Un témoignage de l’authenticité des inscriptions de Glozel
|
Les textes typiques de Glozel sont lisibles depuis le vieux-celtique |
Mais, qui rédigeait de tels textes atypiques ou sans aucun sens? |
Comme la présentation ci-dessus le démontre clairement,
on peut distinguer depuis les inscriptions de Glozel des textes à
la fois typiques et atypiques. Les textes typiques sont rédigés
en écriture de Glozel et peuvent être déchiffrables
à l’aide de la langue gauloise, voire vieux-celtique? Par
contre, les textes atypiques, présents surtout sur os et tablettes
d’argile, sont illisibles et incompréhensibles en raison
de leur graphisme généralement irrégulier et maladroit,
et (ou) parce qu’ils se distinguent par des signes étranges,
en comparaison à l’écriture de Glozel. C’est
ainsi que ces derniers ne laissent pas deviner de relation avec une écriture
ou langue connue.
L’origine de ces textes atypiques ne laisse percer aucune explication
satisfaisante ou abordable. Il pourait s’agir, par exemple, d’exercices
d’écriture réalisés par des 'scribes celtes'
sur lesquels pouvaient se trouver des textes maladroitement rédigés.
Il peut s’agir, toutefois, d’autres textes mal rédigés
par des personnes ayant pu arbitrairement recopier des signes vus sur
des objets du sanctuaire tels qu’os et tablettes d’argile.
En raison des traces de vitrification, relevées sur quelques tablettes,
certains experts suggéraient que des verriers, installés
sur cet emplacement de Glozel au Moyen-Age vers le XIVe siècle,
pouvaient être les auteurs de ces 'falsifications' insolites.
La plupart des gravures et signes se retrouve sous forme d’illustrations
dans l’ouvrage 'Glozel - Corpus des inscriptions' (MORLET, 1978’).
Quelques photographies sont tirées du livre 'Glozel - Les graveurs
du silence' (LIRIS et al., 1994), reçues directement de R. Liris,
à Vichy. D’autres clichés sont contenus dans les Actes
du VIe et VIIe colloque international sur Glozel, Vichy, 'Mobilier en
os et en ivoire / Tablettes à inscriptions' (GERMAIN, 2004, 2005).
Mais, il faut remarquer qu’un 'Corpus complet des inscriptions de
Glozel avec du matériel photographique' n’existe malheureusement
toujours pas à nos jours... ce qui rend difficile, voire impossible
une lecture précise de certains textes. On ne peut, de fait, conclure
que la totalité des inscriptions lisibles, et typiques, de Glozel
soit délicate à recenser en raison d’un certain nombre
de textes devant être qualifiés comme atypiques et 'nonsense
artefacts'. Dans mon livre 'Der altkeltische Hintergrund der Inschriften
von Glozel' (HITZ, 2007), les déchiffrages sont limités
à 52 textes lisibles et typiques, à partir d’au minimum
250 inscriptions connues (Tab. 1).
| inscriptions substrat |
typiques (dont publiés comme
lisibles) |
atypiques 'nonsense' |
total |
| Pierre |
65
(13) |
10 |
75 |
| urnes / vases |
15
(11) |
0 |
15 |
| Os |
65
(13) |
30 |
95 |
| tablettes |
45
(15) |
20 |
65 |
| Total |
190
(52) |
60 |
250 |
Tab. 1 Distribution estimée des inscriptions typiques et atypiques de Glozel à l’aide de dessins et photographies
Les inscriptions de Glozel ont été déchiffrées à l’aide d’informations sur la grammaire gauloise et celtique ancien: DELAMARRE (2003) 'Dictionnaire de la langue gauloise', LAMBERT (2003) 'La Langue Gauloise – Description linguistique, commentaire d'inscriptions choisies', HOLDER (1896) 'Alt-Keltischer Sprachschatz. I – III' et STOKES (1894) 'Wortschatz der Keltischen Spracheinheit'.
|
|
|
Prti* (en l'honneur de la déesse de source) |
Pdoi* (pour) Pados |
dilvi* Pad a figuré (?) Pados |
*cf.
Perta, déesse gaul. de la source chez Le Peïroou, près
d’Uchaud, Dept. Gard, France. |
*La
désinence du dativ en -oi devrait représenter une
forme gaul. ancienne. |
*pt
ê. un verbe dilvi (?), à comparer à irl. delb
et ngall. delw 'figure', 'forme'. |
Fig.
1b GLO-57.2 |
Fig.
2 GLO-67.7 |
Fig. 3 GLO-68.3 |
GLO-38.3 |
VIe Colloque
(GERMAIN, 2004, 128) |
GF 309 |
GLO-40.2 |
GF 813 |
984 2 024 |
984 2 027 |
GF 1008 |
GF 803 |
GF 869 |
Cuec
Cuec |
Isec
Uolka Isec
Volca, |
*cf.
gaul. -tal 'front'. **olc devrait représenter gaul. olca 'terrain labourable'. ***écrit avec la lettre <q>. |
*uneté,
<?> pour <é>, apparenté à gaul.
uenet- 'allié'. **avvot = gaul. avot 'a fait'. ***cf. gaul. run- 'secret'. |
Fig.
4 GLO-80 |
Fig.
5 GLO-75 |
Kunut*
Kunut |
Vun
T(u)n
Vun Tun |
*cf.
gaul. cun- 'chien'. **pt ê. apparenté à gaul. dede 'a donné'. ***cf. Moltinos, dieu gaul. des moutons. |
*cf.
gaul. eu 'a offert'. **cf. gaul. Tolosa 'Toulouse'. ***cf. gaul. nemeton 'lieu sacré'. ****cf. lat. vinco 'vaincre', gaul. uic(o)- 'vainqeur'. |
Fig.
6 GLO-73.1 |
Fig.
7 GLO-71 |
D’après mes recherches sur les inscriptions de Glozel, on
peut remarquer qu’il y a – à côté des
textes typiques et lisibles – une certaine quantité de textes
atypiques et illisibles, mais l’origine de ces derniers reste des
plus obscures. Nous sommes peut-être en présence d’un
travail exécuté par des 'scribes celtes', mais ceci reste
sans grande certitude. On retient toutefois qu’il peut tout aussi
bien s’agir ici, avec une grande probabilité admettons-le,
du fait de vitriers s’installant à Glozel au Moyen-Age, vers
le XIVe siècle. Des traces montrent qu’ils pouvaient avoir
disposé leur four près du sanctuaire et, qu’en fondant
le verre, aient laissé des traces de vitrification sur certaines
tablettes en argile. Par ailleurs, il est possible d’admettre que
ces artisans se soient distrait en recopiant, arbitrairement, les signes
trouvés depuis d’anciens objets, sur d’autres supports.
Ces derniers peuvent être des tablettes en argile ou os qui deviendront
à leur tour les 'nonsense textes' parce que ces ’auteurs’
furent incapables de lire et interpréter les inscriptions originales
de Glozel. C’est pour le moment la thèse la plus convaincante
pour justifier la genèse des inscriptions atypiques de Glozel.
Les inscriptions atypiques représentent pour moi le témoignage
du pourquoi on avait parlé à Glozel d’une falsification
des textes. S’il y a encore aujourd’hui des experts qui tiennent
aussi les textes typiques pour une escroquerie, il serait difficile de
comprendre comment les 'fausseurs' avaient acquis toutes ces connaissances.
Hans-Rudolf Hitz