
Les catacombes
A la différence de la
faune, la flore ne dispose d'aucun système de substitution.
Elle ne doit sa survie qu'à un minimum de lumière, faute de quoi,
elle meurt. Ainsi, la trouve-t-on près des orifices des galeries, des
sources lumineuses, si faibles et si intermittentes soient-elles.
Privés de l'élément indispensable à la photo-synthèse
de leur chlorophylle, les végétaux sont chétifs, décolorés,
plus grands que leurs homologues de surface. Plus grands, non par multiplication
cellulaire, mais par extension de la taille de la cellule, d'où allongement
de la tige, attirée vers la source lumineuse.
Jacques MAHEU, contemporain d'A. VIRE, et professeur à l'Ecole Normale
Supérieure de Pharmacie, confirme l'absence de fonction reproductrice
de la flore, qui ne fleurit jamais. Les végétaux souterrains sont
des cryptogames, dont l'appareil de fructification est très peu apparent.
Or, la floraison d'une plante ne peut se réaliser que grâce à
la coïncidence naturelle entre conditions d'éclairement et rythme
photo-sensible spécifique à la famille considérée.
Coïncidence à l'évidence abolie dans les Catacombes.
Les plantes hygrophiles bénéficient des suintements aqueux, tandis
que les plantes chlorophylliennes meurent dans le noir éternel et total
qui ne convient guère qu'aux champignons. On note dans les galeries des
catacombes, depuis quelques années, une prolifération d'algues
microscopiques, conséquence vraisemblable de l'éclairage quotidien.
Lorsque, pour le dernier visiteur, sonne l'heure du retour au royaume des vivants,
lorsque s'achève la dernière ronde qui débusque un éventuel
cataphile avide de s'adonner aux délices souterraines et macabres, faune
et flore s'endorment sagement dans ce lieu mythique dont tant de visiteurs,
hélas, ignorent rigoureusement tout.
ISORE prend alors possession de la caverne.
Madame la mort, noctambule ?
Si l'oubli d'un mort est possible, sinon facile, l'oubli
de sa propre mort est totalement impossible.
On dit bien qu'on épouse la Mort... que la Mort séduit, qu'avec
la Mort, on danse dans les charniers. On dit aussi que la Mort joue de la musique,
charme, accompagne le partant dans sa dernière retraite. Ambivalente
séductrice, la Mort fauche, meurtrière et cruelle. La Mort domine
la vie de l'homme s'il ne sait s'y préparer, digérer l'idée
même, l'assimiler en un cheminement intérieur toujours fructueux,
souvent utile pour bien la vivre le moment venu.
Depuis toujours, l'homme affronte ce problème éternel et s'en
sort à travers les croyances et les rites initiatiques dont foisonne
la Mythologie. Elle-même, annonce le passage aux Enfers au prix de traumatismes
inquiétants : le Léthé inflige l'oubli, le Phlégéton
brûle, le Styx répand l'horreur et le Cocyte cause des lamentations
sans fin. L'Achéron provoque des douleurs si insoutenables que les âmes
des morts ont recours à une obole, déposée dans la bouche,
offerte à CHARON afin qu'il accélère la vitesse de la barque.
Quand les Romains envahissent Lutèce, la TOMBE-ISSOIRE est un lieu-dit
déjà très connu. Elle s'ouvre sur le flanc nord de la colline
du Montsouris, en pente douce vers la plaine d'Enfer.
Un géant y est enterré. Il s'appelle YSORE et dévore tout
néophyte qui pénètre chez lui. A travers cette digestion,
évocatrice du passage d'un état à un autre, l'homme renaît,
initié. La tombe et l'action de dévorer signifient mort aux sensations
terrestres et naissance à un état autre.
Ni différent ni plus réel que les mythes de ZEUS ou MARDOUK, celui
de la TOMBE-ISSOIRE reflète le besoin universel d'apprivoiser l'idée
de sa propre mort. Que les siècles suivants soient éminemment
religieux, ne change rien aux croyances qui trouvent un moyen légal d'expression
dans la ‘Chanson de Geste’.
Au début du XIIe siècle, Le Moniage GUILLAUME ou La Vie de GUILLAUME
devenu Moine, raconte qu'Ysore est un roi Sarazin du Portugal, géant
de son état. Dès son arrivée à Montmartre où
il s'installe, il lance quotidiennement un défi aux Parisiens. Il
sème la terreur. Le Roi de France appelle à son secours GUILLAUME
d'ORANGE. Bien que retiré du monde à Montpellier, par simple amitié
pour son ami le roi Louis, GUILLAUME enfile son armure et se rend à Paris.
On lui en refuse l'entrée. Or, un pauvre paysan lui donne asile dans
sa cabane, construite dans un fossé au-dessus duquel le terrifiant Géant
vient éructer chaque matin que Dieu fait.
Averti par son hôte, GUILLAUME ne perd pas de temps. Le lendemain matin,
il s'avance au-devant d'Ysore, l'affronte et lui coupe la tête. On l'enterre
là où il meurt, en bordure de la route d'Orléans.
En 1212, donc un siècle plus tard, on attribue au tumulus le plus important
de Paris, plus haut que celui de la Montagne Sainte-Geneviève, l'authenticité
de la tombe du Géant ! La légende prend réalité
quand on découvre, sur la colline du Montsouris, une dalle vaste de 6
m 60... C'est, à l'évidence, la Tombe du Géant Ysoré.
De cette époque, date la transformation d'YSORE, en ISOERE, ISORÉ,
ISOIRE et enfin ISSOIRE.
Sur la rive gauche de Lutèce, puis de Paris, il n'est pas que la légende
d'Ysore qui hante les esprits. Un large périmètre dont les Catacombes
sont le centre actuel, est fertile en croyances qui jalonnent notre mémoire
à travers les noms des rues actuelles.
Sous le Premier Empire, les ossements sont triés et disposés
avec soin. L'ossuaire est ouvert au public mais ne suscite ni méditation
ni recueillement. La plus grande liberté règne dans ce lieu caché
où ne s'exerce aucune surveillance officielle. Ainsi le vandalisme et
les manifestations excessives de tous ordres amènent le gouvernement
de la Monarchie de Juillet à en interdire l'accès, au nom de la
morale et de la décence.
Napoléon III rétablit les visites à raison de quatre par
an à condition qu'il s'agisse de groupes accompagnés. Cependant,
la municipalité de Montrouge s'insurge contre une telle restriction qui
grève son budget. Elle associe sa réclamation aux plaintes nombreuses
des curieux. Sous
cette pression, le gouvernement autorise en 1867 la programmation d'une visite
mensuelle. Il faut attendre 1983 pour que l'ossuaire des Catacombes bénéficie
du régime des Musées Nationaux et soit accessible au public six
jours sur sept. Une visite guidée a lieu une fois par semaine.
La descente aux Catacombes est ainsi officielle et licite. Cependant, pour mettre
un terme aux intrusions clandestines par les carrières avoisinantes,
l'Inspection Générale des Carrières mure, depuis une trentaine
d'années, les passages si étroits soient-ils, au fur et à
mesure qu'ils sont découverts.
L'ossuaire est un lieu au décor surréaliste qui attire le vivant
et lui donne peut-être un sentiment de supériorité du fait
même qu'il est, lui, encore en vie. Ainsi, en 1787, quand les ossements
sont entassés pêle-mêle dans les galeries obscures, le Comte
d'Artois, bien connu pour les histoires salaces qu'il se plait à raconter,
s'y installe pour se sustenter sans en avoir pour autant l'appétit coupé.
Il précède de peu deux dames de la bonne société,
Mesdames de Guigne et de Polignac qui s'avisent d'y offrir un goûter.
En 1789, le culte obligatoire de la Déesse Raison conduit les prêtres
réfractaires à se réfugier dans les carrières, comme
l'avaient fait les premiers chrétiens. Il est vraisemblable qu'ils s'abritent
dans l'ossuaire. Les révolutionnaires craignent que la famille royale
ne s'échappe de la capitale par les souterrains. C'est alors qu'on réquisitionne
les Comités de Recherches et des Rapports et qu'on ordonne l'exploration
systématique de toutes les carrières de Paris. Guillaumot est
tout spécialement chargé de celles du sud de la ville, et en particulier
des Catacombes qui n'échappent pas à la fouille.
En 1815, les bonnets à poils, campés à Montsouris, se
régalent de la visite de l'ossuaire, recel insolite. Peut-être
certains se remémorent-ils ce que leur compatriote russe, VON VEINE,
disait sur « ces français qui ne font jamais rien comme les autres...
».
La Révolution de 1848 est l'occasion de fouilles dans les carrières
de la Tombe-Issoire qui dissimuleraient, pense-ton, armes et munitions destinées
aux insurgés. Une anecdote veut que, lors d'une ronde, on perçoive
avec beaucoup d'émoi des voix gémissantes. Après de longues
recherches, on se rend à l'évidence : les murmures ne sont que
le clapotis de l'eau suintant le long des parois. Le décor est si bouleversant
que les imaginations s'enflamment aisément.
Juste avant que n'éclate la
guerre de 1870, le prince Oskar de Suède a encore le temps de rendre
une visite rapide à l'ossuaire, accompagné par l'archiprêtre
d'Uppsala. Une fois la guerre déclarée, on décide d'organiser
un service postal à travers les carrières de manière à
sortir de l'encerclement allemand. Bien qu'un petit groupe de volontaires ait
une remarquable expérience et une connaissance très sûre
des souterrains de Paris, le projet achoppe par inertie gouvernementale.
La crainte qu'inspire le dangereux labyrinthe à toute personne imparfaitement
initiée, retient également l'envahisseur à quelque époque
que ce soit. L'ossuaire où se terrent les Versaillais opposés
à la Commune en 1871, est objet d'âpres discussions. On raconte
que les Catacombes sont minées, mais le sont-elles vraiment ? De fait,
elles ne doivent leur intégrité qu'à l'absence d'artificiers
disponibles à Paris car le plan est déjà remis aux autorités
qui refusent de l'utiliser. On se limite à une chasse à l'homme
de grande envergure dont le butin se résume à « un assez
grand nombre de cadavres d'insurgés à demi rongés par les
rats ». Les incendiaires de la Commune endommagent inconsidérément
l'entrée où ils disposent mines et torpilles, retirées
ultérieurement par le Génie militaire. Des fils de fer fixés
le long des voûtes transmettent les informations télégraphiques.
le dernier événement du siècle a lieu en 1897, Les tons
dorés du décor macabre inspirent esthètes, poètes
et musiciens qui, le 2 avril 1897, en présence d'une docte assistance,
donnent un concert thématique dans la Rotonde des Tibias, ou Crypte de
la Passion. Y assistent une centaine de personnes, dotées de respectables
professions puisque, comme le relate le Figaro à l'époque, les
professeurs et certains membres du gouvernement y sont nombreux. Une formation
de quarante-cinq musiciens d'orchestre joue la Marche Funèbre de Chopin,
la Danse Macabre de Saint-Saëns, le Choral et Marche Funèbre des
Perses. Le xylophoniste pousse le raffinement jusqu'à simuler le cliquètement
des squelettes et bouleverse les auditeurs qui, le concert achevé, s'esquivent
vers leurs voitures prudemment garées à quelques rues de la sortie.
1er juillet 1936.
La Cagoule décide de passer à l'action clandestine et de s'armer.
La Cagoule est le surnom de l'O.S.A.R.N., Organisation secrète d'action
révolutionnaire nationale. Une erreur de transmission (d'un indicateur,
dit-on) transforme le O en C ; la presse s'empare du sigle qui devient C.S.A.R.
La Cagoule utilise les souterrains parisiens, carrières et catacombes,
pour lutter, avec effet de surprise, contre son ennemi, le Front Populaire.
La Cagoule est issue de l'Action Française, à qui un petit groupe,
surnommé la « 17e équipe » et constitué
de 97 signatures, reproche de n'avoir pas pris le pouvoir. Le groupe contestataire
est exclu de l'Action Française. A sa tête, DELONCLE et COURE dirigent
environ deux mille adhérents qui se rendent responsables d'attentats.
Ils sont notamment les auteurs de meurtres commis contre deux dirigeants antifacistes
italiens, et d'un attentat antisémite sur la personne de Léon
BLUM, chef du Gouvernement de l'époque. Des provocations ont lieu dans
le quartier de l'Etoile, contre des immeubles du patronat et avec prédilection
contre des juifs.
La Cagoule a pour objectif précis de susciter une guerre civile dans
Paris. Elle répand l'idée d'un putsch communiste contre lequel
elle suscite le soulèvement de quelques régiments astucieusement
manipulés. Les souterrains abritent un matériel dont l'estimation
la plus précise est donnée à l'occasion de la découverte
de l'un des dépôts, le 26 novembre 1936. On recense : 1 mitraillette,
1 mitrailleuse, 102 FM, 38 mousquetons et fusils de guerre, 2 bombes, 2.948
grenades chargées, 185 000 cartouches. « Pas plus du quart de notre
matériel parisien », dit DAGORE dans les Carnets secrets de la
Cagoule.
Quant au financement de l'organisation,
il semble qu'il soit resté occulte, cependant que figure comme parrain
reconnu, Eugène SCHNUELLER, fondateur du groupe l'Oréal.
Dans la Cagoule, clandestine à l'excès, ces deux mille hommes,
« prêts à agir », parlent beaucoup. De nombreuses fuites
amènent le préfet de Police, Marx DORMOY à disloquer l'Organisation,
étalant au grand jour la participation de l'Armée à l'action
de l'extrême-droite contre le Front Populaire.
La Cagoule dispose d'itinéraires souterrains qui comportent un circuit
nord et un circuit sud. Le circuit sud a une entrée au lieu dit la Vache
Noire, situé sous le carrefour de la route d'Orléans. Il prend
la direction du nord par une longue galerie percée dans les fondations
de l'aqueduc de la Vanne, traverse le boulevard Jourdan, passe sous le tunnel
du chemin de fer de Ceinture, et sort avenue Reille.
A cet endroit, commence le circuit nord qui longe la partie ouest du Centre
Hospitalier Sainte-Anne, remonte sous la rue Saint-Jacques et traverse le carrefour
de l'Observatoire pour emprunter la rue d'Assas. Là, le circuit se divise
en une branche nord-ouest jusqu'à Vaugirard, avec sortie par un escalier
de la rue Bonaparte. La branche sud-ouest fait des crochets pour se terminer
par une issue rue Notre-Dame-des-Champs.
Les repères et les fiches de renseignements, dont disposent les adhérents
de la Cagoule, sont extrêmement sommaires. Ils n'indiquent que l'orientation
générale. Les repères des circuits nord et sud ne sont
pas identiques : triangles, losanges, lettres sont marqués à la
craie de carrier et susceptibles d'être effacés.
Les égouts sont préférés aux carrières ;
ils facilitent l'accès aux bâtiments officiels qui sont les premiers
visés. Lorsque M. JEANNENEY, président du Sénat, a connaissance
du complot fomenté pour assiéger le bâtiment par surprise,
il ordonne la fermeture des galeries d'accès au Sénat (celles
de Vaugirard) par des portes blindées munies de signal d'alarme.
C'est crainte et intérêt qu'inspirent les carrières aux
occupants allemands. Bien malgré eux, ils s'en remettent aux français
pour en assurer l'entretien et le contrôle. Leur but est d'y entreposer
du matériel sophistiqué et d'y faire stationner des troupes. Quant
à la Résistance, elle tire parti des lieux et des Catacombes en
particulier.
Les résistants envisagent une action offensive souterraine. Après
l'avoir scrupuleusement étudiée, ils doivent finalement l'écarter
: les carrières ne sont utilisables qu'en tant que refuge, dépôt
d'armes et de matériel ou encore, moyen de communication, à la
seule condition que ce soit pour des individus isolés ou de très
petits groupes d'hommes. En effet, les échelles d'évacuation et
l'exiguïté des galeries les plus clandestines sont beaucoup trop
impraticables pour assurer la sécurité d'une retraite précipitée.
Un certain MOREL s'adresse, un jour, à quelques étudiants en médecine
qui lui sont recommandés par un réseau résistant de la
Presse. Il leur demande de l'accompagner dans une visite des carrières
qu'il ne connaît pas. Il appuie sa demande avec insistance. Nul ne se
doute qu'il s'agit du colonel ROL-TANGUY qui va participer si activement à
la libération de Paris.
Au cours de la visite, un incident
a lieu, sous la rue Humboldt, le groupe perçoit soudain une lumière
qui se balance au loin dans l'obscurité, chacun s'immobilise. Prudemment,
les deux lumières s'éloignent chacune dans leur direction et le
groupe qui accompagne MOREL ressort sain et sauf de cette aventure qui eut pu
mal tourner, nul ne saura jamais qui il a rencontré, au même instant
et dans le même lieu,
Le colonel ROL-TANGUY, alias MOREL demande qu'on lui confie les plans des carrières,
ce qui est accepté. Il installe son P.C. à 26 mètres de
la place Denfert-Rochereau, on y accède par l'escalier des Catacombes
et il communique avec les égouts et les autres carrières, le Chef
de la Résistance d'Ile-de-France y fait installer un réseau téléphonique
qui le met en relation avec la surface. De même, il envoie ou reçoit
des messagers souterrains par des issues aussi diverses qu'éloignées,
de là, il dirige l'insurrection des F.F.I. de Paris, du 19 au 23 août
1944.
La guerre terminée, l'ossuaire retrouve son calme. Visité de temps
à autres par quelques promeneurs originaux amoureux des souterrains et
qui réussissent à se glisser par des orifices étroits,
au risque d'y rester coincer, le silence reprend possession de la nuit. Ne confondons
pas souterrains et Catacombes. Les Catacombes n'étant ainsi nommées
que parce qu'elles abritent un ossuaire.
La genèse des Catacombes est longue, très longue, puisque l'aboutissement
de l'histoire de Paris et de ses sépultures, qui se déroule en
parallèle avec la grande étape de l'urbanisme.
Cet essai a tenté de le démontrer, mais il a rencontré
une difficulté importante : choisir arbitrairement certains documents
plutôt que d'autres, certains détails sur la vie de la capitale,
non moins significatifs que d'autres. L'ouvrage, se voulant simple et accessible
à tous, doit se limiter.
Cependant, les Catacombes, en
cette fin de XXe siècle, ne sont pas qu'un aboutissement, sous le fallacieux
prétexte que leur création concrète, physique, a lieu de
telle date à telle date, précise dans le temps.
Les Catacombes de Paris ne cessent de poser des questions auxquelles nous ne
pouvons répondre avec exactitude. Il est des coïncidences curieuses
qui nous plongent dans la perplexité. A chacun de tirer la conclusion
qui lui sied, d'orienter sa réflexion vers l'analyse du symbolisme, le
retour aux grands mythes.
Peut-on soupçonner ISORE, Géant de la TOMBE-ISSOIRE, d'avoir soufflé
aux autorités l'idée de consacrer ces souterrains plutôt
que les carrières voisines, désaffectées également,
afin d'y occulter la mort et les morts, précisément là
où la mort initiatique opérait dans la caverne du MONTSOURIS ?
Effet du hasard, (mais le hasard existe-t-il ?) si est aménagé
en ossuaire, un lieu très proche du locus cinerum, jadis nécropole
gallo-romaine, entre le Val-de-Grâce et l'actuelle avenue Denfert-Rochereau
?
Quelle malice prédestine donc le Général DENFERT-ROCHEREAU
à substituer son nom à celui du quartier du Val d'Enfer ? Enigmatique
toponymie qui laisse songeur, à moins que ce ne soit l'association délibérée
d'une sonorité ancienne avec un nom contemporain...
Le Lion de Belfort surveille l'entrée des Catacombes. Pure coïncidence
s'il évoque son avatar, le Sphinx, veillant les mastabas égyptiens
du Caire ?
Toutes les interprétations sont possibles et c'est très bien ainsi.
Là est peut-être la nouvelle richesse des Catacombes de Paris.
Marie France ARNOL
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