Réédition de « A la découverte des Hommes Préhistoriques »
de l’abbé André Glory


Un infatigable chercheur de haut niveau

L’abbé Glory s’est illustré par ses recherches en spéléologie et archéologie préhistoriques. Cet infatigable chercheur qui finit sa carrière d’ingénieur au CNRS en 1952 était un pionnier en matière de découverte de sites devenus particulièrement célèbres ensuite. Il était le collaborateur de nombreux experts en matière de Préhistoire tels que messieurs F-M Bergougnioux, Robert de Joly, Henri Breuil et autre J-L Villeveygoux. Le fait qu’il ait également été nanti de nombreux hauts diplômes [professeur de sciences, histoire et dessin, sa thèse (avec la rare mention ‘Très honorable’) « La civilisation néolithique en Haute-Alsace » qui lui valut le titre de Docteur de l’Université Catholique de Toulouse, etc…] a pour nous beaucoup d’importance dans la présentation qui va suivre. En effet, nous voulions démontrer tout le sérieux de ce savant avant de présenter, et faire admettre, les découvertes qu’il fit, souvent grâce à Antonin Gadal (si critiqué), aux tréfonds de quelques grottes des Pyrénées et autres.

Un incontournable ouvrage de 1944

Présentement, c’est son ouvrage « A la découverte des hommes préhistoriques », publié en 1944, qui retient toute notre attention (et ce, d’ailleurs, depuis près de 40 ans). Il s’agit d’un ouvrage des plus étonnants car, s’il commence sur la plus sérieuse exploration spéléologique de gouffre où sommeillent d’innombrables vestiges laissés par nos ancêtres, il nous réserve ensuite des surprises de taille à plus d’un titre. C’est celui qui signe la préface (l’illustre Albert Grenier, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres) qui nous ouvre l’ambivalence de ce livre hors du commun.
On lit, en effet, que l’auteur sut intimement mêler dans ses pages « le plaisant et le sévère » et qu’au fil de celui-ci, il nous donne un exposé de la Préhistoire et « même d’un peu d’histoire, puisqu’il nous conduit jusqu’au Moyen-âge, aux Chevaliers de la Table Ronde et aux Albigeois ».
La première partie de ce livre se déploie au gré des ‘peintures les plus vieilles du monde’ jusqu’au ‘dépouillement d’un carnet de fouilles’, dont la minutie le partage au savoir scientifique sans faille. Devant notre imaginaire, Glory sait faire défiler aventure souterraine et inconcevables découvertes de ce qu’il appelle, en tête de chapitre, « une horde d’éléphants millénaires, la célèbre Tarasque et l’horrible hyène des cavernes »… Ce qui est plus curieux, c’est le moment où, à propos des découvertes, il fait mention d’une… association secrète… juste avant de faire état de la visite des officiels. Les chapitres suivant se rapportent à Lascaux et son ‘gigantesque album d’images’ qui précède un exposé sur la fonte de la calotte glaciaire qui, en disparaissant, donne naissance à une nouvelle civilisation. Jusque là, nous sommes en plein exposé d’archéologie préhistorique enfin mis à la portée de tous… chez les tribus danubiennes.
Et, si nous sommes respectueux mais étonnés de toutes ces découvertes qu’illustrent quelques images et photographies, le plus ébouriffant reste pourtant à venir avec l’ouverture du VIIIème chapitre.

La déesse jaune

Cette fois, nous avons la sensation d’entrer dans un roman de Jules Verne dont Glory aurait choisi le titre : « Une campagne souterraine au pays des taruskes »…
Et à partir de cet instant, ce sont 80 pages d’étonnement qui nous attendent sans nous laisser un instant de répit. Nous retrouvons Gadal, que nous connaissons bien pour ses implications dans différentes affaires dont celles du Catharisme pyrénéen et surtout des énigmes liées au Graal dans cette région. C’est ainsi que nous suivons, pas à pas, la découvertes de gravures dites « les déesses gravées » contenues dans la grotte du Grand-père… Mais surtout, le plus colossal est sans doute la mise à jour de la figuration féminine d’une divinité faite d’un tracé jaune, aux confins d’une grotte (celle de l’Ermite) dont Glory nous donne le plan particulièrement détaillé.
Il s’agit là d’une représentation anthropomorphe des plus remarquables dont la précision et la justesse des tracés résument l’essentiel : des traits féminins et la représentation des attributs de la maternité représentés par la coupe longitudinale… d’une pomme ! Glory nous explique, à ce propos, qu’elle symbolise la déesse des vivants et celle des morts en régnant « au ciel comme sous la terre », fertilisant et régissant, sans compter, la naissance et la mort. Il s’agirait de la rare forme d’une déesse pyrénéenne issue du Mycénien, protégeant les trépassés qu’elle ramène à la vie. La forme écartée de ses bras assure qu’elle dispense les énergies bienfaisantes en répandant de la sorte toutes les énergies bienfaisantes… mais autant les nocives.
Nous assistons également au coucher du soleil qui, par une ouverture dans la falaise de la grotte, offre le spectacle d’une déesse semblant ressurgir à la vie du fond de ses ténèbres dans toute sa force et ses pouvoirs. Cette gravure n’est pas seule ici car d’autres détails stylisés offrent le spectacle de visages ou formes de « serpents peints en blanc avec un soleil cerclé de rouge ». Les trouvailles se succéderont d’ailleurs à un rythme incroyable, jusqu’à la découverte d’un squelette dont la tête, orientée vers l’Orient, est ornée d’une formidable parure de jais. L’ensemble fut estimé de l’âge du bronze pendant qu’une inscription semble surgir des antiques écritures marocaines indiquant l’accès à un puits…

La découverte d’un ‘ouschebti’ égyptien dans une grotte pyrénéenne

Le plus ahurissant est, à présent, la découverte de statuettes égyptiennes dont un ‘ouschebti’ égyptien daté « du temps des Ramsès ». Toutes ces raretés et curiosités remontées au soleil l’ont été grâce à Antonin Gadal qui, rappelons le, fut décrié et ridiculisé de nombreuses fois, essentiellement à propos de « l’affaire O. Rhan ». De manière surprenante, Glory fait même place à Maurice Barrès dans une de ses citations, pour conclure enfin que les cavités profondes de cette région « ont servi de culte aux sorciers magdaléniens, aux prêtres néolithiques, à ceux de l’Age du Bronze, du Fer et enfin aux sages des sectes albigeoises qui ont encore maintenant leurs adeptes ».
Nous arrivons au chapitre IX que nous ne déflorerons pas, encore que nos fidèles adhérents en aient plusieurs fois entendu parler lors de nos causeries. Glory, dans ce dernier chapitre, explique tout simplement où se trouve une représentation du… Graal, et comment on peut encore la contempler sans grands efforts. A la suite d’un document du XVIe siècle, retrouvé encore une fois par Gadal, nous nous engageons sur les pas de Perceval le Galois qui acheva les aventures du Saint Graal au temps du roi Arthus. Après un résumé précis des aventures ayant conduit ce chevalier à contempler la sainte coupe et apprendre les secrets du ‘vaissel’, André Glory est, à propos du Graal et des Templiers, un des rares à faire usage du mot ‘templiste’, ce qui démontre une culture allant bien plus loin que celle d’un prêtre, aussi érudit soit-il…
De Montségur à la vallée de Sos, il nous entraîne maintenant sans ralentir tout en haut du « massif du saint Graal à Vicdessos » en nous expliquant longuement les miracles accomplis pour ceux qui vénérèrent la coupe au point d’en être guéris de leurs pires blessures. Puis il est question des « pentacles jaunes et noirs, ces globes mitrés d’une croix, ces nœuds d’envoûtement qui délient les vents » que sont ces vieux dessins inscrits à Lombrives, aux Eglises, à l’Ermite et au Grand-père.

En suivant le Graal de Vicdessos

La promenade initiatique s’achève enfin sur cette montagne où chacun peut encore contempler les restes d’une peinture représentant le Graal, selon l’abbé Glory lui-même, lorsqu’il intitule la fin de son chapitre « je contemple et je déchiffre le Graal ». Cette peinture offre en effet plusieurs motifs dont des croix grecques et romanes intercalées à d’autres de St André entourant un tailloir, des larmes, une couronne d’épines, un glaive à la pointe dorée et ce qui reste d’un javelot… le tout pouvant représenter les instruments de Passion du Christ en ce lieu aux confins des Pyrénées où se terrent des déesses jaunes, des statuettes égyptiennes et autres merveilles redoutées par tant d’archéologues incapables d’en expliquer les origines et les dépôts en ces lieux souterrains…
Et si, après tout, le trésor des Cathares, des Templiers et Hospitaliers de Capoulet et Junac dormait ici depuis des siècles, en attendant celui qui saura peut-être suivre fidèlement les traces de l’abbé André Glory ??? Pourquoi pas, peut-on se demander après la lecture de cet ouvrage oublié de tous.
Etant en possession d’un des rares exemplaires colorisés de cette œuvre, nous nous sommes décidés à en proposer une réédition afin que les curieux, et amateurs du passé de nos régions, puissent accéder à ce savoir et surtout le compléter si faire se peut. A ce livre feront suite plusieurs petits fascicules, peu connus, d’Antonin Gadal apportant d’utiles compléments à ce travail.
En ces périodes de congés, c’est un ouvrage à lire absolument en se détendant ou en suivant, sur le terrain, les sentiers qu’il nous ouvre…

« A la Découverte des Hommes Préhistoriques –Explorations souterraines »
Par l’abbé André Glory
244 pages au format A5, illustrées de croquis et photographies NB
Dépôt légal : 2008

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