
Montsaunès: Analyse esoterique de l'église
Le
plan de base est rigoureux et Mme F . Laborde le résume parfaitement
: "une nef constituée d'un rectangle, sans bas-côtés,
ni chapelles ; elle est divisée en quatre travées. Le chur
est à peine plus étroit que la nef, de forme hémicirculaire
à l'intérieur, à onze pans coupés à l'extérieur.
Une tour placée au nord, à la jonction entre le chevet et la nef,
sert d'accès aux combles." L'édifice est quasiment construit
en briques rouges, hors mis des chaînages, assises et adjonctions nombreuses
dans le chevet et appareillages de tableaux d'ouvertures.
Le but de ce travail n'est pas ici de donner un exposé d'architecture
de l'édifice (d'autres s'en chargent avec succès), mais d'en souligner
certains aspects plus surprenant et, pour une fois, vérifiables sur place.
Le monde historien (en ce qui concerne l'Ordre du Temple) et archéologique
se refuse catégoriquement à constater le moindre détail
pouvant être qualifié 'd'ésotérique'.
A notre connaissance, donc
sous toutes réserves, nous sommes en présence de la seule église
de l'Ordre du Temple à contenir, encore, toute sa décoration picturale
d'origine en état d'être 'lue'. Remarquons que d'autres lieux contiennent
des vestiges de l'art templier remarquables
quoique de moindre superficie
et richesse, ces sites passent eux aussi dans un flou discret, prudent, puis
peu à peu n'apparaissent même plus dans les nouveaux ouvrages
on est plus tranquille ainsi! Concernant Montsaunès ce privilège
rare permet au visiteur attentif de faire un constat écrasant de logique
: si les scènes sont, c'est évident, dans leur ensemble tournées
vers un symbolisme spirituel, elles le sont d'une façon extrêmement
inhabituelle.
Monsieur Laurent Daillez, grand pourfendeur d'ésotérisme templier
contourne pudiquement ce site et reste d'un laconisme léger sur le sujet
D'autres auteurs, de la même eau, ignorent totalement le site
là
au moins pas de risques de commettre d'erreurs! En échange, il faut aussi
reconnaître que trop souvent ce genre de mémoire est galvaudée
et sujet à des élucubrations d'une loufoquerie phénoménale.
Admettons bien qu'alors il vaut mieux se taire que de raconter des sottises
Si l'on veut trouver une littérature conséquente et descriptive
tangible, sur de tels thèmes, il reste heureusement les thèses
historiques de maîtrises, de doctorats de ceux
qui plus tard dénigreront
le constat d'évidence. Il reste alors les discrets et très locaux
organes de liaison de sociétés savantes régionales, dans
lesquelles les érudits locaux font état, modestement et sans prétention,
de ce qu'ils jugent élémentaire de mémoriser pour un demain
de plus en plus hypothétique!
En regardant la voûte
de l'édifice, la vue ne peut tout retenir tant le décor est varié
précis et surprenant. Sur fond blanc de voûte étoilée
se dessinent des symboles chers à l'Ordre: frises de motifs à
damiers, séries de rouelles et rosaces à conjugaisons géométriques
multiples, d'étranges fleurs de lys, représentations solaire et
lunaire.

Dans la première travée (entrée principale), l'axe de voûte
est orné d'une succession géométrique insolite. Dans le
sens d'entrée : une barre horizontale ferme le haut d'une sorte de voûte
'appareillée' de 13 'pavés' blancs dont 3 incomplets, l'arc s'achève
en 2 'pavés' noirs appuyant sur 2 colonnes (1 de part et d'autre) composées
pour une de 12 'pierres', et l'autre de 9 'pierres'. Ces colonnes reposent sur
2 petites figures géométriques à 5 côtés contenant
chacun une volute équilibrée. Dans ce passage s'inscrit une longue
croix (entre croix pattée et de Malte) 'fichée' sur une rouelle
à 6 branches entourées de 9 triangles. Cette dernière figure
encadrée de 2 lances 'hautes' se trouve, comme les colonnes, sur une
volute 'arabesque' à inversion régulière. Le tout se situe
sur un triangle à la base duquel s'inscrit un svastika d'où partent
9 triangles montant à une ultime rouelle de 6 pétales séparant,
en 2, une couronne répartie en 10 compartiments d'un côté,
et 13 de l'autre. L'ensemble de cette lecture se fait dans le sens d'accès
dans la nef, soit: le Temps (horizontale) couvrant ('tuilant') la voûte
aux 2 colonnes (accès) où un chrisme patté droit (et non
pendule de Salomon) s'épanoui, ou se protège. Ce dernier encadré
des lances de l'Ordre s'appuie sur l'énéade circulaire (sans cesse
renouvelée) issue d'une rosace blanche sur fond sombre (dualité),
elle-même sur la pile de 9 triangles commençant sur un svastika
(mouvement du monde) tournoyant du blanc au sombre
de l'ocre rouge sang.
Dualité du 'Baucent', chiffres 9 allant du chiffre de l'exclusion (sortie)
à celui de la fondation de l'ordre (entrée)
le tout dans
un symbolisme solaire gyrant donc revivifier et générateur! Rien
d'ésotérique dans cette représentation??? Notons que cet
ensemble ne saurait avoir un but décoratif car assez peu harmonieux,
équilibré ou à fonction cultuelle évidente à
cet emplacement!
La seconde travée
semble moins structurée que la précédente s'illustrant
sur fond d'étoiles strictement ordonnées et alignées par
des 'cordeaux soulignant la régulière (dans l'Espace cette fois)
mise en place des étoiles
toutes à 8 branches!

Cette seconde partie est inscrite sur fond d'étoiles 'sans ordre', pourrions-nous
dire. Cependant 3 colonnes, en longueur, encadrent ce 'chaos' apparent. Ces
colonnes, en effet, s'illustrent de lignes d'étoiles au cordeau. A gauche
un soleil irradiant, à droite une lune en petit quartier montant. Dans
le désordre stellaire voûté s'alignent strictement 3 X 3
rouelles de diamètres identiques, et 3 autres finales à tracés
différents. A gauche, encore, 8 rouelles toutes différentes s'alignent
en long pour terminer sur une succession 'désorganisée' d'arcs
de cercles
reliée à la rouelle de 8 rayons. A droite, pas
de succession de rouelles. Une longue fleur de lys, une rosace de 6 et des étoiles.
A l'extrémité, une étrange construction géométrique
englobe 2 cercles dont il semble, par effet d'optique, qu'ils contiennent chacun
une figure à 5 branches tournantes. En vérité, cette vision
est formée de 7 branches seulement pour les 2 cercles. Observons que
le 'chaos' étoilé de cette travée est constitué
d'étoiles à 6 et 8 branches. A l'étude, le désordre
apparaît parfaitement orchestré et non le fruit d'une folie fiévreuse
ou du plus pur hasard : une sorte d'univers inconstruit dans lequel s'articulent
des figures géométriques justement crées. Enfin, au bout
de l'axe de la nef s'inscrit un grand triangle. Celui-ci est cloisonné
intérieurement par 20 compartiments contenant tous des 'points' en progressions
régulières: 18 d'une part, et 17 de l'autre. Cet ensemble, sur
cette seconde travée, donne un aspect incohérent
comme l'uvre
d'un peintre déséquilibré, toujours aussi peu décoratif,
artistique ou
religieux. Observons que l'ensemble des décors de
la voûte ne comporte aucun élément religieux
sauf
si on accepte une lecture symbolique et ésotérique de l'ensemble.
En ce cas cette vision découlera d'un seul schéma strictement
réservé à l'usage de l'Ordre du Temple.
De cette 'horizontale' cintrée sur le haut du volume de la nef, passons
aux 'verticales que sont les murs. Le manque de place, ici, nous impose de résumer
rapidement le tympan verticale séparant la nef du chur. Trois ouvertures
hautes donnent de la clarté au vaisseau de pierres. Dans les deux intervalles,
des croix identiques à celle, au plafond, de la première travée.
Sous l'horizontale des ouvertures, peu de décors à gauche sauf
un visage rondelet auréolé ou chevelu. A droite, d'autres rouelles,
rosaces, fleurs de lys ornent les cloisonnements. Nous retiendrons, toutefois,
un empilage triangulaire de 7 traits (soit 6 espaces longilignes et 1 septième
triangulaire à la base) se terminant à gauche par un pentacle
droit lui-même ayant, à gauche, un empilage gigogne de 4 cercles.
A l'opposé, sur
le mur tympan de l'entrée: A gauche du poche, en haut, 2 cloisonnements
encadrent, en bas, une 'Jérusalem Céleste' avec 4 fleurs de lys
'plantée', au-dessus se trouve un chrisme encadré dans un 'tailloir'
de triangles sombres. A droite de cette géométrie un rectangle
subdivisé en 8 horizontaux et 5 verticaux, soit un nombre de 40 carrés
tous tracés d'une diagonale. Dans ce rectangle carrelé en bas
à gauche un carré de 3 comprend 9 carrés tracés
des 2 diagonales. On pourrait trouver dans ce rectangle de carrés la
déclinaison de la proportion idéale dite du 'carré doré',
soit l'usage du célèbre nombre d'or
peu de chercheurs avanceront
la thèse de ce qu'on appelle plus symboliquement le 'carré long'.
Au-dessus de cette figure au trait, un centaure semble chasser avec un arc et
des flèches (une engagée, trois autres en attente). Devant lui,
un chien l'accompagne. Les deux poursuivent une sorte de cervidé peint
de l'autre côté de la grande rosace de lumière. L'ensemble
de cette scène 'vivante' tranche avec la rigueur des décors tracés
géométriquement jusqu'ici, exception faite de la face 'rondelette'
côté chur. Notons encore qu'hors mis les 2 chrismes, rien
n'évoquent franchement un aspect religieux traditionnel et habituel.
Plus bas, toujours sur le même mur de l'entrée, Adam et Eve sont
près d'un arbre ou s'enroule le serpent
Notons encore dans la 1ère arcade nord: un gigantesque 'damier' écrase
un dragon crachant du feu. Au dessous une scène de la pesée des
âmes
2ème travée nord : un enchevêtrement de
figures géométriques laissent distinguer un Christ en majesté,
ou Dieu, entouré d'anges et de personnages. Au dessous une évocation
de l'Enfer. A ce niveau les scènes deviennent à vocation religieuse.
Enfin, sur le bandeau de corniche, se déroule une série de niches
peintes et garnies de grands personnages, des saints en l'occurrence, aussi
des apôtres et des prophètes
dont, chose très rare,
le prophète Balaam ! Maintenant observons un détails, sans doute,
des plus insolites dans ces représentations picturale. En repartant du
chur vers la nef on distingue 4 fois 6 niches 'à personnages',
toujours pour le côté nord. Les 2 premières séries
de 6 contiennent toutes une représentation biblique. La 3ème série,
sur 6 niche n'en a qu'une d'occupée. La 4ème est totalement vide
de personnages
mais! A la 4ème niche on trouve
une créature
sombre, plus petite, semblant courir (opposition aux personnages figés)
tenant une sorte de lance dans sa main droite. De plus avant les restaurations
de 'remise en état' on distinguait nettement qu'il tournait son visage
en arrière et regardait vers le chur. On observait encore qu'il
avait 'fiché' dans la tête, une sorte de coin triangulaire et jaunâtre
Depuis les magistrales restaurations tous les détails sont d'un gris
sombre uniforme. Ce petit personnage se situe sur le dragon écrasé
et le 'jugement des âmes'.
Nous pourrions en rester
à ce stade déjà suffisant. Pourtant nous irons encore un
peu plus loin. L'église de Montsaunès détenait ce qu'il
y a lieu d'appeler une 'Porte des Morts'
D'autres détails sculpturaux
extérieurs, et intérieurs, bien spécifiques à une
vision 'religieuse', 'philosophique', 'spirituelle' hors du commun et propre
à l'Ordre du Temple. Nous y reviendrons certainement plus tard, et actuellement
un travail de 'catalogue ' est pratiquement achevé. La commanderie de
Montsaunès était une partie seulement d'un ensemble local bien
plus important, c'est un aspect qui échappe trop souvent aux chercheurs
et visiteurs
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