Mystérieuse pyramide de Falicon
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Domenico RossetiNous sommes le 24 mars 1803. Un certain Rosseti Domenico, avocat de son état, séjourne chez le conseiller de Préfecture Giacomo Vinay. Les ancêtres de ce dernier détiennent depuis la Révolution Française une propriété sise aux pieds du Mont-Chauve. Cette dernière est composée des terres tenantes à 3 maisons, un moulin, une citerne, un puits, 2 sources et “une tourre ditte colombière”. Si l’ensemble, à cette époque trouble, est déclarée en “très mauvais état”, il en reste aujourd’hui quelques murs ruinés et fondations mangées par les buissons.
La propriété vendue comme bien national, appartenait depuis la fin du XVIIIe S. à la famille Peyre de la Coste dont plusieurs des membres appartenaient, selon Marcelin Rodange, à certaines sociétés que nous qualifierons de “discrètes”: Franziot et Jean Marotti, affiliés l’un à “La Vraie Fraternité des Frères Antiques”, l’autre à “Les Sectateurs de la Vertu”. Carles, membre avec son oncle Robert, de “La Fraternité Blanche” d’Avignon. Il semble, d’ailleurs, que ce site soit toujours resté entre les mains de familles à propos de connaissances hermétiques, c’est ainsi que les prédécesseurs des Peyre de la Coste, au XVIe S., étaient les Tonduti de l’Escarène seigneurs aussi de Falicon.
En ce qui concerne cette famille, nous retrouvons plusieurs de ces membres
affiliés à cette société plus connue sous le nom
d’“Angélique”... Les armes parlantes personnelles du
sire Canoran Pietro de l’Escarène portaient, outre le blason familial,
un carré magique entre 2 chimères... le tout surmonté d’une
pyramide à ouverture!
Cet héraldisme se trouve toujours, avec quelques documents faisant état
du passé chevaleresque de certaines terres de Falicon, et de seigneurs
notoires du XIVe S., lié à de très anciennes traditions
de cultes difficiles à résumer ici en quelques mots.
On pourrait cependant dire qu’il s’agissait de règles initiatiques
très hermétiques concernant des rites techtoniens d’origine
orientale... et d’un culte attenant au souvenir d’une créature
gigantesques maintenue dans une tombe-prison dont l’accès était
contrôlé, et fermé, par les bâtiments propriété
des de l’Escarène.
Gravure
de Louvois montrant Melle Boquet explorant la grotteMais revenons encore à Domenico Rossetti. Il s’intéressera
tant à ce qu’il appelle “La Grotte du mont Chauve”
qu’il lui dédiera, en 1804, un poème de 1300 vers... On
retiendra la valeur symbolique d’un tel nombre! Son intérêt
penchera vers l’étrange gouffre fermé par la pyramide. Il
décrit, avec emphase, les concrétions calcaires découvertes
dans la grotte “blanche comme neige”... La grotte du Mont Chauve
sera décrite dans de multiples ouvrages touristiques des années
1800 ainsi qu’au début du siècle. Nombre d’érudits
se pencheront sur cette curiosité naturelle:
1812: Melle Boquet. 1823: Marius Nodarier. 1835: le chevalier Paul-Guillaume
Barbere. 1843: Roubaudi. 1859: les abbés Dunier et Monveraul. 1870: le
docteur Roger Baraul... et d’autres.
C’est en 1898 qu’aura lieu, sous l’initiative du professeur
Jean-Robert Salifard, la première véritable exploration du réseau
souterrain accessible par le gouffre de la pyramide. Le compte-rendu fut riche
de 657 pages manuscrites dont 174 planches, cartes, croquis et tracés.
Les relevés de Salifard font état d’une prospection complète
concernant les 3 cheminements de la seconde salle. L’un de ces 3 cheminements
semble se poursuivre longuement, et le compte-rendu mentionne des “passages
constatés réaménagés car trop étroits”...
Jusque là rien de bien extraordinaire.
Mais voilà à présent une remarque bien insolite. Jules
Gavet, spéléologue notoire, en 1901, prétendu “premier
à publier l’étude scientifique de la grotte...” (???)
mentionne “obstrués” les prolongements de la seconde salle.
Cette affirmation de constat est reprise par ailleurs dans le travail d’Henri
Broch de 1976.
Alors? Que s’est-il passé entre le rapport Salifard de 1898 et
celui de Gavet en 1901? Nous sommes obligés de constater qu’entre
les deux dates une ou deux galeries seront comblées d’une manière
indiscutablement artificielle!!! Pourquoi dissimuler ces boyaux s’ils
sont innocents? Et encore: qui avait intérêt à réaliser
ces travaux de “fermetures”?
A présents observons d’autres aspects dans cette affaire. Maurice Guinguand publie un ouvrage sur le sujet avec le sous-titre “Pyramide Templière”. Henri Broch, en 1976, suivra partiellement l’hypothèse selon laquelle les terres concernées soient propriétés de l’ordre du Temple. Hypothèse? Il est très curieux de constater que les deux auteurs ne mentionnent nulle part la thèse résumant près de 40 ans de recherches assidues de Jean Carrond. Ce dernier eut accès à des documents familiaux d’un certain Baron de Raudie. Carrond suppose que ce nom est un pseudonyme. Mais les documents très anciens qu’il consulte font état d’un dépôt, certes peu volumineux, mais d’une importance capitale dont les ancêtres de De Raudie avaient teneur. Ce dépôt semblait primordial et il est fait mention d’une histoire pour le moins étrange.
L’Ordre du Temple est implanté sur le secteur niçois dès le début du 12e S. En octobre 1307, Anger Guigonis, informé la veille de l’arrestation de son Ordre, décide d’évacuer un certain dépôt en objet et documents. Le site niçois et la région périphérique sont riches de lieux templiers très importants et primordiaux sur le plan tellurique. Près d’une trentaine d’emplacements sont occupés par l’ordre du Temple. Par exemple: Biot, Isola, Utelle, Cuebris, Tourette-sur-Loup, ... Plus d’un de ces lieux méritent une attention particulière et nous y reviendrons forcément au long d’un article suivant. Comment cet ordre puissant aurait-il pu ne pas connaître le site de Giaïnes et surtout l’intérêt qu’il pouvait représenter par ces particularités telluriques et géologiques souterraines. En effet il est certain, et prouvé, que le sous-sol est parcouru, ici, de plusieurs réseaux, aménagés ou non, de boyaux naturels de longueurs considérables pouvant fort bien correspondre entre eux et relier ainsi plusieurs endroits.
Pourquoi l’Ordre du Temple n’aurait-il pas utilisé ces réseaux
souterrains pour dissimuler son dépôt de la commanderie de Nice?
Et sur ce propos observons quelques détails:
1/
Un des chemins conduisant à la pyramide s’appelle “Chemin
de Rosemont”. L’étymologie de ce nom se passe de commentaires.
D’une part il porte sa signature liée à un système
rosicrucien bien connu, même s’il pouvait être “involontaire”.
D’autre part le nom du lieu est identique à celui du dernier propriétaire
du site d’Arginy en Beaujolais... Hasard, bien sûr!!! Mais tout
de même à noter.
Chateaurenard
et la trace de Grasset d'Orcet2/ Le site de “Château Renard” et de ses ruines antiques
plusieurs fois réutilisées au fil des siècles, s’il
retenait l’attention des écrivains spécialisés...
ne fut jamais étudié dans ses racines étymologiques hermétiques
selon la Langue des Oiseaux! En effet les études de Grasset d’Orcet
montrent clairement que le “Renard” correspond en symbolique d’écriture
hermétique à une portée religieuse cryptée en liaison
étroite avec un ordre puissant et occulte.
3/ Enfin une évidence difficilement contestable. Le fait que le site
concernant la pyramide (qu’elle existât ou non à cette époque)
et le hameau de la Bastide n’ait jamais été directement
propriété de l’Ordre du Temple le mettait à l’abri
de toutes investigations futures et assurait ainsi, à un éventuel
dépôt, sécurité et tranquillité jusqu’au
jour de sa destinée première.
Quand à la grotte elle-même, et surtout la première salle souterraine, elle est indéniablement destinée à un culte. Quelques concrétions ont effectivement des profils humains et animaux. 7 marches y sont aménagées, ainsi qu’une petite plate-forme ayant probablement eut un usage d’autel. Culte mitraïque? Pourquoi pas! Cultes aux forces obscures et techtoniennes? Certainement! Par ailleurs la conjugaison des deux n’est pas incompatible même avec un culte qui deviendra dès l’apparition de la religion, celui des antiques matrones reconverties en vierges noires ou autres Notre Dame de “soubsterre”. De là à penser à quelques aspects hermétiques de l’Ordre du Temple, il n’y a qu’un pas!
Vue
intérieur de la 1ère saleIl reste encore le détail irritant dont aucun auteur, à notre connaissance, ne fait état. Quelle est donc cette étrange “Société d’Equilégna” qui remontait, vers 1927, de curieuses pierres taillées ou sculptées récupérées sous un amas rocheux de la seconde salle? Et comment expliquer que seule cette société fit cette découverte... Hasard, ou connaissance? Il s’agissait “de pierres de teinte vaguement verdâtre assez laiteuse et tièdes comportant gravures et dessins” Les responsables de l’expédition d’Equilégna prétendaient suivre, dans un second temps, de cette deuxième salle “le trajet du vent brumeux et le saut de l’Ange”!!! Ils prétendaient détenir une notice écrite au XVIIIe S. concernant la pyramide et ses réseaux. Ce texte, dont ils font mention dans leur bulletin N°85, donnait, en outre, l’inscription complète tenue sur l’entrée de la construction, et que Gavet en 1901 ne pouvait déjà plus déchiffrer.
Enfin, plus près de nous, en 1922, s’installe près du site
de Falicon, un certain Etienne Gotteland. Etait-ce son nom véritable
ou un pseudonyme? Quoiqu’il en soit, le hasard ferait rudement bien les
choses!
Toujours est-il que ce dernier, rattaché à au moins deux sociétés
ésotériques, entame des études et recherches sur l’histoire
et les lieux annexes concernant Falicon. Il fonde ici “l’Université
Pratique”. En ce qui concerne la pyramide et le gouffre, Gotteland utilisera
le terme d’“Antre de la Sagesse”, et tentera d’en faire
classer le site. Cette louable démarche n’aboutira jamais, et l’on
est en droit de se demander pourquoi... Plusieurs années après,
“l’Université” disparaîtra, mais pas toutes ses
archives et documents. Une large partie de ces dernières se trouvent,
à présent, entre les mains de Messieurs Chapta et Manot. Pour
ce que nous avons pu consulter il est question (avec photographies) de modifications
de certaines parties des murailles de la “Bastide”... et encore
de la mise à jour d’une galerie “fort bien maçonnée”
(toujours avec photos) et encore de l’étude de “gravures
et vieilles peintures murales aperçues dans la salle basse découverte
au long de la galerie”.
Gotteland, se basant sur la précession des équinoxes, en 1922,
date le site de la pyramide (et non pas l’édifice lui-même)
de 4335 ans, soit pratiquement de l’époque de la Grande Pyramide
de Chéops en Egypte! Dans cette énigme rien ne paraît tout
à fait innocent.
Attention!!!Un travail, sur les mystères entourant l’affaire de la pyramide
de Falicon, serait en cours de réalisation. Des documents inédits
seront présentés sous peu. Ils offriront un peu plus de clarté
au travers des différentes et honorables thèses concernant cette
énigme. Il ne nous est pas permis de pouvoir en divulguer plus ici, mais
le voile se lèvera sans doute très bientôt.
En conclusion provisoire, il semble utile de préciser, à toutes
fins utiles, que la dégradation d’un édifice est sanctionné
par la législation, ainsi que toutes violations de propriété...
Et encore que souvent des inconscients, à leurs risques et périls,
en quête de sensations, tentèrent l’exploration sans équipement
sérieux des salles souterraines du gouffre sous la pyramide. Souvent
bloqués dès la seconde salle ces irresponsables durent leur sauvetage
à l’intervention des services de secours de la Protection Civile.
Il est donc recommandé d’agir, sur ces lieux et en général,
avec respect, prudence et discernement. Dans cet espoir nous laisserons, au
poème de Rosseti (2ème chant) le soin de nous confirmer que “
Ne fut pas sans raison édifier ce solitaire hôtel aride et sombre...”.
André Douzet