La maison du pendu
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De forme ovale, il est sculpté en relief. Sa cote verticale est
de 40cm. L’horizontale, à l’intérieur de l’ovale,
est de 20cm, soit la même largeur que le petit écartement
des os.
Quant à la pierre qui supporte le médaillon, nous notons
que sa plus grande hauteur extérieure, 50cm, est égale à
la moitié de la hauteur de l’écart horizontal des
os… donc égale, aussi, à celle d’un des carrés
royaux de l’ensemble. Quant à la hauteur de l’ovale,
40cm, elle est égale à la base de la pierre du médaillon.
Il ne faut peut-être pas négliger qu’en héraldisme
la forme d’une armoirie a toute son importance. Sur ce chapitre,
signalons que la forme ovale était réservée aux dames…
pouvant prétendre à un blason. 
Détail
du linteau et de sa date désaxéeA ceci nous ajoutons que la verticale reliant les os se prolonge parfaitement à l’aplomb du décor du médaillon (voir croquis coté) . Mais ce n’est pas tout. En effet, si on relie les os par leurs médianes, ces dernières sont tangentielles de l’ovale du médaillon et croisent les angles de base de la pierre qui supporte ce décor… pour s’achever aux bases intérieures du tableau d’ouverture. Peut-on parler de géométrie fantaisiste et hasardeuse ?... ou de la volonté évidente d’un rébus hermétique ?
Sous le médaillon se trouve un linteau. La pierre de ce dernier
est quelconque. La date « 1828 », de facture assez frustre,
tranche nettement avec la finesse du médaillon. Les deux pièces
sont visiblement d’origines différentes, l’une forcément
plus ancienne que l’autre. Ces détails permettent de vérifier
une volonté discrète à montrer la réalité
des éléments mis dans une évidence ‘voilée’
ici.
La date, 1828, est probablement celle de cet énigmatique assemblage.
Elle est inscrite dans un cartouche de style ‘romain’ dont
le bord droit est à l’aplomb de l’extérieur
de l’ovale du médaillon (voir le croquis). Ceci est peut-être
un des motifs expliquant le fait que ce nombre soit ostensiblement décentré
ou désaxé par rapport à la porte ou l’axe général
de l’ensemble. Il est évident que l’emplacement de
cette date est choisi et imposé, même s’il semble aller
à l’encontre d’une logique ‘esthétique’…
voulant éventuellement que cette ‘rupture’ soit montrée
comme volontaire. En ce cas, elle inciterait à remarquer que quelques
détails ne ‘collent’ pas et proposerait une invitation
à en comprendre le sens caché.
Le médaillon est orné d’un emblème ‘chiffré’.
Les rares tentatives d’explications sur ce symbole expliquent laconiquement
que nous sommes tout simplement devant un « AVE MARIA ». La
réalité, une fois de plus, risque de se montrer plus complexe
et plus hermétique.
Habituellement, le chiffre Ave Maria se présente sous la forme
d’un A superposé d’un M.

Certes, nous trouvons ce tracé dans le dessin du médaillon. Mais il est complété curieusement par d’autres détails ou signes résumant la formule à ceci :

Nous allons maintenant constater que le remplissage du médaillon,
lui non plus, n’est pas le résultat d’une facétie
fantaisiste d’un sculpteur en mal d’enjolivures.
Au premier abord, le promeneur ne voit ici qu’un innocent «
Ave Maria » et, rassuré, ne cherche pas plus loin. Pour nous,
il en sera tout autrement. A l’étude, le rébus s’avère
plus complexe et fait appel, probablement, à la géométrie,
la symbolique, l’héraldisme, en un mot : l’hermétisme…
à moins qu’il ne faille voir ou entendre… le ‘langage
des oiseaux’ ou la langue verte ?
Nous voyons que le chiffre AM s’ajoute à deux demi-sphères.
Considérons une de ces figures et éliminons tout le tracé
extérieur à sa forme pour n’en regarder que le dessin
intérieur. Nous obtenons une rouelle à six branches prise
dans un demi-cercle fermé, soit … un hexagramme.
En ce cas, l’usage additif des deux demi-sphères autorise
la déclinaison géométrique suivante :
- 1/2 gravure = 1 hexagramme = 6 côtés
- 1/2 gravure x 2 = 2 hexagrammes côte à côte mais
non encore accolés = 12 côtés.
Ceci nous rapproche déjà curieusement d’un portail
(Ste Croix en Jarez) où nous voyons deux piles de 6 carrés
royaux. Mais surtout, l’assemblage des deux hexagrammes par leurs
côtés droits verticaux nous donne cette formule pour le moins
curieuse :
1 hexagone + 1 hexagone = 1 octogone ! ou encore : 2 x6 = 8 !!!

Ce qui nous fait géométriquement passer du chiffre de l’opposition, du macrocosme, de l’épreuve entre le bien et le mal… au chiffre de l’infini, du futur éternel, de l’équilibre cosmique… si cher à l’ordre du Temple !
Un peu d’héraldisme. Supposons qu’une des demi-sphères soit tout ou partie d’un blason ou chiffre armorié. Ceci n’est qu’une supposition et une comparaison entièrement gratuite, mais assez intéressante pour ne pas la soumettre à la réflexion. Les armes de Navarre, par exemple, sont, somme toute, assez ressemblantes à une de nos demi-sphères si l’on considère la partie droite du blason.
France ET NAVARRE Partie de France et |
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Nous remarquons des sortes de ‘virgules’ en pointe des angles
aigüs et bas, que ces derniers soient pris dans le ‘chiffre’
ou en demi-sphères rassemblées. Ces deux signes semblent
indiquer au lecteur un sens de giration sénestrogyre, donc négatif…
au sens bien entendu symbolique et non au sens péjoratif.
La ‘giration’ est encore soulignée par deux autres
‘insignes’ totalement indépendants du grand motif.
On les retrouve en haut à gauche et en bas à droite, invitant
toujours au même sens de mouvement. En bas du motif complet, un
segment vertical semble représenter un petit axe immobile.
Des
étoiles à 6 branches
Enfin, si l’on dépouille notre ‘chiffre’ des lignes horizontales et verticales, il reste une étrange étoile à six branches, composée de deux branches droites (en haut et en bas) et quatre branches adoucies par une courbe chacune… Ajoutons que si l’on coupe cette ‘étoile’ en deux dans le sens horizontal, nous obtenons le principe (mais non la ressemblance exacte) du ‘fleuron’ d’une branche de croix, comme celle ornant une pierre ayant servi de clé de voûte à Ste Croix en Jarez…
Cette étoile de « David » nous rappelle l’hexagone
des demi-sphères, mais encore et surtout que cette façade
de la ‘maison du pendu’ est tournée face aux bâtiments
médiévaux remarquablement restaurés de l’ancien
donjon féodal.
En
façade de ce dernier, sur un très beau cintre en appareillage
de pierres soigneusement assemblées, est gravée au centre
de l’arc, et surtout face au levant, une parfaite étoile
à six branches incurvées et pointues, d’une facture
extrêmement soignée… Serions-nous ici sur un des rares
exemplaires de la fameuse ‘Etoile du matin’ dont fait état
G. M. de Waldan à propos de la société du Brouillard
et également utilisée par l’Angélique ? Pourquoi
pas, puisque sur le mausolée, ‘orienté’ également
au levant, de Polycarpe de la Rivière (Prieur de Ste Croix en Jarez),
on retrouve sous son épitaphe la même étoile, ornée
du motif central. A Malleval, la gravure centrale est martelée
!
Cette approche, sous des aspects un peu inhabituels, nous démontre
combien nous sommes loin du conventionnel AVE MARIA surmonté de
quelques vagues os de pendus…
Peut-être est-il anecdotique de signaler qu’au 17e siècle
la famille (branche maternelle) de Polycarpe de la Rivière (nom
et prénom d’emprunt) disposait d’une propriété
dans ce merveilleux village… Ceci évidemment n’explique
pas tout, loin s’en faut, comme nous le verrons prochainement. Pourtant,
il n’y a pas que ce détail à retenir puisque les seigneurs
de Lupé également avaient un intérêt, et non
des moindres, près du vieux fort… Enfin, nous tenons à
apporter une dernière précision concernant le bloc de constructions
anciennes contiguës … Lors des travaux de rénovations,
effectués il y a près d’une dizaine d’années,
ont été retrouvées une fresque très abîmée
et une pierre gravée d’un griffon… Il est regrettable
qu’aucune déclaration n’ait été faite,
ni communication d’existence de ces étranges témoins
d’un passé assez insolite, rassemblés dans le secteur
de … « la maison du pendu ». Ce qui n’est pas
irrémédiable puisque nous avons eu, à cette époque,
l’idée de tout photographier !
A
notre connaissance, sur la région du Pilat, seule cette étrange
maison de Malleval possède cet agencement ‘ossuaire’
accompagné d’une logique géométrique. Nous
pouvons toutefois signaler des ossements incorporés à différentes
autres constructions dans la région du Pilat… sans pour autant
y trouver la moindre volonté d’un tracé présentant
une harmonie symbolique précise. On trouvait ce genre de ‘curiosité’
notamment :
- dans l’appareillage de la vieille halle, commune de Verlieu.
- dans un soutènement de la halle médiévale de Pélussin.
- en scellement dans la maçonnerie de l’ancien aqueduc dit
‘Pont d’Arcole’, entre Farnay et Rive-de-Gier (où
là aussi il était question d’un… griffon !).
Ajoutons, pour nous éloigner un peu de la région du Pilat,
qu’un assemblage d’ossements du même type se trouve
sur l’île de Belle-Île… qui fut dans les visées
des frères Fouquet…
Mais tous ces autres exemples n’ont pas forcément le sens
voulu, ici, à Malleval, dont nous continuerons, au fil de nos promenades,
de découvrir quelques autres curiosités oubliées…
