
Les sortilèges du Bourbonnais
La folle des Malavaux
Le
château de Chappe, sans doute l'un des plus importants noeuds de
souterrains de la montagne Bourbonnaise.
En effet, au XIIIe siècle, les templiers bâtirent, aux
Malavaux, sur une colline dominant la combe, une importante forteresse.
Lorsque, après la perte de la Terre sainte, leur Ordre revint en
Europe, certains chevaliers arrivèrent aux Malavaux avec une jeune
Sarrasine éprise de l'un deux.
Plusieurs années s'écoulèrent jusqu'à ce qu'un
jour, fortuitement, la jeune femme s'aperçoive que celui qu'elle
aimait la trompait sans vergogne. De désespoir, elle se jeta dans
un puits après avoir lancé une malédiction contre
ce lieu. Et le château devint ruines. Les derniers vestiges sont
aujourd'hui recouverts par la végétation et, il y a quelques
années encore, on pouvait voir, dans les décombres et l’épais
fourré, le ‘Puits du Diable’ et la ‘Fontaine
de la Sarrasine’. Les habitants du pays évitaient prudemment
ces lieux maudits.
Depuis cet événement dramatique, les abords de l'ancien
château sont hantés par l’âme des templiers criminels
et par celle de ‘la folle des Malavaux’ qui, par amour, s'était
jetée dans le ‘Puits du Diable’. Quel peut bien être
le symbolisme de cette légende? Il y aurait là matière
à réflexion pour les spécialistes de l'histoire médiévale
et les passionnés des mystères du Temple...
Naguère, les anciens racontaient qu'un souterrain reliait la forteresse
du Temple au château de Virmeux, et qu'un jeu de boules en or y
serait toujours enfoui. Toujours est-il que des ossements, des médailles
et des monnaies furent retrouvés sur le site des Malavaux. Plusieurs
spécialistes et historiens cherchèrent longtemps d’anciens
documents, fort curieux, consacrés à la forteresse templière,
jalousement conservés par un collectionneur de Vichy. Ce dernier
ne permit jamais que quiconque en prît connaissance.
La combe des Malavaux abrite également un autre trésor dont
l'authenticité historique n'est pas douteuse. Il s'agit d'un des
nombreux trésors de Mandrin, le célèbre contrebandier
romantique, roué vif à Valence, le 11 mai 1755, à
la suite de la trahison de sa maîtresse.
Celui-ci cacha son trésor aux Malavaux, après sa désastreuse
campagne de l'année 1754. En effet, après avoir raflé
un fabuleux magot en Bourgogne et en Auvergne, et réalisé
certains de ses plus fameux exploits aux dépens des employés
des fermes, receveurs des greniers à sel et entreposeurs de tabac,
le chevalier d'aventure fut pourchassé. Plusieurs escadrons de
dragons et hussards de M. de Fischer le traquèrent et finirent
par le surprendre avec ses hommes, à Gueunand, en Côte d'Or.
Le contrebandier perdit quarante-deux hommes dans l'accrochage, dont deux
de ses lieutenants, et décida d'abandonner le plat pays pour gagner
le Bourbonnais. A marche forcée, il traversa la Saône et
la Loire, dépassa Moulins, puis s'enfonça dans la montagne,
où, à deux reprises, il eut encore à affronter ses
poursuivants.
Mandrin parvint néanmoins à cacher son butin aux Malavaux,
dans un souterrain ou une fosse creusée quelque part dans une colline,
derrière l'auberge ‘Le Relais de l'Empereur’. Cette
colline, à l'est de la rivière, abritait alors deux petites
carrières abandonnées depuis de nombreuses années.
Ensuite, ce fut la dernière bataille de Mandrin: dans la nuit du
25 au 26 Décembre, sa troupe se heurte à un détachement
de volontaires de Flandre et du Dauphiné, commandé par M.
de Turbey de Larre. Les survivants jettent leurs armes dans un marais
et se dispersent… cependant, la plupart sont capturés. Mandrin,
quant à lui, disparaît totalement jusqu'à sa capture
au château de Rochefort.
La tradition du trésor de Mandrin a été conservée
par une famille d'origine savoyarde fixée à Cusset, non
loin des Malavaux, dont l'aïeul reçut des confidences de la
bouche même de Mandrin, alors que celui-ci était conduit
sur les lieux de son supplice. Hélas, le secret de l'emplacement
exact a été perdu. Pour retrouver le trésor de Mandrin,
il conviendrait, avant tout, de localiser les entrées des souterrains
de la forteresse et l'emplacement des anciennes carrières. Et pour
ce, l'auberge ‘Le Relais de l'Empereur’ doit jouer un rôle
de point de repère important.
Les veillées de Cheval Rigond
Mr
LAURENT, sans doute connaît-il les voies d'accès aux trésors
de Rodrigue de Villandrando.
Entre Vichy et Roanne, s'étend un massif montagneux boisé
dont certains sommets dépassent 1200 mètres. C'est la montagne
Bourbonnaise, une contrée sauvage repliée sur elle-même
et certainement une des plus mystérieuses et plus secrètes
de France.
En quittant les Malavaux pour ce pays d'un autre âge, on atteint
Glozel que les amateurs de Préhistoire connaissent bien.
Au début du siècle, dans un champ situé non loin
de Ferrières-sur-Sichon, des agriculteurs découvrent un
ensemble unique au monde de tablettes de pierre gravées de signes
mystérieux constituant, peut-être, le premier alphabet de
l'humanité. Pourtant, aussitôt, les spécialistes de
la Préhistoire s'acharnent à nier l'authenticité
de ces tablettes, allant jusqu'à soutenir que celles-ci étaient
des faux fabriqués par les paysans propriétaires du champ.
Il n'est même pas utile de démontrer le ridicule d'une semblable
affirmation lorsque l'on considère le nombre très élevé
de ces tablettes: des années et des années de travail se
seraient révélées insuffisantes pour mener à
bien une telle tâche. Alors, que pouvait être Glozel? Peut-être
la plus ancienne bibliothèque de l'histoire du monde...
Cette montagne bourbonnaise déshéritée constitua,
tout au long de l'histoire, une position stratégique entre la Bourgogne,
le Lyonnais, et l’Auvergne. D'où une profusion de castels,
et tout autant de ruines gardiennes de trésors. Le plus important
et le plus fascinant de ces trésors se trouve au centre même
de la montagne Bourbonnaise, sous les ruines du prestigieux château
de Montgilbert.
Aujourd'hui, de ce qui fut jadis une redoutable forteresse, il ne reste
plus que quelques pans de murailles et des tours écroulées,
contournées par le ruisseau au nom prédestiné de
‘La Prison’ et assaillies par la végétation...
Montgilbert fut construit au XIe siècle par la famille Montgilbert
Le Mayet, «(...) redoutables aventuriers, assure la chronique, dont
la principale occupation était de détrousser les marchands
et les voyageurs». Des légendes à la fois sinistres
et romantiques se rattachent à ces ruines sauvages que les dernières
fileuses racontaient en tremblant, il y a encore à peine un siècle,
aux veillées de Cheval Rigond, le hameau situé au pied du
château. On parlait de ce jeune et cruel seigneur qui, ayant donné
un bal, obligea ses hôtes, garçons et filles, à danser
pieds nus, et au plus fort de la fête, jeta des charbons ardents
sur le sol.
On raconte encore l'histoire d'un des derniers barons de Montgilbert,
dont la fille fut victime d un mauvais sort, et qui, devenu fou, sous
prétexte de chasser cette malédiction, s'était mis
à égorger dans les bois tous ceux qu'il rencontrait autour
de son manoir.
Cependant, l'être le plus extraordinaire qui marqua Montgilbert
fut Don Rodrigo Gutteriez de Villandrando, comte de Ribadéo, noble
castillan… Simple capitaine de routiers à ses débuts
en France, il se trouva rapidement à la tête de cinq mille
hommes avec lesquels il pille ‘Le Planèse’ en 1427.
Son courage et sa fougue déclenchaient l'enthousiasme de ces hommes
de sac et de corde, loups solitaires, qui avaient lié leur sort
au sien et pour lesquels il était devenu une sorte de demi-dieu.
Mieux encore : son courage et sa force légendaire forçaient
l'admiration et la crainte de ses propres ennemis. Villandrando emplit
des coffres entiers du fruit de ses pillages. Les princes le couvraient
d'or pour qu'il épouse leur cause dans les innombrables guerres
féodales, et les villes, pour ne pas être dévastées,
lui payaient tribut.
La Combe des Malavaux
avec une carrière. Là, se trouvait jadis une commanderie
de Templiers, ayant laissé un sinistre souvenir dans la contrée,
et sans doute l'un des plus importants trésors du célèbre
Mandrin.
Toutefois, la chance tourna pour cet aventurier hors du commun. En 1427,
une ordonnance le bannit hors du royaume ; il demeura néanmoins
à guerroyer en diverses provinces jusqu'en mars 1439. Après
la signature d’un traité d'évacuation signé
avec son beau-père, Charles de Bourbon, et plusieurs entrevues
secrètes avec le Dauphin, le futur Louis XI, il repartit enfin
pour l'Espagne, comme il était venu, avec son seul cheval, sa solitude
et sa morgue. Son trésor se trouverait sous le donjon ou une des
tours de Montgilbert, «à une trentaine de mètres de
profondeur». Il y a quelques années, un père missionnaire,
éminent radiesthésiste, conduit dans les ruines par un érudit
de Vichy, conclut son expérience par ces seules paroles : «Il
y a de l'or ici». Pourtant personne, malgré beaucoup d’efforts,
n'a jamais retrouvé les souterrains de Montgilbert.
L'explication de ce fait est fort simple : il existe sous les ruines trois
étages de salles aujourd'hui comblés. C'est de là
que partent les galeries. Il suffirait d'en retrouver les points d'émergence...
Un château des environs, celui de Chappe, semble être un véritable
noeud de souterrains reliant entre elles les principales forteresses de
la région. Sans doute une galerie oubliée le fait-il communiquer
avec les ruines de Montgilbert?
Les bois noirs
Au coeur de la montagne, à quelques kilomètres au sud de
Glozel, des ruines de Montgilbert et du château de Chappe, s'étend
un épais massif forestier: ‘Les Bois Noirs’.
C'est une forêt étrange, émaillée de sommets.
A l'un d'eux, le ‘puy de Montoncel’, qui atteint 1292 mètres,
se rattache le souvenir d'une légende symbolique: les rochers aux
allures fantomatiques étaient le repaire d'un monstre horrible
et cruel qu'un templier de la Commanderie de Lachaux réussit à
mettre hors d'état de nuire.
Ferrières-sur-Sichon.
A la veillée, on y tient encore de curieux récits.
Peut-être le nom de ce puy, ‘Montoncel’, rappelle-t-il
phonétiquement les origines traditionnelles des habitants des ‘Bois-Noirs’.
Ceux-ci, en effet, jusqu'à la Révolution, s'adonnent uniquement
à la contrebande du sel. Avec le nouveau régime, ils se
convertissent dans la coupe et le commerce du bois, la contrebande du
sel ayant perdu toute raison d'être.
Mais, chose curieuse, les habitants des ‘Bois-Noirs’ continuent
à vivre en vase clos. Ils ne se lient pas avec les autres habitants
de la montagne Bourbonnaise, se marient entre eux, et conservent jalousement
leurs traditions familiales, avec tous les souvenirs qu'elles impliquent,
remontant au temps de la contrebande du sel et de la lutte contre les
‘gabelous’.
Jusqu'à ces toutes dernières années, les habitants
des ‘Bois-Noirs’ n'acceptaient, comme prêtres ou instituteurs,
que des personnes originaires de leur massif. Et nombre d'entre eux ne
participèrent pas au conflit de 1914-1918, n'ayant jamais été
recensés...
Chantelle constitue l'un des plus anciens sites du Bourbonnais. La ville
fut construite sur les ruines d'une cité plus ancienne, incendiée
sur ordre de Vercingétorix pratiquant la tactique de la ‘terre
brûlée’, pour retarder l'avance des légions
romaines de César. En 937, est édifié un prieuré
que devait par la suite, affectionner Anne de France.
Les ruines du château, cinq tours et le donjon, se dressent sur
un rocher escarpé. Ce sont les seuls vestiges de la puissante forteresse
du célèbre connétable de Bourbon. La tradition raconte
que celui-ci quitte, par la porte de fer, dans la nuit du 9 au 10 septembre
1523, son château de Chantelle pour rejoindre l'armée de
l'empereur Charles Quint. Pour dépister d'éventuels poursuivants,
il prit la précaution de faire ferrer son cheval à l'envers,
tout comme pour celui de son unique fidèle valet, qui l'accompagnait.
Cependant, peu avant d’entreprendre cette expédition, le
connétable fait enfouir son inestimable trésor dans un souterrain
de Chantelle où il espère bien revenir en vainqueur…
L'auberge ‘Le
Relais de l'Empereur’, dans la Combe des Malavaux derrière
laquelle se situaient les anciennes carrières.
Le trésor du connétable dort toujours sous les ruines du
château démantelé par le chancelier Duprat, à
l'instigation de la reine mère, Louise de Savoie, dont le Bourbon
avait jadis repoussé les avances. Le fabuleux dépôt
fut vainement recherché, il y a quelques années, par un
artiste peintre aujourd'hui décédé. La tour, adossée
au choeur de l'église de Chantelle, comporte un étrange
symbole. La clef de voûte est constituée par une croix grecque
dans les deux branches de laquelle s'inscrit le mot AMA, l'unique M en
formant le centre ; et tout autour, le système planétaire,
Soleil, Lune, cercle zodiacal avec ces mots: «semper dilige»
« semper ama ».
Aux ruines du château de Montmorillon s'attache encore la tradition
d'un seigneur cupide. Celui-ci se nommait Philippe de Guillard et, aux
attaques de grands chemins, il préférait la fabrication
de fausse monnaie. Cruel et détesté, il s'attira bientôt
les foudres du roi dont les troupes vinrent assiéger Montmorillon.
Il s'évada alors par un souterrain, après y avoir enfoui
son trésor. Richelieu fit raser le château, obstruant ainsi,
sans le savoir, les mécanismes qui donnaient accès aux galeries
où le trésor dort toujours.
Etrange Bourbonnais, en effet, semé de trésors et de traditions
étranges, de vestiges dont l'origine et l'énigme se perdent
dans la nuit des temps… et d’étranges souvenirs laissés
par quelques templiers initiés...
A ce tableau extraordinaire, ajoutons qu’à la limite des
Bois-Noirs se trouve une mine d'uranium voisinant étrangement avec
des monuments celtiques. Sur ces sites endormis planent encore les légendes
de visiteurs si lointains qu’ils étaient différents
des habitants locaux… les récits ajoutent que pour leur besoin
ils se déplaçaient par la voie des airs.
C’est sans doute en raison de ces tenaces croyances qu’en
toile de fond de ce tableau, déjà particulièrement
chargé, on parle de la providentielle omniprésence d’OVNI
; en effet, bien que les habitants du Bourbonnais n'aiment guère
en parler, leur région compte sans doute parmi celles de France
qu'affectionnent tout particulièrement ceux qui pourraient bien
provenir d'une civilisation d’outre espace. Il semble bien qu'ils
observent, et même ‘surveillent’, serait-on tenté
de dire, en permanence, les champs de cailloux et les ruines de la montagne
Bourbonnaise...
Daniel REJU
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