs
de la Société, le blanc, le rouge, le noir, symboliquement
manifestées sous forme de rubans ou de roses, «couleurs de
l'ordre » précise-t-il, après les avoir définies
comme «couleurs initiatiques de la tradition martinienne et gnostique
».
De même cite-t-il la « Table des Trois Maîtres »,
rappelant la conception initiatique de la liberté de l'homme et
permettant aux « ...initiés d'être des initiateurs
libres» (2), contresignée par Louis-Claude de Saint-Martin,
le comte de Saint-Germain et le comte de Cagliostro.
Il attire également notre attention sur l'importance du nombre
7, l'évangile de saint Jean, le pentagone, etc.
Sans parler de Azoth, Tetragramma-ton, 999...
Il mentionne encore les «cénacles ésotériques
islamiques, gardiens jaloux des antiques secrets»...
Mais surtout, il est constamment fait référence aux livres
sacrés de « T» et de «M», dans lesquels
toute la connaissance est contenue. « Ces textes que les rois, les
hommes des sciences et des arts ont cherché presque toujours en
vain, pendant des siècles ! Ces livres qui, s'ils devaient tomber
dans des mains profanes, verraient leurs pages devenir blanches. D'une
blancheur pouvant atteindre l'ultime violence de la lumière : capable
d'aveugler. » (2)
Curieusement, un ordre néo-templier, l'OVDT-Militia Templi (6),
fonde son enseignement sur le « livre M », présenté
comme «définition de l'Esprit Universel», et tirant
son origine du Livre de Thot (Hermès Trimegiste), «transmis,
perdu, retrouvé».
Ainsi, le «livre M» est-il nominalement désigné.
Et, à voir dans le « livre de Thot» le «livre
T», il n'y a qu'un pas.
Plus
curieux encore, en 1971, l'Omnium Littéraire publiait un livre
intitulé « RC - La Rose+Croix Johannite » sous la signature
de M.F. Nouveau-Piobb. Celui-ci constituait en fait la réédition
d'un ouvrage semblablement intitulé, publié à paris
en 1960, présenté par Jean Jeanne, lequel mentionnait la
dédicace suivante : «Je dédie ce livre à P.V.
Piobb, mon père spirituel, mais non de race, qui m'a légué
l'Héritage des Morts».
La quatrième de couverture est ainsi libellée : «
Le « Livre M » contient le secret des Templiers. Il indique
d'une façon précise où se trouvent les papiers de
l'Ordre du Temple. Il permet de montrer la Vérité du Temple».
Le T de Templiers est imprimé en caractère gras...
L'auteur de cet ouvrage avance que Christian Rosenkreutz, lorsqu'il se
trouvait chez les Arabes, traduisit en bon latin un « livre M »,
qu'il emporta par la suite. Et de préciser: «Quand on s'est
occupé de la question de la Rose +Croix, on ne peut ignorer que
le nœud même de l'énigme réside dans l'existence
d'un livre désigné par la lettre M»...
Templiers, ésotéristes islamiques, Rose+Croix, les courants
traditionnels majeurs sont tour à tour évoqués et
paraissent interférer lorsque l'on tente de définir la nature
exacte de la Société à laquelle Carpi se réfère.
Peut-être à dessein.
La seule indication affirmative de l'auteur en la matière est mentionnée
en une seule courte phrase: « Le vieil homme de la forteresse de
Saint-Léon, donc, voulait me faire entendre qu'il était
rosicrucien, comme tous ceux qui lui ressemblaient. Qu'il avait lu en
songe les livres de «T» et de «M ». (2) Mais cela
ne l'empêche pas de faire allusion à la Gnose et au Martinisme...
»
Natya Foatelli, en somme, résume assez bien le problème
en parlant d'une «...mystérieuse société secrète
dont nous ignorons le nom véritable, les mobiles et les buts».
Mais, ensuite, elle s'engage sur la voie d'une hypothèse autrement
plus précise : « En lisant avec beaucoup d'attention cette
prophétie obscure, je me demandais comment elle a été
composée. Le prophète nous répond. La tête
de l'île d'Egée (Lesbos actuelle), c'est-à-dire la
tête d'Orphée qui continue à parler même après
sa mort terrestre, instruit, parle par la voix des initiés, collège
de Rose+Croix qui se réclament de trois maîtres du passé.
Louis Claude de Saint-Martin, l'immortel. Cagliostro, qui ne fut certainement
pas le simple escroc et charlatan du XVIIIe siècle, mais un personnage
très important qui mourut tragiquement étranglé dans
sa prison forteresse de Saint-Léon de Montefeltro à l'arrivée
des troupes françaises...
Ces trois noms sont très significatifs de l'orientation de la société
secrète qui divulgue cet étrange message. » (3)
Le doute ne semble, par contre, guère effleurer Jacques Duchaussoy.
Pour cet auteur, la Société mentionnée par Carpi
ne pourrait être autre que la Grande Fraternité Rose+Croix.
Dans son ouvrage, Jacques Duchaussoy note la similitude entre la cérémonie
partielle décrite par Pier Carpi et celle relatée par Spencer
Lewis, se déroulant, celle-là, dans un centre initiatique
languedocien. «Ces concordances entre les rites initiatiques rosicruciens
d'un échelon élevé, dans des pays aussi différents,
montrent l'universalité du travail et de la mission des véritables
Rose+Croix, lorsqu'ils ont notamment un message et un programme à
confier sur divers plans à des êtres qu'ils ont éprouvés
et jugés dignes de l'adeptat». (1)
Et Jacques Duchaussoy d'enchaîner : « Mais cela pourrait en
venir à dire qu'Angelo Roncalli était un véritable
adepte, un maître peut-être, de la Rose+Croix (...)»
(1)
Cela pose bien évidemment le problème -insoluble semble-t-il-
de savoir si le pape Jean XXIII était un simple adepte ou un maître
de la société.
Tout comme il paraît difficile de trancher sur la question de savoir
s'il fut le seul auteur des prophéties, s'il participa à
leur élaboration avec un collège d'initiés ou bien
si l'on se contenta de les placer sous son patronage, avec son assentiment
ou non.
Peut-être faut-il tenir compte d'un vieux dogme chrétien
affirmant que tous les successeurs de Pierre, outre les dons de guérison
et miracle, reçoivent celui de la prophétie. Et cela s'est
vérifié au XXe siècle tout particulièrement,
avec Pie X, Pie XI, Pie XII, Paul VI, à des degrés divers...
(4)
Mais, en 1935, Angelo Roncalli était archevêque et non pape...
Il est vrai que, pour qu'il soit élevé à cette dignité,
23 ans s'écouleront... 23 = 2+3 = 5, 5 qui est un nombre vénéré
du soufisme, et qui, dans le tarot, correspond à la lame dénommée
«le Pape» !
Commentant la prophétie, Natya Foatelli poursuit son analyse :
«On a dû, pour l'obtenir, employer des procédés
magiques, l'hydromancie, le miroir, la transe prophétique, puis
ce recueil a été placé sous le nom de Jean XXIII.
Pourquoi? Là réside le mystère. Pour en asseoir l'autorité
et la véracité, pour vendre plus facilement le livre sous
un titre alléchant pour le lecteur parce que le futur pape Angelo
Roncalli a appartenu à une société secrète ? » (3)
Jean-Luc
Maxence pose la question sans ambages : « Doit-on accorder crédit
aux prétendues «prophéties du pape Jean XXIII»
révélées par un certain Pier Carpi dans un ouvrage
qui fit un certain bruit, en France, comme ailleurs ? » (5) Et plus
loin, il conclut d'une manière dubitative qui permet néanmoins
de percevoir son sentiment quant à la nature même de la Société :
«On ne saura jamais, enfin, de manière certaine, si le nonce
apostolique Angelo Roncalli fut bien «initié» en 1935
en Turquie par un vieux rosicrucien particulièrement éclairé...
» (5)
Notre propos n'est pas de développer une exégèse
des prophéties de Jean XXIII. Nous nous bornerons à relever
certains grands thèmes abordés par celles-ci et à
citer certains exemples susceptibles de les illustrer.
Une quarantaine de textes composent les prophéties publiées
par Pier Carpi environ dix ans après qu'il en ait eu connaissance,
comme il le précise lui-même: l'auteur ajoute que ceux-ci
ne constituent que 20 % -soit 1 / 5e- de prophéties d'Angelo Roncalli
dans ce temple «... où il fut le truchement —il ne
faut jamais l'oublier— d'une action initiatique à laquelle
ont collaboré soit les frères et les maîtres présents,
soit les frères et les maîtres du passé, grâce
à un rituel très ancien que je ne peux absolument pas rendre
public. » (2)
Pier Carpi s'est attaché à commenter ces textes, aussi bien
ceux se rapportant au passé (1935-1966/1976) que ceux ayant trait
à l'avenir. Parlant de la prophétie, Pier Carpi écrit
: « Pour l'essentiel, celles du passé sont déchiffrables»
avant d'ajouter : « Lorsque certains éléments restent
encore obscurs, c'est qu'ils portent sur des faits purement initiatiques
ignorés de nous, ou qu'ils concernent des événements
que nous n'avons su retrouver. » (2)
Et, ce faisant, il nous laisse quelque peu perplexes...
Car, si certains grands thèmes -nazisme, seconde guerre mondiale,
papauté, marxisme, etc.- se devinent bien facilement en effet,
dans le détail, combien d'apparentes contrevérités
laissent-ils apparaître. Et, à notre sens, « l'essentiel
» n'est pas fourni par le « déchiffrable» mais
par ces «faits purement initiatiques ignorés de nous»
et «les événements que nous n'avons pas su retrouver».
En fait, avec ce qui est « lisible », il y aurait de quoi
réécrire l'histoire jusqu'à l'aube des années
soixante-dix...
Pour le reste, contrairement à ce qu'affirme Pier Carpi, ces singulières
prophéties manquent pour le moins de clarté. Et là
réside sans nul doute pour nous le plus énigmatique de la
démarche de Pier Carpi et de son mystérieux commanditaire.
En effet, à lire attentivement Carpi, il était capital pour
la Société que la partie des «prophéties de
Jean XXIII» communiquée par son émissaire à
l'écrivain italien soit publiée et admise comme véridique
par le public.
D'autre part, le vieillard, curieusement, s'obstina à taire la
raison faisant qu'il était temps « que ces textes soient
divulgués ».
Or, théoriquement, la nécessité de rendre un texte
public implique sa compréhension par le lecteur : cela n'est nullement
le cas.
Ainsi pourrait-on en déduire que le message des «prophéties»
soit réservé à une seule élite d'« initiés
» ? Qu'en fait de «prophéties» il s'agisse plutôt
d'«instructions», toujours réservées à
un cénacle d'adeptes bien déterminé? Ou bien encore
que l'ensemble de ce texte obscur ne soit que fantaisiste et n'ait d'autre
raison d'être que de véhiculer quelques informations précises
? Autant de questions auxquelles il ne nous est pour l'instant malheureusement
pas possible d'apporter de réponses.
Les douze premiers textes se rapportent à la ‘Papauté’
dans l'Eglise, depuis Pie XI jusqu'à 2033 ; dans un style -à
l'image de celui qui préside à l'ensemble de la rédaction
des prophéties- puissant et évocateur, coloré et
poétique, il retrace les démêlés de la barque
de Pierre avec le nazisme et le communisme, mais aussi ses soubresauts
internes, ses luttes intestines et son rôle dans l'évolution
du monde.
A travers ces douze textes où les nazis sont désignés
sous le vocable de «loups à la croix usurpée»,
nous apprenons ainsi que Pie XII sera reconnu saint «et plus saint
que lui jamais on ne verra » lorsque paraîtront «les
lettres de Barcelone», l'importance d'un saint inconnu né
en Emilie et réfugié en Terre Sainte, des détails
capitaux jusqu'alors inconnus sur la destinée de Jean XXIII lui-même,
« ses papiers seront cachés. Ses papiers seront volés.
On dira peu de choses de lui », la conclusion d'un pacte mystérieux
par Paul VI, l'avènement du « règne béni de
la Très Sainte Vierge », etc.
Mais aussi des faits qui ne peuvent que soulever la curiosité ou
la crainte.
Ainsi «les urnes ouvertes dans les lieux secrets sous le trésor
et seront découverts les pas du premier homme» passage que
commente ainsi Pier Carpi: «Dans le sous-sol de Saint-Pierre, c'est-à-dire
«sous le trésor», des lieux secrets seront découverts
ou bien encore des choses jusqu'alors ignorées, «et seront
découverts les pas du premier homme». S'agit-il d'un élément
important sur le premier pape romain, Pierre ? Ou bien d'une découverte
scientifique très importante qui expliquerait les origines de l'humanité
en donnant, de tout ce qui est dit dans les Ecritures, une explication
rationnelle?» (2)
Et: « S'affronteront croissant de lune, étoile et croix.
Quelqu'un brandira la croix noire. Des vallées du Prince viendront
les chevaliers aveugles. » Les trois religions révélées
s'affronteront d'une quelconque manière -symbolique ou bien concrète-
alors que les armes de l'Anti-Christ se déchaîneront, tout
comme les forces du mal issues des vallées, dévouées
au Prince (Satan) : l'image des « chevaliers aveugles » est
bien connue comme manifestation de l'anti-initiation et de la contre-initiation.
Puis viendra le Jugement :
«Ce sera un bon jugement
Notre Père, qui es aux cieux, que ton règne arrive. Ta volonté
est faite, au ciel et sur la terre.
Il y a vingt siècles plus l'âge du Sauveur. Amen. »
2000 + 33 = 2033 !
Adolph
Hitler & Eva von Braun
Les textes qui suivent sont plus particulièrement consacrés
à la politique, à la guerre et à la paix. Les six
premiers se préoccupent quasi exclusivement de la seconde guerre
mondiale, d'Hitler et du nazisme, de l'Italie et du fascisme, mais aussi
des autres grandes puissances et de certains de leurs dirigeants, U.R.S.S.
et Staline, Angleterre, U.S.A., Chine...
Le style y atteint une densité peu commune, soulignant une exceptionnelle
valeur artistique mise au service de l'évocation prophétique.
Angelo Roncalli ne s'y montre tendre pour personne mais son courroux ou
son mépris visent principalement l'Italie, l'Angleterre et l'U.R.S.S.
de Staline. Curieusement, il fustige surtout ce dernier pour la trahison
dont il se rendit coupable envers Lénine. Quant au nazisme, il
ne semble rien ignorer de ses arcanes. « Et toi nouveau Tsar, maudit
par le petit père, tu serres la main au dictateur noir. Regarde
la mer. Elle sera rouge de sang».
Pier Carpi souligne que le prophète attribue à l'Italie
l'origine des maux de notre temps.
Vient Hitler: «Marche le fils de la Bête, enfanté en
un an dans le secret.» Et à nouveau Staline: «Le nouveau
Tsar tue les vrais fils du petit père.» U.S.A. et Angleterre
sont également condamnées : fils de Luther et citoyens de
« la terre des anges » exploitent et colonisent les Etats
du futur, «aujourd'hui piétines, demain maîtres éclairés».
Aussi, «les trois loups des trois erreurs du monde» sont-ils
le capitalisme, le nazisme et le socialisme.
Et reviennent l'Italie et Hitler : «Dans les laboratoires on prépare
les armes inconnues de tous. L'Italie en est la forge.
L'Italie qui met dans le faux marbre ce qu'elle n'a pas dans le cœur.
Ses hommes sont des statues sans pensée.
La guerre voulue. La guerre de tous, sans frontières. Le fils de
la Bête lâche les fauves.
Et l'Europe s'écroule comme une statue de boue».
Le texte suivant est sans doute le plus énigmatique de toute la
prophétie. Tous les faits qu'il mentionne nous sont connus, mais
jusqu'à présent sous un éclairage tout différent.
Ainsi Italo Balbo, Churchill, Staline ont-ils trahi les leurs, chacun
d'entre eux pour des motifs différents. La révélation
de certaines lettres permettra de rétablir la vérité
et elle sera fracassante. La dernière partie de la prophétie
est consacrée à Mao Tsé Toung pour lequel le prophète
semble avoir une vénération toute particulière.
Mais le plus étonnant concerne ce qui constitue pour nous l'énigme
la plus profonde de la seconde guerre mondiale et des ramifications souterraines
du nazisme : le secret de Rudolph Hess : «Quand sera découvert
le secret de l'ami du fils de la Bête, envolé dans la nuit
sur la terre des anges.» La découverte de ce secret ira de
paire avec la publication de lettres établissant la trahison de
Churchill...
De Gaulle est grand. Sous l'occupation, des deux chefs de la France, il
est celui du désert. Et « il doit beaucoup au général
de l'Espagne».
Mais la Résistance est abusée «parce que les chefs
qu'ils croiront abattre commanderont encore, toujours les mêmes.
Ils abattront les marionnettes de l'argent, pas les patrons de l'argent.
Et ils se laisseront séduire par le nouveau Tsar, qui a vaincu
malgré la trahison, grâce à l'ardeur de la flamme
rouge. »
Le dernier texte de cette période insiste sur les «crimes»
de Roosevelt, puis de Truman, de Churchill et de Staline. Quant à
Mussolini « personne ne saura jamais comment il fut tué.
L'ordre est venu de loin.» L'indignation de l'emploi de l'arme atomique
n'a d'égale, aux yeux du prophète, que son admiration pour
Gandhi, «la conscience du monde».
La prophétie, à travers différents textes, envisage
ensuite la plupart des grands processus qui se déroulèrent,
se produisent toujours ou se manifesteront dans notre monde livré
à l'anarchie et au chaos: décolonisation, interventions
militaires des USA, conflits du Moyen-Orient, prolifération des
armes nucléaires, coupure de l'Allemagne en deux avec la honte
du mur de Berlin, déchirements latino-américains, massacres
perpétrés par les responsables de l'Union Soviétique,
conquête spatiale entreprise avant tout à dessein militaire,
terrorisme, matérialisme et dégradation des valeurs morales,
guerres civiles, coups d'Etats, etc.
Le prophète accorde également une place prépondérante
à certains événements particuliers: assassinat de
Staline et des frères Kennedy, annonce d'un renouveau du culte
de Notre-Dame et de la réunion d'un grand concile spirituel à
Alexandrie. Mais surtout naîtra enfin l'Europe véritable.
Des signes précurseurs de ce grand bouleversement, peut-être
lié à l'avènement du Grand Monarque, se manifesteront
dans un premier temps à Malte et à Milan.
John
F Kennedy
Le plus étrange toutefois, lancinant leitmotiv scandant les phases
les plus cruciales de la prophétie, se rapporte au procès
de Nuremberg et à un mystérieux personnage échappé
du bunker de Hitler et de Berlin écrasé sous les bombes.
Mais avant d'envisager cette énigme dans l'énigme, abordons
brièvement -comme le fait d'ailleurs le prophète- le mystère
de la fin d'Adolph Hitler lui-même, le « fils de la Bête
» : « Le fils de la Bête a échappé à
trois attentats. Pas au quatrième. Ils lui servent à tuer
celui qu'il hait. Mais pour lui c'est la fin. Enfermé dans la tanière,
serré à la femme de l'autre. Sur sa mort le mystère.»
Effectivement, la fin de Hitler a toujours constitué un mystère,
le prophète ne fait que confirmer la chose. Mais que penser de
ces trois attentats qui lui servent à tuer celui qu'il hait...
Comment «celui» pourrait-il correspondre à une seule
et même personne ?
L'Histoire nous apprend que le Fuhrer s'est suicidé, après
avoir épousé Eva Braun, le 30 avril 1945. A ce propos, il
n'est sans doute pas sans intérêt de souligner que le seul
récit de la fin du couple est de source allemande, émanant
d'Arthur Axmann, chef des Jeunesses hitlériennes. Seuls pourront
confirmer Linge et le général Guensche: les autres témoins
cités par Axmann se suicidèrent, furent abattus ou disparurent.
Mais le prophète ne l'entend pas ainsi : Hitler a été
victime d'un attentat, le quatrième... En outre, Hitler a bien
épousé Eva Braun, le 30, entre I et 2 heures du matin, devant
Walther Wagner, officier municipal de Berlin, et en présence de
deux témoins, Joseph Goebbels et Martin Bormann. Pourtant, Hitler
mort, écrit le prophète, «est serré à
la femme de l'autre». Eva Braun était-elle déjà
mariée ? Dans ce cas, avec qui? Ou bien s'agissait-il d'une autre
femme -laquelle et épouse de qui?
Durant de nombreuses années, la fin tragique du bunker a alimenté
d'innombrables colonnes de journaux. Peut-être n'est-ce pas sans
raison...
Mais venons-en à Nuremberg : «Les bourreaux savent, ils mentiront
à Nuremberg.
Cherchez-les toujours les bourreaux, même quand vous les croirez
morts. Cherchez-les partout où vit le pouvoir avec la terreur.
Cherchez-les dans les maisons de celui qui s'est enrichi avec la guerre.
Pas pour la vengeance, mais pour empêcher qu'eux et leurs enfants
envahissent encore le monde en camouflant le mot et le chef.»
Passage étonnant pour le moins, surtout si l'on en considère
la conclusion : «...en camouflant le mot et le chef».
Ce «chef» nous amène directement au fugitif: «Mais
attention à celui qui est sorti de la tanière à la
fin. II sera long à mourir et prépare au monde d'autres
plaies.»
Personnage sans doute terrifiant car «Lui connaît le visage
de la bête». Et lui n'était pas présent au procès,
car Nuremberg l'injuste. Les assassins sont absents» et même:
«Quelques-uns d'entre eux sur les sièges des juges.»
Par contre, on le voit réapparaître en arrière-plan
de l'assassinat des frères Kennedy, lié d'une quelconque
manière à Jacqueline, veuve de John, et à Onassis
car «Leurs secrets sont dans les armes, dans le crime. Et ce sont
les secrets de celui qui n'était pas à Nuremberg.»
La prophétie évoque encore le fugitif: «Et dans le
palais où s'embrassent les Etats, le fugitif est bien vivant. »
Pour en parler ensuite au pluriel: «Le temps a nourri un esprit
trouble, à l'ombre de la croix rouge et noire, inconnue de tous,
fille des fugitifs de Nuremberg.»
Ce spectre, ce fugitif de la tanière qui aurait dû s'asseoir
au banc des accusés, qui pourrait-il être? Martin Bormann,
comme l'avance Pier Carpi? On l'imagine mal à l'O.N.U... pas plus
qu'un quelconque dignitaire nazi, politique ou militaire... Alors, le
grand maître d'une société secrète nazi, inconnu
des masses, un conseiller occulte d'Hitler, étranger pourquoi pas,
devenu par la suite personnage important dans son pays d'origine ?
Personnage peu ordinaire en tout cas -«lui connaît le vrai
visage de la Bête»- que seul, peut-être, Rudolph Hess,
l'éternel reclus de Spandau, pourrait identifier...
Ce n'est certes pas le moindre mystère des «prophéties
» du «bon pape Jean», qui nous apprennent avant tout
que, derrière les chefs d'Etats et les chefs religieux se cachent
ceux qui sont les seuls authentiques maîtres du destin mondial et
que nul ne saurait distinguer.
Daniel Réju
(1) «Mystère et Mission des Rose+Croix », Coll. Gnose.
Ed. du Rocher. Monaco 1981.
(2) Pier Carpi: «Les Prophéties du Pape Jean XXIII»,
J'ai Lu, l'Aventure Mystérieuse A253 Paris 1978.
(3) Centre «Conférence Natya», 163, rue Saint-Honoré
75001 Paris.
(4) Lire à ce propos : Daniel Réju : «Le Troisième
Secret de Fatima», coll. Aux Confins de l'Etrange. Ed. du Rocher.
Monaco 1981.
(5) Jean-Luc Maxence : «La Mystérieuse Prophétie de
Saint-Malachie». Nouvelles Editions Oswald. Paris 1979.
(6) NDLR : l'OVDT-Militia Templi. Il faut se demander si cet ‘ordre’
n’est pas un autre, un vrai celui-ci, que du moins celui connu depuis
une trentaine d’années sous ce nom. En effet, ce qu’on
veut en savoir se fait très facilement ; il suffit simplement de
payer son adhésion, car on y entre ‘comme dans un moulin’,
pour y constater seulement une coquille entièrement vide. Comment
imaginer un Roncalli en petit déguisement templier et en compagnie
d’adhérents se chamaillant pour un rituel et des actions
sans éclats ni envergure, sauf celle de la course aux titres aussi
ronflants qu’inutiles.
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