
Les inventions maudites
Le mythe du progrès
Le progrès n'est qu'un mythe ! Non parce qu'il n'existe pas en
tant que tel, c'est-à-dire évolution des sciences, des technologies
et des mentalités comme le prétendent par exemple les philosophes
du pessimisme inconditionnel… mais en raison du fait que, malgré
nous et toute notre bonne volonté, nous ne faisons jamais avancer
véritablement connaissance et savoir-faire. Au contraire, une analyse
un peu serrée de l'histoire des sciences et des techniques démontre
qu'à toute tentative d'innovation, qu'à toute découverte
correspond une puissante réaction occulte dont l'objectif semble
être d'étouffer systématiquement notre marche en avant,
de retarder l'avènement du progrès au maximum.
« Peut-être faut-il admettre que toute science est maudite
! » écrivait en 1970 Michel Magrat, professeur au Collège
de France. Il songeait, à travers ces mots, à la responsabilité
du savant dans les armes terrifiantes qui mettent en danger l'avenir de
notre planète. Mais sans doute voulait-il aussi évoquer,
par cette formule lapidaire, une gigantesque conspiration qui s'étend
à l’échelle de la planète, qui déborde
les siècles et les philosophies et s'efforce, dans les ténèbres,
d'occulter les découvertes. Chaque fois, ou presque, que nous sommes
sur le point de faire un immense pas en avant, ses responsables interviennent
et il faut des décennies à l'homme pour retrouver le chemin
du progrès. Il y a ainsi des inventions maudites et des secrets
bien protégés que des siècles de tâtonnements
seront nécessaires pour remettre à jour. Il y a des livres
que gardent des menaces terrifiantes, des connaissances et des technologies
soigneusement occultées, des découvertes enchaînées
dans l'ombre. A l'extrême, nous affirmons que tout se passe comme
si nous n'inventions jamais rien, officiellement du moins. Nous passons
notre destinée d'êtres intelligents à traquer des
solutions qui existent déjà, à forcer leurs ténébreux
dépositaires de rendre gorge, à leur faire admettre que
l'humanité mérite enfin de profiter des acquis scientifiques
qu'ils s'acharnent à dissimuler.
La chaîne de la tradition
Nous
utilisons couramment l'électricité depuis environ une centaine
d'années. Notons tout d'abord que Thomas Edison n'invente pas grand-chose
avec sa lampe à filament. Le principe est posé dès
1810 par Sir Humphrey Davy et encore perfectionné en 1840 par William
Groves. Mais, malgré le besoin qu'on en avait, l'ampoule électrique
ne voit vraiment le jour (ou la nuit) qu’à la fin du siècle,
avec les travaux d'Edison. Certains diront que ce retard d'application
généralisée d'une technique ayant duré près
d'un siècle est le fait du hasard, qu'il n'y a rien de mystérieux
ou d'occulte là-dedans. En ce qui concerne les récits datant
de l'Antiquité qui parlent de lampes brûlant sans huile ni
flamme, ils les taxent de légendes et nous n'avons guère
d'arguments probants à leur rétorquer.
Thomas Edison dans son laboratoire
Mais comment expliquent-ils l'histoire du rabbin Ye'hiel qui vivait au
temps de Saint Louis, au XIIIe siècle ? La chronique qui la rapporte
est contrôlable. Il s'agit de la Chaîne de la Tradition (Guedalya
ben-Yahia). Plusieurs contemporains du savant juif et du roi Très-Chrétien
en font également mention et s'étonnent du mystère
dont ils ne savent pas s'il faut le qualifier de démoniaque…
ou le mettre sur le compte de la science d'un Kabbaliste très en
avance sur son temps. Saint Louis, dont l'Histoire nous laisse un portrait
suspect à bien des égards, défend le rabbin Ye'hiel
dont il apprécie l'intelligence supérieure, le savoir-faire
prodigieux et surtout l'honnêteté intellectuelle. Il lui
permet par exemple, ainsi qu'à ses collègues, de discuter
avec les docteurs de l'Université Catholique, espérant que
de cette assemblée naîtrait la volonté de concilier
judaïsme et chrétienté. Mais il le protége surtout
contre la Sainte Inquisition qui s'intéresse de très près
aux découvertes du savant juif. Il a fabriqué des automates
presque aussi « intelligents » que des êtres humains
lui servant de serviteurs. Sa demeure, dans le Marais, est gardée
par un système qui lui permet de voir et d'entendre depuis l'intérieur,
dans une sorte de miroir, les personnes qui se présentent à
sa porte. On ne peut que songer à nos modernes circuits fermés
de télévision. Mais le plus remarquable était sans
doute une lampe qui, comme celles de Dédale et de Pythagore, éclaire
« sans qu'on y voie brûler le feu ». La chronique rapporte
que le rabbin a voulu la montrer au roi « et il s'y trouvait une
matière lumineuse comme de l'huile. Le roi fut surpris et il le
fit siéger en sa Cour ».
Ye'hiel savait-il construire une ampoule électrique et l'utiliser,
cela vers le milieu du XIIIe siècle ? La chose semble attestée
et, quoi qu'en disent les inquisiteurs, il n'y avait rien de magique ni
de diabolique là-dedans. Le rabbin avoue lui-même être
en possession de secrets qui lui viennent de ses ancêtres. Il propose
même à Saint Louis de lui faire connaître ces techniques
qui lui permettraient de fabriquer ce que nous appellerions des ampoules,
robots et circuits de télévision. Le roi refuse, craignant
de se mettre à dos la sainte et toute-puissante Inquisition. Et
nous sommes portés à croire, avec d'autres historiens, qu'il
reçut des consignes très précises de refuser catégoriquement
cette offre technologique. De qui et dans quel but ? C'est là tout
le mystère. Quoi qu'il en soit, le secret de la lampe d'Ye'hiel
et de ses autres inventions merveilleuses reste bien gardé durant
plus de cinq siècles !
Il n'y a pas de fumée sans feu. Sans aller encore une fois jusqu'à
solliciter les textes souvent obscurs et nécessairement mythiques
de l'Antiquité, on rencontre dans les chroniques de notre ère
trop de mentions d'automates, de machines qui parlent et pensent par elles-mêmes,
pour qu'il s'agisse toujours de pure fiction. D'ailleurs, les auteurs
de notre Moyen Age, par exemple, faisaient très précisément
la part, dans leurs écrits, du romanesque, de l'épique et
de l'événementiel, de la narration des faits. De telles
inventions ont bel et bien fonctionné des centaines d'années
avant leur «découverte» officielle. Mais il y a toujours
eu, sur le chemin de leurs constructeurs ou de leurs pratiques, de bonnes
âmes pour les juger diaboliques, ou du moins dangereuses pour leur
temps.
Les ordinateurs du pape Gerbert
Le pape Sylvestre
II, connu encore sous le nom de Gerbert d'Aurillac, est l'un des plus
mystérieux personnages du haut Moyen Age. Il est moine bénédictin
avant de devenir archevêque de Ravenne, puis pape grâce à
l'empereur Othon III… une autre individualité énigmatique
du temps. Gerbert aurait fait, avant d'accéder au trône de
saint Pierre, un étrange voyage vers les Indes ou plus loin encore,
et en aurait ramené de prodigieux secrets. Il possède ainsi,
dans son palais, une tête d'airain qui répondrait par oui
ou par non aux questions posées dans une langue qu'il est seul
à connaître et dont quelques contemporains ont retenu les
« accents brefs et métalliques comme épées
ou coutelas qui s'entrechoqueraient en écho ». La tête
merveilleuse lui répond infailliblement sur tous problèmes
de politique, d'économie et se montre capable de résoudre
toutes les énigmes mathématiques. Migne, dans sa Patrologie
latine, rapporte que selon les aveux du pape lui-même, le procédé
s’avère des plus simples. Il repose sur le principe du calcul
avec deux chiffres. Il s'agit en quelque sorte d'un appareil automatique
assez analogue à nos machines binaires actuelles qui ont servi
de base à la construction de ces grands ordinateurs en passe de
dominer toute notre civilisation ! La tête « diabolique »
fut détruite à la mort de Gerbert par un personnage, encore
plus mystérieux que lui, qui ne le quittait presque jamais et dont
on a dit qu'il était son conseiller secret. Etrangement, l'Histoire
n'a pas conservé son nom.
Les restes de la tête furent mis en lieu sûr. Il existait
aussi des documents, dans la bibliothèque de Sylvestre II, expliquant
clairement la fabrication et le fonctionnement de la machine. Sur ces
derniers, l'inconnu veille et les dissimule peut-être dans les archives
secrètes de la trop célèbre bibliothèque du
Vatican. Les mystères de cette dernière ne sont pas un mythe…
Combien de fois, au cours des siècles, voyons-nous disparaître
dans les combles vaticanes des livres, machines ou schémas dont
il n'a plus été reparlé qu'avec crainte et précaution
depuis !
Citons, après Bergier et Pauwels, le numéro d'octobre 1954
de ‘Computers and Automation’, une revue de cybernétique
qui s'étonne qu'on ait mis des centaines d'années, presque
un millénaire, pour « redécouvrir » le principe
de l'ordinateur. « Il faut supposer un homme d'un savoir extraordinaire,
d'une ingéniosité et d'une habileté mécaniques
extraordinaires. Cette tête parlante aurait été façonnée
‘sous une certaine conjonction des étoiles qui se place exactement
au moment où toutes les planètes sont en train de commencer
leur course’. Il n'est question ni de passé, ni de présent,
ni de futur, cette invention dépassant apparemment de loin la portée
de sa rivale : le pervers ‘miroir sur le mur’ de la reine,
précurseur de nos cerveaux mécaniques modernes. Il fut dit,
évidemment, que Gerbert ne fut capable de produire cette machine
que parce qu'il était en rapport avec le diable et lui aurait juré
éternelle fidélité». D'autres partagent le
secret de Gerbert, malgré les précautions prises par l'énigmatique
conseiller du pape, et on trouve des « têtes qui parlent »
durant tout le Moyen Age, chez les templiers par exemple. Et, parallèlement,
des « messagers divins » s'empressent, dans chacun des cas,
de détruire aussi vite qu'ils le peuvent les œuvres de Satan.
A l'époque de Saint Louis, et du rabbin Ye'hiel, vit à Paris
un grand savant que le juif eut sans doute l'occasion de rencontrer, maître
Albert le Grand. Nous le connaissons surtout, aujourd'hui, pour ses Secrets
merveilleux (Grand et Petit Albert) qui posent d'ailleurs un problème.
Sont-ils apocryphes comme le prétendent ceux que fait sourire la
naïveté de leurs recettes et de leurs théories pseudo
scientifiques ? C'est possible. Mais il y aurait une autre solution dont
aimait à parler un spécialiste de cryptographie, le regretté
Jacques Bergier. Il se pourrait que les Secrets merveilleux, qui nous
paraissent aussi naïfs, soient codés, qu'il faille les lire
d'une certaine manière. Alors apparaîtrait leur sens véritable
et sans doute apprendrions-nous beaucoup sur les grands mystères
de l'univers. Car la magie n'a rien à voir avec la superstition
facile ou la sorcellerie vulgaire. C'est une appréhension secrète
du monde qui permettrait effectivement de réaliser des choses fabuleuses.
Mais, là encore, tout s’est étrangement occulté…
ou bien tout l'a été, ce qui est plus vraisemblable. On
maintient dans l'ombre d'incroyables possibilités pour l'homme
de s'imposer au monde, et à lui-même, sous d'apparentes niaiseries
comme le Grand et le Petit Albert. Le code est perdu ?... à moins
qu'il ne soit bien gardé.
Les secrets de Maître Albert…
Maître Albert
vivait à Paris, depuis 1240, dans une maison de la rue Perdue qui
aujourd'hui porte son nom (rue Maître Albert). Son enseignement
passionne les étudiants qui se réunissent pour l'entendre
à quelques pas de là, place Maubert. Il leur explique les
Ecritures, pour ne pas avoir de problèmes avec la Sainte Inquisition,
mais aussi les sciences, la physique. Il prône une méthode
révolutionnaire : on ne doit rien affirmer avant de l’avoir
vérifié par l'expérience. Thèse nouvelle et
aberrante en un temps où on apprenait par cœur, sans les discuter,
les écrits des Anciens, qu'il s'agisse ou non des pires invraisemblances.
L'Eglise et l'Université s'y conformaient sous peine d’hérésie,
faisant ainsi à leur insu le jeu de ces étranges gardiens
du savoir qui tentent de rejeter toute innovation dans les ténèbres.
Maître Albert possédait des secrets merveilleux qui n'ont
rien à voir avec les recettes délirantes de ses livres.
On a gardé, en particulier, le souvenir de son androïde, un
petit être artificiel qu'il aurait construit pour le seconder dans
ses recherches. On a essayé de répandre le bruit qu'il ne
s'agissait que d'un vulgaire automate mû par des ressorts. Mais
la vérité semble avoir été bien différente.
Tous les témoins racontent comment Maître Albert se servait
de son invention au cours de ses travaux. Il posait des questions et l’androïde
répondait. Il savait effectuer des calculs beaucoup plus vite que
n'importe quel être humain et possédait une mémoire.
Etait-ce une sorte de computeur auquel, par dérision ou pour ne
pas effrayer ses élèves, le savant avait donné forme
humaine ? C’est très probable car on retrouve dans les témoignages
la notion de calcul avec deux chiffres. La machine fonctionna peu de temps.
Un des disciples d'Albert, Thomas, qui deviendra le théologien
bien connu saint Thomas d'Aquin, s'avisa que l'œuvre du maître
ne pouvait être inspirée que de Satan. Il détruisit
le merveilleux androïde à coups de bâton. Etrangement,
après cette affaire, Albert fut « muté » à
Cologne où on le pressa de ne plus enseigner que la théologie.
S'il construisit là-bas d'autres ancêtres de nos computeurs,
l'Histoire - qui est bien gardée, comme nous l'avons vu - ne le
mentionne pas.
Un mystérieux abbé Trithème
Quel fut,
au XVe siècle, le secret du mystérieux abbé Trithème?
Jean de Heidenbefg prit ce nom lorsqu'il fonda avec deux amis, en 1480,
une société secrète pour l'étude de la magie,
des nombres et mathématiques. Il écrivit une œuvre
étrange qui fut détruite par le feu sur ordre de l'électeur
Philippe (le comte palatin Philippe II), la ‘Stéganographie’.
Il n'en a jamais été conservé un exemplaire complet.
Et pour cause ! Voici comment en parle son auteur lui-même : «
Je peux vous assurer que cette œuvre par laquelle j'enseigne nombre
de secrets et de mystères peu connus semblera à tous, encore
plus aux ignorants, contenir des choses surhumaines, admirables et incroyables,
attendu qu'auparavant personne n'en a jamais écrit ou parlé
avant moi. Le premier livre contient et montre plus de cent façons
d'écrire secrètement et sans aucune suspicion tout ce qu'on
voudra et dans n'importe quelle langue connue, sans que l'on puisse en
soupçonner la teneur. Dans le second livre, je traiterai de choses
encore plus merveilleuses qui s'apparentent à certains moyens grâce
auxquels je puis, d'une façon sûre, imposer ma volonté
à quiconque saisira le sens de ma science, aussi loin soit-il,
même à plus de cent lieues de moi, et cela sans qu'on puisse
me soupçonner d'employer signes, figures ou caractères quelconques.
»
L'abbé Trithème a-t-il inventé la radio et perfectionné
le système au point de le rendre indétectable ? Il est peu
probable qu'il s'agisse de la transmission d'ondes telle que nous la connaissons
aujourd'hui. Son secret dispose d’un champ d'applications autrement
plus vaste. Il semble avoir fait une découverte formidable permettant
de transmettre des informations sans qu’elles puissent être
décelées, mais aussi d'agir à distance, d'influencer,
de mouvoir la matière de très loin, de résoudre des
énigmes, de connaître ce qui est secret, etc. C'est du moins
ce qu'il prétend dans sa préface. Si ce n'avait été
qu'un vulgaire délire, pourquoi aurait-on détruit le livre
? Pourquoi les fragments qui purent en être recopiés, et
pourtant difficilement utilisables, furent-ils frappés de l'interdiction
de l'Eglise jusqu'en 1909 ?
Beaucoup plus tard, au XVIIe, le père Le Brun signale que l'utilisation
de certains des secrets de Trithème comporte la nécessité
d'un appareillage. « J'ai ouï dire plusieurs fois, écrit-il,
que quelques personnes s'étaient communiqué des secrets,
plus de cinquante lieues plus loin, par des aiguilles aimantées.
Deux amis prenaient chacun une (sorte de) boussole, autour de laquelle
étaient gravées les lettres de l'alphabet, et on prétendait
qu'un des amis faisant approcher l'aiguille de quelqu'une des lettres,
l'autre aiguille, quoique éloignée de plusieurs lieues,
se tournait aussitôt vers la même lettre. » Le père
Le Brun a expliqué les choses avec les mots qu'il avait à
sa disposition : boussole, aiguille aimantée, lettres de l'alphabet,
correspondance « magique » entre les sujets. Il semble plutôt
à notre mentalité moderne qu'il s'agisse de quelque chose
de beaucoup plus compliqué, d'un appareillage de transmission basé
peut-être sur des ferrites, des transistors. Et encore, ce ne sont
là que les miettes des secrets de Trithème que ces deux
« amis » du XVIIIe siècle utilisaient pour correspondre
sur des distances de 4 à 500 kilomètres !
L’ingénieur John Dee
Autre personnage
non moins étrange que l'abbé Trithème, l'Anglais
John Dee. Sans examiner véritablement les problèmes que
posent ses voyages, dans d'autres dimensions par exemple, ou sa liaison
avec d'étranges supérieurs inconnus, nous nous contenterons
dans ce propos d'évoquer l'inventeur maudit. En ce XVIe siècle
d'idées bouillonnantes et de recherches effrénées
dans tous les domaines, John Dee est un scientifique et un ingénieur
de tout premier ordre. Il gratifie la flotte d'Elizabeth d'Angleterre,
sa protectrice, de toute une série d'inventions, de secrets de
navigation et de théories nouvelles de cartographie. En fait, comme
ceux dont nous avons parlé précédemment, il se passionnait
surtout pour une « certaine mécanique ». Durant ses
études à Cambridge, il passa maître dans la fabrication
de robots qui lui valurent tout simplement d'être expulsé
de cette digne université et même d'Angleterre. En Europe,
il découvrit à Anvers un manuscrit sans doute incomplet
de la Stéganographie de Trithème. Et pour lui, qui avait
déjà percé nombre de secrets que l'on s'est jusqu'alors
forcé d'interdire d'accès, ce fut une révélation
éperdue. Ses recherches et expériences aboutirent le 25
mai 1581 et dépassent toutes ses expériences.
Grâce à un procédé dont il n’est resté
aucune trace, il communique avec un être qu'il appelle « l'ange
» faute sans doute, nous affirment les exégètes, de
pouvoir le reconnaître comme un extraterrestre ou un voyageur du
temps ! L'être lui remet un appareil principalement composé
d'une sorte de miroir noir, d'une substance inconnue sur la terre, du
moins à son époque. Le miroir se présente comme un
morceau d'anthracite poli d'une certaine manière. L'ange lui explique
comment, à l'aide de ce « cristal », il peut ouvrir
une fenêtre sur d'autres mondes et entrer en contact avec des intelligences
non humaines.
John note les conversations avec ces êtres qu’il dit se dérouler
dans une langue étonnante qu’il appelle « l'énochien
». Remarquons au passage qu'il s'agit du premier langage synthétique
dont nous avons connaissance. Les « non humains » lui apprirent
sans doute des choses incroyables, lui dictèrent des connaissances
prodigieuses, sources d'inventions révolutionnaires. Les manuscrits
concernant les plus intéressants de ces contacts sont au secret
au British Muséum qui n'autorise pas, depuis lors, leur consultation.
Il en va de même pour le fameux miroir. Nul savant n'a encore obtenu
la permission d'en analyser la structure. Encore un objet maudit...
Dans quelques confidences extérieures aux manuscrits énochiens,
Dee parle de machines totalement automatiques, que l'on pourrait programmer
pour faire tout le travail que les humains trouvent fastidieux. Il assure
en posséder les schémas et déclare qu'il ne serait
pas difficile de les construire. Mais il a peur de l'Eglise encore puissante
en son temps et capable de le traîner au bûcher. Il connaît
les secrets d'une machine à manipuler les rêves pour obtenir
un pouvoir illimité sur les personnes. Il expose des théories
mathématiques que l'on retrouva plus tard à grand-peine
et dont vit actuellement toute notre science et une bonne part de notre
recherche appliquée... Encore des secrets interdits...
L’étrange document Voynich
Entre 1584
et 1588, John Dee, collectionneur acharné de manuscrits étranges,
offre à l'empereur Rodolphe II un texte écrit dans une langue
mystérieuse que l'on appelle aujourd'hui le manuscrit Voynich,
du nom d'un libraire américain qui l'acquit en 1912. Il aurait
été rédigé (mais sous quelle dictée
?) au XIIIe siècle par Roger Bacon, celui qui fut l'un des pionniers
de l'expérimentation scientifique et qu'on accusa de sorcellerie
parce qu'il avait osé écrire que l'homme était en
mesure de réaliser... le microscope, le télescope, les navires
propulsés par des moteurs, les automobiles, des machines volantes...
Personne n'a jamais pu décrypter ce manuscrit ou, plus exactement,
le seul qui y soit parvenu a été mystérieusement
réduit au silence. Il s'agit du grand spécialiste en cryptographie
américain de l'entre-deux-guerres, le professeur William Romaine
Newbold. Ce dernier découvrit sans doute la clé du texte
écrit dans une langue synthétique qui est peut-être
la même que ‘l'énochien’ de John Dee. Mais il
tergiversa trop quand il s'agit de publier les résultats.
Dans une série de conférences données en 1921-22,
il révèle pourtant certaines choses qui donnent à
l'affaire un retentissement mondial. « J'ai vu, écrit l'auteur
du Voynich, dans un miroir concave, une étoile en forme d'escargot.
Elle s'est trouvée entre l'ombilic de Pégase, le bustier
d'Andromède et la tête de Cassiopée... » Or,
à cette époque, on n'avait pas encore découvert l'existence
de la nébuleuse d'Andromède qui se trouve à l'endroit
précis évoqué par l’étrange livre. Elle
ne fut décelée que bien des années après la
déclaration de Newbold. Quelle sorte d'appareil était donc
ce « miroir concave » qui permettait de scruter des amas stellaires
que nos télescopes les plus modernes ne parviennent souvent à
déceler qu'avec peine ?
Et encore ne s'agit-il là que d'une révélation minime
du manuscrit ! Certaines phrases imprudentes de Newbold font allusion
au « secret des étoiles nouvelles », à des systèmes
extraordinaires pour en capter les formidables énergies et les
utiliser à des fins humaines... Nous ne sommes pas loin de nos
théories les plus avancées de l'univers où il est
question de novae, de quasars et des formidables ressources qu'il serait
possible d'en tirer... si nous savions construire l'appareillage nécessaire.
Se peut-il que le secret en soit très simple et contenu dans le
manuscrit Voynich ? Pourquoi pas ?
John Dee était capable de choses que nous ne sommes pas encore
en mesure de réaliser. La preuve est faite que quelqu'un ou quelque
chose cherche à orienter notre savoir dans la mauvaise direction,
que la plupart des grandes inventions de notre siècle, par exemple,
existent depuis longtemps mais aussitôt occultées...
Le XVIe siècle n'a pas profité des découvertes de
Dee et le notre n'a pas encore pu accéder au Voynich. On s'est
opposé à ce que Newbold, qui paraît en avoir trouvé
la clé, révèle quoi que ce soit. Des bribes lui ont
échappé qui contiennent à elles seules de fantastiques
perspectives. Aujourd'hui Newbold est mort et, bien que l'on ait passé
au crible les documents qu'il a laissés, aucun ne donne la clé
du manuscrit mystérieux.
Les ondes trop courtes de Mikhaïl Filipov
Dans la nuit
du 17 au 18 octobre 1903, de mystérieux inconnus assassinent dans
son laboratoire le savant russe Mikhaïl Filipov. C'était peut-être
l'esprit le plus brillant de son temps. La veille de sa mort, à
45 ans, il prépare sa 301ème publication et c'est sans doute
à cause de son contenu qu'il trouve la mort. La police qui s'empare
de l'affaire… ne découvre bien entendu pas les criminels
mais confisque tous les papiers, documents et manuscrits du savant qui
brûlent peu après avec son laboratoire.
Filipov a cependant le temps d’avertir ses amis de sa découverte
: il a découvert le moyen de construire un appareil pour transmettre
par radio de l'énergie ! « Je peux transmettre sur un faisceau
d'ondes courtes, lit-on dans une lettre, toute la force d'une explosion.
L'onde explosive se transmet intégralement le long de l'onde électromagnétique
porteuse, ce qui fait qu'une cartouche de dynamite explosant à
Moscou peut facilement transmettre son effet jusqu'à Constantinople
et plus loin... Les expériences que j'ai faites démontrent
que ce phénomène peut être produit à des milliers
de kilomètres de distance. L'emploi d'une telle arme dans la révolution
fera que les peuples se lèveront et que les guerres vont devenir
totalement impossibles... »
Au stade de cette dernière phrase, Filipov se berce de douces illusions.
Il vient de mettre au point une arme fantastique, ni plus ni moins, qui
va peser lourd dans les luttes d'influence qui commencent, en ce début
du XXe siècle, à s'exercer à l'échelle planétaire.
Gorki publie par la suite un entretien qu'il eut avec le savant et dans
lequel il est question de transport d'énergie à distance
pour industrialiser des pays lointains et même des planètes
voisines. Mais ceux qui ont assassiné Filipov songent sans doute
surtout à une application militaire. Pacifistes ou jaloux, ces
mystérieux censeurs ont frappé. Et il faudra attendre notre
époque pour que l'on redécouvre le moyen de créer
une énergie lumineuse à partir d'une compression d'argon
pour ensuite la concentrer sur faisceau laser et ainsi la transmettre,
sous forme de lumière, à grande distance. Et encore le procédé
n'est-il pas totalement au point, contrairement au système Filipov...
La double hélice muselée
Les tentatives de black-out d'inventions et de technologies peuvent prendre
toutes les formes. En U.R.S.S. par exemple, un autodidacte fanatique et
protégé de Staline, Lyssenko, lance, pour des décennies,
toute la biologie, toute la génétique et presque toute la
science soviétique dans l'erreur. Appuyé par des hommes
politiques et le ‘Petit Père des Peuples’ en personne,
il forge de toutes pièces une fausse biologie de son cru, à
laquelle il est préférable d’adhérer à
moins de préférer la lente extermination du goulag. Il empêche,
notamment, la découverte en U.R.S.S. de la double hélice
de l'A.D.N. dont les scientifiques russes sont proches en leur temps.
Et si elle avait eu lieu, où n'en serait-on pas maintenant ? Sans
doute serions-nous en possession aujourd'hui du secret de la vie...
A propos d'A.D.N.,
on aurait bien voulu étouffer la découverte du professeur
James Watson, dans les années 50. A croire que cela gêne
prodigieusement ‘certains’ que nous avancions dans le secret
de la vie. Lorsque des fragments du Livre la Double Hélice - racontant
l'histoire de la découverte qui, il est vrai, bouscule un peu la
tranquillité hypocrite de la science - paraissent dans Atlantic
Monthly, l'affolement règne immédiatement. Aucun éditeur
important ne veut éditer le manuscrit complet alors que tout le
monde est persuadé que c'est, sans doute, la découverte
du siècle. Aucun chroniqueur scientifique n'accepte d'en parler
dans ses colonnes. Et pour cause ! Le monde de la science est singulièrement
mis à mal dans l'affaire. Il est surtout décrit tel qu'il
est, loin de l'image que s'en fait un grand public qu'on entretient dans
le respect. « Un ramassis de crétins et d'ambitieux prêts
à toutes les compromissions », voici les propres termes de
Watson... Un monde que l'on manipule avec la politique, l'argent ou la
menace. Un monde qui n'hésite pas à occulter les plus grandes
découvertes quand elles le dérangent ou - Watson insiste
là-dessus - quand passe la consigne de le faire...
La question se pose. Qui est à l'origine de cette loi du secret
? La simple mesquinerie de certains qui ne veulent pas perdre leur acquis
en voyant déferler des innovations reléguant leurs propres
« certitudes » au rayon des antiquités ? C’est
loin d’être suffisant pour mettre en jeu des opérations
de black-out d'une envergure parfois internationale. On utilisera plutôt
cette mauvaise foi pour mener à bien ces campagnes, mais les directives
sembleraient venir de bien plus loin, de bien plus haut...
Sur ce genre de sujet, Bergier parle d'hommes en noir qui seraient des
sortes de veilleurs à la solde d'une organisation secrète
contrôlant notre destinée universelle. Nous n'aurions l'autorisation
de découvrir quelque chose qu'à certains moments, quand
cette découverte sert justement les desseins de ces supérieurs
inconnus. De fait, ils nous protégeraient de nos erreurs possibles,
des dangers nous guettant au moment de manipuler des techniques qui ont
déjà mené, par le passé, la terre à
la catastrophe. Dans ce cas, pourquoi favorisent-ils parfois les guerres
et les hécatombes ? On nous dit qu'ils ont un plan à long
terme pour mener l'humanité au meilleur des mondes. Peut-être,
mais alors même les plus intelligents et les plus puissants d'entre
nous ne sont que de pauvres marionnettes...
Science Magique
Contrairement à ce que l'on a prétendu, des recherches
magiques furent conduites en Italie fasciste sous l'égide des conseillers
occultes du Duce. L'une des expériences consiste alors à
concentrer, à l'aide d'un télescope spécial, la lumière
provenant d'une étoile sur de l'eau pure. On obtient ainsi l'eau-Sirius,
l'eau-Antarès, l'eau-Aldébaran. « Il fallait ensuite
cristalliser dans cette eau des substances particulièrement sensibles
aux effets météorologiques et cosmiques comme par exemple
le nitrate d'uranil... ». Les sels ainsi cristallisés dans
de l'eau exposée à la lumière des étoiles
forment des sortes de groupements tout à fait insolites. Ils ressemblent
singulièrement par exemple aux symboles ésotériques
des étoiles dont on capte la lumière ! Ce n'est sans doute
qu'un des aspects de l'expérience mais n'y a-t-il pas là
de fantastiques questions à se poser sur les rapports de la science
actuelle et de la magie millénaire ? Et surtout à propos
de connaissances vieilles comme le monde, occultées sous le voile
de ce que l'on appelle, avec mépris, fausse science ou superstitions...
Léonard… voyageur du temps
Enigme dans
toute sa personnalité, Léonard de Vinci est lui aussi un
inventeur maudit. Ses manuscrits regorgent de projets parfaitement réalisables
mais dont la fabrication, pourtant évidente, dut attendre des siècles
: l'aéroplane, le parachute, le sous-marin, le scaphandre, le char
d'assaut, l'aéroglisseur... Et cette liste est encore loin d'être
exhaustive !
Que dire de plus de ses découvertes en chimie, anatomie, de la
singulière intuition qui était la sienne à propos
des mathématiques... Léonard venait-il du futur, comme cela
a été prétendu, ou était-il en contact avec
d'autres êtres qui lui dictèrent des connaissances et schémas
qu'un homme de son temps ne pouvait logiquement pas concevoir. Notre propos
n'est pas de discuter ce mystère mais de remarquer combien il fut
un précurseur méconnu en mille domaines.
Il est d'ailleurs incontestable que, de son propre chef, ou sous certaines
influences, il dut détruire de nombreux projets qui auraient pu
être dangereux pour l'humanité. Dangereux ou trop féconds,
cela dépend de l'utilisation qu'on en eût fait...
Cromwell, le photographe
La photographie est-elle une technique que l'on connaissait et que certains
utilisaient secrètement à l'époque de Cromwell ?
Il semble que le beau-frère de ce dernier, un certain Thurloe,
chef de la police secrète, l'ait employée couramment dans
son cabinet noir. Ne donne-t-il pas au chef de l'Etat, nous affirment
les chroniqueurs du temps, des reproductions exactes jusque dans les taches
d'encre ou de sueur et les plis du papier des lettres dont il désire
percer le secret ? Photographie ou technique analogue, nous ne possédons
pas encore d'appareil qui nous assure de tels précis résultats...
Le livre de Thot ou la science perdue
Toutes les traditions s’accordent à dire que le livre fondamental
de la Connaissance fut écrit par Thot (identifié par la
suite à Hermès). Les Egyptiens en firent un dieu, inventeur
de l'écriture et scribe du Pays des Morts. Mais il s'agit sans
doute d'un homme peut-être rescapé d'une civilisation engloutie
qui enferma l'essentiel de son savoir dans un document à l'étonnante
destinée.
On brûla le Livre de Thot à plusieurs reprises au cours de
l'histoire de l'Egypte ancienne, mais sa disparition ne fut que provisoire
puisqu'on le retrouve toujours, jusqu'au premier siècle de notre
ère. Le plus curieux est que chaque fois que quelqu'un, magicien
ou autre, prétend être en sa possession, un regrettable accident
interrompt tristement sa carrière... Que contiendrait donc ce livre
? Il s’agirait de prodigieuses révélations, si l'on
en croit les auteurs qui en ont parlé. « Nos ancêtres
avaient découvert l'art de créer des dieux, est-il dit dans
l’Asclepius. Ils fabriquèrent des statues et parce qu'ils
ne savaient pas créer des âmes, ils appelèrent les
esprits des démons et des anges et les introduisirent grâce
au mystère sacré dans les images des dieux, de sorte que
ces statues ont reçu le pouvoir d'exercer le bien et le mal. »
Encore d'étranges automates donc, et toujours cette notion de diables,
d'anges qui rappellent les aventures de John Dee et des extraterrestres...
C. Daly King, considéré à juste titre ‘comme
un auteur sérieux’, pense que le Livre de Thot circule encore
et véhicule de prodigieuses connaissances interdites, ainsi que
des secrets pour fabriquer d'incroyables machines. Il décrit cette
science que l'Egypte a sans doute héritée d'Atlantide dont
la « spécialité était la connaissance
objective, réelle, de l'univers réel... ». Il explicite
en particulier, et entre autres, les secrets des « miroirs »…
d’étranges appareils qu'il nous faut bien nommer ainsi, faute
d'en savoir plus, et qui autorisent toutes les merveilles. Et, encore
une fois, il y est question d'automates, d'androïdes et de création
de la vie...
Toujours cette référence à des techniques que nous
sommes péniblement en train de redécouvrir et qui existeraient
depuis des millénaires, soigneusement cachées par des veilleurs
inconnus...
On dit encore que le Tarot serait une adaptation du livre sous forme d'énigmes
et de symboles aussi anciens que l'homme. Nous n'en savons interpréter
que des bribes, à usage divinatoire par exemple, mais l'essentiel
est là, devant nos yeux aveugles... ou aveuglés.
Petite bibliographie utile
Pour traquer pertinemment toutes les inventions maudites ou négligées
de parti pris, il faudrait consacrer des années à lire entre
les lignes toutes les histoires des techniques, à traduire le plus
littéralement possible tous les grands textes mythiques ou épiques,
à analyser les chroniques de la vie quotidienne qui contiennent
souvent de troublants indices... Bref, il faudrait sans doute réécrire
l'Histoire officielle.
Toutefois, quelques auteurs, surtout allemands ou anglo-saxons, se sont
passionnés pour cet aspect particulièrement significatif
de notre histoire secrète. Jacques Bergier les cite largement dans
ses livres :
- Le Matin des Magiciens (en collaboration avec L. Pauwels), Livre de
Poche.
- Les Maîtres secrets du Temps, éditions J'ai Lu, L'Aventure
Mystérieuse.
- Les Livres Maudits, éditions J'ai Lu, L'Aventure Mystérieuse.
- Les Extraterrestres dans 'Histoire, Ed. J'ai Lu, L'Aventure Mystérieuse.
Reste toute la littérature alchimique de bon aloi. Nous renvoyons
le lecteur aux ouvrages de Jacques Sadoul (Ed. J'ai Lu) qui effleurent
notre sujet et surtout le complètent par une impressionnante bibliographie.
J.L.D
|