
Qui s’y frotte, s’y pique !
Un
intéressant échange sur notre forum, à propos du
menhir du Flat, nous conduit à ce petit chapitre, annoncé
sous un titre pouvant sembler insolite.
En effet, la discussion conduit les interlocuteurs à ouvrir une
réflexion sur l’origine du mégalithe : est-il à
cet emplacement, et dressé, de manière naturelle…
ou a-t-il été apporté et érigé par
la main de l’homme ?
Plusieurs hypothèses se confrontent et nous apportons notre réflexion
sur ce sujet sous cette forme, car cette question peut intéresser
un plus large public que celui, plus réduit, des forums, pas toujours
suivis par nos visiteurs.
Voyons d’abord l’hypothèse d’un mégalithe
à l’état naturel dans sa forme et sa provenance et
qui ne devrait rien à la main de homme.
Il s’agirait de remarques et constats faits par ‘des archéologues
et un docteur en géologie’. Pour ce dernier, surtout, il
serait question d’une ‘aiguille’ de granit, émergeant
du socle rocheux, totalement naturelle. Les archéologues, plus
prudents, penchent pour l’hypothèse que cette ‘aiguille’
a été taillée… sans que nous sachions s’ils
pensent que ce mégalithe est entièrement naturel dans sa
place et son érection à cet endroit ou s’il a été
retaillé depuis un bloc rocheux en place naturellement.
Pour répondre à ce commentaire, voyons d’abord une
observation dans le domaine de la géologie. Renseignement pris,
il faut être chevronné ou bien ‘léger’
pour avancer, à vue d’œil, sans autre expertise, une
telle affirmation. Si nous nous référons simplement à
l’encyclopédie Quillet, ou le moindre ouvrage sur le monde
minéral, nous trouvons plusieurs catégories de granit très
proches, dont certaines sont difficiles, sans analyse, à distinguer
les unes des autres. Ce ne serait pas très important si justement
une des catégories pouvait donner naissance à une grande
‘aiguille’… et l’autre pas ! Une chance sur deux…
Mais il est encore possible que notre docteur soit un virtuose dans son
art et puisse reconnaître le granit en question. De plus, ce genre
de ‘manifestation’ géologique des ‘aiguilles
de granit’ se produit si rarement de manière isolée
qu’on peut pratiquement affirmer l’impossibilité. Lorsqu’il
s’agit d’aiguilles… elles se présentent carrément
en un amoncellement gigantesque (voir la photo sur le Quillet 1975-page
2948)… Admettons qu’au Flat nous sommes loin d’une telle
manifestation gigantesque. Cependant, supposons que nous soyons ici devant
l’exception confirmant la règle… Alors, pour ne rien
négliger, nous nous sommes renseignés auprès d’un
ingénieur d’exploitation de carrière dans la région
languedocienne. Il nous a expliqué une vérification très
simple à faire sur site. Le mot ‘granit’ vient de grain.
Ces grains (nous abandonnerons les termes scientifiques) ont une grosseur
et une couleur typiques selon leur site natif (vert, blanc pourpre, bleu…).
Ces ‘graines’ sont placées selon le sens d’une
veine générale… qui doit obligatoirement se trouver
‘orientée’ tant sur le socle que sur le menhir si celui-ci
est sur sa souche. A la connaissance de ce technicien, il n’a jamais
vu ou entendu parler d’une ‘aiguille’ de cette taille
existant en un seul exemplaire… Pour lui, ce serait précisément
incroyable géologiquement, surtout pour un ‘fût’
aussi réduit que celui du Flat. Il semblerait qu’une pièce
de ce calibre aurait forcément ‘claqué’ à
sa formation… et se serait effondrée aussitôt (comme
dans les amoncellements)… Mais admettons encore une querelle d’école
ou de professionnels, qui personnellement nous échapperait.
Il
reste maintenant ce second monolithe couché dans un épais
fourré en contre bas du plateau du Flat, sur le versant du côté
des mines à ciel ouvert. Il avait été mis à
jour par un feu, s’étant déclaré sur la décharge
municipale (qui défigurait d’ailleurs le site), et qui s’était
vite propagé dans des ronciers trop secs cet été
là… Nous étions, là, face à un bloc
de même encombrement (à peu près) qui se trouve malheureusement
sur une veine géologique différente du sommet. Ce bloc rocheux
était-il en cours de transport ? Peut-être est-il tombé
du socle du premier mégalithe ? Sans se briser au moins en deux
c’est très improbable… Ce vestige est toujours à
son emplacement ; cependant, il est difficile de souhaiter un nouveau
feu pour le retrouver à nouveau !
Encore un détail. Lors de nos recherches depuis le site du Flat,
mais à une époque où personne n’y venait sauf
nous, nous avions fait une visée circulaire. Depuis celle-ci, nous
repérions deux sites. L’un des lieux, au nord, est quasiment
au niveau visuel du Flat, et l’autre, à l’ouest, nettement
plus élevé. Le premier site étant dévasté,
il avait visiblement servi de ‘carrière’ au fil des
siècles et ne contient plus que quelques petites ‘glissières’
et trois ou quatre cupules… Très éloigné des
chemins et totalement oublié, sans doute en raison d’impénétrables
fourrés, le second site conserve d’autres petits vestiges
et son ‘mégalithe’, assez incliné déjà
à cette époque. Le problème est qu’à
cet autre endroit… le granit n’affleure pas la surface de
la terre et supprime ainsi toute chance d’être le berceau
d’une aiguille granitique ! C’est à la demande d’une
personne du ‘Parc Naturel Régional du Pilat’ que nous
n’avons jamais donné la situation de ce site, afin qu’il
ne soit ni pillé ni dévasté. L’ensemble de
ces trois sites fait que du Flat on voit les deux autres en amont et en
aval. Si ces détails sont le fruit de la nature, nous ne pouvons
qu’en rester admiratifs. En fin de compte, nous nous trouvons peut-être
là sur des ‘aiguilles’ toutes tombées d’une
pelote d’un Gargantua de passage…
Cette joute pourrait durer aussi longtemps que celle du sexe des anges
qui, en la matière, reste le cadet de nos soucis. Et, comme pour
l’aspect ‘angélique’, nous ne retiendrons que
ce qui est important : l’ange, et… le fait que, transporté
ou surgi naturellement ici, le monolithe ait été très
vite un lieu vénéré par nos premiers ancêtres
! En effet, qui peut nous dire ce qu’il y aurait de plus admirable
sur ce lieu : un rocher natif… ou un mégalithe devenu le
point focal d’un culte oublié ?
De plus, nous pourrions aller encore plus loin dans cette considération.
Si, géologiquement, le menhir du Flat est une ‘aiguille’
entièrement naturelle prolongeant son socle natif, l’effet
sur les premiers hommes ne pouvait qu’en être plus remarquable
et… sacré… Ils ne pouvaient alors que supposer ici
un signe magique et merveilleux à leur intention… D’une
manière ou d’une autre, le culte pouvait se faire ici et
les morts être ensevelis dans la périphérie sacrée
de la seconde enceinte.
Nous apporterons encore un détail concernant le menhir. Il y a
près de quarante ans, l’ancienne municipalité s’inquiétait
du fait que le menhir présente un tassement au pied d’une
de ces faces. On disait alors qu’ici quelqu’un avait tenté
de faire un trou en cherchant l’accès vers un trésor
ou la sortie des mines romaines locales… dissimulées sous
le menhir. L’affaissement prononcé s’approfondissant
encore, il fut décidé de tasser des cailloux dans ce nouveau
vide. C’était l’époque où il était
toujours de coutume, à un certain moment de l’année,
de monter au sommet du mégalithe, les garçons restant debout
et les filles s’asseyant dessus. La cavité pouvait déstabiliser
le monolithe et finir par le faire vaciller au risque d’écraser
quelqu’un. D’où provenait cet effondrement ?…
à cet endroit il était alors possible d’enfoncer une
tige métallique et ne pas sentir de résistance notoire…
comme dans une terre meuble ou une faille. Enfin, nous avons eu l’occasion
d’assister à une sorte de manifestation près du menhir,
durant laquelle eut lieu une expérience saugrenue. Une dizaine
d’hommes disposés sur deux côtés opposés
du rocher le poussèrent d’un côté à l’autre
par saccades. Au bout de plusieurs tractions violentes mais solidement
rythmées, le mégalithe eut un ou deux soubresauts très
nets… il bougeait sur sa base ! Cette ‘démonstration’,
très contestable, eut cependant le mérite de montrer que
le menhir, oscillant sur sa base, n’était en rien solidaire
d’un socle quelconque. Il était bel et bien ‘posé’
comme le sont ses frères menhirs de Carnac, en Bretagne.
Il
reste qu’indéniablement l’homme fit de cet endroit
un lieu magique et rituel où il ensevelit plusieurs de ces semblables.
Après tout… n’est-ce pas ceci qui compte le plus ?
Quant à l’avis de certains… scientifiques en matière
d’archéologie, il est peut-être utile de rappeler les
ennuis d’un certain monsieur Fradin. En défrichant un terrain,
il met à jour les vestiges d’une civilisation inconnue qui
pouvait révolutionner l’histoire de l’écriture.
Horreur !!!... s’écrièrent les savants, ne pouvant
supporter qu’un ‘paysan’ sans connaissance puisse se
réclamer ‘inventeur’ d’un tel site. Ce fut le
signal de la ruée sur le pauvre Fradin qui fut roulé dans
l’infamie et accusé d’être menteur, mythomane,
farceur, fou furieux et même faussaire… Car comment, pour
messieurs les doctes savants, expliquer autrement ce que notre homme affirmait
avoir trouvé le plus naturellement possible. Ensuite, ce fut la
déferlante des experts criant aux fausses pièces archéologiques,
alors qu’il fut prouvé ensuite que l’un d’entre
eux avait ‘salé’ le site de fausses poteries ! Fradin
ployait sous la honte et les sarcasmes. Oui… mais voici qu’il
y a environ 4 ans, un autre site, un autre… Glozel, fut mis à
jour, hélas par un savant archéologue. Malgré le
silence embarrassé du ‘milieu’, ce fut la consternation
dans les chaumières de messieurs les doctes accusateurs du pauvre
Fradin… Une déclaration eut lieu en public, en 2005, à
Paris, montrant la véracité des faits : il s’agissait
de la découverte des mêmes pièces que celles trouvées
à Glozel ! C’est alors face à un parterre scientifique,
ne se décidant toujours pas en s’empourprer le front du rouge
de la honte, que le brave monsieur Emile Fradin fut enfin lavé
de tous les soupçons et calomnies dont il avait été
la cible… Glozel, ‘son’ Glozel était reconnu
authentique !
Mais restons chauvins au moment de revenir à notre cher Pilat.
C’est lors de l’arrachage d’arbres énormes que
naquit cette anecdote. Nous sommes en un lieu appelé ‘Champ
des fustes’. Les profondes racines viennent de remonter avec elles
des vestiges laissant deviner, entre d’énormes pierres encore
dressées, des ossements et des tessons de poteries. Arrive immédiatement
un certain monsieur Déchelette, docte archéologue s’il
en est un. Il déclare froidement que ces ‘cailloux’
ne sont rien d‘autres… qu’un vulgaire ‘empierrement
contemporain’ !... Puis, hautain, il s’en va, en emportant,
dans un sac, les ossements et tessons… en précisant que d’ailleurs
il n’y avait ni vestiges ni mobiliers dans ce ‘trou’.
Ce fut ‘un rude coup pour la fanfare’ quand on sut que le
garde champêtre communal, grand amateur des premiers appareils photographiques,
avait eu le temps d’immortaliser pour la postérité
cette mise à jour, sur de nostalgiques clichés aujourd’hui
bien poussiéreux. Et le docte scientifique ? Et bien, il continua
à rédiger paisiblement des ouvrages qui font encore référence
et autorité aujourd’hui… des traités restant
à jamais les bibles vénérées pour des générations
d’archéologues qui en font leur livre de chevet. Mais, dans
ces ‘doctes bibles’, combien ‘d’empierrements
contemporains’ minutieusement cités servirent de lugubres
cimetières à on ne sait combien de ‘Champs des Fustes’
??? Et qui peut dire le sort réservé au Menhir du Flat,
le jour où d’autres scientifiques viendront l’éclairer
de leur… science? Deviendra t’il un autre empierrement contemporain
? N’aura t’il alors plus rien de son… ‘piquant’?
Qui peut le dire ???...
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