Marseille et ses mystères

 


Les Saints marseillais

Il est dit que Marseille est probablement le plus ancien diocèse de France, mais aussi le plus petit. Pourtant Marseille et sa banlieue ne comptent pas moins de 23 quartiers sous le vocable d'un vingtaine de saints patrons et 3 ou 4 Saintes patronnes.
Et tout ceci ne pourrait être que l'extériorisation d'une foi remarquable… somme toute assez banale. Pourtant, si l'on porte une attention plus profonde sur le passé, l'Histoire, mais aussi, et surtout, sur les traditions et le légendaire antique des lieux, bien des surprises énigmatiques nous attendent que nous tenterons de découvrir peu à peu.

Les origines du nom de Marseille

Le nom de Marseille serait la lente déformation de Massalia.
Selon d'autres sources il pourrait s'agir aussi d'une dérive du dieu Mars, mais cette interprétation, à notre avis, est plus improbable.
En vérité, Massalia devrait son nom d'origine aux Massaliotes ou encore au lieu anciennement appelé "Mas des Salyens".
Les Salyens (hommes du sel), tribu ligure, occupèrent le territoire est du Rhône en 600 avant J.C. A cette époque les Phocéens, après avoir consulté favorablement l'oracle d'Artémis d'Ephèse, projettent de coloniser cette région riche en sel et en possibilités commerciales. L'expédition se déroulera sans encombre et sans heurts avec les habitants locaux... Les Phocéens feront du lieu un de leurs plus riches comptoirs.
C'est ainsi qu'ils abordent, n'osant aller plus avant au delà du périple d'Ulysse, à proximité de l'embouchure de l'Eridan, fleuve plus connu aujourd'hui sous le nom de Rhône, vers une crique baptisée "Lacydon" qui deviendra bien plus tard... le Vieux Port!

La terre de Protis et Gyptis

La légende affirme, d'après Justin, que les vaisseaux phocéens, sous l'autorité de Protis, accostent au moment des noces de Gyptis, la fille du chef ligure Nann. Celle-ci selon la tradition doit remettre rituellement, lors du festin en son honneur, une coupe de libation à celui qu'elle choisit pour compagnon. Et, contre toute attente, c'est vers Protis que Gyptis dirige son choix, scellant ainsi la naissance de la colonie massaliote.
Jusqu'en 1945, on ne savait pas vraiment où les navires phocéens abordèrent réellement. A cette date, en dégageant les ruines des quartiers détruits par les allemands en 1943, seront retrouvés d'importants vestiges de ces époques antiques... dont les ruines du plus vieux théâtre de tout l'occident, dit-on.
Le territoire, issue des noces légendaires, se situait du "Lacydon aux marais qui deviendront "La Canebière" et "La Joliette" jusqu'à la butte de St Laurent.
La statue d'Artémis d'Ephèse, sera alors rituellement élevée par la grande prêtresse Aristoche, sur la butte dite "Des Moulins" nommée encore au Moyen-Age "Rocca Barbara", Roche des Barbares... et apportera à cette colonie importante sa protection maternelle et bienveillante.

Un culte remarquable à Artémis

Le culte à Artémis supplanta largement ceux des autres divinités, et prit une ampleur formidable à Massillia. On peut supposer que cette déesse est issue d'un culte extrêmement ancien voué à Opis ou Oupis... Cette dernière étrange divinité, descendue du ciel emprisonnée dans une gaine étroite jusqu'à la tête, aurait échouée dans un bourbier. On imagine qu'ainsi elle deviendra une "matronne" des profondeurs souterraines. Pour certains chercheurs, ce personnage, à peine féminisé à l'origine, n'était pas du tout pourvu d'une multitude de mamelles mais recouverte... d'écailles très larges et plates jusqu'à la taille.

Le culte de l'éternelle mère

Ce n'est que bien plus part qu'Artémis laissera place à un culte radicalement féminin imposé et symbolisé définitivement par une polymastie généreuse et abondante. Pour le bas du corps la gaine d'écailles deviendra une frise de représentation animale composée de cerfs, taureaux et lions plus propres à être reconnus par les cultes locaux à bases zoophiles.
Artémis matronne, puis vierge noire avec le temps, sera identifiée à Diane en raison justement des fauves qui semblent l'entourer et au milieu desquels elle semble se complaire. Par ailleurs la première cathédrale de Marseille sera construite sur le vieux temple de Diane et d'Artémis comme en attestent les découvertes faites lors des travaux de terrassements au 19e S. qui permirent la découverte, par Jean-Benoit Tourneyront, d'une cache de plusieurs statuettes votives tant de Diane que d'Artémis en terre cuite blanche et rouge. Ces statuettes, et d'autres objets religieux sont toujours dans la collection Bolon de Matieni.

Etrange similitude

Une autre similitude insolite mérite que nous nous arrêtions un peu sur ce sujet.
L'Eglise s'empressera de christianiser Artémis en la "baptisant" très vite "Notre-Dame-des-Fauves". Cet étrange parallèle viendrait du fait qu'Artémis anéantissait les créatures monstrueuses... et s'identifiait ainsi à ce qui deviendra, d'une part le mythe de Marthe, légendaire et efficace tueuse de tarasques, et d'autre part de Madeleine se réfugiant au sein de secteurs boisés habités par de redoutables fauves. Le cheminement sera lent, logique, mais inéluctable pour ces chtoniens personnages féminins tant mythologiques légendaires que religieux, jusqu'au surnom de "Bonne Mère" usité avant tout avec bonheur en Provence.

Saints personnages et terribles dragons...
Sainte Marthe

Le promeneur trouvera la rue "Ste marthe" toute proche de la rue "De la Tarasque". La légende assure qu'ici la sainte terrassa l'immonde créature terrorisant et dévorant, le soir, les jeunes femmes passant près de sa tanière... On dit aussi, à propos du hameau "Ste marthe" en périphérie de Marseille, qu'en ce lieu la sainte, accompagnant Madeleine et Lazare vint se désaltérer à une source... près de laquelle furent retrouvés au 19e S. des ex-votos forts curieux en forme de navettes et de madeleines (petits biscuits).

Sainte Marguerite

Cette dernière, selon plusieurs traditions, aurait aussi été redoutable destructrice de monstres. Marguerite semblait pourchasser une sorte de Drac mettant à mal les retardataires s'aventurant à traverser le gué de l'Huveaune.
Peut-on parler de coïncidence si l'on admet que le nom de la sainte viendrait selon M. Saurel, justement du nom du gué: "Maris Guadi Iter", soit: "Légué par la mer"!!! La fête de cette sainte étant célébrée le 20 juillet, il est de fait certain qu'il s'agit d'une sainte dite "caniculaire" liée au culte du "Loup Vert" et de plus d'origine orientale, puisque martyrisée à Antioche.
Marguerite comme Marthe seraient donc toutes deux arrivées par la mer... avec toutes les étranges similitudes symboliques étroitement liées à Ste Marie-Madeleine!!! L'Amateur appréciera les coïncidences!

Saint Lazare

La parenté entre Lazare et Marie-Madeleine a pas ici à être démontrée plus. Il fut lui aussi, selon la légende, passager de l'étrange embarcation de la sainte... A Marseille son culte prend des proportions et des significations formidables et plus qu'insolites.
A propos de ce saint personnage il est utile de rappeler que la tradition attribue la fondation de la première église de Marseille en l'an 42 à celui, Lazare, qui fut l'ami de Jésus et le ressuscité de Béthanie.
On dit aussi, avec insistance, que Lazare aurait ramené avec lui une statue de la Vierge sculptée, dans un bois de fenouil, par Saint Luc. En ce cas si l'on admet ce fait comme réel, il y aurait eu à Marseille un culte à la mère du Christ vivant encore à Ephèse... d'où était issue Artémis première patronne du lieu qui deviendra cette ville de première importance.
Les anciens récits mentionnent encore la "Prison de st Lazare" dans les caves de St Laurent (butte où fut installée la statue d' Artémis)... et aussi la "grotte de St Victor" deviendra celle de "St Lazare" dans laquelle, d'ailleurs, on peut encore voir dans la roche l'emplacement où St Lazare assurait la confession. Les caves de l'abbaye de St Laurent, précise la légende, auraient servi de tanière au redoutable dragon dont St Victor se débarrassera "victorieusement"... La tradition assure encore que ces caves, décidément fort fréquentées, reliaient par un merveilleux souterrain circulant sous le Vieux Port (???) le couvent de St Sauveur et celui de St Victor... Ce serait dans ce lieu secret et formidable que l'Ordre du Temple aurait enfoui sa trésorerie et les documents maritimes et régionaux concernant ses maisons du secteur marseillais.

St Victor

Légionnaire romain de la garnison de Marseille il se convertira au christianisme grâce aux suppliques de Marie-Madeleine! St Victor sera martyrisé sur place et son corps précieusement récupéré, pour certains auteurs par quelques disciples fidèles, et pour les autres par un ange... puis enseveli dans une petite grotte sur laquelle, en 365, Cassien construit un monastère, une chapelle et instaure un culte exceptionnel bien suivi par les fidèles.
La règle de ce monastère excluait totalement les femmes... qui pouvaient en échange se "rabattre" sur l'abbaye de religieuses de St Sauveur. La tradition ajoute que toute représentation féminine, "même animale" devenait aveugle à l'instant de violer l'interdit. René Alleau suppose, avec raison sans doute, qu'il s'agirait là de vieilles résurgences chtoniennes rappelant que "la vue des divinités souterraines fut insoutenable aux êtres ordinaires"!

Un inventaire à la Prévert pour une momie

La grotte est toujours visible dans la crypte. La lance ayant servi à Victor pour tuer le dragon qui hantait une proche calanque était une relique majeure de l'abbaye. En cet honneur, la représentation de ce monstre ornait les premiers sceaux de Marseille.
L'abbaye ayant si forte réputation de sainteté s'appelait "porte du Paradis" et offrait à la vénération des fidèles un inventaire délirant de reliques. A. Fabre en dresse une liste effarante:
"Des pierres de la crèche de notre Seigneur et de son sépulcre, du bois de la vraie croix, le bout d'une épine de la couronne, des arêtes de poissons dont J.C. rassasia les 5000 hommes de la montagne, un morceau du voile de la vierge, le crâne de St Lazare enfermé dans une magnifique châsse, une côte de sainte Madeleine, une dent et des poils de la barbe de saint Pierre, une larme qui tomba des yeux du Sauveur sur le tombeau de Lazare..."!!! et Fabre oublie encore: la tête et un bras de Cassien, les bras de Férréol et st Isarn, un doigt de st Antoine et... la croix sur laquelle fut supplicié St André!
Mais en ce qui concerne G. de Manteyer, en fin de compte, St Victor, ou plutôt sa dépouille, n'était en réalité qu'une momie rapportée d' Egypte, en 417, par Cassien, fondateur de l'abbaye!

Saint André

La présence d'un saint comme celui-ci à Marseille peut paraître quelque peu insolite. On se demande comment la croix en "X" de son supplice put échouer à Saint Victor. Certes la tradition explique qu'un jour de tempête l'instrument du martyre de Saint André s'échoua sur la rive de Séon. La tradition ne mentionne pas, et c'est bien regrettable, que sur 2 vieux registres terriers du 14e S. le lieu ne s'appelait pas "Séon" mais bel et bien "Sion"!

L'énigme de St André

Et Saint André nous ramène à cette mystérieuse hypothèse selon laquelle St Lazare et Saint André ne seraient qu'une seule et unique personne!
On retrouve ce personnage énigmatique au chiffre 10, car il est le dixième apôtre. 10, en chiffres romains: X! X comme l'inconnu en algèbre... celui dont ne sait rien mais dont on peut tout apprendre par une logique chiffrée: et ce saint inconnu serait en vérité le vrai frère de Marie Madeleine... devenu saint patron de l'Ecosse dont le X orne les bannières nationales de ce pays.... Pays dont il partage le symbolisme avec celui du chardon... lui-même symbole de Marie-Madeleine... Pays d'où nous parviendront les premiers représentants d'une Maçonnerie affranchie... Maçonnerie juste et légitime héritière des chevaliers du Temple, "qui s'en sont fouy" avec leurs lourds et mortels secrets en cette lointaine terre d'exil pour revenir en France plus tard, terminer "ce qu'il y reste à accomplir de divin"...

Et la première Franc-Maçonnerie de Provence

Par ailleurs, si Saint André remonte en Ecosse pour en être le saint patron, la tradition symbolique en reviendra justement à Marseille vers la fin du 18e S.
C'est en effet en 1751 que la Franc-Maçonnerie apparaît officiellement à Marseille pour constituer la première loge régulière fondée par G. Walney sous le titre distinctif de "Loge de St Jean d'Ecosse". Cette dernière sera la Loge-Mère Ecossaise de toutes celles de France établies sur ce rite!!! De cette loge-mère, par filiation, naîtra en 1768 "L'Etroite Persévérance des Amis Réunis" qui entamera le processus débouchant quelques années après sur les évènements de la Révolution Française. L'Ordre du Temple se vengea - t'il par régions interposées et près de 500 ans plus tard??? pourquoi pas!

Le mythe de Marie Madeleine

Tous ces saints personnages arrivèrent en Provence, et sur le littoral marseillais selon la légende, par la mer: Ste Marthe, Ste Marguerite, St Lazare, Ste Marie Madeleine, St André, etc... Et il en est de même pour l'arrivée mythologique des premiers occupants antiques avec leurs divinités anciennes. Ces multiples débarquements extraordinaires seront toujours célébrés à St Victor le jour de la Chandeleur par, à la sortie de la messe, la distribution de petits pains en formes de barquettes.
Tout ceci pourrait bien, un jour ou l'autre, nous obliger à nous demander si Marie Madeleine et son merveilleux aréopage n'auraient pas pu échouer sur la côte Marseillaise en lieu et place de l'habituel site des Stes Maries de la Mer ou encore à Maguelonne. Dans ce sens soulignons que la sainte Baume n'est pas très éloignée de Marseille...
Alors les "Bonnes Mères" et autres "Dames de la garde", les Artémis d'Ephèse (où s'endorment les 7 dormants) et autres divinités autant maternelles que matricielles ne se justifieraient-elles pas, sans aucune contestation, sur ce site devenu "sacré"? C'est sans doute une question à ne pas trop se poser...

Retour aux Vierges Noires

Mais revenons encore un instant aux antiques vierges noires de Marseille. On les dit, pour cette région, issues du mythe des divinités sombres et souterraines de l'Antiquité... et Marseille en comptait trois, ce qui est assez exceptionnel pour être signalé ici.

-La Bonne Mère Noire et les cierges verts.
Tout d'abord celle de la crypte de St Victor. On affirmait que cette petite statue, rapportée par Lazare, avait été sculptée par St Luc dans un bois de fenouil... En vérité elle serait du XIIIe S. et en bois de noyer très sombre. Son nom est issu, non pas de "Fenouil" mais de "Feu Nou" soit: "Feu nouveau". Sa fête est célébrée le 02 février.
Le jour de la Chandeleur, la vierge noire était habillée de vert et les fidèles recevaient des cierges bénis de couleur verte (avec les petits pains navettes) qu'ils conservaient jalousement et pieusement en raison des vertus et pouvoirs très étendus qu'ils contenaient. Ces chandelles vertes servaient aux veillées funèbres ainsi qu'à se protèger de l'infernale foudre... et l'usage s'en faisait tous rideaux fermés.
On note qu'il est extrêmement rare que des cierges religieux soient de teinte verte... ou simplement de teinte! A notre connaissance, ce serait même un cas presque unique et cette tradition est toujours en place aujourd'hui... et les cierges disposent toujours des pouvoirs de haute protection que la "Bonne Mère" sait leur conférer!
La couleur verte était étroitement liée au renouveau, à la renaissance, à la vie! il est indéniable que ce culte et ce rite étrange doivent s'être superposés à quelques traditions plus obscures, oubliées, payennes (au sens noble et propre du mot)... dont fait mention l'étrange petit ouvrage de "L'abbé Ballydau" intitulé "Secrets puissants et protecteurs de Notre Dame la Verte" dans lequel sont résumés de biens étranges informations concernant le pouvoir et l'usage des cierges verts.

-Notre Dame de l'Huveaune.
Là encore il était question d'une vierge sombre située à l'embouchure de la petite rivière l'Huveaune dont il est question au chapitre Ste Marguerite.

-Notre Dame la Brune.
Enfin, la troisième, "Notre Dame la brune" plus connue sous le vocable de "Notre Dame de la Garde", est sans doute la plus connue de France.
Dès 1214 "Maître Pierre", un étrange ermite, installe un oratoire au sommet de la "Montagne de la Garde". Sur ce piton était une vigie chargée de surveiller et prévenir les mouvements de navigation. "Notre Dame la Brune" devait être la copie conforme, de teinte très sombre, de "Notre Dame de Confession" de Saint Victor. "La Brune" détruite par les révolutionnaires en 1793 fut remplacée en 1837 par une statue en argent... elle déplace chaque année des centaines de milliers de pèlerins venus de tous horizons.

Le monde magique des Santons de Provence

St François d'Assise inaugure la première crèche vivante en 1223. Ce sera, sans doute, la plus ancienne manifestation de ce genre qui semblera sombrer dans l'oubli jusqu'au 18e S.
A Marseille, en 1803, seulement 3 marchands présentent des petits santons sur le cours St Louis. Les plus anciens témoignages de fabrication concernent un certain Jean-Louis Lugnel dont les moulages remontent à 1797.
Emouvant, désuet, surannés, ces petits personnages, autrefois en argile, copient tout d'abord la Sainte Famille puis, peu à peu, tout un monde de petits sujets représentent fidèlement les métiers, les fonctions, les animaux, des objets liés à la tradition de Provence. Alors se rassemblent autours de la trilogie Joseph, Marie, Jésus: moutons, bergers, rois mages, rémouleurs, poissonnières, le Maire, le ramoneur, le brigand, le "ravi", etc...
Toute une population presque ludique semblant bien paisible au moment des fêtes de Noël et du passage solsticial d'hiver célébrant la paix universelle. Bien sûr tout ceci est très émouvant... Mais il y a un autre aspect pratiquement jamais soulevé ni rapporté.

Les travaux du marquis Jehan de Saint-Genies

Nous savons par les recherches du Père Jean-philippe Nautons, du Dr Jean Gaciat et surtout du marquis Jehan de Saint-Genies, que d'autres pratiques entouraient les santons de Provence.
Il y a tout d'abord un aspect magique indéniable. Le but de ce travail était de reproduire avec les plus grandes précisions possibles les personnalités servant de modèles. Et c'est à ce moment que certains occultistes locaux intervenaient car ils s'aperçurent qu'il y avait très peu de distance du santon personnalisé à la "poupée d'envoûtement"... Alors certains rites de sorcellerie allèrent bon train, bien qu'utilisés avec tant de discrétion que peu d'écrivains en firent état.

Des santons guerriers d'Empire!

L'homme le plus célèbre ayant fait appel à la magie des petits personnages fut... Napoléon 1er! Certes ce dernier utilisait d'abord des soldats de plomb pour simuler ses plans de batailles, mais nous savons par le marquis de Saint-Genies qu'il fit appel à un certain Bernard Maurely pour faire façonner des guerriers d'Empire dans une argile ayant subi une préparation particulière dont il est hors propos ici de donner la composition. Ces petits guerriers furent utilisés pour des rites magiques de transfert de personnalité et de force. B. Maurely fut retrouvé mort 3 mois avant les grandes déblacles militaires de l'Empereur... Hasard des victoires guerrières ou retour du voult??? Il est utile, à cet instant de préciser aussi que Joseph Bonaparte était Frère Maçon inscrit à la Loge "Parfaite Sincérité" et membre de cette société fraternelle dès 1793. On en trouvait encore la trace dans les archives de cet atelier le 03 juin 1810.

Un autre rite pour les santons

Mais fort heureusement, il y eut d'autres usages à cet aspect du transfert de personnalité. C'est ainsi que selon un rite approprié plusieurs occultistes, dès le 19e S. parvinrent à reconstituer un petit santon à l'effigie d'un "demandeur"... Puis de ce premier "jumeau" parvenaient à remonter les différentes vies antérieures et concrétiser les réincarnations jusqu'à 5 antécédents!
Il est évident que ceux sachant le rite compliqué de la remontée dans le temps des santons se faisaient discrets... Pourtant non seulement il est possible d'en retrouver des informations écrites sous formes de notes manuscrites, mais encore nous savons par ces archives étonnantes d'où l'argile de base provenait et quelle préparation elle subissait.
Aujourd'hui ce rite existe encore dans le secteur de Marseille, et au moins 2 collectionneurs privés possèdent plusieurs séries de ces " santons voyageurs" d'argile propulsant toujours dans le temps ceux qui ne sont déjà plus... car le rituel compliqué mais extrêmement complet prévoyait formidablement non seulement le passé mais aussi l'avenir.
C'est ainsi que les mystères antiques et profonds de Marseille rejoignent les énigmes incroyables de notre époque!!! A nous d'en tenter l'approche et la compréhension avec un maximum de prudence et de respect!

A. DOUZET