
Le Puy en Velay
Mystères et hermétisme d’une cité Mariale d’exception
UN ANCIEN SANCTUAIRE
Il est pratiquement certain que le site qui deviendra Le Puy-en-Velay est
un des plus anciens, des plus riches et des plus hermétiques sanctuaires
de tout notre pays.
On estime, par l’importance des vestiges antiques retrouvés, que
le lieu devait être destiné à l’usage d’un culte
plus qu’à des destinations de vie sédentaire (au sens large),
de défense ou administrative. Le point “stratégique”
du pays, dans l’Antiquité, était St Paulien (Ruessio) alors
que le Puy, à cette époque Anicium (Mont Anis) n’était,
sur le plan démographique, qu’un gros hameau. Ce ne sera qu’après
les invasions barbares du VIe S. que le Puy deviendra le siège épiscopal
du pays Vellave sous l’impulsion de l’évêque Vosy.
Le premier écrit en ce sens date de 591 (“Locus d’Anicium”
Grégoire de Tours).
AU DEBUT ETAIT LE DOLMEN
Les vestiges mégalithiques ne manquent pas dans le pays du Velay. Dans
ses proches alentours on dénombre pas moins de 116 témoignages
de ces époques... dont deux énigmatiques “tombes de géants”.
Mais, sans doute, le lieu majeur était un dolmen situé sur le
“Rocher d’Anis”. Indiscutablement il s’agissait d’une
construction druidique contenue dans un périmètre païen sacré.
Ce lieu, aménagé sur le point culminant du secteur le “Haut
Rocher Corneille”, jouissant d’une exposition parfaitement visible
des alentours.
De ces époques mégalithiques restent d’autres témoignages
tel le puits aux origines très anciennes que l’on trouvait derrière
l’abside. Au Ve S., lors de la construction de la première église
furent mis à jour les restes d’un important lieu de culte Gaulois,
puis Gallo-Romain. Certaines pierres portant des gravures romaines sont toujours
visibles (enclos de Prévôté): Hercule, chasse et combats
d’animaux...
L’EAU DE L’ERE NOUVELLE
Les
vieux puits romain
Il y eut aussi une petite fontaine, sourdant timidement en surface, tout aussi
antique dont l’emplacement était encore connue au 17e S. sous le
nom de “Fontforte”. On en retrouve des notes dans les écrits
peu connus du fontainier de Monsieur Sauray de St Arhain. Le nom de cette source
serait assimilé aux propriétés étranges d’une
eau tiède et gazeuse surgissant en cet endroit. Le point d’eau
fut condamné soit-disant en raison de « l’humidité
stagnante et malsaine »... mais Sauray mentionne encore que l’eau
augmentait son débit et « bouillonnait légèrement
selon un rythme étrange que certains prenaient pour un cycle lunaire!!
La légende dit qu’elle s’est tarie mais qu’elle devrait
ressurgir et marquer ‘le début d’une nouvelle ère’
». A l’infra-rouge on situe rigoureusement l’ancien appareillage
de sortie de l’eau. Il ne peut donc y avoir confusion avec celle du puits
datant du Moyen-Age auquel se rapporte l’inscription latine « Par
la grâce divine, cette fontaine est pour les malades un remède
suppléant gratuitement les déficiences de l’art d’Hippocrat
»...
LA PIERRE DES FIEVRES
Il est primordial de souligner que la réputation miraculeuse du Puy-en-Velay
provient surtout, à l’origine, d’un dolmen et particulièrement
du plateau de celui-ci.
Certainement le site devait générer, pour les peuples antiques,
une tradition magique à hauts pouvoirs thaumaturgiques. La renommée
du lieu était telle que les premiers évangélisateurs s’y
heurtèrent sévèrement en tentant d’implanter ici
leur religion nouvelle.
La vierge vint alors à la rescousse et voici sous quelle forme: une femme
du pays, victime d’une fièvre maligne implore le secours de Notre-Dame.
Celle-ci lui apparaît dans son sommeil et lui impose de « se faire
porter sur un grand mégalithe, en forme d’autel, se trouvant sur
le rocher d’Anis dans une profonde forêt... et là seulement
je te guérirai! ». A peine posée sur la pierre la dévote
sombre dans un profond sommeil durant lequel la Vierge lui demande « d’aller
dire à St Georges, évangélisateur de la région,
de construire ici une église ». La malade se releva de la roche
totalement guérie et informa le saint homme de l’évènement
miraculeux.
La Vierge, le Cerf, la neige et les roses
Nous sommes en juillet. L’évêque St Georges se rend sur
place. Aussitôt la Vierge lui apparaît, le site se couvre de neige
et un cerf énigmatique trace, de ses empreintes, un tracé qui
définira l’emplacement de l’oratoire marial. St Georges,
suivant l’animal, marque le plan avec des branches mortes d’épineux...
qui aussitôt se transforment en roses merveilleuses.
Les besoins d’une cause hermétique.
Observons que si, pour les besoins de la cause, religion et paganisme font
bon ménage, le choix des symboles émaille le récit de façon
hermétique: la sombre forêt (le règne végétal
aussi domaine des Druides) et le dolmen de basalte (règne minéral),
la guérison grâce à la vierge, le profond sommeil et l’éveil
(l’initiation), l’intervention de St Georges, la neige en juillet
(mois caniculaire: le chien), le cerf (animal sacré) et le premier rectangle
(ou carré doré), les buissons morts et les roses merveilleuses
(symbolisme évident de la rose ‘croissante’)... Ce récit
à lui seul contient tous les ingrédients symboliques des récits
hermétiques, et alchimiques de la Tradition des Hautes Origines...
Va et annonce!!!
Et les miracles se poursuivent au fil du temps.
Deux siècles s’écoulent sur ce site formidable où
s’unissent étrangement paganisme et religion et il n’y a
toujours là qu’un modeste oratoire à la Vierge... et celle-ci
se manifeste de nouveau. Il s’agit, cette fois, d’une femme paralysée
qui, venue de Ceyssac, est déposée sur la pierre sacrée
du dolmen maintenant christianisé. La patiente, là encore, sombre
dans un profond sommeil. Elle se réveille guérie et délivre
un message de la Vierge réitérant sa demande: « Va et annonce
à Vouzi, l’evesque, ce que tu as veu et lui dy qu’en remède
et salut des languissants et des pêcheurs face icy édiffier en
mon nom une maison en lasquelle le siège épiscopal soit translaté
». ‘L’evesque’ en question est Vouzy (et non Vouzi)
et se trouve être le 7ème (???) successeur de Georges...
Très intrigué par ces miracles répétitifs, le saint
homme se rend à Rome pour s’en remettre au Pape. Ce dernier l’invite
fermement à accéder aux ordres de la Vierge, et ratifie sa décision
papale en déléguant, sur place, le sénateur Scutaire qui
est un remarquable architecte roman. On suppose qu’en 493 s’élève
enfin la première église.
La Tradition ajoute que l’édifice fut sanctifié par des
anges qui, en une nuit transférèrent de Rome, de très notables
et très sacrées reliques utiles à consacrer définitivement
le sanctuaire.
LE NOMBRIL, LES OREILLES... ET LA LANGUE DES OISEAUX
La
cathédrale Notre-Dame du Puy
Deux églises se succéderont... A chaque fois elles deviendront
trop petites pour contenir le flot, sans cesse augmentant, des pèlerins.
Si le problème de l’agrandissement se posait, il était hors
de question de déplacer, ou de modifier, le choeur du sanctuaire miraculeux
tracé par la volonté mariale.
Alors les maîtres constructeurs lancent la basilique dans l’espace
en la soutenant par d’énormes pilastres, ancrés sur les
pentes, qui supportent près de la moitié de la basilique. Cette
maîtrise de l’architecture date du retour des croisades, ce qui
peut expliquer, peut-être, l’empreinte de l’art byzantin et
arabe que l’on retrouve souvent dans l’édifice.
Un ancien texte relate que « l’on entre dans la cathédrale
par le nombril et que l’on en ressort par les oreilles... ». Cette
remarque semblerait s’expliquer, sur le plan matériel, par un itinéraire
d’accès pénétrant sous la grande façade où
l’ancien escalier devint une sorte de galerie qui débouchait de
part et d’autre du choeur par deux portes imposantes.
Les degrés des mots
Mais, peut-être, faut-il trouver une autre explication au “second
degré”: Le nombril est le centre et aussi le lien avec l’origine.
Rompu, il devient le témoin de la génération dans laquelle
l’humanité descend. Il est aussi l’ancien “passage”
de l’énergie vitale pour le foetus. Entrer dans le sanctuaire par
le nombril, c’est y accéder par le chemin de l’initié,
par la terre mère, par la chambre de Maîtrise, par l’obscurité
génératrice... par la Matière! En ressortir par les oreilles,
c’est avoir effectué le contact avec le divin, le sacré,
l’universel cosmique... C’est avoir eu connaissance du souffle qui
engendre le Verbe, le Mot, l’initiation Orale, primordiale qui n’a
plus besoin du livre ni de l’écrit... C’est enfin, alors,
avoir “entendu” et “Etre” à présent l’Etre
qui entend et détient “l’Entendement”, à savoir:
la Maîtrise!
Au troisième degrés: l’X!
Au 3ème degré, c’est le jeu du grand “JE” qui
lie le labyrinthe des entrailles, se déroulant selon la loi du jeu de
l’oie, à la méandre de l’entendement seulement franchissable
par l’étrange colimaçon maître du Son.
Ultime “jeu de mot”: le nombril en langue Oiselée est le
“Nombre Il” soit: le Nombre inconnu, celui que l’on ne prononce
ni n’écrit jamais. Nombre Inconnu = Nombre On = X!!! Donc pronom
personnel de la 3ème personne du singulier, c’est à dire
Son. Et par la magie des mots et du verbe l’inconnu devient possessif...
ou ‘possessible’. Mais aller plus loin est une autre histoire. On
peut tout au plus ajouter, sur ce registre, l’inhabituelle présence
d’un très beau St André grandeur nature, en bronze, opposé
à l’axe de la Vierge Noire... sur sa croix en X… comme à
Chartres!!!
UNE STATUETTE, DES ROUAGES, 7 GALETS ET DES VERTEBRES
XVIIIe S.: l’état, devenu inquiétant, de l’édifice
impose d’urgents travaux de consolidation. J.C. Portal, architecte, à
la demande de Mgr Galard Téraube entreprend les actions nécessaires...
Mais de quelle étrange manière...
L’accès souterrain au choeur est obstrué. Il donne à
présent sous le porche pour se diriger à gauche vers le cloître,
à droite vers l’église. Le grand escalier, à présent,
s’achève sous la ‘Porte Dorée’ face à
la célèbre Pierre des Fièvres de basalte noir.
Les travaux de Fontanges, à cette époque, relatent qu’à
cette occasion une sorte de petite galerie “archaïque” fut
mise à jour. L’ouvrier qui s’y aventura n’en revint
jamais... Puis ce fut le tour des abbés Mulley et Casaiyt de tenter la
visite de l’étroit et bas passage. Ils remontèrent assez
vite mais refusèrent d’en dire plus malgré leur grand état
d’agitation. Ce n’est qu’en 1893, qu’un curieux d’archéologie
retrouve la récolte des deux abbés ainsi que le cahier personnel
de Mulley où est relatée l’expédition souterraine:
une petite statuette féminine “à l’enfant” en
un métal “gras, luisant et très lourd”, une série
de 7 galets tracés de signes inconnus, d’étranges rouages
crantés en pierre bleues, noires, très dures et... deux vertèbres
humaines d’une taille démesurée. Les notes de Mulley accompagnées
de croquis reflètent une grande inquiétude mêlée
d’une interrogation qu’il avoue sans réponse. Il ajoute que
l’existence de cette faille était mentionnée, pour l’avoir
consultée, sur un document très ancien détenu par l’évêché.
Le document et les objets existent toujours et sont à présent
la propriété d’un amateur régional... mais discret.
TROIS
NOTRE-DAME DU PUY... OU PLUS!
Le premier pèlerinage avait la Pierre des Fièvres pour objet
de dévotion. Il y eut ensuite le culte à la Vierge sous la forme
d’une statue très ancienne.
La première de toutes
Nous savons qu’elle n’était pas noire, mais de pierre blanche,
et de facture locale du début XIIe S. D’après Maurice Colinon
des médailles pèlerines antérieures au XIIe S. en faisaient
une vierge en majesté, sa main droite tenant une fleur de lis... peut-être
même sans l’enfant sur ses genoux.
La seconde peut-être templière?
On sait que de cette première vierge existait une copie détenue
par les templiers de la commanderie St Barthélemy du Puy. Elle était
d’ailleurs déposée sur leur défense avancée
du bastion de Bourganeuf et prodiguait sa protection divine sur ce rempart difficile
à tenir. L’origine de cette statue est connue: Au cours de la 3ème
croisade (1189-1199) le seigneur du Puy, Raoul de Montgeniez, captif des musulmans,
leur fut racheté par les templiers. C’est en reconnaissance de
ce rachat que les chevaliers du Temple du Puy reçurent cette réplique
commandée par de Montgeniez. Si certains historiens doutent de la présence
des templiers à Bourganeuf... Pourquoi de Montgeniez fit don d’une
réplique à des chevaliers inexistants? En outre on peut, aussi,
se demander si la copie de la vierge noire d’Aurillac n’est pas
celle de l’Ordre??? qui possédait, c’est certain, la commanderie
de Bessamorel à 25 km du Puy!
La
troisième dite “de Saint Louis”...
La première statue fut suivie d’une représentation noire
dont l’origine était incontestablement orientale. De celle-ci,
en 1777 ou 1778, Faujas de Saint-Fond fait un relevé et une description
précise: 72 cm de hauteur, de couleur noire et sculptée dans du
cèdre (on se souviendra que les 2 portes du sanctuaire étaient
en cèdre... et leur décor relevait du style oriental, ainsi que
leur texte couffique « Dieu l’a voulu ainsi »...). Assise
« à la manière de certaines divinités égyptiennes
» elle est vêtue d’un manteau de forme conique « du
goût le plus barbare ». Faujas continue son étude et sous
le manteau, vert-bleu pour le haut, ocre pour le bas, trouve la statue emmaillotée
de bandelettes de « toile de fil ». « L’enfant-Jésus
qui paraît de loin collé sur l’estomac de sa mère
montre sa petite tête noire par une ouverture faite au manteau ».
(L’estomac de la Vierge aurait-il un rapport avec son nombril? Alors nous
aurions une autre relation avec ‘l’entrée par le nombri’”
vue plus avant...) Faujas observe ainsi que la tête de la Vierge n’avait
pas de cheveux ni d’oreilles (sortie du sanctuaire par les oreilles?).
Mais surtout ce qui semble le plus frapper dans ce visage noir de la statue
était « un nez démesurément long et des yeux de verre
forts petits qui lui donnaient un air hagard et étonné qui inspire
la surprise et même l’effroi » La tête était
recouverte de trois coiffes.
Selon la tradition St Louis aurait rapporté de la 7ème croisade
(1254) cette « image noire façonnée par Jérémie
le prophète », offerte par le sultan sur le choix et le conseil
de sa favorite.
Cinq cent quarante ans plus tard...
Le 19 janvier 1794 les révolutionnaires sortent la statue de la cathédrale,
la dépouillent de ses bijoux et, stupidement, la condamnent à
être brûlée.
C’est dans un char de boueux qu’elle ira, le 8 juin, place du Martouret
(Hôtel de Ville). Là, après lui avoir coupé le nez,
un commissaire de la Révolution, jette la statue dans les flammes dévastatrices.
Des témoins rapporteront que les bandelettes brûlèrent avec
d’étranges flammes vertes et, qu’une fois consumées,
elles laissèrent apparaître dans le dos de la vierge une petite
fermeture qui éclata sous l’effet de la chaleur. D’une petite
cavité s’éjecta un petit rouleau de parchemin. Les révolutionnaires
n’autorisèrent pas que fut sauvé l’étrange
document qui fut emporté dans les flammes avec son secret et celui de
l’origine de l’étrange Vierge Noire.
Le soir les cendres furent dispersées afin que personne ne puisse les
utiliser en reliquaires. Mais la tradition affirme que fut trouvé, dans
les restes calcinés, un jaspe couleur de sang et gravé de hiéroglyphes...
Ce dernier aurait été en lieu et place du coeur de la statue noire.
Tradition ou réalité? Réalité, nous affirme la personne
qui le détient avec les restes de la petite ferrure dorsale ainsi qu’un
petite anneau minéral de même origine...
Une quatrième statue...de substitution
« En la place qui lui avait été réservée
dans la construction de l’autel au siècle précéden
»... et en 1844, l’Eglise décide de remplacer la vierge détruite
par une autre ou une copie. Le choix se portera sur celle de l’église
St Maurice, également de teinte sombre, qui sera couronnée, le
8 juin 1956, au nom de Pie IX... le jour anniversaire du bûcher de l’antique
statue isiaque. C’est cette représentation mariale, visitée
par des milliers de pèlerins, qui est honorée lors des processions
du 15 août, et aussi lors des Jubilés du Puy, deux à trois
fois par siècle.
LE JUBILE DU PARDON... ET DE L’ECRASEMENT
Celui du Puy se déroule lorsque le vendredi Saint se trouve le 25 mars,
jour de l’Annonciation... depuis celui de 992, et de manière régulière
depuis 1065. Ce “Grand Pardon” est le 3ème dans le temps
derrière celui de Rome et de Jérusalem. De son origine au dernier
de 1932, ce Jubilé s’est déroulé 29 fois en 9 siècles...
Mais à quel prix!
1407: D’après Juvénal des Ursins 250 personnes ‘esteintes’
(étouffées) pour 200 000 participants.
1502: « Y rendirent leur âme à Dieu plus de cent personne
» raconte Médicis. 4000 confesseurs ne suffirent pas à la
tâche.
1622: Un record d’affluence: 300 000 personnes... aucun décès
par écrasement.
Le Jubilé, depuis le 19e S., dure 12 jours et il n’y eut jamais
moins de 100 000 participants.
Les prochains “Pardons” auront lieu en 2005, 2016 et... 2157!
L’ETRANGE MISSION DE JEANNE D’ARC AU PUY
Jubilé de 1429. Dans le flot anonyme de la foule, cinq pèlerins
méritent notre attention: Bertand de Poulengy, Jean de Metz, tous deux
lieutenants de Jeanne d’Arc. Ils accompagnent Isabelle Romée, mère
de la Pucelle, et ses deux frères.
Isabelle Romée intercédait pour sa fille à l’occasion
du Grand Pardon. A ces instants la Pucelle se présentait au roi et dévoilait
sa divine mission... Curieux hasard! Ce dernier est d’autant plus étrange
et analogique que Notre Dame du Puy est liée au Symbole de l’Annonciation,
de la chasteté, de la pureté! Ce fait est encore amplifié
par le fanion de combat de Jeanne figurant la Vierge en Annonciation à
qui un ange présente un lis... virginal et royal! Mais aussi nous n’oublierons
pas, qu’après avoir été le lieu d’instigation
de la première croisade et d’instauration de la croisade contre
les Albigeois, la ville du Puy, en 1421, fut plus que favorable au roi de France
et au Dauphin... et peut-être révélatrice de l’épopée
de Jeanne d’Arc!
LA VIERGE... TROIS POINTS C’EST TOUT!
La
vierge au manteau et... au trois points
Toujours à propos de la vierge, il sera utile, à l’amateur
éclairé de curiosités hermétiques de s’attarder
dans le musée Crozatier. On y remarque parmi les collections archéologiques
et minéralogiques des chefs d’oeuvres de la peinture... dont la
pièce maîtresse, du XVe S., est la “Vierge au Manteau”.
On peut d’ailleurs se demander d’où lui vient ce titre insolite,
car si l’on observe de plus près cette merveille (1420) il y a
deux détails bien plus intéressants que le manteau qui retiendront
toute notre attention.
La vierge porte, sur son bras gauche, l’Enfant Jésus. C’est
ce dernier que nous observerons. Vêtu d’une longue tunique, il porte
sa main droite au front et semble, peut-être, bénir en tenant ses
doigts d’une bien curieuse façon. En opposition seul le pouce et
l’index de la main gauche sont visibles et tiennent... une longue épine.
Cette dernière est entourée, très nettement de trois gros
points sombres en triangle, bien visibles et insolites dans cette peinture où
rien ne nous prépare à ces détails trop précis pour
être fantaisie ou facétie de l’auteur... Même et surtout
pas le titre. Faut-il voir, ici, un discret rappel de la relique apportée
par St Louis, lors des croisades, à la cathédrale du Puy: une
épine de la vraie couronne d’épine du Christ... aujourd’hui
visible à Notre Dame de St Etienne?... Ou une symbolique plus “constructive”,
“humaniste”, “fraternelle”... accentuée encore
par l’alphabet des signes de la main illustré par toutes les mains
du tableau, montrant ainsi une réelle connaissance ésotérique
à haut degré d’un initié certain!
L’AIGUILHE
DE ST-MICHEL
Origine
C’est au sommet de ce dyke de lave, d’une hauteur avoisinant les
90 mètres, que fut construit un oratoire par Truanus vers 960... Puis
vers 1080, l’édifice devint une grande chapelle, et enfin une église,
avec son clocher, à la fin du XIIe S.
Légendes...
Une légende dit que ce « gigantesque menhir » est en vérité
« la crotte de Gargantua »... ce qui accréditerait qu’il
y ait eu au sommet, bien avant les chrétiens, un culte solaire indéniable
avec probablement un point mégalithique.
On raconte aussi qu’il y a longtemps une jeune fille calomniée,
voulant montrer sa pureté, s’en était remise à St
Michel en se précipitant dans le vide du haut du pic. Elle toucha terre
doucement devant ses juges médusés par ce miracle. Mais par un
excès de confiance, elle réitéra l’expérience...
sans doute lassé, St Michel, cette fois se détourna de l’interessée
qui ne fut pas freinée dans sa chute mortelle. On pouvait trouver, au
début du siècle deux étranges cupules en forme de pieds
“à talons” au bord du vide qui accréditait le récit
légendaire.
1... 3... 5... l’axe décliné
Mais nous voici arrivés au sommet des escaliers accédant à
l’église St Michel d’Aiguilhe. Devant nous l’entrée
ouvrant sur la “Gracieuse Façade” de la fin du XIe S.
Deux
piliers encadrent la porte d’accès. A hauteur des chapiteaux et
de part et d’autre, sont deux bustes de lions... l’un interrogateur
et l’autre dévorateur comme le veut la Tradition.
Le linteau de la porte est décoré de deux sirènes à
buste de femme tenant leur chevelure écartée.
Au-dessus, un demi cercle creux, non orné, ouvre la charge d’arc.
Une frise d’entrelacs supporte à son tour trois autres demi-cercles
garnis de scènes religieuses. Après une frise en arc de 34 carrés
d’égales dualités: 17 blancs, 17 noirs. De la courbe l’architecte
passe ensuite à la droite.
Après trois rangées de frises horizontales, nous passons à
cinq arcades surmontées d’une frise géométrique blanche
(carrés).
Dans l’arcade centrale, un Christ bénissant est entouré
d’anges et de saints. Son vêtement forme un triangle parfait: côté
haut = la tête, côté bas droite = le livre ouvert, côté
bas gauche = la main ouverte bénissante. De part et d’autre du
Christ les archatures sont soutenues par des sortes de mains droites, ouvertes
et montantes.
Le chercheur ne s’y trompera pas face à cette façade du
XIe S. intacte dans ses symboles d’origine: le cheminement de l’esprit
passe du double vertical ouvrant sur l’intérieur... se poursuit
par une montée du 1 au 3 par des demi-cercles... puis le cercle engendre
la droite par des segments horizontaux ouvrant, au nombre de 3, sur le 5 dont
l’axe (3) est occupé par un Christ-triangle que deux mains ouvertes
abritent “au montant”!
Et, si ces déclinaisons n’étaient pas suffisantes, le Maître
constructeur ajoute un cercle parfait: fait d’univers matriciel (rond,
noir et central) engendrant le mouvement créatif (entrelacs en action
et bouclants) dans un carré long, carré royal ou... doré!
Tout y est! Et même l’ultime détail solaire de l’occulus
central qui est désaxé par rapport à la façade.
Il ne s’agit pas là d’une erreur de construction ou d’un
réemploi maladroit, mais bel et bien d’une volonté manifeste
d’un décalage d’ouverture voulu et étudié,
que l’on retrouve dans certaines églises templières, d’un
nombre précis de degrés... correspondant à l’écart
du soleil levant du solstice d’été à celui d’hiver...
(ou à d’autres déclinaisons hors propos ici) sous la juste
main du Christ bénissant l’Entrée-Sortie du sanctuaire dans
la pénombre propice!
LE PUY DES INITIES ET LE MOT DE LA FIN
Est-il utile de préciser
que les évènements du passé de cette ville sont partie
prenante, tenants et aboutissants dans une oeuvre de connaissance à haut
niveau?
Le Puy, dans le mot prononcé en Langue Oiselée, est à part
égale d’eau, terre, profondeur et ténèbre = Puits!
Et air, feu (volcan) et minéral = Puy! En un Mot le Puy est Tradition:
ce qui est en haut est en bas! Le Puy-en-Velay s’ancre en matière
comme en Esprit de Verbe... dans le cosmique universel et le tellurique terrestre!
Le Puy que visitèrent tant de rois, de princes, de papes, de hauts dignitaires
pour y prêcher croisades, pèlerinages, missions!
Le Puy pour y “puiser” le repos de l’âme, de l’action,
de la paix, de la sérénité!
Le Puy puisant ses origines sacrées dans la pierre des druides pour les
transposer au travers des Vierges, des Notre-Dames, des Mariales qu’elles
soient blanches ou noires, révélées dans une seule dualité
et le même Verbe oiselé.
Le puy aux aiguilhes... de pierres qui dressèrent aux cieux des pièces
mégalithiques comme autant d’autels à la gloire de l’univers,
et du culte marial relayé et révélé.
Le Puy aux aiguilhes... que la langue transforme en lancées d’"Ayguières”
d’eaux purificatrices que quelques puits remontent des profondeurs matricielles
aux margelles où elles deviennent Lustrales pour autoriser le rituel
du passage initiatique, de la mort à la vie, qu’est le baptême
devin l’insondable démiurge.
Dernier détour par Rennes-le-Château ?
Alors vraiment à ce moment nous pouvons nous souvenir de ce cri poussé
par l’évêque Vosy à l’instant du tracé
de l’emplacement de la cathédrale « Quam Terribilis est Locus
Iste! » “Ce lieu est terrible”. Nous retiendrons que ce texte
est celui à l’entrée de l’église de Rennes-le-Château…
Mais, qui retiendra que dans le mot “TERRIBLE”... il y a le son
“TERRE” et que déjà l’ESSENCE-CIEL” (l’essentiel)
est dit? Jean Peyrard précise que l’évêque aurait
ajouté « C’est ici la maison de Dieu et la porte du ciel
». Peut-être cette porte s’ouvre-t’elle sur le temps
ou sur... la durée à des moments ponctuels que seuls le sacré
et le Verbe savent nous faire appréhender, reconnaître (au sens
noble) et parfois seulement deviner ou entrevoir... fugitivement! C’est
ce moment de lumière que nous souhaitons aux chercheurs.
André DOUZET
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