
Saint-Jacques de Compostelle
Marche à l'ouest et fin des terres
LA ROUTE LEMOVICENSIS (LIMOUSINE)
DE VEZELAY A OSTABAT
ASQUINS est en vérité le "pré-départ"
de ce chemin St Jacques. De là les pèlerins montaient directement
sur Vézelay.
Asquin.
Le vitrail de St Jacques
Ce lieu est totalement empreint du souvenir des Jacques. Nous y retrouvons
l'église St Jacques (église des pèlerins) consacrée
en 1132,avec ses fresques des XVe et XVIe siècles. Les pèlerins
y vénéraient un buste reliquaire de leur St Patron (XVIIe). Au
pied de l'église: "le pré des pèlerins". Il semblerait
qu'à Asquin le moine Aimery Picard aurait écrit aux alentours
de 1135 le célèbre "Guide du Pèlerin".
VEZELAY
Sans Prosper Mérimée et Viollet le Duc, il est probable que peu
de choses auraient survécu du formidable édifice qu'est la basilique
de Vézelay...la basilique Ste Madeleine.
Il faudrait un ouvrage entier pour en décrire la richesse. Nous retiendrons
que l'édifice voué à Ste Madeleine est orné de peu
de représentations de cette sainte: 2 fois : 1/-sur le fronton. 2/-sur
le tympan extérieur
Le culte à Madeleine fut choisi par Gérard de Roussillon pour
d'étranges raisons sur lesquelles nous reviendrons une autre fois. Les
pèlerins devaient y noter avec étonnement et surprise l'étrangeté
des sculptures d'une richesse inouïe :des créatures à grandes
oreilles, à tête de chien (?) ...et tant d'autres. Remarquons parmi
les signes zodiacaux les gémeaux augmentés des Diosaures étoilés.
Hermétisme renforcé en ouverture par un Christ en gloire sur le
tympan. Sa main droite au-dessus de personnages tenant un livre ouvert. La main
gauche s'élève sur d'autres personnes avec des livres fermés...Exo
et Eso, la queste de l'absolu !
Peut-être les pèlerins venaient-ils ici puiser l'étrange
message de l'énigmatique Gérard de Roussillon dont le pays d'origine
n'est autre que la région frontalière avec l'Espagne.
NEVERS
Ici les pèlerins séjournaient à l'ancienne "Jacotière"
(XIIIe-XVIe siècles).Plus tard, au 19e siècle, Nevers sera la
ville de Bernadette de Lourdes dite sœur Marie-Bernard.
J.B. Gresset
Signalons l'étrange livre :"Vert-Vert" écrit par J.B.
Gresset qui relate les aventures d'un oiseau fabuleux élevé par
des religieuses. Leurs sœurs de Nantes souhaitant contempler le volatile
merveilleux, l'oiseau voyagea par le coche d'eau. Il apprit en cours de route
"la langue Gargotte" et aussi la "Verte des Dragons"...
Devant ce que les religieuses prirent pour un désastre verbal elles le
renvoyèrent à Nevers. Livre insolite déjà par son
auteur dont les deux initiales du prénom reprennent deux colonnes, bien
connues en Franc-Maçonnerie, J et B ! Puis Gresset et presque Grasset
(d'Orcet) ! Ensuite l'analogie se prolonge encore. Il s'agit d'un oiseau parleur:
langue des oiseaux! Vert-Vert (intensifiant la couleur) pourrait être
la même langue toujours verte des Gouliards... qui se poursuit par celle
des Gargots (gargottes) et enfin celle des Dragons!
L'ancienne église St Sauveur s'effondra en 1838... Le musée lapidaire
local conserve un des plus étranges bestiaires de pierre que l'on connaisse:
une licorne, un basilic, une manticore, un ours, une salamandre... et d'autres
plus insolites les uns que les autres.
On dit que sous St Sauveur est un étrange tombeau... dont l'occupant
doit se réveiller aux seuls mots de celui qui saura sa langue... La légende
assure aussi l'existence d'un chemin parallèle à celui des Jacques...
mais sous terre et partant autrefois de St Sauveur.
A St Martin d'Heuille, à 7 kms de Nevers, Notre Dame de Pitié
était évoquée pour ses miracles sur des enfants morts sans
baptême... qu'elle ramenait à la vie le temps du rituel! Sa fête
est toujours le troisième dimanche de septembre.
* Le Christ tenu par la Ste aurait saigné devant une foule nombreuse
le jeudi-saint de 1884...
BOURGES
A l'époque des grands pèlerinages, Bourges est riche de plus
de 60 églises. Les Jacques se dirigeaient plus particulièrement
vers la cathédrale où ils tentaient de se faire expliquer les
médaillons du porche central.
Puis ils se rendaient pour prier devant Notre Dame de Sales, dont l'origine
semble remonter à St Ursin (St Ours?). On trouve non plus St Ursin mais
un ours au pied du gisant de la tombe du Duc de Berry avec la devise "oursine
le temps viendra". Il est possible de voir dans cette phrase l'aspect éternel
de l'"oursin" Celte.
Les pèlerins remarquaient encore s'il le fallait qu'au portail central
de la cathédrale, la vierge est à gauche du Christ. Il semblerait
que ce soit l'un des deux cas de cette représentation de la vierge qui
est toujours présente à droite. L'autre est à la cathédrale
de Strasbourg.
Enfin, pour les "Jacquets", qui eux marchaient aux étoiles,
il est notoire de savoir que dans la cathédrale avait lieu la figuration
de l'avance de l'étoile devant les mages vers Bethléem. On y voyait
"courir l'étoile" représentée par trois luminaires
dans un pot de terre suspendu au long d'un cordage tendu dans la longueur du
vaisseau de pierre... Il est certain qu'ils y voyaient forcément le symbole
de leur propre voyage.

Bourges. Les armes avec l'Ours du Duc de Berry. On remarque
la madeleine derrière la descente de croix.
DEOLS
Les pèlerins de St Jacques se mêlaient ici à ceux de l'abbaye
de la Bonne Dame de Bourg-Dieu... en mémoire d'une statue de la vierge
portant l'enfant.
A la suite d'une rixe, un soldat de Richard Cœur de Lion lança une
pierre contre la statue et atteignit le bras de l'enfant qui tomba. La pierre
se mit à saigner et le soldat rendit l'âme dans d'atroces souffrances.
La légende assure que le lendemain la statue de Notre Dame déchirait
son voile de pierre en signe de douleur contre la guerre... qui devait cesser
peu après.
SAINT LEONARD DE NOBLAT
L'étape de St Léonard était appréciée par
les pèlerins de St Jacques.
Les reliques de Saint-Léonard de Noblat
La tradition veut que St Léonard, d'origine royale, ait obtenu du ciel
un accouchement rapide pour la reine, femme de Théodebert. En remerciement,
il obtint du roi "l'espace dont il pourrait faire le tour en une nuit sur
son âne"...
Puis le terme "délivrance" et son pouvoir s'étendirent
jusqu'aux prisonniers qui amenaient en gage de leur vœu réalisé
chaînes, fers, jougs... et autres attaches de prisonniers. La châsse
des reliques du saint est vénérée dans la collégiale
royale de St Léonard (XIIe siècle).
LIMOGES
On y trouve encore la place St Jacques de Compostelle qui, avec la croix des
Carmes sur le pont St Etienne, restent les témoins du pèlerinage...
avec la mémoire de nombreux hôpitaux et lieux d'hospitalité.
Le Patron de Limoges est St Martial... saint aux origines aussi mystérieuses
que merveilleuses. On dit qu'il aurait connu Jésus. C'est lui qui aurait
porté les cinq pains pour leur multiplication... Il aurait encore été
témoin de la résurrection de Lazare, de la Passion, du supplice
et de la résurrection du Christ. D'autres disent qu'il accompagnait St
Pierre à Rome et qu'il fut envoyé par ce dernier pour évangéliser
les Gaules.
On dit qu'il meurt à Limoges de sa belle mort dans une lumière
sept fois plus forte que celle du soleil.
Ses reliques furent rejointes par celles de St Loup dans l'abbaye de St Martial...où
elles sont toujours. La prochaine ostentation des reliques aura lieu en 2002
!
Le Jubé de la cathédrale (1544) figure en son centre les travaux
d'Hercule. Il rappelle la mémoire de Jean de Langeac dont le tombeau
est orné d'étranges gravures inexpliquées. Pas très
loin du portail, St Jean, une reproduction de St Martial pourrait être
celle de l'Hercule christianisé sous le patronyme de "Masal"...
et ce dernier est bien trop proche du dieu de la guerre, Mars, pour être
innocent...
BRANTOME
Le chemin St Jacques passait par "la Maison Jacques" où les
pèlerins retrouvaient le réconfort dans Brantôme.
Brantôme dont l'église abbatiale a pour voisine une cavité
nommée "trou de la statue". On dit qu'ici était une
statue de Mercure. St Front aurait fait disparaître la représentation
païenne dans un grand fracas.
Pas très loin la "font St Sicaire" possédait un verrou
secoué par les femmes en mal de fécondation... et la table du
dolmen proche fut déplacée par la force des quenouilles des trois
fées: Branicoas, Topaziuis et Menosura...
PERIGUEUX
La cathédrale St Front, que l'on visite, est l'ancienne basilique du
XIIe siècle. Dans cette dernière, les pèlerins St Jacques
ne manquaient pas de venir adorer St Front.
Ce dernier, lorsque le
Christ l'envoie par bilocation sur Tarascon pour ensevelir Ste Marthe, y laisse
sa paire de gants... Pour témoigner du fait, un gant restera à
Tarascon comme relique.
Autrefois, en cas de sécheresse, une procession était organisée
à la Fontaine Ste Sabine. Le pied de la croix processionnelle y était
trempé par trois fois..."et le lendemain il pleuvait à verse"
! ...
Enfin, toujours dans le domaine de l'eau, à Marzas, proche de Périgueux,
la source flue et reflue vers 18 H...
De Périgueux, la route se poursuivait sur Bergerac avec une étape
à l'église St Jacques.
Le délicat franchissement de la Dordogne s'effectuait à Ste Foy
la Grande. On y remarque encore une bastide du XIIIe siècle et les restes
d'une tour de la Maison de Temple qui assurait l'entretien et la veille de la
Halte Notre Dame.
Puis le cheminement se poursuivait par St Ferme, avec son calvaire St Jacques
du XIVe (orné d'un St Jacques avec un gros pain). Roquebrune offrait
une autre étape dans l'hôpital du Temple (1170?). et c'est à
hauteur de St Hilaire de la Noaille que le chemin arrivait sur la Dordogne dont
le passage se faisait à la Réole.
La voie St Jacques continuait par Bazas avec sa superbe cathédrale gothique
du XIIIe siècle, Captieux, Mont-de-Marsan. De là les pèlerins
rejoignaient OSTARAT par ORTHEZ, Sauveterre-de-
Béarn, St Palais...
LA VOIE TURONENSIS
TOURS - OSTABAT
Cet itinéraire est celui qui recevait les voyageurs des pays du Nord.
Paris en était l'étape principale.
PARIS
L'hospitalité avait lieu à l'hôpital St Jacques aux Pèlerins
puis l'église St Jacques de la boucherie et le périple s'ouvrait
sur le passage St Jacques souvent accompagné par la société
St Jacques (XIIIe-XVIIIe siècles)
Notre Dame de Paris et St Christophe:
Les pèlerins venaient y contempler une statue de St Christophe qu'il
suffisait d'invoquer pour ne pas mourir violemment durant le voyage. La tradition
en avait fait un géant terrible souvent à tête de chien.
La mythologie en fera un ogre docile suivi de son chien fidèle Patron
des gués et des passeurs. On comprend pourquoi les pèlerins ne
manquaient pas de venir le prier au départ du voyage.
Visites aux vierges noires de Paris:
Notre Dame des Champs fut ramenée de Palestine par St Denis venu à
Lutèce pour évangéliser la région. Il aurait choisi
pour refuge une carrière à l'emplacement du futur faubourg St
Jacques. L'ermitage de St Denis devint une crypte au VIe siècle avec
une chapelle où se déroulèrent régulièrement
de nombreux pèlerinages.
La vierge noire de St Germain-des-Prés, connue sous le nom d' "Isis",
était ornée d'un chien dans son dos.
Notre Dame de la Paix était la curieuse copie de l'étrange vierge
de Joyeuse et la relation est toujours inexpliquée.
La dernière se trouvait à St Etienne des Grès, sous le
vocable de Notre Dame de Bonne Délivrance. En 1533, déjà,
une confrérie doublait celle des pèlerins et était forte
de 1200 membres.
St Jacques, les mammouths et la licorne:
Si des ossements de baleine furent découverts en 1891, au 36 rue Dauphine,
des vestiges de mammouths seront retrouvés sous ce qui deviendra la rue
St Jacques... ainsi qu'un appendice nasal de narval fossilisé appelé
la Licorne St Jacques.
ORLEANS
Visite obligée à l'église de St Aignan. Les pèlerins
se rendaient dans la crypte pour tenter d'y déchiffrer les chapiteaux...
toujours inexpliqués de nos jours.
La vierge noire d'Orléans recevait régulièrement la visite
des pèlerins. Elle avait sauvé un archer d'un javelot qui lui
était destiné en s'interposant. Le fer de lance se ficha dans
le genou de la vierge qui resta depuis lors découvert et blessé...
Les pèlerins y imploraient le soin de leurs jambes. Il s'agit de Notre
Dame des Miracles de l'église St Paul.
BLOIS
St Marcoule (église
St Nicolas) attirait les pèlerins en raison de sa réputation de
guérisseur pour les cheminots ainsi que la faculté d'éviter
de s'égarer... en l'implorant.
Il était nécessaire aussi d'aller réciter trois Ave Maria
à Ste Mechtilde pour s'en assurer les grâces et les intercessions
auprès du maire.
La quantité des saints:
A 5 kms: la Charmée St Victor: guérison des fièvres lors
d'un pélerinage célèbre à St Victor.
Ste Corneille y guérissait aussi les convulsions et les maux de tête...
et puis St Urbain et St Néanmo.
De Blois, deux détours s'imposaient: le premier à St Dye (14 kms)
où reposait St Adeodatus, destructeur d'une créature monstrueuse
dévorant les pèlerins isolés... le second à St Bohaire
(10 kms) où l'on implorait St Blaise pour guérir les maux de gorge.
TOURS
Tours méritait une étape importante. On y trouvait plusieurs
maisons d'hospitalité: "la Coquille", "la Loge",
"St Jacques"... L'endroit fut longtemps un lieu de pèlerinage
au moins égal sinon plus aux cultes de St Jacques de Compostelle et St
Michel. L'intérêt incontesté était dû au culte
des reliques de St Martin (317-397) que même les rois mérovingiens
venaient implorer pour renforcer leur pouvoir.
Une loge du pélerinage
La basilique au XIe siècle était aussi grande que Notre Dame
de Paris et les pèlerins y venaient prier de jour comme de nuit, au fil
des offices ininterrompus. On y visite toujours la crypte avec le tombeau du
saint.
Mais il faut croire que les Jacquaires se rendaient surtout à Ste Radegonde,
sur l'autre rive de la Loire, où fut retrouvée la grotte de St
Martin... et celle de St Gratien, évêque des Gaules. Le "repos
de St Martin" est creusé dans le rocher et dépendait de l'abbaye
de Marmoutier. C'est en ce lieu qu'apparut à st Martin Ste Thècle,
Ste Agnès et surtout la vierge Marie. Cette dernière apporta un
baume miraculeux lors d'une chute très grave du saint homme qui restait
inanimé, baume qu'elle appliqua elle-même. Les guérisons
miraculeuses seront très nombreuses grâce à cette "Sainte
Ampoule"... qui servira au sacre des rois de France!
Toujours à Tours... Notre Dame des Miracles rappelle la reine Clotilde
et la statue de la vierge qui apporta fut retrouvée bien plus tard dans
le tronc d'un noyer ; elle est toujours visible chez les soeurs de la Charité.
Enfin Notre Dame des Eaux (Membrolle) fut invoquée pour combattre les
sécheresses. Les pèlerins rapportaient chez eux un caillou béni
ici et l'immergeaient dans un peu d'eau pour que la pluie vienne sur leurs vignes...
Notons que St Martin est le Patron des vignerons de Touraine et d'Anjou, qu'il
est fêté le 11 novembre et que débute à cette date
le "Marinage du vin" qui, jusqu'au 21 novembre, engendre cette étrange
mais non moins célèbre maladie qu'est... la xylotome! ...
Entre Tours et Poitiers: Ste Catherine de Fier-Bois, une halte pour les pèlerins
(1415), Ste Marie de Touraine avec sa croix "aux coques" et Chatelleraux:
église St Jacques.
POITIERS
Le
tombeau de St Hilaire
Là encore les pèlerins prévoyaient une halte conséquente.
C'est ici que fut dressée l'église de Ste Radegonde qui se refusa
en 538 à Clotaire. Le monastère qu'il édifia, aux portes
de la ville, prit le nom de Ste Croix en raison d'une relique de la "Vraie
Croix". On descend toujours dans la crypte sous le chœur pour se recueillir
devant la sépulture de la sainte... et celles de Ste Agnès et
Ste Diciole. Les pèlerins y vénéraient la relique et la
châsse où reposaient les restes de Ste Radegonde.
Dans l'église de Ste Radegonde, les Jacquaires, ménageant leurs
pieds, s'obligeaient à adorer le rocher sur lequel le Christ laissa l'empreinte
de son pied et venaient visiter Ste Radegonde... C'est "le Pas de Dieu"
toujours honoré de nos jours.
On dit aussi qu'en 1422, l'évêque Simon de Cramaux fit ouvrir le
sarcophage de la sainte par le duc de Berry. Ce dernier s'empara de l'anneau
de mariage de Radegonde. Il voulut aussi se saisir de la bague de religieuse...
alors la main de la morte se referma afin que le sacrilège n'ait lieu!
Jusqu'au 19e siècle, les enfants malades devaient ramper sous le tombeau
de la sainte et circuler trois fois sous les pilastres de repos.
L'église de Notre Dame la Grande contient la statue de Notre Dame des
Clefs. C'est celle qui déroba et tint en ses mains les clefs de la ville
qui devaient être remises, en 1202, par traîtrise aux anglais. Depuis,
la statue porte les clefs de la ville lors d'une procession qui a lieu le lundi
de Pâques.
Autour de Poitiers:
Migné: Chaque 17 décembre se célèbre l'apparition,
aux troupes de Constantin, d'une croix argentée "élevée
au-dessus du niveau de la terre d'environ cent pieds /.../ qui nous a paru être
de quatre-vingts pieds /.../ elle s'est maintenue sans altération près
d'une demi-heure..."
SAINTES
Le
tombeau de St Eutrope
L'abbaye royale est le siège du Centre de Culture européen St
Jacques de Compostelle. On y retrouve la rue de l'aumônerie (halte).
C'est à Saintes qu'arrivaient les pèlerins par voie maritime.
Depuis le VIe siècle, St Eutrope est le Patron de la ville qu'il évangélisa
au Ier siècle. Après des débuts difficiles, les conversions
vont bon train. Mais le légat romain, furieux que sa fille suive le saint,
demande aux bouchers locaux d'assassiner St Eutrope à coups de hache.
Les miracles sont nombreux sur le tombeau du martyr. Les pèlerins de
St Jacques savent qu'ils honorent ici un saint aux pouvoirs immenses: guérir
les malades, ressusciter les morts, chasser les démons et délivrer
les prisonniers... On ne sait jamais ce qui peut arriver en chemin!
Le premier couvent date de Clovis. Lors des travaux, on retrouve le tombeau
et le culte commence dans l'église St Etienne. Puis on ne sait plus,
au fil des travaux, où se trouve la sépulture. Ce n'est que le
19 mai 1843 que le sarcophage est retrouvé dans la crypte de l'église.
Dans la tombe marquée EUTROPIUS en lettres carlovingiennes on retrouve
des ossements sans la tête ni un bras... La tête est depuis longtemps
dans un reliquaire approprié et le bras vénéré à
Béziers.
Les
sirènes de St Eutrope
Depuis cette "retrouvaille", la crypte est restaurée et rendue
à la visite des pèlerins. Notons que cette crypte est la plus
grande après Chartres et qu’au bout du transept le "puits
romain" signale le lieu où vivait St Eutrope.
Le pèlerinage de Saintes à Eutrope et Eustelle a lieu le 30 avril.
Il y a une étrange analogie de la crypte et du puits avec les sous-sols
de Chartres. (voir "l'inconnu" n° 237)
BLAYE
Il ne reste que peu de choses du sanctuaire qui abritait les tombes de St Romain
et de Roland... sur lequel François 1er, ayant fait ouvrir le tombeau,
vint méditer. On peut voir quelques restes archéologiques de la
crypte près de la Porte Dauphine.
BORDEAUX
Bordeaux marquait une halte importante pour les pèlerins de St Jacques
sur la terre de St Sernin avant la traversée des Landes.
La basilique St Sernin serait construite sur les vestiges de celle de St Martial,
elle-même sur un temple dédié à Mars. L'histoire
locale raconte que Charlemagne fit fixer l'olifant de Roland au Maître
autel de St Sernin... et aussi fit ensevelir vers les chevets les compagnons
de son neveu tombés à Roncevaux.
La crypte de St Sernin
La tombe de St Sernin, vouée au culte pendant des siècles, fut
oubliée et déplacée vers 1845. Des historiens la supposent
celle dite "de St Font". Dans cette dernière seraient déposées
les clefs des océans.
A l'entrée de la ville se trouve l'église Notre Dame de Talence;c'est
le lieu du seul pèlerinage à Notre Dame de Bordeaux. L'endroit
se nomma durant des siècles "Notre Dame de Rama", en mémoire
à Aliénor d'Aquitaine qui, en 1132, y édifia un sanctuaire
et y fit don d'une pieta! Aliénor et Louis XII projetaient leur pèlerinage
à la ville de Joseph... qui devait ensevelir le Christ: Arimathie ou
Rama. D'autres légendes très étranges circulent sur cette
histoire. Elles sont liées à un trésor inestimable détenu
par les Chartreux de Bordeaux.
Les pèlerins descendaient à "l'hôpital St James"
qui les abritèrent du XIIe au XVIIe siècles. Dans les années
30, des recherches et sondages révélèrent des coquilles
St Jacques retrouvées sur le site.
De Bordeaux les pèlerins se dirigeaient sur Belin-Béliet.
En route, à Gradignan, le prieuré de Cayac offre toujours le repos
aux Jacquaires. C'est ensuite à Belin-Béliet que se situait la
prochaine halte. Sur l'ancienne voie des "Romieux", Romiou, se trouve
l'église romane de St Pierre de Mons, mais surtout la "font de Ste
Claire" réputée pour guérir tous les maux de la vue.
On notera aussi l'étrange étymologie "Belin", qui en
vieux français signifiait le "malin". Le site du "Fara"
tout proche pourrait bien attester d'un lieu de culte très ancien à
quelques divinités minérales et aquatiques...supplantées
adroitement par Ste Claire et St Pierre !
Il en sera de même pour l'église de St Michel du Vieux Lugo toujours
à Belin-Béliet. Les pèlerins pouvaient y contempler des
peintures murales du XVe siècle remises fortuitement à jour vers
1967. Outre les péchés capitaux, y sont visibles des enseignements
de miséricorde pour les Jacques... Là encore les vieux récits
font état d'étranges habitants "à longues oreilles
et de tailles fabuleuses" dont les restes furent retrouvés lors
de l'édification de l'église.
Le chemin se poursuit par Labouheyre où il est utile de s'arrêter
à l'église St Jacques pour y contempler la succession de "fleurs
de lys" et "coquilles st Jacques" qui forment une frise intéressante.
Les haltes se situaient vers Pouymontet et Fasse-Grimbaut (St Paul les Dax)
DAX
La ville possédait de nombreux hôpitaux pour les Jacques: St Jacques,
St Eutrope, le prieuré du St Esprit (1217), celui de Ste Epine et de
Claire Halte...
A 6 kms, retenons St Vincent de Paul, anciennement Pouy, qui prit le nom de
son habitant le plus célèbre, né vers 1580...
Les pèlerins se rendaient volontiers vers Notre Dame de Buglose dont
le nom veut dire "langue de bœuf". Ce nom viendrait d'un bœuf
qui s'arrêtait chaque jour au même endroit en meuglant longuement
avant de lécher toujours la même chose. Un petit berger s'aperçut
que l'animal léchait une statue de la vierge. L'évêque de
Dax, prévenu, décida de transporter la statue à Pouy mais
les bœufs refusèrent obstinément d'avancer. Alors un sanctuaire
fut édifié sur place; un pélerinage eut lieu régulièrement
ponctué par de nombreux miracles... pélerinage toujours d'actualité
le 8 septembre.
Enfin les Jacquets se dirigeaient vers Ostabat par Arancou (1256), Ordios et
l'église St Jacques de Vieillenave.
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