
Saint-Jacques de Compostelle
Les voies Tolosana, Podiensis le pays Basque
LA VIA PODIENSIS
LE PUY-EN-VELAY - RONCEVAUX
Cette route de St Jacques est sans doute la plus riche en vestiges des voies
de Compostelle. Nous ne pourrons que "survoler" un sujet sur lequel
il serait utile de revenir plus en détail lors d'un prochain article.
LE PUY-EN-VELAY
On retrouve dans la vieille ville du Puy bien des vestiges et témoins
de cette halte-départ sur le pèlerinage de Compostelle: la "Place
du Plot", les rues de St Gilles, de St Jacques et tant d'autres lieux d'hospitalité.
C'est de cette cité
que partira (et reviendra) vers 950 l'évêque Gotescals. Il sera,
probablement, le premier religieux à faire officiellement le pèlerinage
St Jacques. A son retour, il édifiera la Chapelle St Michel d'Aiguille.
Le premier pèlerinage au Puy n'était pas religieux, au sens habituel,
mais destiné à honorer la table d'un dolmen: "La pierre des
Fièvres» C'est ce vestige que l'on peut encore voir au sommet du
grand escalier d'accès à la basilique. Il y eut de nombreux miracles
et guérisons sur cette pierre païenne... sur les conseils d'une
apparition mariale. On notera une tendance orientale dans la construction de
la basilique. Il y eut trois vierges au Puy dont une très ancienne déjà
en place au XIIeS. , et une vierge noire apportée par St Louis au retour
d'une croisade. Celle-ci fut détruite par le feu, à la Révolution,
le 8 juin 1794. En brûlant, l'étrange statue apparue emmaillotée
comme une momie. Puis une sorte de petite porte s'ouvrit sous l'effet de l'intense
chaleur et un rouleau écrit fut éjecté et consumé
dans les flammes... La statue emportait son secret avec elle dans la fournaise.
Sa copie sera mise en place en 1844 et est toujours vénérée
comme l'authentique vierge noire.
Des papes et... neuf rois de France se firent pèlerins pour venir jusqu'au
Puy-Notre-Dame qui eut aussi la dévotion de la mère de Jeanne
d'Arc.
On peut, avec attention, entendre encore l'écho étrange de l'énigmatique
chant des Jacques partant pour le périple saint: "E ul treia! E
sus eia! Deus aïa nos!" "Et outre, et sus, Dieu nous aide!".
A St Christophe-Sur- Dolaizon on remarquera l'église romane dont on
trouve trace déjà en 1161 et au 13eS dans les archives du Temple
de la maison du Puy.
On retiendra sur ce chemin de pèlerins les bâtiments dits "Maisons
d'Assemblées". C'était des haltes d'hospitalité réservées
au Jacques et dirigées par des serviteurs réformés de l'Ordre
du Temple.
Notons l'étape de Monistrol, avec son église de l'ancien prieuré
(XIIeS.). Au dos du chevet on observe une croix de pierre ornée d'un
St Jacques Pèlerin. Au revers on distingue un bourdon et une coquille.
A Chamaleilles les pèlerins s'arrêtaient à la chapelle St
Roch (1300m d'alt.) au col de la Margeride. C'était un ancien hôpital
et une chapelle St Jacques de l'Ordre du Temple, puis des hospitaliers.
AUMONT-AUBRAC
Plusieurs se rejoignaient ici. On contemplera la croix de L'Oustalet avec un
pèlerin armé du bourdon, des coquilles et de son sac. Puis c'est
la traversée de l'Aubrac avec l'étape de la Chaye-de-Peyre, la
Chapelle St Jacques avec ses anciens mégalithes du "Siège
de pierre" aux légendes inquiétantes et très anciennes.
On se souviendra, lors de la traversée de l'Aubrac, de ce qui fut la
"Domerie" et dont il ne reste rien. Seule l'église et ses peintures
en relate l'existence. Sa construction est due à un vicomte des Flandres,
Adalard, qui affronta ici pillards et tempête de neige. Il devina, devant
ces épreuves, un signe divin pour construire un hospice réservé
aux pèlerins: Notre-Dame-des-Pauvres, en 1120. L'église que l'on
visite maintenant, possède encore "Marie", la cloche des perdus
qui sonnait pour remettre les égarés sur le chemin du refuge.
A Chely d'Aubrac, on appréciera le pont qui passe la Boralde et sa croix
de pierre décorée d'un pèlerin avec son bourdon.
St Côme: la chapelle des pénitents (blancs) se trouvait à
côté de l'ancien hospice St Jacques (XIIeS.). Puis c'est Espalion
avec son étrange chapelle aménagée en étage d'un
clocher gothique. Les Jacques s'y arrêtaient et contemplaient le livre
de pierre: des sculptures et gravures de chapiteaux assez bas pour être
bien en vue... avant d'arriver à Estaing où l'église St
Fleuret s'orne d'autres sculptures dont une assez rare pour être signalée:
Marie Magdeleine en compagnie, au pied de la croix, d'un pèlerin.
CONQUES
..
et les pèlerins arrivaient enfin à l'étape majeure de Conques
au cœur du Rouergue. Pour les pèlerins de St Jacques l'origine du
nom de Conques vient forcément de "Concha": coquille en latin.
On suppose que la basilique Ste Foy put servir d'avant-projet à St Sernin
de Toulouse.
Le chapiteau des chevaliers
L'abbaye de Conques compte un nombre impressionnant de reliques extraordinaires
digne d'un inventaire de Prévert: de la chaire brûlée de
St Laurent, les cheveux de la Vierge, des doigts de St Jean Baptiste, des os
appartenant aux apôtres André, Pierre, Paul... le bras droit de
St Georges, de gros morceaux de la Vraie Croix. Le quatrième dimanche
après Pâques tous les reliquaires sont offerts à la dévotion
des fidèles. Quant au reliquaire de Ste Foy, il est présenté
le jour de sa fête: le 6 octobre. Il s'agit d'une statue datant de 985,
de moins d'un mètre de haut, couverte d'or et de pierres précieuses.
Dans son dos est une cavité avec le crâne de Ste Foy et des morceaux
de tissus tenant de son sang.
CAHORS
Les pèlerins y trouvaient le repos à l'Hospitalet St Jacques
(XIeS.).
Cahors est la ville natale de Jacques Duèze (1316-1334), connu sous le
nom de pape Jean XXII, dont le suivant chronologique n'est autre que le cardinal
Roncalli, le pape Jean XXIII (1958)! La tradition veut que ce pape qui condamna
l'alchimie ait utilisé ses arcanes pour se fabriquer "chymiquement"
un trésor fabuleux de 17 millions de florins d'or qu'il cacha, peut-être
à Avignon... ou dans la tour dite "Jean XXII" accolée
au "Palais Dueze" à Cahors?
Le Pont du Diable
C'est une construction exceptionnelle de 140 m. de long qui désespérait
son constructeur. Ce dernier dut faire appel au diable pour mener à bien
les travaux. Le diable travaillant tellement vite, pour sauver son âme,
l'architecte demanda au démon de lui ramener de l'eau dans un crible.
Le diable ne pouvait accéder à ce souhait et, de colère,
lança une malédiction contre une pierre du sommet de la tour au
milieu du pont. Jamais aucune pierre ne tint cette place... Ce n'est qu'en 1878
que Paul Gout, architecte, fixa cette pierre manquante avec dessus la gravure
du diable. Depuis elle ne bouge plus!
MOISSAC
Outre que cette cité soit une étape importante sur la voie de
Compostelle, elle mérite une halte pour contempler l'abbaye et surtout
son cloître. Ce dernier est un des plus beaux de France, fort de 76 chapiteaux
remarquables dont 36 sont historiés. On soulignera, également,
la valeur inestimable de la plaque de consécration de l'église
St Pierre qui date de 1063, et donne les noms des évêques rassemblés
pour la circonstance.
Les pèlerins suivaient ensuite l'ultime chemin jusqu'à Roncevaux
par St Nicolas de la Grave. A Auvillac, ils trouvaient la sécurité
grâce aux Hospitaliers. Lectoure, ensuite, avec deux hospices de St Jacques.
Puis Condom, St-Jean-Pied-de-Port, et enfin Roncevaux. Nous retrouverons les
dernières étapes un peu plus loin.
LA VIA TOLOSANA
ARLES - LE SOMPORT
Cette voie doit son nom, en partie au fait qu'elle suive le territoire de Toulouse
du Béarn à la Provence, mais aussi, en raison de l'importance
de l'étape de Toulouse - St Sernin pour les pèlerins. Ajoutons
que cette voie bien signalée était régulièrement
utilisée aussi par les pèlerins du sud se rendant à St
Pierre de Rome.
ARLES
Les Jacques arrivaient nombreux à Arles, départ de cette "Voie
de Toulouse". Cette ville servait de point de ralliement à ceux
qui arrivaient du centre de la France et descendaient par la vallée du
Rhône, et puis aussi ceux qui transitaient du sud-est du pays. L'aspect
religieux et spirituel du lieu méritait à lui seul d'être
un passage "obligé" pour les pèlerinages.
La cathédrale St Trophime, et son cloître, justifient largement
une visite qui se complète judicieusement par le cimetière des
Aliscamps.
Le
cloître St Trophimes
On retrouve cette d'Alchimie, si importante pour certains pèlerins,
tout au long des chapiteaux du cloître de St Trophime dont les aspects
symboliques et hermétiques n'ont pas grand chose de religieux... mais
bel et bien en accord avec la science d'Hermès!
Arles détenait une vierge noire veillant sur le cimetière des
Aliscamps. Elle fut remplacée par une blanche sous les Huguenots. Mais
sous les exigences du peuple elle reprit sa place initiale... pour redisparaître
à nouveau vers la fin du XIXe S. Elle pourrait bien être celle
de Barbegol... très proche d'Arles.
Le cimetière des Aliscamps compte pour tenir les dépouilles des
preux chevaliers de Roncevaux dont les corps furent remis en terre ici, dit
la légende. Le récit ajoute que St Trophime inaugurait ce cimetière
en présence de l'apparition du Christ. En vérité ce cimetière
est bien plus ancien que ce bon Trophime. On retiendra que ce serait le seul
site funéraire où l'on ait orné les sarcophages de petites
cupules... vestiges des croyances mégalithiques lointaines auxquelles
on accordait encore bien de mystérieux pouvoirs ou vertus.
Certains récits identifient St Trophime à St Paul, ou encore au
cousin de St Etienne. Dans tous les cas, il débarque avec Ste Marie Madeleine,
Ste Marthe et St Lazare, et sera le saint patron d'Arles.
St GILLES
Il y a 3000 ans cette cité était au bord de la mer qui se retira
peu à peu. Pline situe ici le légendaire combat d'Hercule contre
les Ligures. A ce titre le port phénicien s'appela Heraklea. St Gilles,
à son époque, s'était retiré en ermite dans ce pays
de solitude. C'est alors qu'une biche poursuivie par la chasse des fils de Wambo,
roi wisigoth, se réfugia vers le st homme. Les chiens s'arrêtèrent
en gémissant. Wambo fit construire, pour commémorer ce miracle,
un couvent pour St Gilles. Plus tard le tombeau de l'ermite, en ce lieu, deviendra
le but de très nombreux pèlerinages. Le couvent devint une abbaye
bénédictine, puis une baylie des Templiers et enfin un grand-Prieuré
pour les Hospitaliers de St Jean de Jérusalem.
La chasse au cerf idem
celle de Montsaunès.
L'église est visitée régulièrement par les pèlerins
et aussi les Compagnons de Tour de France. Tous viennent contempler la célèbre
"Vis de St Gilles, oeuvre du frère Matteo de Cluny. Il s'agit d'un
escalier à pas tournant à propos duquel aujourd'hui encore, on
s'interroge sur la réalisation. Sa légende dit que le diable proposa
un tracé parfait pour cette oeuvre. Mais l'architecte refusa net. C'est
alors qu'un pèlerin apparut du néant et dessina un ouvrage d'art
encore plus merveilleux. Matteo exécuta l'ouvrage... puis se mit en route
pour aller édifier le grand portail de St Jacques de Compostelle. Il
décéda en Galice et on l'enterra sous son travail. Sa statue fut
gravée sur le portail.
Mais, hélas, c'est aussi de St Gilles que fut mise en oeuvre la terrible
croisade contre les Albigeois.
De St Gilles, les Jacques se dirigeaient vers Vauvert, l'ancien hôpital
de Gallargues-le-Montueux, puis Montpellier.
MONTPELLIER
Si la croisade contre les Albigeois commence à St Gilles, Montpellier
s'avéra le premier pèlerinage de pénitence infligé
aux Albigeois repentis.
Guilhem Vi revenant de croisade en 1143 avec une vierge noire qu'il légua
à Notre-Dame-des-Tables, c'est à cette statue que se rendaient
les repentis, les papes et les rois en arrivant dans la cité. Pour conjurer
la peste de 1363, en gage de vœu, fut brûlé un cierge roulé
dont la longueur était égale à celle des remparts de la
ville, soit 3000m (à quelques mètres près).
De très anciens sarcophages furent trouvés dans ce qui reste de
Notre-Dame-des-Tables, c'est à dire la crypte primitive, à présent
sous le square... de la Loge.
Les pèlerins visitaient aussi l'église St Roch, dont la fête
est le 16 août car c'est dans cette ville qu'il naquit en 1295 et revint
y mourir le 16 août 1327. On l'invoquait contre la peste et les épidémies.
Puis les pèlerins de St Jacques s'en allaient, à quelques kms,
visiter l'ancienne cathédrale de Maguelone dont le 1er évêques
aurait été Simon le Lépreux (589).
ST GUILHEM LE DESERT
Guilhem d'Aquitaine fut un conseiller écouté, et l'un des chevaliers
de Charlemagne. Au décès de sa femme, il décide de se retirer
en ermite. Vers 805, il instaure son abbaye de Gellone. A sa mort (812) il est
enseveli dans son église. Ce sera vers le XIIe S. que Gellone deviendra
St Guilhem-le-Désert. Malgré le peu de facilités d'accès,
ce fut très vite un but privilégié sur la route de St Jacques.
Dans l'église,
les pèlerins visitaient le tombeau de St Guilhem et la relique de la
Vraie Croix, encore protégée par une grille à trois fermetures,
qui le 3 mai est l'objet d'un culte processionnaire.
Pour la circonstance sont bénis des petits pains cruciformes qu'il faut
conserver toute l'année.
La nuit du Jeudi Saint a lieu la procession des Escargots... faite de centaines
de petites lampes à huile improvisées à partir de grosses
coquilles d'escargots. Cette cérémonie insolite se déroule
en mémoire des pèlerins qui veillaient la nuit du Vendredi Saint.
Le lendemain les coquilles sont réputées protéger contre
la foudre et servent de talisman, fixées à leurs cornes, aux béliers
de tête des transhumances.
Plus haut dans la montagne se trouve la grotte, avec une chapelle au-dessus,
de l'ermitage de St Guilhem: Notre-Dame-de-Belle-Grâce.
Il y a encore 2 pèlerinages assez insolites pour être soulignés:
Le "pèlerinage des saucisses" le lundi de Pâques, suite
à un vœu fait en 1628... et le "pèlerinage des noix"
datant de 1724 par analogie à une crue meurtrière et phénoménale
qui fit de nombreux "noyés".
Le chemin de St Jacques passe ensuite par Lodève où une visite
s'impose à la cathédrale St Fulcran. Le 13 février, les
reliques du saint sont l'objet d'une procession dans la ville.
Puis, de là les pèlerins se dirigeaient vers Castres trouvant
une halte à St Benoit (abbaye) et rejoignaient par le Sidobre, aux si
nombreux rochers étranges et légendaires dont le roc de l'Oie,
l'étape majeure de Toulouse.
TOULOUSE
L'origine la plus ancienne de la ville serait liée au troyen Tolus qui
simplement, par descendance de Japhet, aurait été l'arrière-petit-fils
de Noé! puis au IIIeS. les Patrons de la ville étaient St Martial
et St Saturnin. On peut facilement admettre les proches noms de Mars et Saturne
qui purent être des divinités païennes et protectrices du
lieu. Toujours est-il que le sceau des Comtes de Toulouse comprend un soleil
et une lune... images parlantes du "O" et du "C" de l'abréviation
OC!
La tradition affirme qu'au VeS. une reine dirigeait Toulouse, elle avait un
pied normal et un pied palmé d'oie. Elle était très estimée
par les Toulousains, mais finit ses jours ermite dans une grotte, puis fut enterrée
sous l'église de "La Dorade".
On retrouve cet étrange personnage sur quelques porches religieux de
France: Dijon, St Pouçain et d'autres... Elle tiendrait les secrets du
jeu de l'oie, du labyrinthe et aussi celui de l'origine des Cagots ainsi que
ceux de la "langue Oiselée" si chère aux Gouliards et
à Rabelais.
Il existerait sous
l'église St Sernin un lac sacré souterrain où serait englouti
le trésor de Delphes. Aujourd'hui il est toujours possible de lire, en
latin, sur le porche des pèlerins: "Il n'est pas au monde de lieu
plus sacré". Plusieurs témoins prétendirent avoir
visité ce lieu souterrain. Le dernier, témoignage incontestable,
serait celui d'un haut fonctionnaire qui affirmait en 1910 prouver ce qu'il
avançait... pour en posséder des preuves photographiques... mentionnées
dans un certain dossier 15-4-20. L'amateur de "chiffres" en comprendra
et appréciera le sens.
La basilique de la Dorade se trouve sur l'emplacement d'un temple à Minerve.
Le premier lieu de culte date de 399 et serait le "Sanctuaire marial le
plus ancien de la Gaule". Le mot "Daurade" viendrait des mosaïques
dorées à outrance offertes par les rois wisigoths. L'endroit était
le siège d'une vierge noire dont les origines sont peu certaines, mais
elle fut sollicitée, avec succès, pour bien des calamités.
La dernière, le 15 août 1914, fut la demande de libération
de la ville. Quatre jours plus tard c'était chose faite! Les Jacquaires
ne pouvaient manquer d'apprécier chacun de ces détails à
leurs justes valeurs et reprenaient leur route: l'Isle Jourdain, Gimont... Auch.
AUCH
On prétend que sept saints sont fondateurs de la ville: St Sernin, St
Amand, St Clair, St Taurin, St Orens, St Léothade, St Austin de... que
les pèlerins s'empressaient d'aller honorer.
Notre-Dame d'Auch fut très tôt un point de pèlerinage important
dans la région. On prétend que St Taurin y aurait déposé
une vierge miraculeuse. Pèlerinage les 8 septembre, 31 mai et 15 août.
Les jacquets se rendaient jusqu'à Notre-Dame-du-Cédon, à
5km, pour y admirer une toute petite statuette mariale de 15 cm de haut. Suite
à un vœu , cette Notre-Dame libéra le pays de la peste en
échange de: 2 livres de cire, 1 livre d'huile... le tout offert par un
petit enfant innocent. Le pèlerinage est toujours en vigueur le 25 mars.
Le périple se déroulait ensuite par Montesquiou, Marciac, Marlaàs,
Lescar, Oloron-Ste-Marie.
OLORON ST-MARIE
L'axe principal de la ville est la cathédrale Ste Marie du XIIeS.
Le passé de la région est émaillé de pèlerinages
conséquents. Son emplacement, sur le chemin St Jacques, de Toulouse au
Somport servait d'étape tant aux pèlerins... qu'aux expéditions
guerrières contre les Maures. L'église Ste Croix et l'hôpital
St Blaise hébergeaient les Jacques.
Les chapiteaux
L'étape était appréciée également par les
amateurs de curiosités compagnoniques et hermétiques. Dans l'hospice
de St Balise la tour octogonale du clocher possèderait la connaissance
totale de la science des nombres mises en pierres par les Maîtres Maçons
du Moyen-Age sous la forme du symbolisme ésotérique. Un pèlerinage
y a toujours lieu le 3 février.
L'église Ste Croix (1070) est le plus ancien édifice religieux
d'Oloron dont on remarquera des particularités architecturales insolites
et très rares se rapportant, sans doute, aux constructions chrétiennes
primitives. Il ne faut pas manquer de visiter l'étrange crèche
béarnaise de Mgr de Revol qui était autrefois dans la sacristie
de l'église cathédrale Ste Marie.
Le chemin se poursuivait ensuite par la vallée d' Aspe: Sarrance et
sa vierge noire marquaient un autre arrêt notoire... même pour le
roi Louis XI. Bétharam offrait aux pèlerins la halte et le repos
dans les murs du monastère, avant Borce et le Col du Somport...
St JACQUES ET LE PAYS BASQUE
OSTABAT, ST JEAN-PIED-DE-PORT, RONCEVAUX
Trois des grandes voies: Puy-en-Velay, Vézelay et Tours se rejoignaient
à Ostabat pour rejoindre enfin à Roncevaux la quatrième
voie, celle de Toulouse.
OSTABAT
Château de Laxague
Nous sommes, à présent, en pays de Basse-Navarre et les trois
grands chemins font leur jonction sur le Mont St Sauveur.
La vocation de cette ville était liée étroitement aux pèlerinages.
D'ailleurs Ostabat signifiait déjà sur de très anciens
documents "vallée de l'hospitalité". Alentour on trouve
encore le village d'Hosta et un lieu Hostateguy pour le passage d'un mont.
L'évêque Turpin, si cher aux Gouliards et à Grasset d'Orcet,
mentionne qu'ici se sépara l'armée de Charlemagne après
le drame de Roncevaux. Dans cette ville le pèlerin n'avait, pour sa halte
et son repos, que l'embarras du choix qui devait être fort grand.
Ils visitaient la chapelle d'Harambels. Elle avait une particularité
remarquable. Sur son porche était un étage accessible par trappe
et échelle. Les pèlerins attardés y trouvaient repos et
sécurité pour la nuit. Un chrisme très ancien orne le porche,
ainsi qu'un visage énigmatique et une étoile. A l'intérieur
un St Roch nous rappelle le pèlerinage. Le cimetière attenant
était riche d'une collection rare de pierres tombales à forme
discoïdale dont certaines, très rares, frappées du chiffre
de Marie.
ST-JEAN-PIED-DE-PORT
Les pèlerins y entraient par la porte St Jacques (XIIIeS.).
Il est dit que "la prison des évêques" était autrefois
un hébergement pour les Jacques. On accédait à cette grande
pièce gothique souterraine par une volée de 21 marches. Les murs
sont garnis de fines sculptures inexpliquées représentant des
"A" barrés en forme de compas, des arbalètes, des lis,
des étoiles et des triangles. Des orifices murés, des sons creux,
des bruits d'eau, des légendes font de ce lieu un endroit qui aurait
fermement intéressé Pedro de Luna (Benoit XIII) pour des raisons
restées énigmatiques... car comment expliquer les travaux de terrassement
entrepris, puis vite arrêtés, à son époque, dans
ce secteur de la ville?
L'étrange site d'Urculu
A la sortie d'Ispoure se voit toujours la forme massive d'une ancienne maison
forte à l'aspect étrange et très impressionnant. La tradition
assure que ce "Palacio" fut édifié par les géants
basques "Mairiak". Le blason de la famille LARREA, seigneur du lieu,
s'ornait d'un insolite chaudron aux accents aussi hermétiques que certains
récits et documents concernant ce site parsemé de cavités
profondes. Près du manoir on trouve d'étranges mares, ou sortes
d'entonnoirs. Les légendes racontent qu'au fond de l'un d'eux se trouve
enseveli un carrosse avec son équipage ayant blasphème... dans
un autre se trouverait la tombe d'un être gigantesque et dans une dernière,
une femme à tête d'oie mangeuse d'enfants.
A ce propos notons, entre St Jean et St Michel-le-Vieux, le vieux château
ruiné d'Olhonce ayant appartenu à une famille de Logras!
Signalons aussi l'énigmatique "Tour d'Urculu". Elle est en
limite de frontière et à 1400m d'altitude. Ce sont les restes
circulaires d'une construction de 20 m. de diamètre et de plus de 2 m.
d'épaisseur Certaines de ses pierres sont très longues: 1,80m.
La finition est encore remarquable de précision et de finesse. Le site
est entouré de vestiges mégalithiques qui accréditent la
thèse d'un lieu de culte très ancien. Mais l'origine la plus étrange
serait celle d'un plateau de dépôt où les défunts
auraient été exposés aux intempéries et aux oiseaux
de montagne... comme dans certaines régions orientales ou indoues. Cette
"tour du silence", dite construite par Hercule, serait alors la seule
du genre pour l'Europe.
RONCEVAUX
De St-Jean-Pied-de-Port le chemin St Jacques atteint Roncevaux, ultime étape
pour le territoire Français... avant les 800km, environ, qui séparent
encore le pèlerin de son but final: St Jacques de Compostelle.
Le "Guide du Pèlerin" précise qu'ici Charlemagne a taillé
le roc avec "haches, pics, des pioches et d'autres outils" pour passer
avec ses troupes. Mais il devait dresser, avant tout, une croix en l'honneur
du Christ, puis s'agenouiller en direction de la Galice.
Il ne reste rien de cette croix. Pourtant chaque pèlerin se fait un devoir
de poser une croix de branchage, ou autre, en ce lieu de mémoire.
Les Jacques s'arrêtaient, comme nous, dans l'église de Notre Dame
où il pouvaient vénérer le rocher fendu trois fois par
Roland à l'aide de son épée Durandale. Les Pèlerins
trouvaient asile dans l'hospice du même lieu où tout leur était
dispensé tant aux bien portant qu'à ceux qui n'iraient jamais
plus loin sur ce chemin de l'espoir et de la foi. Est-il utile de rappeler,
à propos de Roncevaux, que l'origine de l'évènement historique
ou légendaire qui lui est lié ne fut, peut-être, pas aussi
glorieux que nos manuels d'histoire nous le disent. En effet, qui nous parlera
des faits historiques, réels et bien moins chevaleresques dont Charlemagne
se rendit coupable? .. Car, comme l'écrit fort justement Michel Lamy:
"Mais la félonie de Charlemagne et la juste vengeance des Vascons,
les rois Francs allaient les faire oublier en faisant de Roland un martyr et
en créant la légende de Roncevaux"...
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