
De Rennes-le-Château au Pilat
Il
y a dans l’église de Rennes-le-Château, un message
bien en vue, un message que Bérenger Saunière a signalé
à notre attention en y travaillant lui-même, puisqu’il
serait l’auteur, dit-on, des peintures qui le décorent. Le
lecteur aura compris que nous voulons parler de la représentation
de Marie-Madeleine placée sur le devant de l’autel, dans
l’axe de l’allée centrale.
“per magdalenae lacrymas”
C’est une représentation traitée
en bas relief, Marie Madeleine est agenouillée, mains croisées,
au pied d’une croix rustique, composée de deux rameaux de
bois vert, mal ébranchés, liés par un noeud. Une
grotte sombre sert de cadre à cette scène. Il s’agit
d’une représentation classique de la sainte. La grotte est
celle où elle vint finir ses jours, si l’on en croit la légende,
à la Sainte-Baume.
Les autres éléments sont aussi les attributs habituels de
Sainte Marie Madeleine: le livre est l’évangile dont elle
médite l’enseignement, le crâne pourrait être
celui de Jacques le Majeur, l’une des reliques apportées
de Palestine par les “Saintes Maries de la mer”. Traditionnellement
ce crâne à le faciès d’un homme du “magdalénien”.
Toutes les représentations de Marie-Madeleine sont à peu
près identiques.
Concernant Rennes-le-Château, il y a encore dans l’église
une statue de la sainte qui reprend les mêmes attributs: croix de
bois vert mal ébranché, crâne humain, vase, et livre
ouvert ...
La
région du Pilat
Avant d’aborder le message caché dans le bas-relief, il nous
faut essayer de nous mettre à la place de Béranger Saunière
au moment de la mise à jour de son “secret”: quelles
pistes s’offraient à lui, et où le conduisaient-elles?
Nous savons que notre curé ne resta pas centré sur Rennes-le-Château
mais voyagea beaucoup... Il avait donc sûrement plusieurs filons
à explorer...
Autant le dire tout de suite; deux pistes nous ont conduit dans une région
montagneuse du Massif Central, le Mont Pilat. Ce secteur constitue la
pointe nord-est de la chaîne des Cévennes, il est bordé
par le Rhône à l’est, et par le Gier au nord, avec
un point culminant à 1434m. C’est une frontière naturelle
et géographique, limite à l’époque romaine
entre trois provinces: l’Aquitaine, la Lugdunaise, et la Narbonnaise.
C’est aussi un carrefour où se côtoyèrent plusieurs
influences, tant au niveau linguistique (limite entre les parlers d’Oc,
d’Oil, et Franco-Provençal), que cultuel ou architectural.
Razès
et Pilat
Et,
enfin, si le Pilat parait bien loin de Rennes-leChâteau, cette montagne
marquait encore la limite territoriale du Languedoc, auquel appartient
le Razès. Jadis, c’était la même province. Et
tout comme le Razès, le Pilat était autrefois sauvage et
désertique; on y trouve justement plusieurs lieux-dits “les
Razes” ou “le Raza”, dont l’étymologie
est identique à celle du Razès: terre “rase”,
désertique... Pays de légendes aussi, le Pilat possède
de multiples traces de son passé, de l’époque mégalithique,
ou du Moyen-âge qui le vit occupé par les châteaux
forts des familles nobles ou par les monastères des ordres religieux.
Le Pilat qui possédait des vallées particulièrement
reculées vit l’une d’elles servir de cadre à
l’implantation d’une chartreuse, Sainte-Croix-en-Jarez, dont
nous aurons à reparler...
Et puis il ne faut pas oublier que la Tradition explique que l’origine
du mot Pilat vient du fait que Ponce Pilate, rongé de remord, cantonné
à Vienne (?) “aurait cherché le pardon” dans
le massif du Pilat... et on est en droit de se demander pourquoi justement
en ce lieu? Pour les uns il s’y serait suicidé en se précipitant
dans le gouffre de la source du Gier. Pour d’autre il y aurait trouvé
“expiations” et aurait poursuivi son chemin jusqu’au
Pilat... en Suisse!
Comment sommes-nous arrivés jusqu’au Pilat? Nous devons avouer
que nous en avions une forte connaissance préalable, et que depuis
longtemps nous avions été saisis par la similitude existant
entre le tableau ornant une chapelle du Pilat et le bas-relief de la Madeleine
à Rennes-le-Château. Restait à trouver le lien, si
lien il y avait, entre les deux... Quels éléments auraient
attirés Bérenger Saunière en ces lieux, Quelles pistes
aurait-il suivi? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de
répondre maintenant.
La
piste des ours
Nous partirons d’une première hypothèse: le “secret
de Rennes-le-Château” est lié à Marie-Madeleine,
dont Bérenger Saunière aurait découvert le refuge.
Le prêtre qu’était Saunière connaissait forcément
la vie des saints et leurs lieux de pèlerinage. Il savait que des
reliques de Sainte Marie-Madeleine étaient vénérées
en Bourgogne à l’abbaye de Vézelay.
Nous partirons du principe que le refuge renfermait aussi certaines “informations”.
Saunière pouvait espérer trouver d’autres parcelles
du “secret” en suivant la trace du comte Girard de Roussillon.
Bref rappel: c’est ce personnage qui installa au Vézelay
les reliques “d’une” Marie-Madeleine, qui ne pouvait
pas venir de la Sainte-Baume mais plutôt d’un refuge dans
les Corbières...
Les
de Roussillon
Qui était Girard de Roussillon? Comte de Barcelone, de Narbonne,
de Gascogne, d’Auvergne, de Provence, puis de Bourgogne, il est
originaire du Languedoc et ses exploits valeureux en firent le héros
de plusieurs “chansons de gestes”. Tous les noms de lieux
“Roussillon” dérivent non pas d’une particularité
géographique ou géologique “rousse”, mais d’un
nom d’homme ou de famille. La province du Roussillon doit son nom
à la ville morte de Ruscino, qui elle-même dérive
du nom de ses fondateurs Roussillon, ou Russéolus, déformation
du nom primitif Urséolus ou Ursus (ours en latin).
Ursus, dernier nom de la généalogie mérovingienne,
hélas trop douteuse des “parchemins” de l’affaire
de Rennes-le-Château...
La famille de Roussillon se disait “fille de la lune”, tout
comme les Mérovingiens se prétendaient “fils des étoiles”...
Mais n’oublions pas que la déesse lunaire Artémis,
souvent accompagnée d’un ours, se confond avec Marie-Madeleine
qui vécut “comme un ours” dans une grotte désignée
par une étoile. En extrapolant, “fille de la lune”
pourrait devenir “fille de Marie-Madeleine”...
Gérard
de Roussillon
Gérard de Roussillon s'oppose, en 870, à Charles le Chauve.
Acculé par son armé, il quitte la ville de Vienne (Isère)
et se réfugie en une forteresse proche, probablement dans le Pilat.
Mais il finit par se rendre... Le roi le laisse partir en exil... Fin
de la chanson.
Au XIe S. les Roussillon réapparaissent sur leurs terres du Pilat.
Détail curieux: ils entretiennent le culte de Marie-Madeleine et
une chapelle Sainte-Madeleine qui appartenait à leur fief de Châteauneuf,
près de Rive-de-Gier, possédait les reliques de Saint Lazare,
le frère de Marie-Madeleine ressuscité par Jésus,
qui aurait débarqué en même temps qu’elles.
Par quelle suite de “hasards” ses reliques arrivèrent-elles
dans le Pilat?
Béatrix
et Marie-Madeleine
Au XIIIe S. leur descendant Guillaume de Roussillon meurt aux croisades.
Il lègue à sa veuve Béatrix le manoir de Châteauneuf.
Elle y mène une vie de prière, et voit une nuit, en songe,
une croix de lumière entourée d’étoiles. C’est
le début d’un récit merveilleux. Dès le lendemain
matin Béatrix part à cheval avec sa suite à travers
la montagne. La vision se manifeste à nouveau, mais réellement:
une croix entourée d’étoile, dont l’une plus
grosse et plus brillante. Guidée comme Marie-Madeleine par cette
étoile, Béatrix de Roussillon arrive en un lieu où
elle fondera la Chartreuse de Sainte-Croix-en-Jarez. Elle obtient le privilège
d’y finir ses jours, cloîtrée dans un petit appartement
attenant à la chartreuse, et ne communicant avec celle-ci que par
une étroite archère lui permettant seulement d’entendre,
sans les voir, les offices religieux. Tout comme Marie-Madeleine, vit
seule et mène une vie d’ermite. Plusieurs fois par jour des
anges ravissaient Marie-Madeleine et lui faisaient entendre un concert
céleste de même plusieurs fois par jour Béatrix peut
entendre le chant des pères chartreux, lors des nombreux offices
quotidiens! La comparaison, troublante, révèle le culte
que Béatrix devait à la Madeleine.
Une
croix de bois vert
Si
Bérenger Saunière a suivi la piste des Roussillon, la “piste
des ours”, il a du pour cela étudier la généalogie
de cette famille et descendre jusqu’à Béatrix, ce
qui a pu l’amener tout droit à Sainte-Croix-en-Jarez... Dans
l’ancienne chartreuse furent découvertes en 1896 des peintures
murales du XIVe S., dont un “crucifiement” qui présente
la singularité de montrer Jésus en croix... de bois vert
mal ébranché! C’est à notre connaissance le
seul exemple de cette scène où la croix n’est pas
un bois de charpente. On peut voir aussi sur la même peinture Marie
s’évanouissant de douleur dans les bras des “Saintes
Femmes”, à savoir Marthe et Marie Madeleine, laquelle jette
un dernier regard empli d’amour et de désespoir en direction
de Jésus. Au pied de la croix un vase recueille le sang du Christ.
De l’autre coté l’apôtre Jean tient un livre...
fermé. Un tableau peut en cacher un autre: si on isole tous ces
éléments, il ne reste plus que Marie-Madeleine, une croix
de bois vert mal ébranché, un vase, un livre, soit la représentation
classique de la sainte. Il ne manque que le crâne, invisible mais
pourtant présent puisque le calvaire fut planté sur le Golgotha
ou “mont du crâne”...
Un
rare symbole
C’est
en 1896 aussi que Saunière restaure son église et y place
deux représentations de Madeleine, avec la même croix de
bois vert... Hasard? Mais il place aussi à l’entrée
de l’église deux formules latines ‘in hoc signo vinces”
(par ce signe tu vaincras) et “lumen in coelo” (lumière
dans le ciel. La première s’applique à l’empereur
Constantin, qui vit apparaître une croix lumineuse, la seconde au
pape Léon XIII, dont le blason s’orne d’une étoile.
ou allusion à la vision de Béatrix de Roussillon?
Guillaume de Roussillon laissa t’il à la garde de son épouse
des “éléments” concernant Marie-Madeleine? Celle-ci
légua t-elle ce “dépôt” aux chartreux
de Sainte-Croix, qui l’auraient signalé par de curieux détails
dans les peintures murales? Au XVIIe S. intervient dans l’histoire
du monastère un prieur énigmatique: Dom Polycarpe de la
Rivière... Enigmatique car on ignore tout de ses origines, bien
qu’il se dise natif de Velay, et on ignore tout de sa “fin”
puisqu’il disparaît mystérieusement lors d’une
cure dans le secteur de Ballaruc... près de Montpellier. C’est
du moins dans cette région que l’on perd sa trace.
Origine
royale et religieuse
Erudit,
auteur de nombreux ouvrages, il entreprend à Sainte-Croix de vaste
travaux et met, semble t’il, à jour un dépôt
plus spirituel que matériel. Il est ensuite nommé prieur
de la chartreuse de Bordeaux, puis de Bompas en Provence près d’Avignon.
C’est là qu’il commence la rédaction d’un
vaste ouvrage sur l’histoire de l’Eglise dans la région
d’Avignon, comprenant le diocèse d’Aix-en-provence
dont dépend... la Sainte-Baume. L’ouvrage sera interdit par
le Vatican... Dom Polycarpe possède-t-il des sources d’information
particulières sur Marie-madeleine? On sait qu’il écrivit
un livre formidable sur Marie Madeleine et les sept dormants d’Ephèse.
Il précise que cet ouvrage contient des informations inédites
sur la fin de Marie-Madeleine ainsi que sur d’autres aspects de
ce culte et ses dérivés. Cet écrit est pratiquement
introuvable aujourd’hui... sauf dans une collection privée
de la région du Roussillon... C’est encore Polycarpe qui
assura qu’Avignon avait été fondée par saint
Ruf, premier évêque de Tortosa (Espagne). Or cet évêque
se nommait en réalité... Ursus! La lettre “S”
s’écrivait jadis d’un façon presque identique
à la lettre “F”, RUF pourrait signifier RUS. Est-ce
un “jeu de mots” de Polycarpe pour signifier le passage de
URSUS à RUS... première syllabe de Russeolus ou de Ruscino?
La
société des anges
Polycarpe
de la Rivière appartenait (deux écrits restent dans ses
archives) probablement à la “Société des Anges”
ou “Société Angélique”, à laquelle
était également affilié, et en même temps,
Nicolas Poussin... Deux siècles plus tard, on retrouve cette société
en filigrane dans l’affaire de Rennes-le-Château! On sait
aussi de source sûre que Polycarpe correspondait avec une confrérie
Gouliarde, donc il ne pouvait être qu’habitué à
manipuler la “Langue des Oiseaux”... dite “des initiés”!
L’abbé Gélis, de Coustaussa, village situé
face à Rennes-le-Château, au courant sûrement de certains
secrets, est assassiné; on ne retrouvera jamais le coupable mais
seulement, en guise de signature, l’inscription “Viva Angélina”.
Sa tombe, tournée vers Rennes-le-Château, s’orne d’une
rose stylisée ayant une croix en son centre.
Face au Pilat est le village de Saint-Andéol-le-Château,
où les Chartreux de sainte-Croix avaient quelques possessions:
on y retrouve un symbole identique, sur une tombe anonyme du cimetière...
on sait aussi qu’un écrivain du nom de S. U. ZANNE vint y
écrire un étrange manuscrit sur... les anges! Cet écrit
est aujourd’hui, curieusement, pratiquement introuvable et sans
dépôt légal. Un exemplaire existait de manière
formelle dans la même bibliothèque que les travaux de Polycarpe.
Si la “Société Angélique” a suivi, mais
dans l’autre sens, la piste des Roussillon, c’est peut-être
ce qui l’a conduite dan le Razès...
Ajoutons que l’un des nombreux manuscrits de Polycarpe de la Rivière
parle d’un mystérieux trésor et conclue par cette
phrase en guise d’avertissement: “Rendez au Roy Denys le Thrésor
d’or que vous avez trové”. “Rendez au roi”
se dit, en latin, “Reddis Regis”...
La
piste des loups
Deuxième
hypothèse: le “secret” est lié à la généalogie
des Mérovingiens (les deux théories ne sont d’ailleurs
pas incompatibles). Le problème du fameux “troisième
parchemin” n’est toujours pas résolu, et ne le sera
sûrement jamais: tout est-il faux, ou Bérenger Saunière
a-t-il vraiement découvert une généalogie mérovingienne,
mais différente de la généalogie “romanesque”?
Si nous évoquons la charte d’Aaon qui reconnaissait une origine
mérovingienne à plusieurs familles. Parmi celle-ci était
la famille LUPPE qui prétendait, documents à l’appui,
être du sang de Mérové lui-même.
Notons cette remarque en aparté: L’Eglise connaît un
saint Ours et un saint Loup, ce dernier succédant au premier à
l’évêché de Troyes. Si le prénom Loup
est toujours à la mode -on connaît plusieurs Jean-loup- personne
ne se prénomme Ours!
Si bérenger Saunière s’intéressait à
la descendance des Mérovingiens, il n’a pas manqué
de chercher ces “Luppé”. Les autres famille (les Montesquiou,
les Gallard, les Comminges, les Gramont) sont connues et répertoriées
dans “l’armorial des principales maisons du royaume”,
il n’en est pas de même pour les Luppé. Or il n’y
a que deux lieux portant ce nom en France: Lupé dans le Gers, et
Lupé... dans le Pilat! Et le château de ce village fut bien
la demeure d’une famille du même nom... (dans Luppé
le doublement du P n’est qu’une “variante intensive”
de Lupé).
Une
étrange maison oubliée
Laissons
maintenant Pélussin et suivons le sentier.
Après avoir passé la “Pierre des Morts” nous
parvenons au hameau de Champailler. Ici le temps semble s’être
arrêté: silence et pierres.
Le promeneur non averti fera une courte halte, près de la fontaine
sortant d’une grosse bâtisse, et puis poursuivra son cheminement.
Nous allons y regarder ce qui est caché.
Il s’agit là d’une ferme conséquente au milieu
du hameau, probablement la plus ancienne. Un e source est captée
à l’intérieur et ressort dans un “bachat”
à l’extérieur. Outre cette curiosité fort utile
et pratique, plusieurs détails méritent notre attention.
- La façade côté chemin est ornée de plusieurs
ouvertures moulurées de style gothique. Sur le tableau de fenêtre
on distingue une sculpture étrange. Il s’agit d’une
pierre vaguement carrée sur laquelle se détache une figure
à cinq côtés, un pentagramme. A l’intérieur
trois formes:
- ”L’axe” de cette scène est constitué
par une silhouette à la fois anthropomorphe et cruciforme.
- Sous les deux bras de cette “crucifixion” deux êtres
plus petits équilibrent l’ensemble.
- Celui de droite, agenouillé, en attitude suppliante ou de prière,
mains et bras tendus touchant cette crois antropoïde; le trait ample
de son vêtement pourrait vouloir symboliser une femme.
- Le personnage de gauche, mains sur les hanches, l’air “suffisant”,
ne touche pas la croix. Les traits qui entourent son dos dessinent indiscutablement...
des ailes d’ange.
Ce
qui est caché
Mais
le plus curieux est encore à l’intérieur du bâtiment.
Une fois dedans se trouvent, à peine à deux mètres,
les murs d’une autre construction extrêmement ancienne. Comme
une sorte d’étui ou de cocon dont la seule mission serait
de défier le temps et la vue du passant.
Au sud-ouest dans cette deuxième muraille, une ouverture de porte
murée. L’encadrement de cette dernière, d’un
très pur style gothique est visiblement d’époque.
La base des moulures commence sur d’étranges dessins: triangles
complets ou tronqués aux sommets, puis des segments de courbes
superposés. Le somment de l’encadrement d’ouverture
se termine sur une croix potencée... désaxée ostensiblement
de 7 à 8 degrés.
Au dessous se trouve ce que l’on pourrait, de prime abord, prendre
pour une fleur de lys stylisée est en vérité... un
fer de pique “GARDIAN”, tel qu’on peut le voir sur l’emblème
de la Camargue!
Chemin
d’un autre temps
Après
cette halte, le chemin grimpe vers les sommets à travers une belle
forêt de montagne. es lieux alentours sont à retenir: “Le
Purgatoire”, “Le Paradis”, “L’Hermite”,
“L’enfer”...
Une chapelle se présente, elle est dédiée à
St Antoine l’Ermite. A l’intérieur une statut du saint
est, là encore, identique à celle de Rennes-le-Château.
Evidemment toutes les statues d’un même saint sont à
peu près identiques. Le plus étonnant est de retrouver les
mêmes saints à la fois dans l’église de Rennes-le-Château,
et sur cette piste du Pilat. Grimpant toujours, le chemin prend le temps
d’un détour par deux petits hameaux hors du temps, puis repart
en direction des sommets. A ce niveau il possède encore son pavage
d’origine. On atteint enfin la “Trève du Loup”.
Dans cette solitude désertique seulement troublée par le
gargouillis des sources, s’élève une deuxième
chapelle solitaire. C’est la fin du chemin, sans autre issue, fortement
défendu par la maison de Champailler. L’ultime but de notre
piste semble aussi modeste et rustique que l’est en force et soins
la maison de défense de Champailler! A raison on se demande vraiment
ce qui pouvait motiver un pareil luxe de sûreté pour un aussi
pauvre endroit sans style ni vraie valeur religieuse... Cette chapelle,
en forme de petite grange du Pilat est pourtant dédiée à
Sainte Marie Madeleine! A l’intérieur un simple tableau en
est le seul ornement: c’est une nouvelle représentation classique
de Marie-Madeleine, mais la ressemblance avec le bas-relief de Rennes-le-Château
est saisissante!
Pillages
Si
Bérenger Saunière a suivi la piste des Lupé, la “piste
des loups”, il est arrivé jusqu’à cette chapelle
et a pu se servir de son tableau comme modèle pour le bas-relief
de Rennes-le-Château... comme modèle, et comme clé
de cryptage. Il y eut quelques exactions commises dans cette petite chapelle:
plusieurs fois des “vandales” s’introduirent en défonçant
la porte. Etranges pillards qui se contentèrent de ne prendre que
certains ex-votos... ou vielles pierres entreposées ici sans la
moindre valeur. Voleurs sans connaissance ou... “amateurs averti”?
Avant d’aller plus avant précisons qu’à partir
du moment ou nous effectuions un relevé complet et très
précis de tout ceci, les vestiges de la maisons de Champailler
furent totalement détruits... Si ces actes sont irréversibles
sur le plan du patrimoine général, il s’avèrent
inefficaces sur le plan de la mémoire car nous en avons dressé
des relevés complet ainsi que des dizaines de photographies et
plusieurs films vidéos en présence de témoins irréfutables...
Le
temps des Falatiers
- Au Xe S; la famille de Falatier prend possession des domaines de Lupé.
A ce moment Malleval et Lupé sont sous la même autorité.
C’est à cette époque que le château prend la
forme de base que nous lui connaissons. Certains écrits, dont ceux
de G.M. de Waldan, relate que les tours de ce château avec les tourelles
de l’enceinte secondaire auraient été implantée
selon la projection de la Grande Ourse... avec pour axe principal la Polaire!
Il faut ajouter que le plan du corps seigneurial se présente sous
la forme d’un polygone à 7 côtés!
- Fin de l’an 1274, le Pape, le Roi de France, l’Archevêque
de Lyon et l’Evêque de Vienne séjournent simultanément
à Lupé... On ne sait pourquoi, mais ce genre de réunion
devait demander une solide intendance, et surtout des raisons extrêmement
capitales pour se dérouler dans ce petit et insignifiant château
retirer de tout.
- Guigue de Falatier et ses fils font partie de la dernière vague
de renforts envoyés sur ordre royal aux derniers croisés
retranchés dans St Jean d’Acre... Sous les ordres de Guillaume
de Roussillon, l’époux de Béatrix fondatrice de Ste
Croix. Seul Guigue reviendra de ce désastre suicidaire. Notons
au passage que la mission de cette ultime expédition était
de se mettre sous l’autorité des Chevaliers du Temple...
“pour sauver de l’essentiel ce que peut”. Nous ne savons
toujours pas de quoi était composer cet “essentiel”?
Alliance
avec la maison d’Arques
-
Puis
le domaine de Lupé passe, par alliance aux de Gaste.
un fait très curieux, sous cette famille, mérite que l’on
s’y arrête. Nous sommes à une époque où
la chute du Temple est consommée. Pourtant on peut consulter un
document attestant d’une transaction, passée au Puy en Velay,
entre Guillaume de Gaste et les Templier de Marlhette (la seul maison
du Temple dans le Pilat). Jusque là rien de bien étrange.
Mais si nous précisons que ce document est daté de 1339,
nous pouvons manifester une certaine surprise puisque l’ordre du
Temple est suspendu depuis 1312, date du concile de Vienne... au pied
du Pilat!
- Les de Gaste était également seigneurs de Villars et de
Vauvert. Ils détenaient le droit de haute et basse justice par
faveur royale par le fait d’être seigneurs de Lupé!
- Puis il y a double alliance entre les de Gaste et les de Joyeuse;
1) Anne de Gaste épouse François de Joyeuse.
2) Claude de Gaste (son frère) épouse Françoise de
Joyeuse, tante du cardinal de Joyeuse.
Cette double alliance pourrait être tout à fait ordinaire
si nous ne nous rappelions pas que les de Joyeuse étaient seigneur
d’Arques... Alors pourquoi en plus une double alliance sur le frère
et la soeur de Gaste avec les sires d’Arques... dont les domaines
sont distants de plus de 450 km... et sans aucune chance apparente de
former une extension de territoire ou autre alliance de raison... à
moins, c’est évident, qu’il n’y ait une raison
majeure et impérieuse. Et ce dut être le cas, mais qu’elle
raison?
L’énigme
des Urfe
-
De l’union de Claude de Gaste et de Françoise de Joyeuse
naîtront quatre enfants. L’une d’eux, Marguerite de
Gaste, sera chantée par Anne d’Urfé... qui en était
follement épris.
Les Urfé? Mais qui sont-ils?
Les Urfé doivent leur nom à la dérive des Ulfe et
des Wulff... encore des loup, mais germaniques cette fois!
Honoré d’Urfé écrira “l’Astrée”
dont tant de passage se rattachent aux “loups”, déguisés
ou non, aux Volques Tectosages, à Lycidas, Olympe fille de Lupeandre...
identifiée à Marguerite de Gastes Lupé! Il est certain
à la lecture de l’Astrée et au vue des symboles du
château d’Urfé que nous ne pouvons nier le haut degré
d’initiation des familles d’Urfé et de celles qui fréquentaient
ces lieux.
- 19 décembre 1598, Catherine de Meuillon, dame de Lupé,
épouse Rostaing de la Baume Comte de Suze. C’est elle qui
négociera avec Polycarpe de la Rivière, prieur Chartreux
en place à Ste Croix-en-Jarez, pour le rachat à prix d’or
de “Fief Lacombe”. En vérité sur ce lieu, un
puits de mine aurait été ouvert pour en extraire du plomb...
par des ouvriers hautement qualifiés venus expressément
d’Allemagne! Ces faits sont confirmés par Blumenstein chargé,
sur ordre royal, d’estimer les mines cartusiennes en 1741. Cet expert
minier travaillait au même moment pour les Urfé. La mine
de “Fief Lacombe” s’appelait “Trou du Loup”!
André
Douzet
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