
Sciences, fiction et réalité
Le très sérieux domaine infini du rêve…
La science fiction, longtemps
considérée comme secondaire en littérature, dispose
maintenant de ses lettres de noblesse, que plus personne ne lui conteste
et c’est très bien. Qui n’a pas un jour rêvé,
au fil d’un roman du genre, d’un ailleurs dans le temps et
l’espace ? Qui n’a pas rêvé une seule fois ?…
Mais en fin de compte on peut se demander, à juste titre, ce qu’est
la science fiction… La définition du dictionnaire Larousse
sera notre première porte ouverte sur ce royaume où le fantastique
le dispute à des demain, ou hier, qui nous dépassent largement
lorsque nous lisons : « Genre littéraire et cinématographique
dont la fiction se fonde sur l’évolution de l’humanité
et, en particulier, sur les conséquences de ses progrès
scientifiques ». Seulement, pour comprendre cette explication, il
nous faut admettre que les ‘conséquences’ annoncées
depuis les ‘progrès scientifiques’ doivent se réactualiser
à une vitesse exponentielle tant notre science évolue vite.
Regardons un épisode, en noir et blanc, d’un feuilleton des
années 60, sur l’unique chaîne de TV (ORTF) d’alors,
qui avait pour titre ‘L’homme invisible’. A la rétro
vision de ces images nous semblant désuètes, nous ne pouvons
qu’avoir une nostalgie fortement teintée de mansuétude
et trouver le contenu de ces épisodes fort naïfs pour les
uns, ou affligeants pour d’autres… Certes, cette réaction
était compréhensible jusqu’au moment où nous
avons lu dans la très sérieuse revue ‘Sciences et
Avenir’ d’octobre un article intitulé : « L’homme
invisible c’est possible ! Les physiciens expliquent une première
expérience réussie aux Etats-Unis et les étonnants
progrès de la furtivité ». Et nous d’être,
de fait, tenus de réviser nos jugements sur les visions des producteurs
des années 60 que nos parents jugeaient folles furieuses ou pour
le moins distrayantes à faible dose…
La mise à l’index en matière d’imaginaire
Et il en va ainsi, comme nous l’expliquions dans un de nos articles
sur le site France Secret, d’un autre exemple du risque d’être
novateur en science fiction par le biais cette fois de la ‘BD’…
Il s’agit ici de ‘Sirius’, auteur et dessinateur formidable,
habitué des colonnes du ‘Journal de Spirou’. Il fit
les frais de cette idiote et implacable censure des ‘Lectures pour
la Jeunesse’ en lançant son héros ‘L’Epervier
Bleu’ vers la ‘Planète Silencieuse’… qui
n’était autre que la lune ! Les censeurs lui reprochèrent
aussitôt cet ‘irréalisme’ stupide, pouvant laisser
croire à des enfants… qu’un jour on pourrait aller
sur notre satellite ! A cette époque, il fut jugé scabreux
et délirant d’envisager ce voyage ‘impossible techniquement’
! Pauvre ‘Sirius’… qui fut tenu d’abréger
et modérer les appétits spatiaux de son ‘Epervier
Bleu’. Mais quelle revanche il dut savourer plusieurs décennies
plus tard lorsque la technologie spatiale lui donna plus que largement
raison ! Et ils sont combien à avoir suivi le difficile chemin
de ceux et celles qui anticipèrent ce qui est aujourd’hui
non seulement acceptable mais tout à fait normal en matière
d’exploration scientifique du vaste domaine de l’univers dans
lequel l’homme n’est qu’un infime grain de poussière
égaré.
Le temps du voyage dans l’impossible
Nous finirons évidemment
ces exemples par celui du voyage dans le temps, si cher à de nombreux
visionnaires en la matière qui remplirent les rayons de si nombreuses
collections d’ouvrages de Science fiction du type ‘Fleuve
noir’, collection célèbre par son emblème ‘à
la fusée’ bien connu des amateurs avertis. Combien de machines
à parcourir le temps, ou de fractures accidentelles dans les couloirs
temporels, entraînèrent quelques aventuriers dans d’incroyables
odyssées, pour notre plus grand plaisir ?! A propos de possibles
investigations dans une dimension qui, pour certains savants de renommée,
n’existe pas, nos fidèles adhérents purent voir la
réalité d’une petite machine à remonter le
temps grâce à la vision de la maquette d’un prêtre
du Razès… que n’aurait pas pu dénigrer St Dominique
en terme d’hérésie… tout comme ils peuvent suivre,
chaque 1er mai, l’expérience ‘Chronodrome’ de
notre ami Pascal Guillaume, près du plateau d’Opoul, dans
les Pyrénées Orientales, et qui s’inscrit dans la
perspective d’un voyage temporel à la fois dans l’avenir
mais surtout formellement dans le passé.
Il ne saurait être question d’un thème de cette richesse
sans rendre hommage à Jules Verne, si cher aux inconditionnels
de Rennes-le-Château et de la montagne maudite de Bugarach. Cet
écrivain visionnaire qui proposait de formidables aventures, paraît-il
pour adolescents, entraînait tambour battant ses lecteurs haletants
au gré de contrées extraordinaires au centre de la Terre,
ou à bord de machines toutes plus imaginatives les unes que les
autres… qui de nos jours nous semblent tellement désuètes
et dépassées. Jules Verne fut-il un précurseur des
technologies de l’impossible ? Se donna-t-il une ‘mission
éducative’ pour un public qui s’avérerait fasciné
de progrès scientifiques ou tout simplement fut-il un initié
mandaté pour nous habituer à l’incroyable ? Qui peut
le dire…
Hier était la science fiction
Toujours est-il que le fantastique des contrées de l’inconcevable
ne date pas de nos jours, bien que certains prétendent la science
fiction acquérant sa vitesse de croisière avec Hugo Gernsback
(1884-1967) qui aurait lancé le premier magazine de fiction, ‘Amazing
Stories’, en 1926 et qui serait le père du terme ‘scientifiction’
pour arriver définitivement, en 1923, à celui de science
fiction…
Hugo
Gernsback
Non, bien évidemment car cette primeur remonte à nos lointains
ancêtres de l’Antiquité qui voyaient d’étranges
‘chars de feu’ emportant des créatures… que la
Bible nous décrira comme des anges… puis on songera à
une échelle rendant facile le voyage des nuées à
la terre et retour, avec un certain Jacob comme guide. Plus tard, bien
plus tard, un autre Jacobs -Edgard P. de son prénom- s’illustrera
dans ce domaine sous forme de B.D. montrant un ‘chronoscaphe’
capable des mêmes transports toujours aussi inquiétants.
Des siècles avant la lettre, les écrits sacrés, toutes
traditions confondues, sont d’insondables mines en matière
d’inconcevable, avec des hordes de rois Gilgamesh courant les mondes
à la recherche d’une immortalité difficile…
de lumineux héros ouvrant les flots devant leur peuple… des
mondes qui s’engloutissent pour avoir trop voulu dominer…
de lourds vaisseaux construits à la hâte pour sauver toutes
les races animales d’un monde face aux assauts dévastateurs
du divin déchaînement des flots vengeurs… des nourritures
venues du ciel en forme de manne plus ou moins céleste, alors que
d’autres anges venus des mêmes confins de l’univers
viennent succomber aux charmes des ancestrales mères de l’humanité…
Et tant d’innombrables autres récits bibliques que notre
Très Sainte Mère l’Eglise approuve tout en refusant,
néanmoins, à un quelconque Galilée du XVIe siècle
d’affirmer que notre globe tourne autour du soleil… comme
s’il était important et urgent de mettre des limites à
la censure en matière de science fiction… à l’usage
des fidèles crédules ou trop naïfs… il était
temps tout de même ! Toutefois, un petit peu plus tard, monsieur
Voltaire, en 1752, s’essaie à nous montrer un monde imaginaire
qui serait celui de la non raison sous le titre prometteur de ‘Micromégas’…
mais le monde en lui-même est-il vraiment raisonnable en terme scientifique
? Au 17e siècle, ce sera le tour d’Hercule Savinien Cyrano
qui tentera d’entretenir son public des ‘Empires de la Lune’
en montrant, entre autres, que le néant peut se concevoir comme
un vent ou de l’air… Et la liste reste longue depuis que l’humain
réveilla ou éveilla le sens de son aptitude à débrider
ses chimères, ses craintes et espoirs.
… et l’arrivée d’André-Jean Balbi, auteur
de science fiction
Et nous voici à
cet instant présent où la science fiction est devenue monnaie
courante. Cependant, il faut encore une fois remonter le temps jusqu’à
ce 14 février 1972. Ce jour là se déroule près
de St Pierreville, en Ardèche, un phénomène lumineux
que relatent les journaux. Pour des raisons personnelles, nous avions
déjà un grand intérêt pour cette région
des hauts plateaux ardéchois. Cependant, l’événement
nous rapprochait de la mairie de la commune et nous faisions plus ample
connaissance avec un chercheur hors pair qui nous permit d’en savoir
beaucoup plus sur le phénomène et certaines de ses dérives.
A cette occasion, un lien plus étroit s’est tissé
et André Jean Balbi nous offrit un livre qui bouleversa notre intérêt
pour l’insolite et précisément sur ses manifestations
tangibles dans notre environnement. Cet ouvrage, ‘Les clés
de la cinquième dimension’, devenait pour nous une bible
en matière d’inexpliqué réduit en une approche
enfin perceptible. Notons tout de suite que, selon la coutume si cher
à notre pays et sa médiatisation, ce travail resta dans
l’ombre et nous nous sommes toujours demandé si cette mesure
ne fut pas, en fin de compte, une mise à l’écart d’éléments
pouvant un jour ou l’autre défrayer trop vivement le milieu
pantouflard de la recherche. Le temps s’est écoulé
depuis cette époque et notre contact s’est distendu au fil
des événements familiaux de chacun. Cependant, de temps
à autre, nous savions la sortie d’un autre ouvrage d’A.J.
Balbi ou, mieux encore, un téléfilm produit depuis son ouvrage
‘le village au bout du chemin’.
Puis, le contact s’est rétabli ces derniers mois au fil
des colonnes de France Secret, en s’intensifiant au point qu’une
recherche commune et étroite s’est mise en place nous permettant
d’envisager différentes activités dès l’année
prochaine. En attendant, nous décidions d’ouvrir sur notre
site France-Secret une rubrique ‘Science Fiction’ qui serait
dirigée par André-Jean Balbi, devenu maître en la
matière.
Un acte de naissance
C’est donc avec un immense plaisir qu’en forme de faire-part
de naissance nous informons nos lecteurs que s’ouvre à présent
cette nouvelle activité qui manquait cruellement à notre
registre. Ainsi, seront présentés dans ce chapitre différents
aspects pouvant aller des nouveautés en matière littéraire
et divers jusqu’à l’annonce d’activités
telles que des salons ou autres manifestations publiques, sans oublier
évidemment des réflexions et réactions face à
des événements ponctuels ou de circonstances médiatiques.
André-Jean Bonelli (signant du pseudo André-Jean Balbi),
médecin, écrit des romans où se mêlent aventure,
Science-fiction et fantastique. Ses récits plongent leurs racines
dans les grands problèmes de société. Utilisant l’imaginaire,
il nous fait voyager dans un univers d’irréalité qui,
au-delà du récit, pousse à réfléchir
sur le devenir de l’humanité.
Inclassable dans une catégorie spécifique, ses romans ont
en commun un chemin initiatique vers un avenir foncièrement meilleur…
une sorte de chant d’amour qui dévoile toujours un coin de
ciel bleu.
A la propre présentation de notre ami, il nous semble indispensable
d’ajouter également la liste des ouvrages de celui qui prend
à présent cette charge sur nos colonnes. Si certains, comme
‘les clés de la cinquième dimension’ (Kénogami
: Editions Hélios, 1974) sont désormais du domaine ‘collector’
et recherchés à juste titre pour leur contenu, d’autres
restent encore disponibles :
- ‘Le village au bout du chemin’. 1976 – collection
Vivarais Vivant. épuisé.
- ‘La maison dans la burle’. épuisé.
- ‘Les clefs de la cinquième dimension’. épuisé.
- ‘Un pont d’érable’. épuisé.
- ‘Loona’ – édition de 2007 sur l’ancienne
de 2001 parue sous le titre ‘Loona. Autrefois le ciel était
bleu’. Les deux parutions aux éditions Publibook, Paris.
- ‘La Lotophage’. 2001. Editions Publibook.
- ‘Le testament du désert’. 2005. Editions Anima Corsa.
-‘ La Mazzera’. Editions Anima Corsa.
- ‘SAINT JULES’. Editions Anima Corsa.
- ‘Les passagères de l’albatros’. 2006. Editions
Anima Corsa.
- ‘Chroniques des mondes imaginaires’. 2007. Editions Anima
Corsa.
- ‘Planète de cristal’. 2007. Edilivre.
On se procure ces ouvrages, indispensables à chaque amateur de
SF, par le net depuis les sites personnels de
l’auteur. Le premier article d’A.J. Bonnelli, parmi nous
dans les colonnes de nos Carnets Secrets
n° 9, est écrit sous le titre « Mu englouti, entre
mythe et réalité ».
Avant de lui passer définitivement la parole pour ce nouveau
chapitre, nous ne pouvons résister à présenter cette
phrase que notre auteur met dans la bouche d’un de ses personnages,
une définition utopique de la mort : « La mort idéale
serait de s’éveiller dans son rêve… ».
La mort en effet est souvent au rendez-vous des ouvrages de science fiction
dans lesquels elle est omniprésente tout en sous-entendant son
indispensable dualité qu’est la vie sans laquelle la Camarde
ne peut exister… A propos de cette indestructible vie qu’on
retrouve en filigrane d’espoir dans l’ensemble des œuvres
de SF, nous laisserons le dernier mot à René Barjavel affirmant
que : « La science-fiction, ce n’est pas un genre littéraire,
c’est tous les genres, c’est le lyrisme, la satyre, l’analyse,
la morale, la métaphysique, l’épopée. Ce sont
toutes les activités de l’esprit humain en action dans les
horizons sans limites. C’est en ce moment la seule littérature
vivante du monde entier ». C’est face à cet infini
territoire de l’imaginaire que nous confions maintenant le champ
d’investigation à notre ami…
|