
"L'alicorne", papes, les clefs d'Avignon
OU IL EST QUESTION DU COMMINGES
Descendant d’une très ancienne famille de Gascogne, les vicomtes
de Lomagne, né en 1264 à Villandraut (Gironde) et peu fortunée,
Bertrand de Got, d’après la tradition, très jeune doit garder
les moutons de son père... Cette même source ‘suggère’
un nombre certain d’hérétiques dans la maison de cette lignée.
Bertrand se montre vite doué d’intelligence et fréquente
de célèbre universités.
Sa carrière religieuse est rapide. Il sera tout d’abord évêque
d’Agen et avant d’être archevêque de Bordeaux, il mettra
toute son énergie en oeuvre pour accéder à l’évêché
de Saint Bertrand du Comminges.
St
Bertrand de Comminges
Arrêtons-nous un instant sur cet épisode:
Il semble que le Comminges ait eu une importance remarquable sur celui qui deviendra
le Pape Clément V.
Cette région, et surtout St Bertrand du Comminges, comporte effectivement
quelques détails historiques à souligner pour ne pas dire plus.
Ce sont les Volques Tectosages, fondateurs de Toulouse, qui nommèrent
ce lieu... LUGDUNUM! Certains historiens y voit la forme littéraire de
“forteresse du soleil levant” et d’autres “le clair
mont”.
Il semble que dans les restes de la ville base les vestiges appelés “Salles
Rouges” ou “Maisons Rouges” soient dignes d’ intérêts.
Ce quadrilatère de 180m sur 155 serait ni plus ni moins ce qu’il
reste d’un lieu sacré basé sur la divination, et le culte,
depuis l’observation des phénomènes célestes et des
astres majeurs.
Le lieu, d’une richesse éblouissante, se composait de multiples
trésors archéologiques inestimables. Peu à peu pillés
et saccagés au fil des besoins locaux et des démolitions anarchiques.
C’est ainsi que quelques pièces remarquables, dont l’un des
sarcophages de marbre (gravé de symboles très curieux pour l’époque)
taillé par un sculpteur des ateliers impériaux... servira de saloir
au château de Barbazan. Nous reviendrons sûrement ultérieurement
sur ce dernier lieu qui mérite à lui seul tout un article et sur
lequel peu d’écrivain se penchèrent.
“L’ALICORNE”
Le nom de “St Bertrand” est la mémoire vive
laissée au XIe S. par le thaumaturge de grande humanité, Bertrand
de l’Isle Jourdain auteur de multiples miracles dont un des moindre est
le sauvetage de Sanche de Labarthe que le saint, déjà décédé,
libère des geôles sarazinnes par enlèvement aussi “aérien”
que nocturne...
Dans un autre ordre d’idée, qui nous rapproche considérablement
du bestiaire fabuleux, que penser de cet ossement de “ baleine”
exposé à St Pierre de Toulouse et, depuis 1790, conservé
au Muséum d’Histoire Naturelle. Ne nous dit-on pas qu’une
“cote de cétacé” reste à jamais enchâssée
dans le porche de l’église de Prats de Mollo?

Que penser encore de St Bertrand débarrassant le Comminges, par l’effet
de son étole et de son bâton, d’un dragon désastreux
et perfide qui prenait l’aspect d’un enfant pour émouvoir
et ensuite dévorer les passants attardés.
Arrivons maintenant ... ce qui nous concerne ici: il s’agit d’un
objet, peu banal, pour lequel Bertrand de Got avait une véritable fascination
et qu’il lèguera, sous conditions, au trésor de St Bertrand
du Comminges: la corne de Licorne ou “l’Alicorne”. En vérité
il est question, en terme scientifique, d’une dent de “Narval”
(un monodon monoceros) d’une longueur respectable de cinq pieds, nous
dit la tradition soit environ 1,60 m.
Objet magique, insolite, merveilleux qui éveillait l’imagination...
et même les convoitises royales! Mais le chapitre de la cathédrale
conservera jalousement cette relique jusqu’à nos jours.
Bien des hommes “curieux de nature” se penchèrent sur l’Alicorne...
L’étrange ‘Document RUBANT’ (18e siècle) précise
que Bertrand de Got en avait fait sa crosse d’évêque, et
avait exigé au moment d’en faire don que l’objet, si précieux
à ses yeux, soit placé sous la garde et la responsabilité
de 3 chevaliers de la commanderie de Montsaunès. Il semblerait, toujours
d’après ce texte, qu’à la chute du Temple en 1314,
celui qui est devenu Clément V se soit attaché à ce que
ces hommes (“Piliers Templiers”, selon RUBANT) ne soient ni interceptés,
ni même inquiétés... à charge pour eux, en échange
de cette mesure de clémence exceptionnelle, de continuer à assurer
la sécurité et la veille du précieux objet de façon
suivie... même et surtout après 1314 ou ils auront soin de choisir
et prévoir leurs “successeurs”...(?)
CLEMENT V ET LE CHOIX D’AVIGNON
Mais avant d’en arriver à cette dramatique affaire du Temple,
revenons sur quelques facettes de la vie du Pape Clément V.
Quelles sont les vraies raisons qui amèneront Clément V à
choisir Avignon en tant que cité papale? Car, en effet, cet acte est
une véritable révolution dans l’histoire de l’Eglise
qui depuis ses origines avait choisi comme siège suprême le secteur
de St Pierre de Rome.
Les historiens nous présentent péniblement des raisons “logiques”,
“laconiques”, “officielles” qui estompent d’autres
contours, mais ne résistent guère à une approche plus “serrée”.
- Il est évident que les troubles s’accumulent à Rome entre
les familles Colonna et Gaetani. Puis ce sont des émeutes, et de véritables
batailles rangées qui éclatent sporadiquement en créant
une insécurité certaine pour le Pape. Mais l’Histoire est
faite de tant d’événements de cet ordre que les hommes de
l’époque semblaient rodés à ces soulèvements.
Il semble aussi que les prédécesseurs de Clément V ne se
soient pas alarmés plus que ça de situations similaires... en
choisissant, par exemple, pour siège pontificale provisoire une autre
ville des états italiens environnants.
Yves Renouard, spécialiste de la question, avance que “Clément
V a décidé, sans le prévoir, le moins du monde, du séjour
de la Papauté dans la vallée du Rhône” Sans l’écarter
totalement, nous ne nous contenterons pas de cette vision sommaire et sentencieuse.
La
Cité des Papes d’Avignon
En effet, voici qu’après plusieurs années d’instabilité
et d’hésitations, le Pape choisit résolument, tout à
coup, de se fixer en Avignon.
Pourquoi ce choix pour un diocèse très moyen en tout, et même
plutôt modeste. Notons aussi que la ville n’est même pas intégrée
aux états de l’Eglise, mais se trouve sous l’autorité
du Comte de Provence, Roi de Naples.
Il est aussi à proposé comme explication historique, que le pontife
tient à assister et participer au règlement et au déroulement
des conflits qui opposent Français et Anglais concernant l’Aquitaine.
Sur un plan pratique et politique les tensions opposant les rois antagonistes
empêchent la réalisation d’une nouvelle croisade en Orient.
Ainsi, le Pape semblait vouloir rester proche de l’objet des conflits.
Arguments logiques... mais non pratiques car les interventions importantes,
avec le roi Philippe le Bel, sur ce sujet eurent lieu à Poitiers, or,
cette ville semble un peu éloigner d’Avignon. Observons encore
que le rôle (hypothétique) de Clément V dans cette affaire
pouvait fort bien être tenu de Rome.
- D’autres détails plus fins sont à considérer avec
attention:
Ce choix de lieu résidentiel, se situe de manière curieuse au
moment où le concile de Vienne, crucial et définitif pour les
Templiers, se prépare activement.
Ne perdons, surtout, jamais de vue l’hypothèse de Michelet dont
très peu d’écrivains semble tenir à en être
le champion: Il s’agirait de la position que souhaitait prendre, en grand
secret, Clément V en ce qui concernait la succession au titre d’Empereur
du Saint-Empire Romain-Germanique de Charles de Valois... frère du roi
en place, Philippe le Bel! Nous retiendrons ici, car il serait trop long de
développer ce thème, uniquement le titre engagé que nous
retrouverons comme leitmotiv dans les buts avoués de la tristement célèbre
division nazi “Charlemagne”.
C’est aussi la première fois dans son histoire que la résidence
pontificale se trouve transférée hors d’Italie... en France.
Observons encore une fois l’imminence de l’arrestation des Templiers
et de ce qui en découlera irrémédiablement pour l’Occident...
et l’Orient.
Il est inévitable de constater que, depuis Clément V, neuf pontifes
occuperont le Palais d’Avignon. Neuf, comme le chiffre de l’accomplissement.
Cet état de fait sera maintenu contre toutes les interventions parfois
“musclées” des cardinaux Romains. Bien s-r certains de ces
Papes essayeront de se replier sur Rome, mais sans succès!
AVIGNON... POURQUOI?
Mais... qu’était vraiment cette ville? De quoi était fait
son passée?
Entre vérité et superstition, entre légende et histoire,
entre réalité et tradition obscure, comment trancher tant ces
éléments peuvent se chevaucher ou s’articuler de bien curieuses
manières. Quoiqu’il en soit vraiment tous les faits qui “firent”
“la ville du vent violent” restent invariablement ancrés
dans les profondeurs du temps avec lequel ils se confondent en d’étranges
métamorphoses composant un héritage extrêmement complexe...
Nous n’avons retenus que quelques uns des détails du “testament
ésotérique” de cette ville merveilleuse:
-Sainte Marthe en serait la fondatrice sans que les raisons mythologiques et
religieuses soient clairement définies...
-Comment expliquer, aussi, que les esprits de Saphir et Ananias soient contraints
de hanter, une fois l’an, les caves et les sous-sols de la vieille ville...
alors qu’habituellement “habitués et sédentarisés”
... errer dans les caveaux profonds de Jérusalem...
Notre-Dame
des Doms
-Le premier évêque de cette ville est-il vraiment Simon le Cyrénéen?
Le saurons nous vraiment au moment ou nous connaîtrons enfin l’origine
de Notre-Dame-des-Doms dont personne ne sait la véritable et authentique
étymologie?
-Les doms encore avec le rocher du même nom... au sommet duquel trônait
un temple d’Hercule et de Diane. Une autre Dame les supplanta sur cette
roche, elle avait pour nom Notre-Dame-la-Brune. C’était une vierge
noire que l’on disait être née d’un labyrinthe dont
l’issue ressortait dans le sous-sol de la vielle citadelle des Papes.
La statue vénérée finit tristement dans les feux de la
Révolution...
-Sept confréries de pénitents régnaient sur la toile d’Avignon
telle une palette aux teintes insolites et mystérieuses: Gris, Noirs,
Blancs, Noirs de la Miséricorde, Bleus, Rouges, Violets...
-Quelques personnages choisirent les murs d’Avignon pour asile:
Kirchner Athanase, illustre érudit jésuite, s’enferma de
1633 à 1635 dans l’ancien Collège des Jésuite pour
transformer la Tour de la Motte en un livre de pierre ou il transcrira ses études
astronomiques intitulées “Projections Uranographiques” aujourd’hui
effacées, au grand soulagement de bien des mandarins historiens et autres
pontifes divers.
Dom Pernety, Bénédictin déchu, y rencontra la mort en 1796
après y avoir instauré le célèbre mouvement de “la
Secte des Illuminés d’Avignon”. Pernety pour constituer son
fabuleux mouvement puisera les membres fondateurs et pionniers auprès
d’importantes loges maçonniques qui ne semblait visiblement n’attendre
que ce “pontage”.
Gérard de Nerval y trouvera un havre de sécurité contre
les assauts de la papauté, en 1765, avant de fuire pour Berlin ou il
trouvera refuge près de Frédéric II.
La tradition Avignonnaise, d’ailleurs, prétend que la somme des
travaux de Gérard de Nerval sont encore ensevelis dans une cache connue
des seuls Chartreux... sous la colline du “Mont Thabor” !
DE QUELQUES PAPES AUX CLEFS D’AVIGNON
Tour
du pape, dite... des Anges
Revenons maintenant ... nos papes et, brièvement, essayons de cerner
quelques aspects de ses pontifes “Avignonnais” dans une histoire
où ils ne s’insinuent pas toujours de fa‡on rationnelle et
lénifiante.
Ils sont sept à avoir été élus régulièrement:
Clément V, Jean XXII, Benoit XII, Clément VI, Innocent IV, Urbain
V et enfin Grégoire XI. Notons qu’ils sont tous français
et du sud de la France. Toujours français, le huitième pape Clément
VII sera élu au commencement du Grand Schisme d’Occident. Le neuvième
et dernier, Benoit XIII, est Espagnol.
-Inutile de revenir longuement sur Clément V qui ouvre cette liste.
retenons seulement qu’il se montera sous des “facettes” dont
les contradictions, les ambivalences seront intéressantes du jour de
sa nomination le 5 juin 1305 jusqu’à sa mort en 1314. Nous reviendrons
un autre fois plus en détail sur la “mission” de cet homme,
sommes toutes, hors du commun. Il est pourtant utile de préciser le lieu
de sa mort le 20 avril 1314 à… Roquemaure, donc loin d’Avignon.
-Son successeur, Jean XXII (1316-1334). Si son prénom Jacques est certain,
l’orthographe de son nom nous laisse devant un choix abondant: D’Osa,
Dossa, d’Usia, d’Huèze, Duèze... Les deux derniers
noms seraient étroitement liés à des familles extrêmement
proches de l’Ordre du Temple dans la région du Comminges... et
aussi en liaison avec d’autres lieux d’implantation de maisons templières
de la région de Cahors.
Il est maître en droit, médecine et théologie. Ce pape aurait
été un assidu des travaux de Villeneuve et Lulle. Il aura le mˆme
médecin que son prédécesseur et continuera à le
protéger contre les assauts Dominicains.
Il n’aura de cesse de quitter le puissant évêché de
Fréjus pour celui tellement plus modeste d’ Avignon.
Il choisira le 7 août 1316, date de son élévation au siège
de St Pierre, le titre de Jean XXII. Faut-il retrouver dans ce nombre, mais
avec d’infinies précautions, les 22 lettres hébraïques,
les lames du Tarot... et le nombre des Maîtres du Temple? On le dit alchimiste
et auteur d’ouvrages, peu habituel pour la plume d’un Pape: “L’élixir
des Philosophes”, “L’Art Transmutatoire”.
Mais il y a plus fort encore: il affirme en s’appuyant sur de nombreuse
thèses et textes que... L’enfer n’existe pas! Cette vision
très “personnelle” sera vite, dès sa mort, condamnée
et censurée vertement par l’Université de Paris.
TRESOR JUIF ET CLEFS D’ACCES
-Jacques
Fournier sera le pape suivant, sous le nom de Benoît XII (1334-1342).
Il est issu du plein pays cathare. Il reprendra une grande partie des thèses
du pontife précédent... S’il laisse peu de traces dans l’histoire
religieuse, il nous faut cependant souligner un récit légendaire
dont il est l’acteur et qui illustre peut-être un grande partie
de la raison du siège pontife en Avignon:
Alors qu’il est enfant Jacques Fournier rencontre un énigmatique
personnage juif ... qui il rend un service notoire... et dérisoire à
la fois. Selon les légendes il s’agit d’une vielle femme
ou d’un vieil homme du nom de Moudacat.
En échange du service le personnage donne, ou fait prendre, deux clef
(une d’or et l’autre d’argent), puis il lui promet l’élévation,
plus tard à la plus haute dignité. Dès l’acquis de
son titre il devra creuser et chercher dans le sous-sol de l’ancienne
demeure juive. A l’issue de ses recherches il devrait trouver le “trésor
des anciens juifs”.
Dans son aspect symbolique la rencontre avec le très vieux personnage,
nous oriente vers le vieillard, l’Etre d’hier, le Sage, celui qui
Sait! Il est donc nécessaire qu’au crépuscule de son temps,
le “passé” s’adresse ... celui qui suit, mais ne sait
pas encore... finesse de la nuance sur une seule lettre!
Quand aux clefs, les posséder c’est avoir été initié.
Si elles indiquent le système d’ouverture, elles sont aussi l’information
de la solution du lieu, du mystère ... résoudre, la révélation.
Elles sont encore l’ouvert et le fermé et ainsi symbolise St Pierre.
Ouvrir et fermer signifie aussi lier et délier, soit le célèbre
“dissoudre et coaguler” si cher aux alchimistes. L’emblème
papale dans ses armoiries, s’orne d’ailleurs de deux clefs, l’une
d’argent, l’autre d’or. Ces dernières ne sont, ni plus
ni moins, que le symbole ancien du Janus Romain... et l’accès final
aux paradis “céleste et terrestre” donc aux petits et grands
mystères et logiquement aux accès solsticiaux des montées
et descentes de l’année... du type démarche solaire de l’Ours.
N’oublions pas, non plus, que Moudacat entretient Fournier d’un
“trésor des Juifs”, or en hébreux ce mot: trésor
veut dire aussi “bibliothèque” ou “musée”...
selon la correspondance des mots usuels d’aujourd’hui.
Pourrait-on supposer, alors, que la volonté d’un pape “à
la licorne” (obsédé d’ailleurs par l’aspect
“cornu” qui se prolongera par la possession du couteau magique en
“corne de serpent” qui se transmettra durant 3 papes) soit en vérité
la concrétisation d’un acte réfléchi, volontaire
et incontournable?
L’accès à une information fabuleuse dont il trouve les prémices
dans le pays de Comminges. Là il apprend que l’ordre du Temple
est bien à propos de ce qui commence à l’intéresser
fortement et fatalement. Il se dirigera vers Bordeaux (on peut se demander ce
qu’il y recherche) avant de choisir pour demeure papale la cité
Avignonnaise... ou il sait peut-être maintenant, aller à l’encontre
de son destin, et de ce qui est devenu son but primordial, même au prix
de la destruction d’un ordre prestigieux. La suite historique nous la
connaissons.
Jeton
de plomb du pape Benoit XII
Mais, forcément, Clément V devait laisser quelques bribes d’informations
sans doute survolées par ses successeurs. D’ailleurs nous savons
bien que les 8 papes “avignonnais” suivant en savaient plus qu’ils
ne le laissaient paraître, sinon comment expliquer les dépenses
incroyables de Benoit XII qui durant 7 ans, sans relâche, fera construire,
agrandir, fortifier, embellir le palais des Papes. La trésorerie courante
n’y aurait jamais résisté... Certes il nous reste la légende
de la vieille juive. Mais si l’aspect symbolique et hermétique
entre dans une vision des faits le matériel, lui, a-t-il une place logiques
et rationnel ici?
RETOUR A LA GALERIE DES PAPES
-Arrive ensuite le pape Clément VI (1342-1352) autrement dit Pierre-Roger
de Beaufort.
Pour quelle raison ce dernier se méfiait-il de tous et de tout? Que craignait-il
donc ? La tradition, sur son propos ne dit-elle pas (selon le document RUBANT)
que les “successeurs” des 3 chevaliers oubliés à la
garde de l’Alicorne seraient venus se rappeler au souvenirs du “successeur”
de celui qui avait enclenché le “contrat”?.. ou, pourquoi
pas, chercher ce qu’ils étaient en droit de réclamer ou
vérifier un certains nombres de choses en place?
Ce pape fit creuser, ou réouvrir, un souterrain d’une telle longueur
qu’il lui permettait de franchir 9 km. Là encore, il sera question
de 2 clefs: une pour lui, une autre pour Pons de Châteaurenard, soit une
clef pour chaque extrémité, dit la légende. Mais à
quoi correspond vraiment ce souterrain irréalisable et le terme “extrémité?
-Le pape suivant Innocent VI n’est pratiquement pas cité dans les
écrits Avignonnais en ce qui concerne les papes. Il pourrait passer sans
bruit dans cette petite galerie pontificale...
Il est vrai que l’on ne peut retenir de lui que ses origines familiales
et régionales. Il s’appelle Etienne Aubert et est natif de Beynac
en Corrèze. Les membres de la famille Aubert sont trŠs attentifs
et généreux vis-à-vis des Chartreux en général
et en particulier ceux de la chartreuse du Glandier et de Villeneuve. C’est
à partir de ce pape que sera “attaché” au service
du pontife un conseiller chartreux. Mais il est à noter que ces derniers
“équilibrerons” cette charge en détachant un autre
religieux à la cour vacante de Rome. On ne sait jamais!
-Urbain V pape “Avignonnais”
de 1362 à 1370.
Il est natif du château de Grisac. Lui aussi devait passer inaperçu
dans notre petite “galerie” avignonnaise. Nous avons pourtant retrouvé
un ou deux détails:
Il essaye, en 1363, mais sans succès de relancer une croisade. Notons
aussi qu’avant d’être pape il assura avec renom la charge
d’abbé de l’abbaye de St Victor de Marseille... ou il conduira
la reprise de quelques recherches “reliquaires” sur, et sous, le
site de la Ste Baume. Curieusement il interviendra aussi de tout son poids pour
que soit admis, à titre posthume dans la chapelle Ste Madeleine de la
Chartreuse de Durbon un certain Hugues de Rivière en 1361...
-Pour conclure cette rapide chronologie papale d’Avignon, il nous est
impossible d’oublier:
Benoit XIII dernier pape d’ Avignon (1394-1422). Il est d’origine
noble de la famille Royale d’Aragon. Son nom est déjà à
lui seul une énigme remarquable: Pedro de Luna... Pierre de Lune! Il
laisse à Avignon le souvenir de nombreux catalogues d’une bibliothèque
extraordinairement riche pour son époque, constituée en raison
d’une passion trouble et démesurée pour les écrits
anciens. Il refusera d’abdiquer contre le Pape enfin réinstauré
à Rome. Lors du schisme et de ses émeutes il ne devra son salut
qu’à l’usage du souterrain dégagé par Clément
XI. La tradition dit encore qu’il eut le temps de cacher un important
trésor composé des représentations statuaires en or massif
des apôtres... Quelles sont ces statues d’apôtres en or...
dont jamais personne n’eut jamais connaissance? Il semblerait par ailleurs
que cette quantité d’or serait partie intégrante d’un
autre fabuleux trésor, celui... des Chartreux d’Avignon!
POURQUOI?
Qu’elle fut la véritable raison de cette cassure dans l’histoire
de l’Eglise? Que pouvait représenter, ou contenir, la ville d’Avignon
qui motive et impose une telle manoeuvre?
Il se dégage de certains évènements religieux et civiles
que quelques papes tentèrent de prendre fermement de la distance par
rapport à une tradition construite sur les bases “occultées”
d’une sorte d’ordre en forme “d’institution”.
Retenons, dans cette affaire que cette séparation, et prise de position,
se produise au moment ou le Temple est sabordé. Pourquoi certains papes
strictement triés ou désignés n’auraient-ils pas
voulus (ou été mandatés pour) saisir le “relais”
et maintenir, même de manière “discrète la fantastique
mission des Chevaliers du Temple... en tentant de reprendre les enseignements
d’un certain Jésus-Christ que quelques “Esseniens”
avaient soigneusement préservés... Et dans ce cas de figure quel
était le r”le et la mission de cette “ville du vent violent”?
LES CONSTATS... LE RETOUR DE POLYCARPE
Au moment de conclure nous pouvons résumer un certain nombre d’éléments
notoires:
1) La part, dans cette affaire, du bestiaire extraordinaire: L’Alicorne,
Serpent à corne, et quelques dragons... dont découle forcément
l’intervention de quelques Papes, saintes et saints: St Bertrand du Comminges,
Clément V et autres suivants, Ste Marthe, St Ruf ou St Ursus...
2) La part des Juifs et de leur prétendu trésor dans cette affaire
ou il apparaît qu’ils sont les maîtres des clefs et des richesses
trésoraires insolites et à double sens: “liquidité”
sous forme d’une fortune, et “savoir” sous la forme d’écrits
importants.
3) La part de l’ordre du Temple qui paraît littéralement
“obséder” celui qui sera à la base de tout ceci: Clément
V... Le temple était-il vraiment à propos?
4) La part du Comminges et
de ses Templiers, surtout en ce qui concerne les chevaliers de Montsaunès.
5) Nous soulignons une “concentration” Chartreuse exceptionnelle
dans la mouvance papale d’Avignon... Si ce n’est pas le fruit du
hasard quelle en est la part véritable et jusqu’où les moines
chartreux peuvent-ils être impliqués dans cette affaire?
6) Nous retrouvons, bien sûr par le plus pur des hasards, le nom d’une
famille que nous connaissons déjà s’il s’agit des
“de Rivière” ou “de la Rivière”. Il faut
ici revenir sur trois points qui nous semblent digne d’intérêt:
a/ Le problème que soulève Polycarpe de la Rivière, prieur
de la chartreuse de Ste Croix, à propos du “tombeau de CASARIS”
et qu’il croit situer dans le massif du Pilat ressurgit sous la forme
d’un véritable et féroce défit lancé aux historiens
et archéologues... qui veulent à tout prix le situer à
Avignon.
b/ Polycarpe prétend avoir eu accès à un “véritable
thrésor inestimable” toujours dans le périmètre d’une
chartreuse. Il s’avère qu’il s’agissait de documents
d’une richesse historique extraordinaire... que le Vatican, l’Eglise,
et ses supérieurs Chartreux s’évertueront à récupérer...
même au prix de la liberté et de la vie de ce prieur!
c/ Polycarpe s’apprêtait, lorsque les supérieurs religieux
le censurent et lui interdisent d’éditer, à publier une
sorte d’Histoire de la religion et de la région du secteur d’Avignon...
Polycarpe n’a que le temps de disparaître avec ses documents. Tous
ses écrits, dès ces moments, seront radicalement censurés
et interdits de lecture.
Polycarpe de la Rivière, prieur Chartreux d’un très haut
niveau culturel et d’une grande intelligence, est tourné en dérision,
puis traîné dans des accusations sordides et d’un ridicule
ubuesque... par un ou deux historiens du 19e siècle. Personne ne s’est
surtout avancé ... vérifier les dire de ce prieur.
Simplement, il semble curieux que ses découvertes sur de nombreux aspects
du début de la religion Catholique, des origines des premières
familles royales qui firent nos premiers territoires, des régions Avignonnaises,
et de quelques autres révélations “cuisantes”... soient
passées sous silence et interdiction d’éditer!
Quoiqu’il en soit, devant le monument que représente l’étendue
et l’ensemble des recherches de Polycarpe il est difficile d’imaginer
qu’il ait travaillé seul...
Avec qui ce prieur put-il accomplir une somme de travaux de cette envergure?
Peut-être, avant de conclure, pouvons nous diriger nos regards interrogateurs
en direction d’un lieu d’Avignon ou se sont concentrés très
curieusement quelques personnages et mouvements “discrets” que nous
avons entrevus déjà au paragraphe “AVIGNON”:
-Un certain Pernety, élève appliqué des Bénédictins
qui poursuivra des travaux sur l’hermétisme.
-Les illuminés d’Avignon y poursuivrons les recherches de leur
maître avec succès...
-La “Fraternité Blanche” ultime bastion du mouvement précédent
qui finira mystérieusement en disparaissant à Maleval... dans
le pays des Loups et de Lupé.
-Un certain Gérard de Nerval y séjourna au moins trois fois...
-Plusieurs loges maçonniques, dont la célèbre loge “les
Sectateurs de la Vertu”, qui reprirent les grades et titres des précédents
mouvements et personnages vus ci-dessus... après avoir servi de “vivier”
pour créer l’autorité des dits “mouvements”.
Quel est ce lieu demanderez-vous?
Tout simplement le très curieux et petit périmètre de la
Place des Trois-Pilat!!!
B. RIVIERE
A la mémoire d’André PEYRIGUER
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