
Mascarade ou Monsieur Carnaval ?
" Sans cesse on prend le masque, et quittant la nature,
on craint de se montrer sous sa propre figure."
[ Nicolas Boileau ] Extrait de Epîtres.
Petite Histoire de masques
?
Depuis l'Antiquité, les différents peuples ont institué
des fêtes joyeuses : les fêtes d'Isis chez les Egyptiens, les Bacchanales
en Grèce, les Saturnales et les Lupercales à Rome. Festins, musiques,
danses, déguisements, licence extrême formaient le fonds de ces
réjouissances. En Gaule, il y avait la grande fête de l'hiver :
la cueillette du gui.
Après la conquête, les coutumes indigènes et les usages
romains se confondirent. L'église chrétienne toléra et,
dans une certaine mesure, régularisa ces amusements.
Par exemple, la fête de l'Ane, la fête des Fous et celle des innocents.
Le temps consacré à la fête païenne fut adopté
par les chrétiens dont le Carnaval commençait primitivement le
25 décembre et embrassait les fêtes de Noël, du jour de l'An
et de l'Epiphanie.
Le mot « masque » a tant de signification et en tous les domaines,
qu’une étude exhaustive parait presque impossible.
De nos jours, nous, gens de l’Internet utilisons même le terme de
masque de sous réseau ou des masques en infographie, mais quittons vite
ce domaine là qui est beaucoup trop technique et certainement pas intéressant
pour beaucoup de nos lecteurs.
L’on trouve des masques aussi en terme de marine, qui signifient un panneau
à l’arrière d’un navire, en vue de le freiner au moment
de son lancement……belle image !
Puis vient La Mascarade, elle, est une danse masquée mais qui semble
plus informelle, et que l'on fait à l'époque du Carnaval.
Un peu de définition :
Mascarade : Troupe de personnes masquées
qui vont danser & se divertir, sur tout en la saison du Carnaval. Le mot
vient de l'Italien mascarata derivé de l'Arabe Mascara, qui signifie
raillerie, bouffonnerie, Ménage.
Mascarade est aussi un titre que quelques Poètes ont
donné à des vers qu'ils ont fait pour des personnages de ces petites
danses ou ballet.
N’oublions pas que LA MASCARADE est aussi un jeu qui, comme on peut le
penser, nous propose d'interpréter des créatures de la nuit. A
travers des clans, des Familles on distingue différents types de suceurs
de sang, du plus conventionnel au plus exotique. Cette vision, bien que non
conforme à l'idée que l'on se fait des Vampires, permet une large
ouverture sur cet univers.
Depuis la nuit des temps, nous, enfants ou adultes, aimons à nous déguiser,
que cela soit pour le Carnaval de Venise ou de Rio, ou bien pour les Fêtes
celtiques de Samain ou Halloween, qui à elles seules doivent voir plus
de masques circuler en Occident pendant une nuit tellement magique.
Evoquons la ville de Lyon et ses marionnettes pour savoir que les masques jouent
un grand rôle dans nos vies. Qui ne rit pas en regardant Guignol et Gnafron,
se moquer de La Société, tout en s’adressant aux enfants
qui ne sont pas toujours dupes ? Le théâtre de Guignol est sans
doute une bonne école de la sagesse !
Traversons les océans pour évoquer de la même façon,
les masques tribaux d’Afrique ou d’Australie, les masques des Natifs
Américains ou les célèbres masques chinois, si importants
à la société Asiatique.
L’homme
semble adorer cette façon de transformer la réalité, pour
peut-être en créer une autre, nouvelle ou idéale !
L’inscription sur le fronton du Temple de la pythie de Delphes, «
Connais-toi toi-même » est universellement connue, mais comment
se connaître ? Faire con-naissance avec soi-même ?
Faut-il se cacher, passer par une « méta-morphose » pour
enfin arriver a UNE vérité, qui dès lors s’opposera
a tout mensonge ?
De nombreux exemples parsèment l’histoire, la mythologie et la
littérature à ce sujet :
- Le théâtre antique et Eschyle amena que les premières
règles essentielles de la tragédie, mises en scène sobre,
introduction du dialogue dans le drame théâtral, costumes, masques
et décors.
- Le DIEU Bacchus, personnage aux facettes multiples naît deux fois, on
le sait et revient sous les traits d’une femme. Hermès le transforme
provisoirement en chevreau et en cerf puis il se métamorphose, devenant
successivement lion, taureau, panthère…
- JANUS est l'un des plus anciens et des plus importants Dieux du Panthéon
Romain.
Il aurait inventé l'usage des bateaux à l'occasion de sa venue
de Thessalie en Italie, et par ailleurs, l'usage des pièces de monnaies.
C'est ainsi que les plus vieilles pièces de bronze romaines connues comportaient
à l'avers l'effigie de JANUS et au revers une proue de bateau.
Il était devenu le Dieu du Commencement de toute chose, et l'on notera
que Januarius veut dire Janvier en latin, porte fermant une année, et
commencement d’une autre. Scission entre passé et présent.
Il est de ce fait la divinité gardienne des portes, puisque toute porte
regarde des deux côtés, et son temple sur le Forum de Rome avait
deux portes, une qui donnait à l'Est et une autre à l'Ouest.
JANUS est devenu Saint
Jean dans la Chrétienté et l'on observera que celui-ci est fêté
deux fois, au solstice d'hiver et au solstice d'été.
Symbole de l'ambivalence universelle, JANUS est le Dieu manichéen par
excellence, celui qui contemple et représente à la fois le mal
et le bien, la guerre et la paix, la nuit et le jour, le passé et l'avenir,
le laid et le beau, ...
En ce qui nous concerne plus précisément, on peut dire que JANUS
représente le moins et le plus, c'est-à-dire les deux plateaux
d'une balance dont le fléau indique la position d'équilibre entre
l'insuffisance et le superflu, symbole du jugement impartial de l'Expert.
(A noter pour exemple dans la littérature contemporaine, que l’on
retrouve Janus dans Harry Potter, alors que le professeur Squirrel porte a la
fois son visage et celui de Voldemort, face au miroir, donc sorte de porte entre
le passé et le présent).
Pour suivre le « fil d’Ariane » qu’est le DIEU MYSTERE,
il faudrait remplir des pages entières de notes et ce n’est pas
ici notre but.
- La Divine Comédie de Dante s’achève après l’intégration
absolue du savoir philosophique dans la vérité de Dieu, l’élévation
de l’amour au rang de principe de tout bien et de tout mal, la résolution
des problèmes politiques par la doctrine de la légitimité
universelle et éternelle de l’Empire.
- Sans remonter le temps et nous arrêter a chaque époque, il semble
utile de nous attarder aussi sur « La commedia dell’arte »
en Italie ou « comédie de l’art », qui fût a
l’origine de nombreuses pièces de William Shakespeare en particulier
« La comédie des erreurs » ou « Beaucoup de bruit pour
rien », mais l’Oncle Will était passé maître
dans l’art des masques, et de nombreuses thèses ont été
écrites à ce sujet.
« Le monde entier est un théâtre,
Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs.
Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. »
(William Shakespeare) Extrait de Comme il vous plaira.
Dans La Commedia Pantalon et Arlequin montrent dans leurs habits grotesques,
les caractères des habitants de Venise. Seules Lélio-Isabelle
et Colombine ne portent pas de maques, signe de pureté ?
Dès lors que nous voulons nous cacher, nous allons trouver un masque,
ou nous en fabriquer un sur mesure. Certains parleront d’un « rictus
», mais d’autres iront jusqu’à donner une image d’eux
vue a travers un prisme ou un miroir déformant, sans pour cela se révéler
a nous ou à eux-mêmes.
Les masques qui cachent la vraie nature de l’être (psychologiques
et somatiques)
Tout est dans « l’être et le scintillement du paraître
».
Pour être à la NORME, certains feraient n’importe quoi,
et je ne sais si l’on peut citer ici l’exemple du « piercing
» qui est une sorte de masque tout comme le tatouage !
On les appelle « Fashion victims » !
Tous veulent ressembler à leur acteur ou chanteur favoris et le Reality
Shows comme les Lofts Story et autres Star Academy ou Pop Stars, facilitent
l’accession au pouvoir des « masques » !
Comme on est loin de la « commedia dell’arte » et du bon vieux
Will !
Ces mêmes medias, favorisent l’usage de masques aussi, ne seraient-ce
que les masques de beauté par exemple, censés cacher quelque chose
et amenant une idée de beauté fictive, puisque «l’on
répare des ans l’irréparable outrage » !
On se camoufle, on se maquille, et par cela même on tend à maquiller
le réel, et la vérité !
Mais un être conscient peut avoir des moments ou son inconscient va prendre
le pas, et lui faire revêtir une autre personnalité !
En médecine cela se prénomme schizophrénie, ou scission
du cerveau !
Le dédoublement en est souvent inconscient, tel dans le cliché
célèbre du docteur Jekyll et Mister Hyde.
On en arrive à avoir des masques invisibles pour un temps, mais les
masques de l’âme peut-être meurtrier comme pour «le
Portrait de Dorian Gray » par Oscar Wilde, l’auteur donnant la jeunesse
éternelle a son anti-héros, tandis que son portrait dans le grenier,
lui, vieillit et prend toutes les caractéristiques du VRAI Dorian ! Et
c’est la catastrophe ! Dorian jeune et beau monte dans le grenier, découvre
son portrait, vieux et hideux et se suicide ! Apparence et réalité
à nouveau confrontées !
« Il ne faut regarder ni les choses, ni les personnes. Il ne faut
regarder que dans les miroirs, car les miroirs ne nous montrent que des masques.
»
Ou bien du même auteur :
« L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui
un masque et il dira la vérité »
[Oscar Wilde] Extrait de Entretiens.
Il existe aussi des masques psychologiques presque naturels, mais qui nous
amènent peu à peu vers le domaine du fictif : le cas des «
caméléons » où personnes capables de prendre l’allure,
l’apparence de n’importe quel autre être humain, qui en a
les capacités, les pouvoirs, les connaissances, mais un tel être
n’est pour le moment connu que dans le cas de Jarod , le Caméléon,
de la série télévisée.
Les « profilers » entrent aussi un peu dans ces catégories
avec leurs facultés de « voir » ce qui se passe dans la tête
d’un meurtrier ou autre.
Autre domaine très
« littéraire » cette fois, les MOTS, qui, sous l’effet
de certains procédés linguistiques arrivent à être
détournés de leurs sens premiers pour donner un aperçu
des MAUX de l’humanité. Ces « mots » peuvent être
de redoutables masques, « la plume tue plus vite que l’épée
», le phénomène est bien connu. Pamphets, satires ou simples
poèmes peuvent masquer par leur sémantique, tout un réseau
d’idées, souvent interdites et passant ainsi le « portail
» de la censure !
James Joyce et son « Finnegan’s wake » et tous ses mots inventés
en est un bon exemple, de même que tous les poèmes d’Edward
Lear, qui renouvelle le langage, ou plus près de nous le langage Schtroumpft
que tout le monde comprend mais qui peut masquer bon nombre de « mots
interdits », que nous ne prononcerons donc pas ici.
Dans « Le Jeu de l'Amour et du Hasard », de MARIVAUX, le thème
du masque est au coeur de la pièce : dès la première scène,
on oppose vérité et mensonge social : le déguisement est
donc, paradoxalement, un moyen de percer les êtres... Mais il est également
l'occasion de se piéger soi-même.
L'importance des paroles à double entente établit une hiérarchie
entre les personnages avertis, maîtres du jeu, et ceux qui, croyant observer
une situation, sont l'objet du regard d'autrui. Il peut s'agir d'un jeu de dupes
(cf Lisette, III 6) mais aussi d'une part de soi-même qui n'échappe
pas à l'analyse des autres... C'est le cas, notamment, de Sylvia, qui,
à l'Acte II, ne "s'appartient plus" ; ses sentiments sont mis
au jour par Orgon et Mario. De même, l'ultime déclaration de Sylvia
doit la force de sa révélation au déguisement qu'elle emprunte
dans son discours même. Le plaisir du spectateur consiste à mesurer,
dans les dialogues, les différentes incidences des situations, et leur
rapport à la parole.
Le langage est théâtralisé par le procédé
du théâtre dans le théâtre.
La seule acceptation du travestissement amène les personnages à
se prêter aux conventions d'un langage qui n'est pas celui de leur condition.
L'artifice du langage est donc mis en scène et fait partie du "jeu".
Dans un domaine plus sémantique et lexical, la Poésie se masque
d’alexandrins, ou de pentamètres, de sonnets, de rondels ou de
villanelles, donnant tous un sens ou une vérité aux vers, compréhensibles
par une minorité parfois, faisant ainsi passer un message à qui
veut bien le comprendre.
Les masques se superposent à la réalité et qui deviennent
une autre réalité parallèle
Qu’est ce que la « REALITE » en fait ? Ou est le bien, où
est le mal, où est le vrai, où est le faux ?
Est-ce celle que nos yeux nous montrent ou bien un univers encore inconnu auquel
on accède par différentes portes ?
L’ART, lui-même a été cité bon nombre de fois
comme étant plus vrai que le réel ! Après tout qui nous
dit que ce que nous voyons est là, et que ce n’est pas
le poète ou l’artiste peintre qui a, lui, la vraie vision des choses
?
Le miroir qu’Alice traverse est ouvert sur tant d’horizons, le
conscient se mêlant à l’inconscient, ce qui amène
bien souvent une autre division de l’être, avec une ombre en quelques
sortes qui le suit partout, un double, un masque dont un côté sera
blanc et l’autre noir. Eternelle dualité de l’«homme
».
Et nous revoilà dans le théâtre Grec, mais en remontant
les siècles, on y rencontre aussi les « clowns » ces «
hommes a faire rire », qui eux aussi portent masques pour soi-disant faire
rire les petits enfants, mais gardant une immense tristesse en eux comme le
Clown Blanc.
Exemple 1 :
Le clown blanc
Je suis le clown blanc
Je ris a travers mes larmes
Je ris pour faire rire
Mais personne ne voit
Que le soir dans le noir
Mon maquillage prend des blâmes.
Je suis le clown blanc
Je ris pour les petits
Je ris le mercredi
Mais le jeudi je fuis,
Je fuis vers la nature
Elle ne me trahit pas,
Elle toujours elle dure.
Je suis le clown blanc
Si vous me rencontrez
Par la route l'été
Ne vous attardez pas,
Passez votre chemin,
Il y aura un demain,
Jeudi puis Vendredi,
Seul Dimanche sera une fleur blanche!
Si vous voyez ma tombe
Auguste sera écrit
Alors jetez-y donc
Quelques rires aussi,
Je les entends d'ici!
Catherine Escarras © : jeudi 27 mars 1997
Exemple 2 :
Le conte des enfants clowns
Il était une fois, dans la même cours d’école,
d’une école de ce pays, trois enfants qui passaient tout leur
temps à «faire le clown ».
Comme disait l’instituteur aux parents :
--Ils ne savent faire que ça !
Je ne sais si vous le savez, vous qui me lisez ou m’écoutez,
dans un enfant qui fait le clown, il y a deux enfants qui se cachent :
un enfant triste et un enfant joyeux ou apparemment joyeux, qui sert justement
à cacher l’enfant triste.
Vous allez me demander, car votre curiosité est insatiable :
« D ’où vient-elle cette tristesse qu’il y a chez
l’enfant triste qui se cache derrière l’enfant qui fait
le clown ? Qui fait des bêtises pour faire rire les autres ? »
Parce que, vous l’avez remarqué, l’enfant clown ne rit
pas tellement au fond, il fait rire les autres, ça oui ! Il fait
même rire l’institutrice ou l’instituteur, mais pas toujours
!
D’accord, un enfant clown, dit des choses drôles, sait mimer,
sait jouer avec les mots, sait faire le chat, ou imiter un éléphant
qui dort ou le directeur qui vient rappeler d’une voix grave et désolée
qu’ «après avoir fait caca il faut tirer la chasse d’eau…
» ou que «ça ne sert à rien de chauffer une classe
si on laisse ouvertes les fenêtres de cette même classe…
».
Mais ne nous égarons pas. Vous m’avez bien demandé d
’où vient cette tristesse qu’il y a chez l’enfant
triste qui fait le clown ?
D’abord, je dois vous dire qu’elle vient de très loin.
En fait du fin fond de son enfance.
Pour Paul, par exemple, qui fait toujours le clown en se moquant des manières
des autres, imitant tout ce qui passe à sa portée. Comment
sait-il, cet enfant clown, que son père était un enfant triste
? Silencieux, toujours au bord des pleurs, replié sur lui-même…même
si aujourd’hui son papa est capable de «casser la gueule à
n’importe qui, hein ! ».
Et Georges, un autre enfant clown, comment sait-il que sa maman a vécu
il y a très longtemps une grande tristesse dont elle n’a jamais
pu parler ? Que Georges a très bien entendu…en faisant justement
le clown !
Et pour le troisième de la bande, comment a-t-il deviné qu’il
n’avait pas le droit d’être triste, qu’il devait
toujours faire comme si tout allait bien ? A qui ferait-il de la peine s’il
osait être triste ?
Ce qui est sûr, voyez-vous, c’est qu’aucun de ces trois
enfants clowns n’a jamais eu de témoignages de la part de l’un
ou l’autre de ses parents… d’aucun. Et cependant, chacun
à sa façon a entendu et tente de dire l’indicible.
Là où des enseignants, des parents ne voient qu’un garnement
faisant le pitre, il y a toujours un enfant méconnu, masqué,
qui tente de révéler le possible d’une autre réalité.
Conte extrait de "contes à guérir, Contes à grandir
" Jacques Salomé
Albin Michel ©
- Souvenons-nous de la cohorte des « corbeaux de la Peste Noire »
avec leurs long nez crochus, pour éloigner la puanteur et la maladie.
De même les masques à oxygène ou les masques de médecin
sont là pour aider à la « vie » et non pour «
tromper ».
- Qui n’a jamais lu non plus les aventures du Concombre masqué
ou tout simplement celles de Zorro, cachant uniquement ses yeux derrière
un bandeau noir, preuve qu’il est entre deux réalités.
S’ensuivent toutes les séries Marvel, Comics, The Mask, Superman,
ou Spider Man, tous portant des masques comme si la VERITE devait être
tenue à l’écart et le BIEN caché au risque de se
faire vampiriser par le MAL !
Une place toute spéciale a notre cher Arsène Lupin, dont les métamorphoses,
ne sont plus à citer, au Masque de fer qui ne nous révèlera
jamais qui il était, ou a Zardoz et son mystère.
- Les terroristes portent
une cagoule noire, de même que ceux qui les chassent, (quel paradoxe !),
ne laissant elle, voir que les yeux, miroirs de l’âme, mais ce sujet
est tellement vaste qu’il serait plus approprié dans une autre
thématique.
Un terroriste de l’IRA vaut-il un terroriste de l’ETA, et lui-même
vaut-il un terroriste Islamique ? Tout terroriste est-il à proscrire
? La liberté s’acquiert a prix d’or ou de dollars ? La guerre
est-elle la solution avec ses masques a gaz, qui eux aussi sont là non
pour cacher mais pour survivre.
- Revenons a l’homme de la rue et a l’adolescent essayant de dissimuler
son « acné » par un masque purifiant ou autre, cherchant
dons SA réalité profonde, et affirmant sa volonté de «
grandir » en repoussant les vilains « boutons » : ou bien
la femme de quarante ans qui applique un masque de beauté pour éloigner
les rides. Mais :
« Le moi profond reste le meilleur des masques antirides. »
[ Marcel Proust ]
Les masques que la Réalité ou la Nature portent en elles mêmes.
« La nature est un Temple ou de divins piliers………………….
»
laissent apparaître de laides chenilles qui plus tard deviendront papillons,
des serpents qui changent de peau pour révéler une autre couche
de la réalité, des fleurs merveilleuses qui se hâtent d’avaler
les insectes, des caméléons, de vrais cette fois prenant la couleur
de l’endroit où ils se trouvent, de précieuses princesses
sous marines que sont les méduses, invisibles mais dont la piqûre
révèle bel et bien l’existence, des icebergs au deux tiers
ensevelis mais capable d’engloutir un Titanic en quelques heures.
Et puis nos amis les
astres, le Soleil et la Lune, chacun se voilant la face à l’aube
ou bien au crépuscule et toujours se cherchant mais ne se trouvant point,
tout a tour eux-mêmes « masqués » par des éclipses,
masques de la lumière et porte de ténèbres passagères
mais faisant partie des cycles de la Nature, mais aussi tant de symboles qui
seront repris aussi dans les Carnavals et nombre pièces de théâtre.
Lunettes, barbe et moustaches peuvent-ils être considères comme
des masques ?
Je dirai : OUI, dans la mesure ou c’est parfois un phénomène
de mode mais aussi une façon d’essayer de dissimuler son propre
« moi » sous un masque préparé par la nature en laissant
pousser les poils ou en générant une myopie ou autre !
Dans un autre registre, masques ou pas masques car semblables à eux-mêmes,
les « clones », font-ils partie de la fiction ?
Avons-nous le droit de jouer les Prométhée et capturer la création
de Dieu sans en être pour autant enchaîné a un rocher avec
un aigle vous mangeant le foie pour l’éternité ?
Avons-nous le droit, à cause de la famine dans le monde, de traiter des
organismes pour les rendre plus résistants et ainsi nourrir des pays
souffrant de famine ? La cause est juste, la déontologie douteuse.
Grandes questions aussi à mettre dans un autre « dossier »
surement.
-(Et en parallèle) Le réel et le fictif, et la manière
de le ressentir.
Entrons donc dans le tunnel d’Alice pou y considérer les «
masques » que semblent être la fiction, les contes ou les histoires
extraordinaires.
« Les contes ne sont pas faits pour endormir les enfants, mais pour
éveiller l’homme.
Ils ne sont pas seulement des histoires inventées, transmises de générations
en générations par les grands-mères à leurs petits
enfants, mais des reflets imagés de nous-mêmes, de nos peurs, de
nos rêves et de nos espoirs.
L'air de rien, les contes nous enseignent la magie subtile de la vie.
Ils soignent nos blessures cachées et nous guident dans notre voie d’accomplissement.
Cette vocation initiatique des contes est voilée par un monde en
apparence irréel et insolite, peuplé de fées et de sorcières,
de grenouilles qui parlent et de princesses enchantées, de magiciens
mystérieux, de chevaliers errants, de djinns, de derviches, de fous et
de sages.
Car chaque conte est un grand sac de mensonges dans lequel se trouve une perle
de vérité.
C’est à chacun d’entre nous de la retrouver »
(Edouard Brasey © : introduction à son site : http://www.zanzibart.com/brasey/accueil.htm)
Exemple 3 :
Trouver sa vérité par les contes de sagesse / Édouard
Brasey. - Paris : A. Michel, 2000 ©
Exemple 4 : Le Mensonge de la Vérité
Paradoxes du désir
Un jeune homme idéaliste avait un jour entendu dire que la vérité
était une femme jeune, belle et désirable. Si désirable
que l'homme suffisamment heureux pour faire sa rencontre se trouverait à
jamais comblé. Dès cet instant, le jeune homme sentit son
cœur se gonfler de désir pour la belle inconnue, et il jura
de consacrer sa vie à la trouver.
Il la chercha d'abord dans les livres de sagesse et de philosophie, mais
il découvrait sans cesse de nouveaux livres qui démentaient,
preuve à l appui , les vérités publiées avant
eux.
Il la chercha alors dans les religions, car chaque religion prétendait
posséder la vérité ultime ; mais cette vérité
était ardemment contestée par les autres religions.
Alors, il la chercha dans le vaste monde. Chaque fois qu'il arrivait dans
une ville ou un village, il demandait :
" Connaissez-vous la vérité ? Vit-elle ici ? "
Et à chaque fois, on lui répondait :
" La vérité ? Oui, elle est passée par ici, il
y a bien longtemps. Mais elle est repartie, et personne ne sait où
elle s'en est allée. "
Lorsqu'il eut visité chaque ville de chaque pays, et que plus de
la moitié de sa vie se fut écoulée, notre chasseur
de vérité abandonna les hommes et se tourna vers la nature.
Il interrogea longuement les arbres, les montagnes, les forêts, les
océans, et également les oiseaux, les poissons, les mammifères
et même les insectes. Il leur demandait :
" Connaissez-vous la vérité ? Vit-elle ici ? "
Et arbres, montagnes, forêts, océans, oiseaux, poissons, mammifères
et insectes lui répondaient invariablement, dans leurs langages propres
: " La vérité ? Oui, nous l'avons vu passer il y a bien
longtemps. Mais elle ne s'est pas attardée, et qui sait où
elle peut bien être à présent ? "
Le jeune homme était devenu un vieil homme, et il cherchait toujours
la vérité. Après avoir épuisé les ressources
de la sagesse, des hommes et de la terre, il parvint dans un grand désert
de sable blanc. Et il interrogea le désert :
" Sais-tu où se trouve la vérité ? "
Et le désert répondit :
" Elle se trouve ici. Car je suis la vérité. "
Mais à force de chercher la vérité, le vieux noble
avait appris à reconnaître les artifices et à éluder
les tentations. Il sut aussitôt que le désert mentait, et il
poursuivit sa route.
Finalement, il parvint au bout du monde. Là, se trouvait une grotte
obscure et profonde. Le vieillard entra dans la grotte, et attendit que
ses yeux se fussent accommodés à l'ombre. C4est alors qu'il
discerna une forme qui se mouvait dans le noir. Il s'agissait d'une femme
très vieille et très laide. Pourtant il la reconnut tout de
suite : c'était la vérité.
Bien déçu par son apparence hideuse, il se prosterna devant
elle et lui dit :
" Je t'ai cherchée dans le monde entier, et tu n'étais
nulle part. Jeune je suis parti, et vieux me voici. Pourquoi te caches-tu
à tous les regards ? Chacun t'attend et t'espère.
Pourquoi fuis-tu tes amants ? S'il te plaît, quitte ta retraite et
accompagne-moi dans le monde. "
La vérité ne répondit pas.
Le vieil homme insista durant des jours et des jours, amis la vérité
demeurait muette. Alors, lorsqu'il comprit qu 'elle ne quitterait jamais
sa cachette d'ombre située au bout du monde, il lui dit :
" Je vais te laisser, à présent, puisque tu refuses de
venir avec moi. Mais avant de partir, je te demande une seule faveur : confie-moi
un message que j'emporterais avec moi pour le livrer de par le monde aux
arbres, aux montagnes, aux forêts, aux océans, aux oiseaux,
aux poissons, aux mammifères, aux insectes, aux hommes, aux sages,
aux philosophes et aux hommes de Dieu. Ainsi, je pourrai leur dire : Voici
une parole de vérité. "
Alors, la vérité, cette femmes vieille et laide, le regarda
au fond des yeux et prononça ces seules paroles :
" Va, et dis-leur que je suis jeune et belle. "
Edouard Brasey : " Trouver sa vérité par les contes
de sagesse. " Ed. Albin Michel ©
Dans sa « Psychanalyse des contes de fées » , Bruno Bettelheim
étudie chaque personnage des contes d’enfants, et dépose
tout à tout leurs masques, de façon très attrayante.
C’est ainsi que c’est le petit Chaperon rouge qui devient presque
le « vilain », dans sa quête de la sexualité, mais
Bettelheim ne s’arrête pas là ! Le crapaud devient Prince
grâce a l’initiation du baiser, qui l’élève
au rang d’« homme » !
La tradition du conte voit en la sorcière une fée, déguisée,
métamorphosée, et qui, laissée à part, se venge,
en devenant sorcière. Seul le « baiser de la sorcière »
en fera une fée à nouveau ! Voir pour cela les Contes de Pierre
Dubois où l’auteur mêle joyeusement humains et lutins pour
lui aussi chercher sa vérité.
Et les supposées magiciennes alors, me direz-vous ? Qui se déguisent
aussi sans cesse pour attirer par des maléfices, enfants ou amants, telles
Viviane ou Morgane dans les romans de la légende Arthurienne ?
Autant de masques portés pour « tromper » le monde ?
Pas si sur !
Et
arrivent alors tous les masques tribaux, d’Afrique ou d’Océanie,
du Mexique ou d’Asie, qui eux cette fois se veulent montrer plutôt
des VERITES, le cœur de peuples a travers des images.
Claude Lévi Strauss a étudié toutes sortes de masques
dans ses ouvrages sur les peuplades. Il parle souvent des masques articulés
peuvent être considérés comme les premiers objets automatiques
de par leurs pièces et parties mobiles. L'Egypte ancienne connaît
le masque totémique articulé à l'effigie de Thot (tête
d'ibis) ou d'Horus (tête de faucon). Un exemplaire est notamment exposé
au Musée du Louvre.
De même des cultures dites "archaïques" en Afrique, Asie
et Nouvelle-Guinée l'ont intégré à leurs activités
ludiques ou cérémonielles. Des peuples indiens du Nord-Ouest américain
(tlingit, bella-coola, nootka, kwakiutl ) conservent encore ces pratiques.
"Presque tous ces masques sont des mécaniques à la fois naïves
et véhémentes. Un jeu de cordes, de poulies et de charnières
permet aux bouches de réveiller les terreurs du novice, aux yeux de pleurer
sa mort, aux becs de le dévorer. Unique en son genre, cet art réunit
dans ses figurations la sérénité contemplative des statues
de Chartres ou des tombes égyptiennes et les artifices du carnaval."
(Claude Levi-Strauss, "La voix des masques", Skira, 1975)
Ces masques articulés traduisent tout à la fois une "cosmogonie
en acte" selon l'expression de Jean Laude et le savoir encyclopédique
d'un artisan.
Masque Mythe, Masque Secret, voilà une nouvelle question posée
!
Qu’est ce qu’un Mythe, sinon une image, une utopie, un rêve
peut-être, et où se trouve la frontière entre Mythe et Masque
et de là, celle entre masque et secret !
Certaines sociétés secrètes ont de tout temps été
connues pour porter des masques mais par ces mêmes masques, on se retrouvait,
et donc il ne s’agissait plus de dissimulation mais de reconnaissance,
le masque étant un signe de ralliement.
Les Natifs Américains dont les Sioux avaient l’habitude de peindre
leur visage selon qu’ils allaient festoyer ou guerroyer. Traits ocres
ou blanc ou tout noirs selon le niveau de « guerre » et aussi plumes
blanches ou rouges selon le niveau du guerrier, autant de signes de reconnaissance
entre tribus.
Une grande question se pose alors :
Entre FICTION et REALITE, sommes nous dans le réel en rêvant ou
en lisant une fiction ? Ou bien ceux-ci nous donnent-ils une image déformée
de la réalité, des masques pour nous entraîner dans le labyrinthe
d’Icare avec l’espoir que Dédale fabriquera une paire d’ailes
sans cire qui pourra nous élever au-dessus du mensonge, et nous faire
voir le bout du tunnel ainsi changeant tous les prismes offerts pas la nature
et qui bien souvent confondent le pauvre humain que nous sommes ?
« La vie consiste pour nous, à transformer sans cesse tout ce que
nous sommes, en clarté et en flamme, et aussi tout ce qui nous touche.
» Nietzsche.
Dernier MASQUE à envisager, pour le moment, mais qui a son importance
: le masque mortuaire qui est censé rendre au monde la réalité
de ce qu’était le défunt. Les « gisants » en
sont la preuve. Quoi de plus proche de la réalité, dernier vestige
d’une vie, partie de l’Histoire du monde tel les musées de
cire de Madame Tussauds à Londres ou bien le Musée Grévin
à Paris, reflets d’un passé imaginé ou vécu
?
Finalement, est-il BIEN ou MAL de porter un masque ?
Où est le BIEN et ou est le MAL ?
Où est le VRAI et le FAUX ? Le mensonge et la vérité ?
Qui sommes-nous donc ? Tout blanc ou tout noir, ou partie blanche, et partie
noire, révélant ainsi les deux côtés de l’être,
le Yin et le Yang ?
L’expression consacrée est : « Bas les masques ! »
Mais tout s’arrête t’il là ?
La littérature est riche en Masques, depuis les éditions du «
Masque »,
au « Livre des masques » : portraits symbolistes, gloses et documents
sur les écrivains d'hier et d'aujourd'hui, de Remy de Gourmont, en passant
par bon nombre de films et de séries télévisées,
montrant tous qu’il semble exister une seconde nature pour l’homme,
mais comme le dit le diction « chassez le naturel », il revient
au galop !
Que ce soit Edgar Allan Poe ou Howard Phillips Lovecraft, ce ne sont que masques,
Monstres et Compagnie ! Le sujet semble inépuisable, permettez-moi de
ne pas l’épuiser aujourd’hui !
Le roman de HPL : « Masques dans le miroir »
« porte non seulement sur les représentations les plus évidents
du double chez Lovecraft (les personnages dédoublés), mais aussi
sur la relation intime, toujours manifeste, entre l'auteur et ses narrateurs-protagonistes.
Doubles métamorphiques, double oniriques, doubles par possession, doubles
gémellaires et doubles monstrueux : les visages du double lovecraftien
sont multiples. Les « monstres familiers » de Lovecraft semblent
bien faire partie de son cercle intime : contraint de les côtoyer quotidiennement,
il les a en quelque sorte apprivoisés. Les différents aspects
de l'existence de Lovecraft se reflètent dans ce miroir littéraire
en autant d'images filtrées, condensées, déformées
ou grossies, véritables métaphores obsessionnelles qui montrent
à quel point les monstres lovecraftiens ne sont pas prisonniers de sa
fiction : ils reflètent la richesse de sa pensée et les turbulences
de son existence. »
Pour
en terminer de façon non exhaustive avec ces masques qui nous «
bouffent le visage », prenons un oignon, nous allons en enlever les différentes
peaux ou pelures, parfois en pleurant, pour arriver à l’oignon
dans toute sa pureté, donc peut-être aussi chasser le MAL en nous
?
(Dicton : « Pleurer en épluchant un oignon purifie ».)
L’oignon comme l’homme a donc différentes couches ou masques
(on y revient au final), pour se protéger des intempéries, du
soleil.
L’oignon peut être comparé à notre « moi »
ou nos « squelettes dans le placard » pour angliciser la chose,
après tout c’est un « bulbe » et nous avons aussi à
l’intérieur du cerveau un bulbe rachidien, et les bulbes de tulipes
ou de jonquilles germent au printemps, montrant la réalité en
devenir sous terre qui se manifeste a l’air libre en son temps et par
étapes successives.
Il nous faut donc « cultiver notre jardin » et être aussi
vrai que nature, pour nous trouver, nous, notre « moi » notre «
ça », notre « personna ».
Je laisserai tout de même le dernier mot à Lord Byron :
« Et après tout, qu'est-ce qu'un mensonge ? La vérité
sous le masque... »
Catherine Escarras
© mercredi 23 avril 2003
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