La S.F des années 50 au début du XXI° siècle
Réflexions sur l'évolution du genre


Dans les années 50 jusqu'au début des années 80, la S.F était une littérature populaire accessible à tous « de 16 à 77 ans » selon une expression que j'ai honteusement plagiée. C'était la grande époque de la collection ‘Fleuve Noir Anticipation’ où des auteurs comme Jimmy Guieu, Richard Béssière, Jan de Fast, Peter Randa et bien d'autres nous entraînaient sur les chemins du rêve.
Une littérature populaire, un livre que l'on achetait dans un hall de gare ou une boutique d'aéroport pour s'évader durant les heures fastidieuses du trajet ; un livre de 200 à 300 pages que l'on achetait à la gare de Lyon pour le refermer à Nice après avoir lu la dernière ligne, rempli d'images et d'aventures à faire rêver…
Cette littérature ne demandait ni bac ni licence de lettres pour être accessible à tous. Il suffisait d'avoir envie de plonger, l'espace de quelques heures, dans un monde imaginaire.

La Science Fiction a acquis ses lettres de noblesse ; parmi les grands noms de la littérature, certains s'y sont risqués. Aujourd'hui, la S.F. est un genre littéraire à part entière. On y trouve développées des situations complexes et parfois si alambiquées que l'on s'y perd. Des problèmes existentiels qui, selon l'expression populaire « nous prennent la tête ». Plus question de lire ce genre de livre entre Paris et Nice, d'autant plus que certains comportent entre 400 et 500 pages quand ce n'est pas davantage ; il faut du calme dans un environnement adapté. Parfois même la présence d'un dictionnaire peut être utile.
La S.F a éclaté en plusieurs branches : Héroic Fantasy, Space Opéra, Fantastique et S.F traditionnelle.
Dans cette évolution, le caractère, ô combien positif et souhaitable de la S.F., a été privilégié mais cela s'est fait au détriment du ‘grand public’. La S.F est devenue élitiste, s'adressant à un groupe d'initiés. Certains éditeurs spécialisés m'ont dit que, à part certains noms comme Werber ou les maîtres anglo-saxons qui crèvent le plafond et quelques auteurs plus chanceux ou talentueux, de nombreux écrivains de S.F. sont satisfaits lorsque leurs romans dépassent les 500 exemplaires.
C'est dire que l'auteur de S.F. qui n'est pas connu n'a qu'à faire ses valises, c'est à dire à s'inscrire à l'A.N.P.E. A moins de s'armer de patience ou d'être parrainé par la chance !

Je rêve d'une littérature qui est celle de mon adolescence. Je rêve de la S.F. qui raconte des aventures sans obliger le lecteur à se plonger dans des débats existentiels, ni à plonger dans un univers sophistiqué rempli de gadgets scientifiques. Des romans que l'on a envie de lire jusqu'au bout parce que l'on est entraîné dans l'engrenage des mondes imaginaires. Des romans où l'on réinvente le pays des merveilles d'Alice ou Neverland de Peter Pan. Des romans que l'on peut lire avant 16 ans mais que l'on continue à lire longtemps après 77 ans ! Pour le renouveau d'une Science Fiction populaire, il faut trouver un nom. Supprimer le mot ‘science’ trop restrictif et celui de ‘fiction’ car tout roman est une fiction.
Pour ma part, je verrais ce domaine imaginatif, et ses dimensions, sous le nom de: ‘Mondes Imaginaires’. Cet intitulé permettrait d'inventer des mondes contemporains de l'époque des dinosaures, des ‘Moyen-âge’ peuplés de dragons et de licornes ou des futurs au-delà de l'espace et du temps, que l'on a du mal à concevoir. Des mondes où l'imagination, libérée de toute convention et de toute contrainte, nous entraînerait sur l'aile des rêves.

Jules Verne

L'Homme de la planète Terre a de tout temps été fasciné par le mystère, l'insolite, l'étrange. Depuis l'aube de la pensée, il s'est construit, à côté de sa vie quotidienne, un monde étrange peuplé de magie, de mystère et de merveilleux. D'ailleurs, ne côtoyons-nous pas en permanence autour de nous ce monde insolite que l'on désigne sous le terme passe-partout de ‘Paranormal’. Un mot qui ne veut rien dire car il englobe tout et son contraire : La voyance, les phénomènes de hantise, les O.V.N.I, la télékinésie et tant d'autres manifestations qui échappent à toute analyse.
On regroupe sous ce vocable tout ce que la science ne comprend pas.
Nous ne sommes pas des dieux, nous ne pouvons pas tout savoir ! Sans doute dans quelques centaines d'années aurons-nous appris un peu plus sur ces manifestations dites ‘paranormales’. En attendant d'aller un peu plus loin dans l'exploration des phénomènes encore inexpliqués, laissons les écrivains faire leur travail : Celui d'inventer des univers au-delà du réel qui, pourquoi pas, suivant l'exemple d'un précurseur de génie tel Jules Verne, seront les visionnaires des mondes futurs.

André-Jean Bonelli