
Saint-Jacques de Compostelle
Approche du symbolisme de ce pélerinage
Pour ne pas conclure...
Le champ d'investigation concerné par le pèlerinage de Compostelle
est bien trop vaste pour que nous ayons la prétention d'avoir tout décrit
ou abordé, même sommairement, ici. Nous n'avons présenté,
arbitrairement, que des curiosités insolites à propos des lieux
d'étapes concernant les chemins du grand pèlerinage. Il est certain
que nous n'avons pas pu explorer toutes les régions de France... ni même
les chemins en Espagne. Nous reprendrons probablement d'autres aspects du pèlerinage
de St Jacques ainsi que d'autres sites ou régions telles que: la Bretagne,
l'Auvergne, les Cévennes, les Alpes et des régions plus au nord.
Pour toutes ces dernières il ne s'agit ni d'oubli, mépris ou méconnaissance
mais d'une volonté de ne pas tronquer des informations capitales, et
indispensables à la connaissance d'un sujet aussi riche, au seul profit
d'un simple survol insipide ou incomplet.
Question de pèlerinage
St Jacques
La coquille St Jacques
On considère, dans l'ensemble, que le pèlerin arbore la coquille
St Jacques à son retour de Compostelle pour preuve du périple
exécuté à terme...
Mais on peut se demander si, d'une part, ce symbole était l'unique apanage
de l'accomplissement du voyage, et, d'autre part, s'il le restait en toute pureté
primitive.
D'autres coquilles
Il est notoire que le pèlerinage au Mont St Michel se sanctionnait aussi
par des coquilles de ce type... Ensuite, sur un bas-relief de St Domingo (et
d'autres) les pèlerins d'Emmaüs abordent un Christ ressuscité
paré de la coquille au 12eS. Si la coquille prouve un périple
long, pénible et parfois dangereux il est alors compréhensible
que le Christ soit orné de la coquille après être ressuscité!
Ensuite la coque St Jacques servira à une horde de faux pèlerins,
voleurs, escrocs à abuser au nom d'un soi-disant pèlerinage accompli.
Ces malandrins portaient le nom de "coquillards".
Alors il est certain que les pèlerins reviendront toujours avec la coquille
St Jacques pour ornement.
On peut dire qu'il s'agit d'un premier degré, et ensuite se demander
si d'autres degrés existent.
Légendes et traditions
Certes, St Jacques de Compostelle est proche de l'océan et les coques
St Jacques ne devaient pas manquer. Assez abondantes, elles servaient de "souvenirs"
qui très vite devinrent un profit local juteux et non négligeable.
La tradition rappelle, aussi, qu'un chevalier fut sauvé des eaux tumultueuses
par l'intervention de St Jacques. Le cheval devait ressortir des flots couvert
des fameux coquillages.
Mais au second degré soulignons que l'usage de la coque marine remonte
aux plus vieux temps de l'humanité. Elle fut l'ultime compagne du défunt
pour, là encore, l'accompagner dans son voyage dans les ténèbres
jusqu'aux termes d'éternelles félicités. Vénus s'éveille
souvent (Botticelli) dans une coquille "St Jacques". Elle est aussi
symbole féminin incontesté.
Il nous reste encore le troisième degré à parcourir brièvement.
Il nous ouvrira, sans doute, bien d'autres perspectives.
Les perspectives du Pecten et du peigne
Sur le plan scientifique ce coquillage à pour nom PECTEN MAXIMUS. IL
est étrange qu'il ne s'agisse pas du PECTEN JACOBEUS... qui aurait bien
arrangé le légendaire religieux.
Peigne wisigothe retrouvé
vers Périllos
On peut exclure radicalement l'hypothèse de la coquille pour représenter
Jacques, qui fut pêcheur et St Jean le Baptiste... car ces deux arguments
ne sont que "d'eaux douces"!!!
Alors il reste à observer un détail linguistique intéressant:
il s'agit du mot PECTEN. Si ce mot est celui des mollusques lamellibranches,
il signifie surtout "peigne". Et c'est, peut-être, dans ce mot
que se cache une grande partie du symbole.
Initialement on remarque, grâce aux gravures anciennes, que la coquille
est souvent cousue sur le chapeau du pèlerin, donc on ne peut pas plus
près des cheveux... comme un "peigne" que les Andalouses fixaient
dans leur chevelure! On sait que dans la liturgie le peigne a une importance
notoire dans l'ordination de certains religieux et à des moments précis
du rituel régulier catholique ou grec. Le peigne prend allure de nettoyeur
aux deux sens du terme: faire propre et faire net! Il enlève l'impur
et "range".

Sur le chapeau du pélerin le pecten - peigne...
L'entendement de Magdeleine
Mais voyons une autre voie d'exploration de ce mot. Le peigne, quand il s'agit
de la laine, est une carde, et la carde, primitivement était
un "chardon-coque". Nous n'irons pas plus loin que cette dernière
remarque qui peut sembler aussi éloigner qu'évidente pour celui,
ou celle, qui sait "entendre", donc pratique "l'entendement":
"Magdeleine "cardait" ses très longs cheveux avec un chardon!!!"
C'est avec ses longs et même cheveux qu'elle aurait essuyé les
pieds du Christ... en dire plus reviendrait à en dire trop!
Langue des Oiseaux
Puis nous rappellerons que la coquille avait aussi pour nom MERELLE. Que cette
Mérelle est encore l'oie et que l'oie nous ramène à la
tradition ancienne mais, donc, uniquement orale, et de fait, phonétique...
si chère aux Gouliards, à Grasset d'Orcet, à la langue
des "OI"seaux, et aux Cagots dont l'emblème est la patte d'oie.
Patte d'oie dont le symbole "rayonnant" nous ramène à
celui de la coquille St Jacques avec un point focal d'où tout émane
et où tout converge. Autrement dit: ce qui est en haut est en bas! Puis
quelle magie du mot lorsque seul le souffle et la voix (voie) peuvent transmettre
l'initiation par une mérelle qui ne peut venir que de la mer... elle!
Ou être de tout, et de tous la mère... elle!
Alchimie et pèlerins
Alors si, en plus, on "puise" dans les vieux ouvrages de Chymie le
nom de ce que l'on obtenait avec, pour base, Pecten Maximus broyé, il
n'y a plus rien "d'étonnant" à ce détour amusant
obtenu par le seul verbe... mais seulement "détonnant" que
le Pellerin, qu'il en soit conscient ou non, revienne de son long périple
avec une coquille St Jacques fixée à son chapeau pour tout témoignage
de son "Pèlerinage vers la mort»
|