Saint-Jacques de Compostelle
Les voies Tolosana, Podiensis le pays Basque

 


LA VIA PODIENSIS
LE PUY-EN-VELAY - RONCEVAUX

Cette route de St Jacques est sans doute la plus riche en vestiges des voies de Compostelle. Nous ne pourrons que "survoler" un sujet sur lequel il serait utile de revenir plus en détail lors d'un prochain article.

LE PUY-EN-VELAY

On retrouve dans la vieille ville du Puy bien des vestiges et témoins de cette halte-départ sur le pèlerinage de Compostelle: la "Place du Plot", les rues de St Gilles, de St Jacques et tant d'autres lieux d'hospitalité.
C'est de cette cité que partira (et reviendra) vers 950 l'évêque Gotescals. Il sera, probablement, le premier religieux à faire officiellement le pèlerinage St Jacques. A son retour, il édifiera la Chapelle St Michel d'Aiguille. Le premier pèlerinage au Puy n'était pas religieux, au sens habituel, mais destiné à honorer la table d'un dolmen: "La pierre des Fièvres» C'est ce vestige que l'on peut encore voir au sommet du grand escalier d'accès à la basilique. Il y eut de nombreux miracles et guérisons sur cette pierre païenne... sur les conseils d'une apparition mariale. On notera une tendance orientale dans la construction de la basilique. Il y eut trois vierges au Puy dont une très ancienne déjà en place au XIIeS. , et une vierge noire apportée par St Louis au retour d'une croisade. Celle-ci fut détruite par le feu, à la Révolution, le 8 juin 1794. En brûlant, l'étrange statue apparue emmaillotée comme une momie. Puis une sorte de petite porte s'ouvrit sous l'effet de l'intense chaleur et un rouleau écrit fut éjecté et consumé dans les flammes... La statue emportait son secret avec elle dans la fournaise. Sa copie sera mise en place en 1844 et est toujours vénérée comme l'authentique vierge noire.
Des papes et... neuf rois de France se firent pèlerins pour venir jusqu'au Puy-Notre-Dame qui eut aussi la dévotion de la mère de Jeanne d'Arc.
On peut, avec attention, entendre encore l'écho étrange de l'énigmatique chant des Jacques partant pour le périple saint: "E ul treia! E sus eia! Deus aïa nos!" "Et outre, et sus, Dieu nous aide!".

A St Christophe-Sur- Dolaizon on remarquera l'église romane dont on trouve trace déjà en 1161 et au 13eS dans les archives du Temple de la maison du Puy.
On retiendra sur ce chemin de pèlerins les bâtiments dits "Maisons d'Assemblées". C'était des haltes d'hospitalité réservées au Jacques et dirigées par des serviteurs réformés de l'Ordre du Temple.
Notons l'étape de Monistrol, avec son église de l'ancien prieuré (XIIeS.). Au dos du chevet on observe une croix de pierre ornée d'un St Jacques Pèlerin. Au revers on distingue un bourdon et une coquille.
A Chamaleilles les pèlerins s'arrêtaient à la chapelle St Roch (1300m d'alt.) au col de la Margeride. C'était un ancien hôpital et une chapelle St Jacques de l'Ordre du Temple, puis des hospitaliers.

AUMONT-AUBRAC

Plusieurs se rejoignaient ici. On contemplera la croix de L'Oustalet avec un pèlerin armé du bourdon, des coquilles et de son sac. Puis c'est la traversée de l'Aubrac avec l'étape de la Chaye-de-Peyre, la Chapelle St Jacques avec ses anciens mégalithes du "Siège de pierre" aux légendes inquiétantes et très anciennes.
On se souviendra, lors de la traversée de l'Aubrac, de ce qui fut la "Domerie" et dont il ne reste rien. Seule l'église et ses peintures en relate l'existence. Sa construction est due à un vicomte des Flandres, Adalard, qui affronta ici pillards et tempête de neige. Il devina, devant ces épreuves, un signe divin pour construire un hospice réservé aux pèlerins: Notre-Dame-des-Pauvres, en 1120. L'église que l'on visite maintenant, possède encore "Marie", la cloche des perdus qui sonnait pour remettre les égarés sur le chemin du refuge.

A Chely d'Aubrac, on appréciera le pont qui passe la Boralde et sa croix de pierre décorée d'un pèlerin avec son bourdon.
St Côme: la chapelle des pénitents (blancs) se trouvait à côté de l'ancien hospice St Jacques (XIIeS.). Puis c'est Espalion avec son étrange chapelle aménagée en étage d'un clocher gothique. Les Jacques s'y arrêtaient et contemplaient le livre de pierre: des sculptures et gravures de chapiteaux assez bas pour être bien en vue... avant d'arriver à Estaing où l'église St Fleuret s'orne d'autres sculptures dont une assez rare pour être signalée: Marie Magdeleine en compagnie, au pied de la croix, d'un pèlerin.

CONQUES

.. et les pèlerins arrivaient enfin à l'étape majeure de Conques au cœur du Rouergue. Pour les pèlerins de St Jacques l'origine du nom de Conques vient forcément de "Concha": coquille en latin. On suppose que la basilique Ste Foy put servir d'avant-projet à St Sernin de Toulouse.

Le chapiteau des chevaliers

L'abbaye de Conques compte un nombre impressionnant de reliques extraordinaires digne d'un inventaire de Prévert: de la chaire brûlée de St Laurent, les cheveux de la Vierge, des doigts de St Jean Baptiste, des os appartenant aux apôtres André, Pierre, Paul... le bras droit de St Georges, de gros morceaux de la Vraie Croix. Le quatrième dimanche après Pâques tous les reliquaires sont offerts à la dévotion des fidèles. Quant au reliquaire de Ste Foy, il est présenté le jour de sa fête: le 6 octobre. Il s'agit d'une statue datant de 985, de moins d'un mètre de haut, couverte d'or et de pierres précieuses. Dans son dos est une cavité avec le crâne de Ste Foy et des morceaux de tissus tenant de son sang.

CAHORS

Les pèlerins y trouvaient le repos à l'Hospitalet St Jacques (XIeS.).
Cahors est la ville natale de Jacques Duèze (1316-1334), connu sous le nom de pape Jean XXII, dont le suivant chronologique n'est autre que le cardinal Roncalli, le pape Jean XXIII (1958)! La tradition veut que ce pape qui condamna l'alchimie ait utilisé ses arcanes pour se fabriquer "chymiquement" un trésor fabuleux de 17 millions de florins d'or qu'il cacha, peut-être à Avignon... ou dans la tour dite "Jean XXII" accolée au "Palais Dueze" à Cahors?

Le Pont du Diable
C'est une construction exceptionnelle de 140 m. de long qui désespérait son constructeur. Ce dernier dut faire appel au diable pour mener à bien les travaux. Le diable travaillant tellement vite, pour sauver son âme, l'architecte demanda au démon de lui ramener de l'eau dans un crible. Le diable ne pouvait accéder à ce souhait et, de colère, lança une malédiction contre une pierre du sommet de la tour au milieu du pont. Jamais aucune pierre ne tint cette place... Ce n'est qu'en 1878 que Paul Gout, architecte, fixa cette pierre manquante avec dessus la gravure du diable. Depuis elle ne bouge plus!

MOISSAC

Outre que cette cité soit une étape importante sur la voie de Compostelle, elle mérite une halte pour contempler l'abbaye et surtout son cloître. Ce dernier est un des plus beaux de France, fort de 76 chapiteaux remarquables dont 36 sont historiés. On soulignera, également, la valeur inestimable de la plaque de consécration de l'église St Pierre qui date de 1063, et donne les noms des évêques rassemblés pour la circonstance.

Les pèlerins suivaient ensuite l'ultime chemin jusqu'à Roncevaux par St Nicolas de la Grave. A Auvillac, ils trouvaient la sécurité grâce aux Hospitaliers. Lectoure, ensuite, avec deux hospices de St Jacques. Puis Condom, St-Jean-Pied-de-Port, et enfin Roncevaux. Nous retrouverons les dernières étapes un peu plus loin.

 

LA VIA TOLOSANA
ARLES - LE SOMPORT

Cette voie doit son nom, en partie au fait qu'elle suive le territoire de Toulouse du Béarn à la Provence, mais aussi, en raison de l'importance de l'étape de Toulouse - St Sernin pour les pèlerins. Ajoutons que cette voie bien signalée était régulièrement utilisée aussi par les pèlerins du sud se rendant à St Pierre de Rome.

ARLES

Les Jacques arrivaient nombreux à Arles, départ de cette "Voie de Toulouse". Cette ville servait de point de ralliement à ceux qui arrivaient du centre de la France et descendaient par la vallée du Rhône, et puis aussi ceux qui transitaient du sud-est du pays. L'aspect religieux et spirituel du lieu méritait à lui seul d'être un passage "obligé" pour les pèlerinages.
La cathédrale St Trophime, et son cloître, justifient largement une visite qui se complète judicieusement par le cimetière des Aliscamps.

Le cloître St Trophimes

On retrouve cette d'Alchimie, si importante pour certains pèlerins, tout au long des chapiteaux du cloître de St Trophime dont les aspects symboliques et hermétiques n'ont pas grand chose de religieux... mais bel et bien en accord avec la science d'Hermès!
Arles détenait une vierge noire veillant sur le cimetière des Aliscamps. Elle fut remplacée par une blanche sous les Huguenots. Mais sous les exigences du peuple elle reprit sa place initiale... pour redisparaître à nouveau vers la fin du XIXe S. Elle pourrait bien être celle de Barbegol... très proche d'Arles.
Le cimetière des Aliscamps compte pour tenir les dépouilles des preux chevaliers de Roncevaux dont les corps furent remis en terre ici, dit la légende. Le récit ajoute que St Trophime inaugurait ce cimetière en présence de l'apparition du Christ. En vérité ce cimetière est bien plus ancien que ce bon Trophime. On retiendra que ce serait le seul site funéraire où l'on ait orné les sarcophages de petites cupules... vestiges des croyances mégalithiques lointaines auxquelles on accordait encore bien de mystérieux pouvoirs ou vertus.
Certains récits identifient St Trophime à St Paul, ou encore au cousin de St Etienne. Dans tous les cas, il débarque avec Ste Marie Madeleine, Ste Marthe et St Lazare, et sera le saint patron d'Arles.

St GILLES

Il y a 3000 ans cette cité était au bord de la mer qui se retira peu à peu. Pline situe ici le légendaire combat d'Hercule contre les Ligures. A ce titre le port phénicien s'appela Heraklea. St Gilles, à son époque, s'était retiré en ermite dans ce pays de solitude. C'est alors qu'une biche poursuivie par la chasse des fils de Wambo, roi wisigoth, se réfugia vers le st homme. Les chiens s'arrêtèrent en gémissant. Wambo fit construire, pour commémorer ce miracle, un couvent pour St Gilles. Plus tard le tombeau de l'ermite, en ce lieu, deviendra le but de très nombreux pèlerinages. Le couvent devint une abbaye bénédictine, puis une baylie des Templiers et enfin un grand-Prieuré pour les Hospitaliers de St Jean de Jérusalem.

La chasse au cerf idem celle de Montsaunès.

L'église est visitée régulièrement par les pèlerins et aussi les Compagnons de Tour de France. Tous viennent contempler la célèbre "Vis de St Gilles, oeuvre du frère Matteo de Cluny. Il s'agit d'un escalier à pas tournant à propos duquel aujourd'hui encore, on s'interroge sur la réalisation. Sa légende dit que le diable proposa un tracé parfait pour cette oeuvre. Mais l'architecte refusa net. C'est alors qu'un pèlerin apparut du néant et dessina un ouvrage d'art encore plus merveilleux. Matteo exécuta l'ouvrage... puis se mit en route pour aller édifier le grand portail de St Jacques de Compostelle. Il décéda en Galice et on l'enterra sous son travail. Sa statue fut gravée sur le portail.
Mais, hélas, c'est aussi de St Gilles que fut mise en oeuvre la terrible croisade contre les Albigeois.

De St Gilles, les Jacques se dirigeaient vers Vauvert, l'ancien hôpital de Gallargues-le-Montueux, puis Montpellier.

MONTPELLIER

Si la croisade contre les Albigeois commence à St Gilles, Montpellier s'avéra le premier pèlerinage de pénitence infligé aux Albigeois repentis.
Guilhem Vi revenant de croisade en 1143 avec une vierge noire qu'il légua à Notre-Dame-des-Tables, c'est à cette statue que se rendaient les repentis, les papes et les rois en arrivant dans la cité. Pour conjurer la peste de 1363, en gage de vœu, fut brûlé un cierge roulé dont la longueur était égale à celle des remparts de la ville, soit 3000m (à quelques mètres près).
De très anciens sarcophages furent trouvés dans ce qui reste de Notre-Dame-des-Tables, c'est à dire la crypte primitive, à présent sous le square... de la Loge.
Les pèlerins visitaient aussi l'église St Roch, dont la fête est le 16 août car c'est dans cette ville qu'il naquit en 1295 et revint y mourir le 16 août 1327. On l'invoquait contre la peste et les épidémies.
Puis les pèlerins de St Jacques s'en allaient, à quelques kms, visiter l'ancienne cathédrale de Maguelone dont le 1er évêques aurait été Simon le Lépreux (589).

ST GUILHEM LE DESERT

Guilhem d'Aquitaine fut un conseiller écouté, et l'un des chevaliers de Charlemagne. Au décès de sa femme, il décide de se retirer en ermite. Vers 805, il instaure son abbaye de Gellone. A sa mort (812) il est enseveli dans son église. Ce sera vers le XIIe S. que Gellone deviendra St Guilhem-le-Désert. Malgré le peu de facilités d'accès, ce fut très vite un but privilégié sur la route de St Jacques.
Dans l'église, les pèlerins visitaient le tombeau de St Guilhem et la relique de la Vraie Croix, encore protégée par une grille à trois fermetures, qui le 3 mai est l'objet d'un culte processionnaire.
Pour la circonstance sont bénis des petits pains cruciformes qu'il faut conserver toute l'année.
La nuit du Jeudi Saint a lieu la procession des Escargots... faite de centaines de petites lampes à huile improvisées à partir de grosses coquilles d'escargots. Cette cérémonie insolite se déroule en mémoire des pèlerins qui veillaient la nuit du Vendredi Saint. Le lendemain les coquilles sont réputées protéger contre la foudre et servent de talisman, fixées à leurs cornes, aux béliers de tête des transhumances.
Plus haut dans la montagne se trouve la grotte, avec une chapelle au-dessus, de l'ermitage de St Guilhem: Notre-Dame-de-Belle-Grâce.
Il y a encore 2 pèlerinages assez insolites pour être soulignés: Le "pèlerinage des saucisses" le lundi de Pâques, suite à un vœu fait en 1628... et le "pèlerinage des noix" datant de 1724 par analogie à une crue meurtrière et phénoménale qui fit de nombreux "noyés".

Le chemin de St Jacques passe ensuite par Lodève où une visite s'impose à la cathédrale St Fulcran. Le 13 février, les reliques du saint sont l'objet d'une procession dans la ville.
Puis, de là les pèlerins se dirigeaient vers Castres trouvant une halte à St Benoit (abbaye) et rejoignaient par le Sidobre, aux si nombreux rochers étranges et légendaires dont le roc de l'Oie, l'étape majeure de Toulouse.

TOULOUSE

L'origine la plus ancienne de la ville serait liée au troyen Tolus qui simplement, par descendance de Japhet, aurait été l'arrière-petit-fils de Noé! puis au IIIeS. les Patrons de la ville étaient St Martial et St Saturnin. On peut facilement admettre les proches noms de Mars et Saturne qui purent être des divinités païennes et protectrices du lieu. Toujours est-il que le sceau des Comtes de Toulouse comprend un soleil et une lune... images parlantes du "O" et du "C" de l'abréviation OC!
La tradition affirme qu'au VeS. une reine dirigeait Toulouse, elle avait un pied normal et un pied palmé d'oie. Elle était très estimée par les Toulousains, mais finit ses jours ermite dans une grotte, puis fut enterrée sous l'église de "La Dorade".
On retrouve cet étrange personnage sur quelques porches religieux de France: Dijon, St Pouçain et d'autres... Elle tiendrait les secrets du jeu de l'oie, du labyrinthe et aussi celui de l'origine des Cagots ainsi que ceux de la "langue Oiselée" si chère aux Gouliards et à Rabelais.
Il existerait sous l'église St Sernin un lac sacré souterrain où serait englouti le trésor de Delphes. Aujourd'hui il est toujours possible de lire, en latin, sur le porche des pèlerins: "Il n'est pas au monde de lieu plus sacré". Plusieurs témoins prétendirent avoir visité ce lieu souterrain. Le dernier, témoignage incontestable, serait celui d'un haut fonctionnaire qui affirmait en 1910 prouver ce qu'il avançait... pour en posséder des preuves photographiques... mentionnées dans un certain dossier 15-4-20. L'amateur de "chiffres" en comprendra et appréciera le sens.
La basilique de la Dorade se trouve sur l'emplacement d'un temple à Minerve. Le premier lieu de culte date de 399 et serait le "Sanctuaire marial le plus ancien de la Gaule". Le mot "Daurade" viendrait des mosaïques dorées à outrance offertes par les rois wisigoths. L'endroit était le siège d'une vierge noire dont les origines sont peu certaines, mais elle fut sollicitée, avec succès, pour bien des calamités. La dernière, le 15 août 1914, fut la demande de libération de la ville. Quatre jours plus tard c'était chose faite! Les Jacquaires ne pouvaient manquer d'apprécier chacun de ces détails à leurs justes valeurs et reprenaient leur route: l'Isle Jourdain, Gimont... Auch.

AUCH

On prétend que sept saints sont fondateurs de la ville: St Sernin, St Amand, St Clair, St Taurin, St Orens, St Léothade, St Austin de... que les pèlerins s'empressaient d'aller honorer.
Notre-Dame d'Auch fut très tôt un point de pèlerinage important dans la région. On prétend que St Taurin y aurait déposé une vierge miraculeuse. Pèlerinage les 8 septembre, 31 mai et 15 août.
Les jacquets se rendaient jusqu'à Notre-Dame-du-Cédon, à 5km, pour y admirer une toute petite statuette mariale de 15 cm de haut. Suite à un vœu , cette Notre-Dame libéra le pays de la peste en échange de: 2 livres de cire, 1 livre d'huile... le tout offert par un petit enfant innocent. Le pèlerinage est toujours en vigueur le 25 mars.

Le périple se déroulait ensuite par Montesquiou, Marciac, Marlaàs, Lescar, Oloron-Ste-Marie.

OLORON ST-MARIE

L'axe principal de la ville est la cathédrale Ste Marie du XIIeS.
Le passé de la région est émaillé de pèlerinages conséquents. Son emplacement, sur le chemin St Jacques, de Toulouse au Somport servait d'étape tant aux pèlerins... qu'aux expéditions guerrières contre les Maures. L'église Ste Croix et l'hôpital St Blaise hébergeaient les Jacques.

Les chapiteaux

L'étape était appréciée également par les amateurs de curiosités compagnoniques et hermétiques. Dans l'hospice de St Balise la tour octogonale du clocher possèderait la connaissance totale de la science des nombres mises en pierres par les Maîtres Maçons du Moyen-Age sous la forme du symbolisme ésotérique. Un pèlerinage y a toujours lieu le 3 février.
L'église Ste Croix (1070) est le plus ancien édifice religieux d'Oloron dont on remarquera des particularités architecturales insolites et très rares se rapportant, sans doute, aux constructions chrétiennes primitives. Il ne faut pas manquer de visiter l'étrange crèche béarnaise de Mgr de Revol qui était autrefois dans la sacristie de l'église cathédrale Ste Marie.

Le chemin se poursuivait ensuite par la vallée d' Aspe: Sarrance et sa vierge noire marquaient un autre arrêt notoire... même pour le roi Louis XI. Bétharam offrait aux pèlerins la halte et le repos dans les murs du monastère, avant Borce et le Col du Somport...


St JACQUES ET LE PAYS BASQUE
OSTABAT, ST JEAN-PIED-DE-PORT, RONCEVAUX

Trois des grandes voies: Puy-en-Velay, Vézelay et Tours se rejoignaient à Ostabat pour rejoindre enfin à Roncevaux la quatrième voie, celle de Toulouse.

OSTABAT
Château de Laxague

Nous sommes, à présent, en pays de Basse-Navarre et les trois grands chemins font leur jonction sur le Mont St Sauveur.
La vocation de cette ville était liée étroitement aux pèlerinages. D'ailleurs Ostabat signifiait déjà sur de très anciens documents "vallée de l'hospitalité". Alentour on trouve encore le village d'Hosta et un lieu Hostateguy pour le passage d'un mont.
L'évêque Turpin, si cher aux Gouliards et à Grasset d'Orcet, mentionne qu'ici se sépara l'armée de Charlemagne après le drame de Roncevaux. Dans cette ville le pèlerin n'avait, pour sa halte et son repos, que l'embarras du choix qui devait être fort grand.
Ils visitaient la chapelle d'Harambels. Elle avait une particularité remarquable. Sur son porche était un étage accessible par trappe et échelle. Les pèlerins attardés y trouvaient repos et sécurité pour la nuit. Un chrisme très ancien orne le porche, ainsi qu'un visage énigmatique et une étoile. A l'intérieur un St Roch nous rappelle le pèlerinage. Le cimetière attenant était riche d'une collection rare de pierres tombales à forme discoïdale dont certaines, très rares, frappées du chiffre de Marie.

ST-JEAN-PIED-DE-PORT

Les pèlerins y entraient par la porte St Jacques (XIIIeS.).
Il est dit que "la prison des évêques" était autrefois un hébergement pour les Jacques. On accédait à cette grande pièce gothique souterraine par une volée de 21 marches. Les murs sont garnis de fines sculptures inexpliquées représentant des "A" barrés en forme de compas, des arbalètes, des lis, des étoiles et des triangles. Des orifices murés, des sons creux, des bruits d'eau, des légendes font de ce lieu un endroit qui aurait fermement intéressé Pedro de Luna (Benoit XIII) pour des raisons restées énigmatiques... car comment expliquer les travaux de terrassement entrepris, puis vite arrêtés, à son époque, dans ce secteur de la ville?

L'étrange site d'Urculu

A la sortie d'Ispoure se voit toujours la forme massive d'une ancienne maison forte à l'aspect étrange et très impressionnant. La tradition assure que ce "Palacio" fut édifié par les géants basques "Mairiak". Le blason de la famille LARREA, seigneur du lieu, s'ornait d'un insolite chaudron aux accents aussi hermétiques que certains récits et documents concernant ce site parsemé de cavités profondes. Près du manoir on trouve d'étranges mares, ou sortes d'entonnoirs. Les légendes racontent qu'au fond de l'un d'eux se trouve enseveli un carrosse avec son équipage ayant blasphème... dans un autre se trouverait la tombe d'un être gigantesque et dans une dernière, une femme à tête d'oie mangeuse d'enfants.
A ce propos notons, entre St Jean et St Michel-le-Vieux, le vieux château ruiné d'Olhonce ayant appartenu à une famille de Logras!
Signalons aussi l'énigmatique "Tour d'Urculu". Elle est en limite de frontière et à 1400m d'altitude. Ce sont les restes circulaires d'une construction de 20 m. de diamètre et de plus de 2 m. d'épaisseur Certaines de ses pierres sont très longues: 1,80m. La finition est encore remarquable de précision et de finesse. Le site est entouré de vestiges mégalithiques qui accréditent la thèse d'un lieu de culte très ancien. Mais l'origine la plus étrange serait celle d'un plateau de dépôt où les défunts auraient été exposés aux intempéries et aux oiseaux de montagne... comme dans certaines régions orientales ou indoues. Cette "tour du silence", dite construite par Hercule, serait alors la seule du genre pour l'Europe.

RONCEVAUX

De St-Jean-Pied-de-Port le chemin St Jacques atteint Roncevaux, ultime étape pour le territoire Français... avant les 800km, environ, qui séparent encore le pèlerin de son but final: St Jacques de Compostelle.
Le "Guide du Pèlerin" précise qu'ici Charlemagne a taillé le roc avec "haches, pics, des pioches et d'autres outils" pour passer avec ses troupes. Mais il devait dresser, avant tout, une croix en l'honneur du Christ, puis s'agenouiller en direction de la Galice.
Il ne reste rien de cette croix. Pourtant chaque pèlerin se fait un devoir de poser une croix de branchage, ou autre, en ce lieu de mémoire.
Les Jacques s'arrêtaient, comme nous, dans l'église de Notre Dame où il pouvaient vénérer le rocher fendu trois fois par Roland à l'aide de son épée Durandale. Les Pèlerins trouvaient asile dans l'hospice du même lieu où tout leur était dispensé tant aux bien portant qu'à ceux qui n'iraient jamais plus loin sur ce chemin de l'espoir et de la foi. Est-il utile de rappeler, à propos de Roncevaux, que l'origine de l'évènement historique ou légendaire qui lui est lié ne fut, peut-être, pas aussi glorieux que nos manuels d'histoire nous le disent. En effet, qui nous parlera des faits historiques, réels et bien moins chevaleresques dont Charlemagne se rendit coupable? .. Car, comme l'écrit fort justement Michel Lamy: "Mais la félonie de Charlemagne et la juste vengeance des Vascons, les rois Francs allaient les faire oublier en faisant de Roland un martyr et en créant la légende de Roncevaux"...